27.12.2011
Bilan de l'année 2011: cinéma, festivals...
Chaque année, c’est le même rituel : lorsque s’égrènent ses derniers jours et que la chaleur de Noël nous fait sortir de la torpeur glaçante de l’hiver, encore enivrée par ce tourbillon d’images, d’émotions, d’illusions (parfois perdues ou seulement égarées), il faut se pencher sur les 12 mois écoulés sans avoir tout à fait le recul nécessaire. Je le fais d’ailleurs avec plaisir, avec déjà un peu de nostalgie aussi, car le rythme trépidant de mes joyeuses (souvent) et invraisemblables (parfois, même) pérégrinations cinématographiques ne me laisse pas toujours le temps de savourer les instants auxquels elles donnent lieu, les rencontres qui les jalonnent, et que je continue à apprécier avec autant d’enthousiasme, et je l’espère, en réussissant à vous les faire partager. Cette année, l’actualité internationale a ressemblé aux plus invraisemblables, et parfois tragiques, des blockbusters. La mienne souvent à un film fantastique, étrange, ludique, incohérent, décevant, surprenant, passionnant, déroutant, inquiétant. Retour sur mon année cinématographique et festivalière avec ses meilleurs moments et les plus belles découvertes cinématographiques de cette année.
Cette année 2011 n’a pas été avare de beaux moments, de rencontres, de festivals d’abord avec à mon programme de l’année écoulée: le Festival du Film Asiatique de Deauville, le Festival de Cannes, le Festival de Cabourg, le Festival Paris Cinéma, le Festival du Cinéma Américain de Deauville , le Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean de Luz, le Festival Lumière de Lyon, le Festival de la photo de Deauville "Planche(s) contact" sans oublier les cérémonies comme les César, les prix Lumières et les Etoiles d’or mais aussi de beaux moments cinématographiques avec de réels chocs au premier rang desquels « Melancholia », « The Artist », « Black swan » d’ailleurs pour les deux premiers liés à des souvenirs de festivals dont ils sont désormais indissociables. Une année plus que jamais « in the mood for cinema » , en tout cas et au cours de laquelle In the mood for cinema a été plusieurs fois à l’honneur dans les médias (cf rubrique « Dans les médias » de mon nouveau blog: http://inthemoodlemag.com/presse/ ) pas toujours à bon escient d'ailleurs mais cela demeure toujours des expériences instructives.
MON TOP 11 DES FILMS DE L'ANNEE 2011 (dans l'ordre de préfèrence avec les liens vers mes critiques): (N'hésitez pas à laisser votre propre top dans les commentaires)
1.« Melancholia » de Lars von Trier
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/08/11/crit...
2. « The Artist » de Michel Hazanavicius
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/08/28/avan...
3.« Black Swan » de Daren Aronofsky
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/12/avan...
4.« Midnight in Paris » de Woody Allen
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/05/12/cere...
5.“La Piel que habito” de Pedro Almodovar
6.“This must be the place” de Paolo Sorrentino
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/09/22/crit...
7.“True Grit” d’Ethan et Joel Coen
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/03/02/crit...
8. “Les Marches du pouvoir » de George Clooney
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/10/31/crit...
9.« Polisse » de Maïwenn
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/07/01/ouve...
10. « La Délicatesse » de David et Stéphane Foenkinos
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/10/28/crit...
11. « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf
http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/07/18/crit...
RAISONS DU TOP 11 EN DETAILS ET BILAN DE L'ANNEE:
Dans mon top 11 (oui, oui, 11) que vous retrouverez ci-dessus, je n’ai pas forcément choisi des films parfaits, des films par ailleurs de styles très différents, mais qui ont en commun des scénarii remarquables, une vision de l'existence poétique, parfois littéraire, et une mélancolie et une délicatesse, pour s’inspirer des titres de deux des films de cette liste. Des films avec un brin de folie aussi, mettant souvent en scène la fragilité des artistes et la beauté exaltante de l’art. Mélancolique. Délicat. Littéraire. Poétique. Exaltant. Doucement fou. Voilà une définition du cinéma qui me plait plutôt et à laquelle répondent la plupart des films de cette liste qui ont aussi des thématiques en commun, pour au moins cinq d’entre eux comme vous le lirez ci-dessous.
Dans ce top 11 se côtoient ainsi des premiers "petits" films comme « J’aime regarder les filles » et « La Délicatesse » et des films de réalisateurs confirmés comme « Melancholia », « La Piel que habito », « Midnight in Paris »…
J’ai choisi 11 films. Les 11 qui m’ont marquée. Les 11 que je recommanderai. Les 11 que je reverrai avec plaisir. Les 11 qui témoignent d’une vision de l’existence et du regard d’un cinéaste sur l’existence et le cinéma. Les 11 qui m’ont enthousiasmée, parfois même exaltée. Parmi ces films, de nombreux films présentés dans le cadre du dernier Festival Cannes et qui témoignent ainsi d’une édition d’une qualité exceptionnelle. A cette liste, j’aurais pu ajouter « Voyage dans la lune », l’œuvre de Méliès de 1902 présentée sur une musique de Air, une version restaurée dont Serge Bromberg a été l’artisan. Moment magique concentrant toute la beauté, la richesse, la modernité, la puissance du cinéma qui a ouvert cette édition 2011 du Festival de Cannes, un cinéma que célèbrent plusieurs des films de mon top 2011, notamment et souvent par de subtiles mises en abyme. Finalement peut-être le cinéma n'est-il jamais meilleur que lorsqu'il est intelligemment narcissique, ou plutôt lorsqu'il se souvent que l'art est souvent synonyme de réflexivité.
En tête de ce classement, j’ai placé « Melancholia » des Lars von Trier, forcément « Mélancholia », pour moi un vrai choc cinématographique, un film d’une beauté sombre et déroutante, LE chef d'oeuvre de cette année 2011. Un poème vertigineux, une peinture éblouissante, un opéra tragiquement romantique, bref une œuvre d’art à part entière. Un tableau cruel d’un monde qui se meurt dans lequel rien n’échappe au regard acéré du cinéaste : ni la lâcheté, ni l’amertume, ni la misanthropie, et encore moins la tristesse incurable, la solitude glaçante face à cette « Mélancholia », planète vorace et assassine, comme l’est la mélancolie dévorante de Kirsten Dunst (Justine dans le film). « Melancholia » est un film bienheureusement inclassable, qui mêle les genres habituellement dissociés (anticipation, science-fiction, suspense, métaphysique, film intimiste…et parfois comédie certes cruelle) et les styles. Un film de contrastes et d’oppositions (comme le n°3 de mon classement avec lequel il présente pas mal de points communs). Entre rêve et cauchemar. Blancheur et noirceur. La brune et la blonde. L’union et l’éclatement. La terreur et le soulagement. La proximité (de la planète) et l’éloignement (des êtres). Un film à contre-courant, à la fois pessimiste et éblouissant. L’histoire d’une héroïne incapable d’être heureuse dans une époque qui galvaude cet état précieux et rare avec cette expression exaspérante « que du bonheur ». Un film dans lequel rien n’est laissé au hasard, dans lequel tout semble concourir vers cette fin…et quelle fin ! Lars von Trier parvient ainsi à instaurer un véritable suspense terriblement effrayant et réjouissant qui s’achève par une scène redoutablement tragique d’une beauté saisissante aussi sombre que poignante et captivante qui, à elle seule, aurait justifié une palme d’or. Une fin sidérante de beauté et de douleur. A couper le souffle. D’ailleurs, je crois être restée de longues minutes sur mon siège dans cette salle du Grand Théâtre Lumière, vertigineuse à l’image de ce dénouement, à la fois incapable et impatiente de transcrire la multitude d’émotions procurées par ce film si intense et sombrement flamboyant. Un très grand film qui bouscule, bouleverse, éblouit, sublimement cauchemaresque et d’une rare finesse psychologique qui, 7 mois après l’avoir vu, me laisse le souvenir lancinant et puissant d’un film qui mêle savamment les émotions d’un poème cruel et désenchanté, d’un opéra et d’un tableau mélancoliques et crépusculaires.
En troisième position, et je passe délibérément du premier au troisième : « Black swan » de Daren Aronofsky qui présente pas mal de points communs avec le film figurant en première place de mon classement. Ce n’est pas non plus forcément un film d’emblée aimable (ce qui, pour moi, est une grande qualité quand les synopsis des films ressemblent trop souvent à des arguments marketing) : il se confond ainsi avec son sujet, exerçant tout d’abord sur le spectateur un mélange de répulsion et de fascination, entrelaçant le noir et le blanc, la lumière (de la scène ou de la beauté du spectacle, celle du jour étant quasiment absente) et l’obscurité, le vice et l’innocence mais le talent de cinéaste d’Aronofsky et de son interprète principale, sont tels que vous êtes peu à peu happés, le souffle suspendu comme devant un pas de danse époustouflant. « Black swan » à l’image de l’histoire qu’il conte (le verbe conter n’est d’ailleurs pas ici innocent puisqu’il s’agit ici d’un conte, certes funèbre) est un film gigogne, double et même multiple. Jeu de miroirs entre le ballet que le personnage de Vincent Cassel (Thomas) met en scène et le ballet cinématographique d’Aronofsky. Entre le rôle de Nina (Natalie Portman) dans le lac des cygnes et son existence personnelle. Les personnages sont ainsi à la fois doubles et duals : Nina que sa quête de perfection aliène mais aussi sa mère qui la pousse et la jalouse tout à la fois ou encore Thomas pour qui, tel un Machiavel de l’art, la fin justifie les moyens. Aronofsky ne nous « conte » donc pas une seule histoire mais plusieurs histoires dont le but est une quête d’un idéal de beauté et de perfection. La quête de perfection obsessionnelle pour laquelle Nina se donne corps et âme et se consume jusqu’à l’apothéose qui, là encore, se confond avec le film qui s’achève sur un final déchirant de beauté violente et vertigineuse, saisissant d’émotion…dont le vertige rappelle d'ailleurs celui également suscité par le dénouement de « Melancholia ». Par une sorte de mise en abyme, le combat de Nina est aussi celui du cinéaste qui nous embarque dans cette danse obscure et majestueuse, dans son art (cinématographique) qui dévore et illumine (certes de sa noirceur) l’écran comme la danse et son rôle dévorent Nina. L’art, du cinéma ou du ballet, qui nécessite l'un et l'autre des sacrifices. Le fond et la forme s’enlacent alors pour donner cette fin enivrante d’une force poignante à l’image du combat que se livrent la maîtrise et l’abandon, l’innocence et le vice. Quel talent fallait-il pour se montrer à la hauteur de la musique de Tchaïkovski, pour nous faire oublier que nous sommes au cinéma, dans une sorte de confusion fascinante entre les deux spectacles, entre le ballet cinématographique et celui dans lequel joue Nina. Une expérience sensorielle, une danse funèbre et lyrique, un conte obscur redoutablement grisant et fascinant, sensuel et oppressant dont la beauté hypnotique nous fait perdre (à nous aussi) un instant le contact avec la réalité pour atteindre la grâce et le vertige. Plus qu’un film, une expérience à voir et à vivre impérativement (et qui en cela m’a fait penser à un film certes a priori très différent mais similaire dans ses effets : « L’Enfer » d’Henri-Georges Clouzot) et à côté duquel le « Somewhere » de Sofia Coppola qui lui a ravi le lion d’or à Venise apparaît pourtant bien fade et consensuel...
En deuxième position « The Artist » de Michel Hazanavicius,…encore un film qui met l’art au centre de son sujet et qui explore la fragilité, la « mélancolie » des êtres, des artistes. Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel. Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi, lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane »). Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation cannois (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »). Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets, de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance. Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt. Je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, et les six récentes nominations aux Golden Globes confirment ce sentiment). Michel Hazanavicius évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures, les poignantes contradictions et la noble fragilité. Ce film est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant. Rarement un film aura aussi bien su concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante du cinéma. Oui, foudroyante comme la découverte de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.
Sans doute serez-vous surpris de retrouver dans cette liste le « Minuit à Paris » de Woody Allen, certainement pas son meilleur film mais un film dans lequel il est plus inventif et juvénile que jamais, joue et se joue des fantasmes d’une ville qu’il revendique ici d’idéaliser, ce Paris qui, à l’image du titre du roman d’Hemingway «est une fête », ce Paris où un écrivain ne peut écrire qu’au Café de Flore, ce Paris où passé et présent, rêve et réalité, littérature et peinture vous étourdissent. Une déclaration d’amour à Paris, au pouvoir de l’illusion, de l’imagination, à la magie de Paris et du cinéma qui permet de croire à tout, même qu’il est possible au passé et au présent de se rencontrer et s’étreindre, le cinéma évasion salutaire « dans une époque bruyante et compliquée ». Un petit joyau d’intelligence au scénario certes moins abouti que dans d’autres films du cinéaste, mais que la vitalité de l’écriture, sa malice et son regard enamouré (sur Paris avant tout ), et la beauté des images nous font oublier et pardonner. Woody Allen réenchante Paris, ville Lumière et ville magique où tout est possible surtout donner corps à ses rêves. Un film ludique au charme ensorcelant, d’une nostalgie joyeuse.
Très différent…quoique… à nouveau explorant la fragilité des artistes…« This must be the place” de Paolo Sorrentino, un autre de mes coups de coeur cannois figure également en bonne place dans cette liste, l’histoire d’un masque qui tombe, d’un enfant qui grandit, d’un homme qui se relève. D’un artiste enfantin qui devient un homme (et fume sa première cigarette). Un film inclassable qui mélange habilement les genres, un road movie qui déroute et enchante, ou nous glace par sa lucidité. Un film envoûtant grâce à la musique de David Byrne, la virtuosité de la mise en scène de Sorrentino et de l’interprétation de Sean Penn qui nous plongent dans une atmosphère poétique, onirique et fantaisiste qui dissimule un visage grave et lucide. Un bel hommage à « Paris, Texas » de Wim Wenders, et à « Into the wild » de Sean Penn, aussi. Un personnage et un film qui vous restent dans la tête comme une petite musique. Celle des Talkings Heads. « Il faut choisir, dans l'existence, un moment, un seul, où la peur disparaît » nous dit-on dans le film. Ce périple en fait partie. Un périple réjouissant et bouleversant, grave et léger, mélancolique et enchanteur, fardé et sincère. Qui donne envie de regarder la vérité derrière le masque. Celle de l’abjection (le bourreau nazi) ou de l’humanité (Cheyenne) qui se mettent à nu (au propre comme au figuré ici). Leur rencontre improbable donne ce grand film construit sur de brillants contrastes.
Dans cette liste également un film politique, le régal impitoyable « Les Marches du pouvoir » de George Clooney. Un thriller aussi élégant que le sont en apparence ses protagonistes et qui en révèle d’autant mieux la face obscure grâce à un rythme particulièrement soutenu, un distribution brillamment dirigée, des dialogues vifs, et surtout une mise en scène métaphorique entre ombre et lumière particulièrement symptomatique du véritable enjeu (être, devenir ou rester dans la lumière) et de la part d’ombre qu’elle dissimule (souvent habilement) et implique.
Egalement dans ce palmarès, un magnifique hommage au western avec « True grit » d'Ethan et Joel Coen (reprenant même la musique du chef d’œuvre « La nuit du chasseur » de Charles Laughton) dont il respecte et détourne les codes non sans uns certaine ironie, à ses personnages aux gueules patibulaires mais au cœur d’or, à ses grandes étendues éblouissantes, à ses chevauchées fantastiques dans des plaines majestueuses au soleil levant ou couchant « dans la vallée de l’ombre et de la mort », à la mythologie américaine donc, à ses légendes. Avec « True Grit », les Coen rendent hommage au western en le renouvelant et transformant en un conte désenchanté aux paysages enchanteurs, une sorte d’Alice au pays des merveilles dans un Ouest Américain aussi hostile que magnifiquement filmée, les mésaventures d’un trio improbable entre courage et désillusions.
Et puis, dans cette liste, également des premiers films comme « La Délicatesse » de David et Stéphane Foenkinos et « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf mon coup de cœur du Festival de Cabourg, celui qui évoquait le mieux les tourments de l’âme et du cœur (définition du romantisme, thématique de ce festival), et qui fait preuve de sensibilité (agréablement) exacerbée. Frédéric Louf, le réalisateur, aidé par une pléiade de jeunes acteurs remarquables, arrive en effet à y transcrire la fébrilité et la fougue de la jeunesse, cet âge où tout est possible, à la fois infiniment grave et profondément léger, où tout peut basculer d’un instant à l’autre dans un bonheur ou un malheur pareillement excessifs, où les sentiments peuvent éclore, évoluer ou mourir d’un instant à l’autre, où tout est brûlant et incandescent. De son film et de ses interprètes se dégagent toute la candeur, la fraîcheur mais aussi parfois la violence et l’intransigeance de cet âge décisif. La littérature y cristallise magnifiquement les sentiments Un film simple, touchant, drôle qui a la grâce des 18 ans de ses personnages, à la fois fragiles et résolus, audacieux, d’une émouvante maladresse, insouciants et tourmentés et qui incarnent à merveille les héros romantiques intemporels. Un film au romantisme assumé, imprégné de littérature, avec un arrière-plan politique, avec un air truffaldien, voilà qui avait tout pour me plaire, sans oublier ce petit plus indicible, le charme peut-être, la sincérité sans doute, et le talent évidemment, ingrédients d’un coup de foudre cinématographique comme celui-ci.
« La Délicatesse », dernier coup de cœur en date de cette année 2011, est un film à l’image de son personnage principal : d’apparence simple, discret, grave et triste, il se révèle gai, d’une lucidité joyeuse, tendre, et il vous charme d’une manière totalement inexplicable. Le charme des rencontres impromptues, improbables, inattendues. Les plus belles. Un délicieux film d’une gravité légère à déguster sans modération, l’histoire d’une renaissance lumineuse qui fera du bien tous ceux qui ont été touchés par le deuil, à tous ceux qui ne croient plus à la beauté foudroyante des hasards et coïncidences et des rencontres singulières, qui ne croit plus que le bonheur réside là où on ne l’attend pas. Voilà ce film m’a totalement charmée, aussi rare (et précieux) que la délicatesse qu’il met en scène, avec le même charme progressif et non moins ravageur.
Dans cette liste évidemment « La Piel que habito » de Pedro Almodovar, un film troublant, éprouvant et lumineux, sombre et fascinant, remarquable de maîtrise dans le scénario comme dans la mise en scène qui tisse impitoyablement sa toile arachnéenne pour révéler une vengeance implacable et cruelle, prétexte sublime et terrible à l’évocation des thèmes chers au cinéaste.
J'aurais aussi pu vous parler de jolies découvertes comme "Poupoupidou" mais il fallait bien que cette liste se limite à un certain nombre.
J’ai bien conscience que « La guerre est déclarée », « Intouchables » et « Drive » figureront sans doute dans tous les classements et que ne pas les citer pourrait laisser penser que je suis passée à côté de trois découvertes essentielles de cette année.
Si le premier m’a bouleversée, si j’ai apprécié cet hymne à la vie, au courage, à la fugacité du bonheur, ce film plein de douce fantaisie, avec une inspiration toujours très truffaldienne, et jamais mièvre, je n’en garde pas une empreinte forte et inaltérable et je persiste à croire que ce bouleversement est lié davantage au sujet qu’au traitement, lui ayant préféré le premier film de Valérie Donzelli « La reine des pommes ».
Si le second m’a énormément fait rire, certes, cela reste néanmoins pour moi une suite de sketchs, un conte, utilisant à outrance la caricature et les oppositions (le riche avec le pauvre, l’handicapé et le valide, l’homme cultivé et celui qui n’y connaît –vraiment- rien à l’art), et son succès s’explique sans doute davantage par l’espoir qu’il porte dans une période morose que par ses qualités cinématographiques exceptionnelles.
Le troisième m’a hypnotisée par sa réalisation. J’ai apprécié la mise en scène époustouflante, flamboyante et crépusculaire, qui nous fait ressentir les sensations trépidantes, périlleuses et étourdissantes de ce chauffeur hors pair et mutique, au sourire retenu, dans une ville de Los Angeles tentaculaire, éblouissante et menaçante, qui nous fait éprouver ses sensations de vitesse et de mélancolie vertigineuses -sombre et belle alliance-, avec dans la première partie des scènes d’une beauté saisissante sans parler évidemment d’une bo remarquable qui contribue fortement au vertige sensoriel de la première partie. Nicolas Winding Refn a ravi le prix de la mise en scène à Pedro Almodovar à Cannes qui, à mon avis, l’aurait davantage mérité (pour « La Piel que habito »), ne serait-ce que parce qu’il a brillamment raconté une histoire cruelle, terrible, effroyable où toute la finesse de la mise en scène réside justement dans ce qui n’est pas montré et qui n’en a que plus de force…La violence absurde et les excès du personnage principal dans « Drive », il est vrai magistralement interprété, (qui promettait là aussi d'être d'une complexité passionnante), sans parler des réactions invraisemblablement velléitaires du personnage féminin, le manichéisme des méchants du film, l’ont emporté ainsi sur une première partie prometteuse comme rarement avec des images et une musique qui, encore maintenant, me restent en tête. Un magnifique clip, à défaut du grand film que la première partie annonçait pourtant. Surtout, un beau gâchis. (Critique complète, ici : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/09/25/crit... )
Encore une fois cette année, la frontière entre le cinéma et la réalité a été très faible, à m’y perdre parfois, à prendre mes rêves pour la réalité, à lui préférer le cinéma souvent. Je garderai sans aucun doute comme souvenirs marquants de cette année cinématographique ma rencontre avec Catherine Deneuve dont je vous ai fait un long récit, ici (http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/03/17/avan... ), l’interview de Tahar Rahim et Jean-Jacques Annaud (http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/11/23/crit... ) et des moments intenses de festivals comme l’ouverture du Festival de Cannes ou la projection de « Melancholia » ou « The Artist » mais aussi le Festival Lumière de Lyon où j’étais invitée pour débattre d'internet (http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/10/09/fest... , l’occasion de découvrir un festival formidable qui met vraiment la cinéphilie à l'honneur, ou encore le Festival de Saint-Jean de Luz, les César vécus en direct à nouveau (http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/02/26/palm... ) et des airs de musique qui me trottent encore dans la tête comme le "New York" de Jamie Cullum en ouverture du Festival de Cannes.
Une partie du jury du 64ème Festival de Cannes, cérémonie d'ouverture du festival
Jamie Cullum, ouverture du 64ème Festival de Cannes
L'émouvant hommage du 64ème Festival de Cannes à Jean-Paul Belmondo
La leçon de cinéma de Francis Ford Coppola au Festival du Cinéma Américain de Deauville
Pour l’année à venir, je vous promets de faire mieux, c’est-à-dire initier des projets, des rencontres, des interviews, surtout continuer à me laisser guider par la passion. Vous trouverez aussi sur mes 5 blogs mais essentiellement sur le nouveau davantage de musique, de théâtre, de littérature mais bien évidemment toujours essentiellement du cinéma. Je mettrai plus que jamais l’écriture au centre en essayant de faire de chaque compte-rendu de festival un véritable récit mais aussi en publiant des nouvelles dans la rubrique dédiée de mon nouveau blog « In the mood – Le Magazine» ( http://inthemoodlemag.com ) sur lequel et les motivations duquel vous pourrez tout savoir dans sa rubrique "A propos" ( http://inthemoodlemag.com/about/ ) tout en continuant à vous emmener dans les festivals incontournables (Cannes pour la 12ème année consécutive, Paris Cinéma, Deauville et son Festival du Cinéma Américain pour la 19ème année consécutive, son Festival du Film Asiatique, les César pour la 3ème année consécutive) mais aussi tout en en découvrant de nouveaux (Saint-Jean de Luz pour la deuxième année consécutive, peut-être les Arcs où j’étais invitée cette année mais n’ai pas pu me rendre, sans doute le nouveau Paris Film Festival pour lequel il se pourrait que je vous réserve quelques surprises, peut-être Cabourg, Dinard, Lyon et sans aucun doute des festivals qui ne sont pas encore prévus au programme).
Côté projections, je vous promets déjà de vous faire partager de belles découvertes pour l’année à venir comme « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun ou « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti, deux films découverts dans le cadre du Festival de Saint-Jean de Luz et de nombreux films que j’attends avec impatience et dont vous pourrez retrouver ici les critiques en avant-première comme « J.Edgar » de Clint Eastwood. J’espère, cette année 2012, vous surprendre, vous réserver de belles surprises, aller et vous emmener là où on ne m’attend pas, oser davantage, et oser rêver et vous faire partager cela sur mon nouveau site.
Vous pourrez aussi me suivre sur My Major Company Books, site sur lequel vous pouvez vous inscrire comme « producteur » et ensuite comme fan de ma page ( http://www.mymajorcompanybooks.com/#!/meziere ) si vous souhaitez soutenir mon projet d'écriture très « cinématographique » que vous pourrez découvrir sur la page en question.
Je vous souhaite une année 2012 palpitante, riche d’émotions, et …surtout, surtout, de ne jamais cesser de rêver malgré les vicissitudes de l’existence, de ne surtout jamais céder à la facilité du cynisme, quitte à faire passer cette « délicatesse » pour une naïveté. Quoiqu’il arrive, reste le cinéma. La passion, avant tout. La devise de mon nouveau site. Aussi ingrate soit-elle parfois…mais finalement toujours victorieuse et exaltante…et c’est tout ce qui compte, et me porte.
Pour me lire :
Avant tout, mon nouveau site principal : http://inthemoodlemag.com au sujet duquel vos avis et suggestions demeurent les bienvenus et qui continuera à s’enrichir prochainement de nouvelles rubriques. Pour en savoir plus sur les objectifs de ce site, rendez-vous dans sa rubrique « A propos » (http://inthemoodlemag.com/about/ ) .
Et toujours les autres : In the mood for cinema (http://www.inthemoodforcinema.com , pour tout savoir de l’actualité cinématographique ), In the mood for Cannes (http://www.inthemoodforcannes.com , pour tout savoir de l’actualité du Festival de Cannes), In the mood for Deauville (http://www.inthemoodfordeauville.com , pour tout savoir sur Deauville, son Festival du Cinéma Américain et du Film Asiatique) et In the mood for luxe (http://www.inthemoodforluxe.com our tout savoir de l’actualité du luxe, essentiellement dans le domaine touristique et de la mode)
Mes comptes twitter (le compte principal pour « In the mood – Le Magazine » et « In the mood for cinema », si vous ne devez en suivre qu’un de mes 4 comptes, c’est celui-ci) : http://twitter.com/moodforcinema (@moodforcinema )
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Photo - Cannes 2011
Photo- Deauville octobre 2011
17:59 Écrit par Sandra Mézière dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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10.03.2010
En direct du Festival du Film Asiatique de Deauville 2010: Deauville irrémédiablement...
Et c'est reparti... Pour la 25ème fois, je vais séjourner à Deauville pour l'un de ces festivals. Deauville où chaque lieu ou presque évoque désormais pour moi un souvenir, suscite une réminiscence. Deauville associée à tellement de pages tournées, gravées, noircies; à de belles et constantes amitiés; à des moments inoubliables et même irréels; et à une douce et exaltante mélancolie.
Deauville où, malgré tout, je retourne, chaque fois, irrémédiablement, avec la réconfortante certitude que de nouveaux souvenirs s'ajouteront à tous ceux déjà engrangés. Deauville tellement liée à ma passion pour le cinéma, ses prémisses autant que son exacerbation; où les dédales de mon existence ont pris un autre chemin et finissent toujours par me ramener: aujourd'hui encore. Et c'est toujours la même fébrilité, le même enthousiasme à la veille de nouvelles découvertes et pérégrinations cinématographiques.
Même si je suis allée moins régulièrement au Festival du Film Asiatique qu'au Festival du Cinéma Américain (dont je n'ai pas manqué une édition depuis 17 ans), j'y retourne néanmoins désormais chaque année depuis ma participation à son jury de cinéphiles de 2005 (qui n'existe d'ailleurs malheureusement plus).
J'essaierai de vous faire un compte rendu de cette première journée de festival (première pour moi seulement puisque l'ouverture a eu lieu hier soir avec l'hommage à Brillante Ma. Mendoza et la projection de "Lola") ce soir même si je ne vous garantis rien, ayant l'habitude que le tourbillon festivalier m'emporte et bouscule mes bonnes résolutions. Quoiqu'il arrive vous pourrez lire mon compte rendu ici, même avec un petit décalage temporel!
Alors rendez-vous (dans la mesure du possible) dans la journée "in the mood for Deauville"! Mes articles seront publiés à la fois sur "In the mood for cinema" et sur "In the mood for Deauville " (sur lequel vous pourrez de surcroît trouver tous les renseignements pratiques pour assister au festival).
23:09 Écrit par Sandra Mézière dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, deauville, festival du film asiatique 2010 |
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17.09.2009
Mon bilan du 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville
Alors que, déjà, avec leur voracité inextinguible, les médias sont passés à une autre actualité que celle du Festival de Deauville, dans un calme assourdissant et nécessaire (mais heureusement très temporaire) pour les appréhender avec recul et mesure, je me replonge dans mes souvenirs de ces 10 journées deauvillaises pour vous faire part de mon bilan de cette édition 2009 du Festival du Cinéma Américain.Nostalgique et joyeuse, décevante et agréable, mélancolique et ensoleillée...et initiatique... : voilà ce que fut pour moi cette édition 2009. Sans doute trouverez-vous tout cela contradictoire et antithétique à l'image de ce qu'est ce festival et de ce que sont et ont toujours été mes journées dans le cadre de celui-ci.
Nostalgique parce que, forcément, au bout de 16 années de pérégrinations deauvillaises... et plus de 160 jours de présence rien que pour ce Festival du Cinéma Américain, il est très difficile de rivaliser avec tant de souvenirs, de rencontres, de films mémorables, idéalisés peut-être aussi par le prisme de l'imagination et de la mémoire ; parce que Deauville c'est pour moi plus qu'un festival, c'est le lieu de l'exacerbation de ma passion dévorante pour le cinéma ; c'est le lieu de la danse endiablée et déconcertante entre le cinéma et ma réalité ; c'est le lieu qui a vu éclore, renaître et se fracasser tant de mes illusions ; c'est le lieu où dix jours en paraissent cent et un seul à la fois ; c'est le lieu qui, à jamais, aura une place particulière dans mon existence, quitte à avoir des réactions épidermiques et à défendre ce festival comme si je l'avais enfanté même si, cette année, j'ai un instant renié ma progéniture en songeant à délaisser Deauville pour Venise l'an prochain, je pense que l'attachement filial ou en tout cas sentimental sera finalement toujours plus fort.
Joyeuse parce que, forcément, comme chaque festival, celui-ci a engendré son lot de rencontres cinématographiques et humaines, de découvertes filmiques, d'instants hors du temps, de moments insolites et inattendus, et cette sensation à la fois rassurante et violente que cela durerait éternellement, qu'il était possible de vivre indéfiniment au rythme des projections.
Décevante parce que ce n'est plus un secret pour personne : cette édition 2009 n'a pas été à la hauteur de ce qu'aurait pu être un 35ème anniversaire et de ce que furent ses 25ème et 30ème anniversaires sans parler de sa mémorable 33ème édition. A la décharge des organisateurs, les 20% de recettes de partenaires en moins et la crise économique y sont certainement pour beaucoup. Les invités de la Mostra n'ont ainsi pas prolongé leurs séjours pour venir à Deauville, notamment Matt Damon qui, il y a deux ans, avait honoré les deux festivals de sa présence (soi-disant absent pour cause de rentrée des classes cette année). Les nombreuses stars présentes dans les films sélectionnés n'ont ainsi le plus souvent pas fait le déplacement et même les équipes des films en compétition habituellement présentes. A l'exception des deux derniers jours, avec notamment la venue d'Harrison Ford, le festival n'a pas connu son effervescence coutumière pas plus que le village du festival déserté par les partenaires officiels (par exemple Narciso Rodriguez présent l'an passé, ayant pourtant signé pour un partenariat de trois ans, avait rompu son contrat avec le festival). Le festival a néanmoins attiré 50000 festivaliers (selon les organisateurs). Excuse des organisateurs face à l'absence d'avant-première évènementielle comme Deauville en a connu tant ou argument pour se singulariser : le festival se présente désormais avant tout comme vitrine du cinéma indépendant américain dans la lignée de son alter ego, Sundance. Espérons aussi que le festival renouvèlera les Nuits Américaines 24H/24H comme les deux premières années et non uniquement à partir de 22h comme cette année. Espérons aussi qu'il rétablira les séances en deuxième partie de soirée.
Agréable parce que malgré tout, même si le cru 2009 ne résiste pas à la comparaison avec ses éditions précédentes, il nous a réservé de beaux moments parmi lesquels les présences de deux habitués du festival : la pétillante Meryl Streep (incroyable -mais cela devient un pléonasme- dans le film d'ouverture « Julie et Julia ») et Harrison Ford, submergé par l'émotion devant une salle médusée. Il y a eu l'émotion plus en retenue, d'autant plus touchante, d'Andy Garcia qui, à travers le film qui lui a consacré le festival pour son hommage, a vu là la preuve de la concrétisation de ses rêves ; un jury abordable et dynamique. Et puis Steven Soderbergh qui a présenté en avant-première le décevant « The Informant ! » ; Robin Wright Penn dont j'ai découvert l'impressionnante étendue du talent dans « Pippa Lee » ; Julia Migenes pour le concert d'ouverture illuminé de sa lyrique exubérance ; la clôture sur un air d'une nostalgique réminiscence, celui de Michael Jackson ; les facétieux ZAZ lors de leur hommage ; le poignant « Like Dandelion dust » de Jon Gunn avec Mira Sorvino ; la sympathique comédie « La proposition » de la déjantée Anne Fletcher. Des films souvent avec des thèmes forts (« Cold souls », « The Time traveler's wife », « Sin nombre », The messenger »...) et des interprétations marquantes ( « City Island », « Pippa Lee », « Julie et Julia », "Me and Orson Welles"...) mais souvent des scénarii bâclés et une sensation d'inachevé.
Mais agréable seulement parce que, pour la première fois, parmi les vingt projections auxquelles j'ai assistées (10 films en compétition et 10 avant-premières) je n'ai eu aucun coup de cœur pour un ou plusieurs des films présentés. Même si je reconnais la force du propos de certains d'entre eux ou de leurs interprètes, aucun film ne m'a réellement enthousiasmée alors qu'il y en avait toujours plusieurs les années précédentes.
Mélancolique parce que Deauville est intrinsèquement mélancolique, d'une mélancolie poétique qui endolorit chaleureusement les pensées, et ne cessera jamais de m'envoûter.
Ensoleillée, pas seulement grâce à une météo radieuse, et malgré la noirceur de certains films en compétition qui, bien que de qualité inégale, de par leur diversité, ont témoigné de la vitalité du cinéma indépendant américain. Deauville pourrait même devenir un festival s'affirmant comme politique ou du moins engagé (avec la compétition mais aussi les Docs de l'Oncle Sam que je regrette d'avoir manqués cette année) et se donner une mission de découvreur de talents (mission déjà accomplie si on regarde la liste des films primés les années précédentes de « Being John Malkovich » à « The Visitor », en passant par « Little miss sunshine »). C'est ainsi un film sur les conséquences de la guerre en Irak sans distributeur qui a été primé, un film d'Oren Moverman avec Woody Harrelson. Le prix du jury ex aequo attribué à "Sin Nombre" de Cary Joji Fukunaga s'inscrivait aussi dans cette optique mettant en lumière les brûlures et les parts d'ombres de l'Amérique du Sud.
Et enfin, ce festival s'est révélé initiatique parce que mon état d'esprit avait changé entre l'ouverture et la clôture, que j'ai compris que le présent aussi insensé puisse-t-il sembler n'annihile pas la douceur des souvenirs, mais qu'au contraire il se fortifie et s'éclaire grâce à eux.
Merci à Orange, notamment pour m'avoir permis de faire gagner des pass à 18 d'entre vous, et pour l'accueil toujours chaleureux au lounge Orange, au Public Système Cinéma pour l'accueil, de plus en plus cordial, notamment à Clément.R, et à mes acolytes festivaliers d'un jour ou de plusieurs et aux trois cinéblogueuses pour leur charmante compagnie.
A suivre : un article sur les films en compétition de ce 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville avec notamment la critique de « The messenger » et « Sin nombre ». Quant aux critiques des avant-premières elles seront mises en ligne à l'approche des sorties en salles des films en questions et notamment les critiques des trois films que je vous recommande « Like Dandelion Dust », « Pippa Lee », « City Island ».
Toutes les photos de cet article sont la propriété exclusive de Sandra Mézière pour inthemoodforcinema.com et inthemoodfordeauville.com . Pour toute utilisation, me contacter à inthemoodforcinema@gmail.com .
16:11 Ecrit par Sandra.M dans FESTIVAL DU CINEMA
16:27 Écrit par Sandra Mézière dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, deauville, festival, américain, harrison ford, meryl streep, andy garcia, mira sorvino, cristian mc kay, jean-pierre jeunet |
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16.07.2009
Inthemoodfordeauville.com en vacances...
Quand vous lirez cette note, je serai déjà loin mais rassurez-vous vous pourrez retrouver l’actualité cinématographique quotidienne, sur Inthemoodforcinema.com et sur Inthemoodfordeauville.com, le 10 août avec, dès mon retour en France, de nombreuses nouveautés et le programme détaillé et commenté du 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville que vous pourrez suivre en direct sur ces deux blogs, du 4 au 13 septembre 2009.
J’emporte de nombreux romans dans mes bagages (dont certains ont fait l’objet de récentes adaptations cinématographiques, je vous en parlerai donc au retour) mais aussi des envies d’écrire et d’insouciance, des projets utopiques, des tas de souvenirs hétéroclites et insaisissables d’une année riche d’imprévus exaltants, de rencontres palpitantes et enrichissantes, de mystères et de visages insondables et déroutants, d’instants diaboliquement ou majestueusement cinématographiques.
Outre mes articles concernant le 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, dès mon retour vous pourrez lire de nouvelles critiques littéraires des premiers romans que j’aurai reçus en tant que membre du jury du Prix des Lectrices de Elle 2010 mais aussi des nouvelles promises à l’image de celle-ci, et (peut-être) quelques articles concernant ces vingt-cinq jours exaltants qui m’attendent si je me décide à lever le voile mystérieux dont j’aime entourer cette précieuse évasion. D’ailleurs comme de nombreux voyages s’annoncent prochainement, je pense aussi y laisser une plus large place sur inthemoodforcinema.com.
Comme je ne pouvais pas vous laisser sans quelques conseils cinématographiques voici, ci-dessous, quelques films en DVD et à l’affiche dont vous pourrez lire mes critiques en cliquant sur les titres des films concernés :
Sorties DVD:
- « Gran Torino » (sortie DVD : le 1er juillet)
- « Slumdog millionaire » (sortie DVD : le 15 juillet)
- « Les Noces Rebelles » (sortie DVD : le 21 juillet)
- « Largo Winch » (sortie DVD : le 28 juillet)
- - « J’irai dormir à Hollywood » (sortie DVD : le 10 juin )
- « L’Etrange histoire de Benjamin Button » (sortie DVD le 5 août)
Et, toujours à l’affiche :
« Public Enemies » de Michael Mann
« Whatever works » de Woody Allen

« Harry Potter et le Prince de sang-mêlé » de David Yates
ou encore, pour les plus jeunes, « L’âge de glace 3, le temps des dinosaures » (qui bat actuellement des records d’entrées, ayant ainsi effectué le meilleur démarrage Paris/périphérique de tous les temps avec 180008 entrées) et « Là-haut » (sortie en salles : le 29 juillet).




Il vous reste aussi quelques jours pour profiter de l’exposition Jacques Tati (jusqu'au 2 août) ainsi que du cycle Michael Mann à la Cinémathèque (jusqu'au 26 juillet) pour lequel, inthemoodforcinema.com, en partenariat avec la Cinémathèque, met 20 places en jeu. Cliquez ici pour connaître le règlement du concours et participer.

Je vous propose aussi la nouvelle bande-annonce d « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino que je vous recommande de courir voir lors de sa sortie en salles le 19 août et dont vous pouvez lire ma critique en cliquant ici.

Je vous propose également deux teasers d’ « Un Prophète » de Jacques Audiard (sortie en salles: le 26 août), mon autre coup de cœur du Festival de Cannes 2009.
Je vous parlerai bien entendu à nouveau de ces deux films lors de leurs sorties en salles.
J’en profite pour vous rappeler que vous pouvez suivre ce blog sur Twitter et sur sa Page Facebook.
Je demeure joignable, même pendant les vacances, à inthemoodforcinema@gmail.com .
A très bientôt, le 10 août.
Cinématographiquement vôtre.
Sandra.M
00:05 Écrit par Sandra Mézière dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, deauville, vacances, festival |
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26.06.2007
Editorial : plongez avec moi "in the mood for Deauville"!
Les Journées Romantiques du Festival de Cabourg, ses mots bleus et ses instants fragiles, résonnent encore sur la Promenade de Proust et dans ma mémoire de festivalière insatiable que la Normandie s’apprête déjà à accueillir un autre festival, celui qui a été créé par André Halimi et Lionel Chouchan, il y a 33 ans déjà : le Festival du Cinéma Américain de Deauville. Deauville, elle non plus jamais avare de recherches du temps perdu, teintée de mélancolie lumineuse, pourrait aussi célébrer le romantisme qu’elle symbolise d’ailleurs à de nombreux égards. A proximité des plages du débarquement et à quelques kilomètres du célèbre mémorial de Caen, le 21ème arrondissement de Paris a pourtant et logiquement choisi le cinéma d’Outre-Atlantique, là où l’Histoire de France est indissociable de celle des Etats-Unis.
Ce Festival du Cinéma Américain de Deauville, le premier auquel j’ai assisté, je le connais plus que bien, depuis ce jour de 1994 où je me retrouvai à Deauville, un jour de Festival du Cinéma Américain évidemment. Un beau jour de 1994… Hasards et coïncidences comme les affectionne un célèbre inconditionnel de Deauville dont une place, inaugurée l’an passé, porte enfin le nom. Hasards et coïncidences, comme je les affectionne aussi.
Puis, j’y ai fait partie d’un jury de cinéphiles en 2000 et ensuite d’un
jury de cinéphiles de son Festival du Film
Asiatique en 2005, son petit frère du mois de mars qui grandit magnifiquement et attire chaque année davantage de cinéphiles.
J’ai fêté ensuite les 25 ans du festival, puis ses 30 ans et demain ses 33 ans. J’ai donc décidé cette année de lui consacrer un blog entier, à l’image de celui que j’ai créé pour les 60 ans du Festival de Cannes : In the mood for Cannes.
Depuis 1994, chaque année, début septembre, quoiqu’il arrive, la rentrée se déroule pour moi au Festival du Cinéma
Américain de Deauville, de l’ouverture à la clôture. Rendez-vous délicieusement immuable. Malgré la tentation vénitienne. (La Mostra de Venise se déroule presque toujours en même temps que le Festival du Cinéma Américain de Deauville).
Deauville c’est Hollywood et Sundance à la fois, depuis l’instauration de la compétition de films indépendants en 1995. Ce sont les blockbusters et les films indépendants. Deauville, c’est un tapis rouge auquel sied mieux le noir et blanc
nostalgique. Terre de contrastes et paradoxes. C’est Al Gore qui vient présenter son sidérant documentaire contre le
réchauffement climatique et dire des "vérités qui dérangent". Ce sont aussi les films au dénouement desquels flotte glorieusement et insolemment la bannière étoilée. Deauville, c’est la discrétion et la tonitruance. C’est Cannes sans l’exubérance. C’est le luxe avec la convivialité. Ce sont les premiers balbutiements de jeunes cinéastes et la consécration de leurs aînés. C’est Kirk Douglas qui marche difficilement mais non moins majestueusement sur la scène du CID. C’est James Coburn et son flegme légendaire qui envoûtent le Salon des Ambassadeurs. C’est Laurent Bacall qui vient accompagnée de Nicole Kidman. Le cinéma d’hier y côtoie celui d’aujourd’hui et l’un et l’autre s’enrichissent mutuellement. Deux époques se rencontrent, deux Amérique aussi. C’est
ainsi Gus Van Sant qui vient présenter Gerry, la quintessence du film indépendant, non moins sublime. C’est aussi Sylvester Stallone qui vient présenter son dernier film. C’est un festival qui satisfait à la fois les amateurs de cinéma d’action et les cinéphiles les plus exigeants, les spectateurs et les "professionnels de la profession". Ce sont James Ellroy, Meryl Streep, Geena Rowlands ou tant d’autres qui stupéfient l’assistance lors de mémorables conférences de presse. C’est Cyd Charisse qui esquisse quelques pas de danse sur la scène du CID. Ce sont des soirées interminables à refaire le monde du cinéma sous les
étoiles dans la villa Canal plus-Orange-Cartier, selon les époques et les sponsors, et pas seulement les étoiles de la bannière. C’est Paul Haggis qui y gagne ses premiers galons de réalisateur en remportant le grand prix du festival avec Collision, qui sera ensuite couronné par les Oscars. Ce sont Steve Buscemi ou Charlie Kaufman qui y donnent de passionnantes leçons de cinéma. C’est Joel Grey qui entonne avec grâce quelques notes dans un CID silencieusement
attentif. C’est le charismatique Al Pacino qui ne peut retenir ses larmes d’émotion. Ce sont les applaudissement effrénés pendant la projection de Tigre et Dragon d’Ang Lee. Ce sont Clint Eastwood, Tom Hanks, Morgan Freeman, Harrison Ford, Steven Spielberg, Sydney Pollack et tant d’autres prestigieux invités habitués des Planches. C’est la présence d’un trio
inoubliable et inégalable : Spielberg-Lucas-Coppola. Ce sont Tom Di Cillo, Jonathan Nossiter, Karyn Kusama, John Cameron Mitchell… qui ont vu leurs films présentés en compétition officielle, couronnés.
Ce sont les derniers feux de l’été, souvent les plus brillants et intenses, qui auréolent les
Planches d’une luminosité incomparable comme sortie d’un songe d’une nuit d’été. Des feux de couleurs bleu blanc
rouge. Comme un film de Kieslowski. A Deauville, le cinéma américain se met en effet à l’heure européenne. Deauville, c’est ainsi aussi le prix Michel d’Ornano qui récompense le meilleur traitement de scénario de long métrage d’un jeune scénariste français. C’est encore le Panorama, et le prix littéraire. Ce sont aussi les hommages qui ont amené à Deauville les plus grands noms du cinéma américain. C’étaient auparavant des courts métrages de grande qualité dont on peut regretter
la disparition de la compétition il y a quelques années et dont nous espérons le retour pour cette édition 2007. Ce sont enfin et surtout tous ces souvenirs indicibles amoncelés qu’un édito ne pourrait retranscrire… Deauville ne ressemble à aucun autre festival.
Depuis, j’ai découvert beaucoup d'autres festivals de cinéma. Deauville reste celui qui me tient le plus à cœur. Plus qu’ailleurs (ma) vie et (mon) cinéma y sont indissociables. Plus qu’ailleurs, rires et mélancolie, présent, avenir et nostalgie s’enlacent dans un joyeux et revigorant tumulte.
J’espère donc vous faire partager cette passion, vous donner à votre tour envie d’arpenter
nonchalamment et rêveusement les planches sur lesquelles s’égrènent les noms de tous ceux qui ont laissé une empreinte et un souvenir vivace dans la mémoire de ce festival, vous donner envie de vous laisser conquérir par un cinéma différent, vous donner envie de faire les Christophe Colomb du septième art, découvreurs de l’Amérique, d’une autre Amérique parfois, blessée et moins insolente, ou à défaut vous faire vivre ce festival comme si vous y étiez.
De nombreux liens figurent déjà sur ce blog, n’hésitez pas à les parcourir, d’autres viendront s’y ajouter. N’hésitez pas non plus à me communiquer des adresses de sites, blogs ou de pages internet consacrés au Festival du Cinéma Américain de Deauville.
Ce blog sera dans le même esprit que mon blog consacré au Festival de Cannes, avec des
interviews, des vidéos, des sondages, toutes les informations pratiques pour venir au festival, le programme détaillé, des reportages sur l’atmosphère du festival, et bien entendu de très nombreuses critiques de films.
Il s’inscrit aussi dans la continuité de mon blog principal In the mood for cinema classé parmi les 70 « blogs qui comptent », tous domaines confondus, par le Guide des Relations presse et de la communication 2007 (tout en relativisant la subjectivité de ce classement, bien entendu), également seul blog référencé sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2006, un blog sur lequel vous trouverez notamment mon compte-rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2006.
Pour toute information, site, publicité à me demander ou communiquer, avant et pendant le festival, vous pouvez me contacter à l’email suivant : festival.cinema@laposte.net .
Je vous invite également à laisser vos souhaits concernant ce blog et vos éventuelles suggestions,
dans les commentaires ci-dessous.
Vous pourrez bientôt trouver sur ce blog toutes les informations concernant ce festival et bien entendu il sera alimenté quotidiennement et en direct pendant le festival de Deauville.
Nous savons pour l’instant seulement que cette 33ème édition se déroulera du 31 août au 9 septembre. Patience : le programme et les jurys devraient bientôt et progressivement être dévoilés !
A Deauville, plus qu’ailleurs ma devise empruntée à Saint-Augustin s’applique : « Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion ». Egarez-vous dans cet ensorcelant labyrinthe cinématographique et plongez avec moi « in the mood for Deauville »!
Sandra.M
Photos © Sandra.M
10:43 Écrit par Sandra Mézière dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Festival du Cinéma Américain de Deauville 2007 |
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