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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE 2026 - Page 96

  • Pronostics du palmarès du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2010

     

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    Dès ce samedi soir, vous retrouverez ici le palmarès de ce 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville puisque, exceptionnellement, cette année, la cérémonie du palmarès n'a pas lieu le dimanche soir mais le samedi, le dimanche étant  consacré à la "rediffusion" de films déjà projetés dans le cadre du Festival 2010 même si sera également projeté un film inédit, à savoir le prix Michel d'Ornano 2010, "Angèle et Tony" d'Alix Delaporte, dont vous pourrez retrouver ma critique ici.

     Il vous faudra attendre la semaine prochaine pour lire mon bilan de ce festival 2010, et mon opinion sur les films qui n'ont pas encore été évoqués ici, essentiellement par manque d'enthousiasme, les films projetés en avant-première ayant été cette année de qualité médiocre avec des thèmes récurrents (et à la longue lassants) et le reflet d'un cinéma, que ce soit par le casting ou la façon de filmer, très influencé par la télévision(mais je reviendrai sur ce sujet).

     Reste heureusement la compétition, comme toujours de qualité et bien souvent le miroir de la face sombre de l'Amérique, un voyage toujours instructif, parfois déroutant.  Le sentiment d'abandon, la désagrégation de la famille, le deuil, l'adolescence, l'enfance ont été les thèmes communs aux différents films de la compétition.

     Pour moi, "Cyrus", "Holly rollers",  et "the myth of the American sleepover" sont à exclure d'emblée du palmarès, le dernier, particulièrement insipide, ayant battu le record de clichés sur l'adolescence sous prétexte de se faire l'écho de tous ces moments de bonheur fugace qui en sont selon le réalisateur indissociables.

     "Cyrus" par ailleurs présente le défaut de bon nombre de films de cette édition 2010: finir par faire l'apologie de ce qu'il feignait de dénoncer au début, frôler le politiquement incorrect pour s'achever par ce qu'il y a de plus politiquement correct, ce qui revient à ce que j'évoquais auparavant: ne pas heurter le public, s'inspirer des codes de la télévision comme si ces jeunes cinéastes étaient bridés, et n'avaient pas encore vraiment la liberté de s'exprimer librement et prendre leur envol, comme si ces films étaient déjà formatés pour passer à la télévision.

     C'est aussi malheureusement le cas de "The joneses" dont l'idée était plutôt brillante,  qui donne tout d'abord l'illusion de faire la critique de la société de consommation pour finalement en faire l'apologie.

     Mon favori reste "Abel" pour toutes les raisons évoquées ici.

    Sans doute le jury pourra-t-il être séduit par  l'originalité de l'idée de"Buried" même si le film est loin d'être dénué d'imperfections que j'ai là aussi évoqué . "Morning" et "two gates of sleep" sont les deux films qui témoignaient des univers les plus singuliers et de vrais regards de cinéastes, évoquant d'ailleurs dans les deux cas le deuil, et le chemin pour l'accepter. Ils pourraient également figurer au palmarès.

     "Mother and child"pourrait y avoir sa place pour son scénario, sans aucun doute le plus et mieux construit à moins que le jury ne soit sensible au personnage touchant de Doug Riley dans "Welcome to the Rileys".

     En primant "the dry land", le jury témoignerait de son intérêt à un sujet qui demeure d'actualité et au travail documentaire effectué par le cinéaste.

      Reste "Winter's bone", primé à Sundance même s'il fait partie des plus mauvais de cette compétition selon moi et dont l'âpreté pourrait aussi séduire le jury deauvillais.

     Fin du suspense dans quelques heures. A demain donc pour savoir quel film succèdera à "The messenger" de Oren Moverman.

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  • Annette Bening au Festival de Deauville: photos et vidéos

    Annette Bening est à Deauville pour l'hommage que lui rendra le festival ce soir et  pour deux films  dont le premier, en compétition, "Mother and child" de Rodrigo Garcia était projeté hier.  Je vous ferai un nouveau bilan de la compétition demain et à cette occasion, je vous parlerai bien sûr de ce film mais en attendant je vous laisse découvrir les vidéos de l'arrivée d'Annette Bening au CID et de sa conférence de presse.

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  • Critique de « Fair game » de Doug Liman: avant-première du Festival de Deauville 2010

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    Ce soir sera projeté en avant-première "Fair game" de Doug Liman, sélectionné en compétition du Festival de Cannes 2010, un film que j'avais vu à cette occasion et dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous.

    Seul film américain de la compétition officielle du Festival de Cannes 2010, « Fair game » permet au réalisateur de « La mémoire dans la peau » de figurer pour la première fois dans la compétition cannoise et de changer de registre après des comédies (comme Mr and Mrs Smith) et des films d'actions. Déception pour le public cannois puisque Sean Penn a finalement annulé sa venue (Sean Penn qui ne sera également pas présent à Deauvilleà.

    Ce film est l'adaptation d'une histoire vraie : Joseph Wilson (Sean Penn) un ex-ambassadeur américain est envoyé au Niger pour enquêter sur la fabrication d'armes nucléaires destinées à l'Irak . Sur place il ne découvre rien. L'administration Bush va alors produire de faux documents pour faire croire qu'un danger imminent menace la sécurité nationale et mondiale et que l'enquête sur place l'a prouvé.   Pour discréditer Wilson qui va dénoncer ce mensonge, le Pentagone va s'arranger pour que soient  divulguées dans la presse les activités d'agent de la CIA de sa femme Valerie Plame-Wilson (Naomi Watts).

     Avec un  sujet politique et historique à palme d'or, « Fair game » n'est malheureusement pas à la hauteur de l'attente suscitée. Si la réalisation nerveuse inspirée des « Jason Bourne » laisse augurer le meilleur, si Naomi Watts est particulièrement convaincante, force est de constater rapidement que ni le scénario ni la réalisation ne sont à la hauteur du sujet. La force indéniable de celui-ci n'a malheureusement pas inspiré la réalisation relativement impersonnelle et même le si talentueux Sean Penn semble parfois jouer de manière caricaturale. Les dialogues et les situations sont tout aussi caricaturaux, c'est d'autant plus dommage que cela fait perdre de la force et de la crédibilité au sujet (un comble et une maladresse qui, d'une certaine manière et évidemment contre la volonté du réalisateur, donnerait presque du crédit à la version du Pentagone).  Les multiples sauts d'un lieu à l'autre apparaissent comme artificiels et dispersent l'attention au lieu de la retenir.

    On songe avec regret à l'intense et percutant « Green zone » de Paul Greengrass sorti il y a un  mois et traitant du même sujet (un film qui s'il avait figuré en compétition à Cannes aurait ainsi mérité la palme d'or).

    Reste la valeur de témoignage historique nécessaire pour ce film malheureusement très loin d'être à la hauteur de la noble cause (celle de la triste et dérangeante vérité sur une administration qui l'a tellement malmenée et trahie) qu'il défend dont le meilleur moment reste la fin avec les images du véritable témoignage de Valerie Plame (d'ailleurs présente à Cannes) . Peut-être aurait-il mieux valu réaliser un documentaire sur le sujet... L'émotion était néanmoins présente en raison de la vraie Valerie Plame.

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  • Sébastien Tellier: bande originale du Festival du Cinéma Américain 2010

    Comme vous avez été nombreux à me demander ce qu'était la bande annonce de cette édition 2010. Voici la réponse en musique et en images. Il s'agit de "Roche" de Sébastien Tellier dont vous pourrez retrouver le clip ci-dessous. Douces réminiscences...

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  • Compétition officielle Deauville 2010 : critiques de « Buried » de Rodrigo Cortes et « The dry land » de Ryan Piers Williams

     

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    Je vous parlais hier des thématiques communes aux quatre premiers films en compétition de cette édition 2010 du Festival de Deauville (cliquez ici pour lire l’article) avec notamment pour thèmes récurrents une Amérique, terre hostile, et des orphelins (enfants ou adolescents) en manque de (re)père ou de mère. Des thèmes sans doute révélateurs d’un pays en quête de modèles et de repères et finalement pas si éloignés de ceux des deux films en compétition du jour qui ont tous deux traits à la guerre en Irak. Deux variations très différentes sur le même thème. Deux façons (en apparence) presque opposées d’aborder le sujet, sujet désormais inévitable du festival, après l’excellent « American son » de Neil Abramson en 2008 et « The messenger » d’Oren Moverman, grand prix du Festival de Deauville 2010.

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     Alors qu’il y a quelques jours seulement (le 19 août) les troupes américaines ont quitté l’Irak, le conflit est certainement loin d’être terminé pour ceux qui l’ont vécu. Ainsi en est-il de James (Ryan O’Nan) dans « The dry land », premier film de Ryan Piers Williams. Ce jeune soldat américain rentre d’Irak dans sa petite ville du Texas. A son retour toute sa  famille l’accueille et notamment sa femme Sarah (America Ferrara –« Ugly Betty »…), sa mère mais aussi son meilleur ami. Rongé par la douleur morale, une violence inextinguible et incontrôlable et par l’oubli de ce qui s’est passé là-bas, il décide de reprendre contact avec un compagnon d’armes pour reconstituer ce douloureux passé.

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     Le réalisateur, Ryan Piers Williams, n’a pas cherché à révolutionner le cinéma et le revendique. Non, son but est de témoigner, et d’adresser un message d’espoir à tous ces soldats ravagés qui reviennent d’Irak détruits, incompris, hantés par leurs souvenirs. Il n’a pas souhaité faire un film politique mais traité un sujet à auteur d’homme, incarner ces soldats,  leur donner un visage, les sortir de leur solitude et leur désarroi. Si l’intrigue est très prévisible, elle n’en résonne pas moins avec justesse (et pour cause Ryan Piers Williams a travaillé sept ans dessus et a rencontré de nombreux soldats et leurs familles). Savoir, comme il l’a expliqué en conférence de presse, que « plus de soldats sont morts suicidés à leur retour aux Etats-Unis que morts au combat en Irak » suffit à justifier l’existence de ce film qui, à défaut d’être original, apporte un nouvel éclairage, qui a le mérite d’être documenté, sur un conflit qui n’a pas fini de faire des ravages. Je vous laisse entendre les explications du réalisateur et de l’actrice principale également coproductrice, sur la genèse du projet (article suivant).

     

     

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    A priori pas grand-chose à voir avec le film de Rodrigo Cortes, « Buried » dans lequel un Américain est pris en otage et enfermé dans un cercueil, en Irak. Muni d’un téléphone portable, il a 90 minutes pour trouver la rançon qui lui réclame ses ravisseurs irakiens. Un homme. Un cercueil. Une lampe. Un téléphone. Peu de possibilités.

     Deux partis pris puisque l’un est aussi crédible (the dry land) que l’autre ne l’est pas (Comment parvient-il à respirer ? Comment son téléphone capte-t-il ? Pourquoi n’essaie-t-il pas réellement de s’échapper ?). L’un relève d’un minutieux travail de documentation, l’autre est aux frontières du thriller (comme quelque chose me paraissait sonner faux dès le départ, j’ai cru que c’était délibéré, que le but était d’instiller le doute dans l’esprit du spectateur quant à l’identité des preneurs d’otage, et que nous découvririons qu’il s’agissait d’une manipulation ou d’un coup monté de ses collègues ou autres mais la seule manipulation est celle ici d’une Administration américaine velléitaire quand il s’agit de venir en aide à ses concitoyens, l’idée n’en est d’ailleurs pas moins intéressante), voire du fantastique sans jamais quitter ces quatre planches en bois, ni voir d’autre visage que celui de Paul.

     L’idée est sans aucun doute originale et novatrice et c’est avant tout par la force du jeu  de Ryan Reynolds (qui incarne l’Américain l’otage Paul Conroy) que notre attention reste soutenue du début à la fin car le dispositif n’est pas toujours convaincant, ainsi ces artificiels plans en plongée, sans doute pour montrer son impuissance qui nous font sortir du sentiment de claustrophobie qui ne cesse de croître pourtant pour Paul. La bande son et les rebondissements sont pourtant là et judicieusement utilisés pour susciter et raviver constamment le sentiment de suffocation, de claustrophobie, d’impuissance. Davantage que la manière ( contestable) c’est l’idée qui m’a séduite, celle  de montrer l’inertie de l’Administration Américaine qui, au propre comme au figuré, enterre vivants (« buried » signifie enterré) ces Américains partis pour la défendre ou travailler pour leur pays.

     Si « the dry land » n’est pas politique et ne souhaite pas l’être, « Buried » l’est donc malignement.  Les 94 minutes (soit 4 de plus que celles imparties à Paul pour trouver la rançon) s’écoulent sans que nous les voyions passer, entre tension et humour acerbe sur l’abstraction et la cruauté de l’Administration ( celle avec un petit a et celle avec un A majuscule d’ailleurs). Le pari est donc partiellement réussi même s’il est dommage que Rodrigo Cortes ait recouru à des ficelles -in-dignes de blockbusters (par exemple la scène du testament ou de la mère atteinte d’Alzheimer) et n’ait pas cherché à cultiver sa différence jusqu’au bout nous laissant le goût amer d’un sujet fort et d’un procédé original qui ne tiennent pas forcément toutes leurs promesses, en revanche c’est sans doute la manière la plus habile de nous inscrire dans l’intimité de ce drame et d’en désigner les responsables.

    Malgré leurs différences, dans les deux cas à nouveau une terre hostile (d’ailleurs désignée dans l’un des titres) des êtres qui suffoquent, enterrés vivants, qui crient leur désespoir, rongés par l’incompréhension et en quête d’écoute et d’espoir.

    Ces deux films ont été présentés à Sundance . « Buried » sort en salles en France le 3 novembre 2010    

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