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NUITS AMERICAINES

  • Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013 : programme des Nuits Américaines

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    Evidemment, je ne peux que vous recommander tous ces classiques et a fortiori "L'étrange histoire de Benjamin Button" projeté dans le cadre de l'hommage à Cate Blanchett dont vous pouvez retrouver ma critique, ci-dessous:

    CRITIQUE de "L'étrange histoire de Benjamin Button" de David Fincher

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    L’existence de Benjamin Button (Brad Pitt) débute à la Nouvelle Orléans à l’âge auquel elle s’achève pour certains : à 80 ans. Il nait avec le corps d’un vieillard rabougri et il rajeunit progressivement sans que rien ne puisse arrêter l’impitoyable course du temps. Sa mère meurt en lui donnant la vie. Son père (Jason Flemyng), effrayé par cet être étrange, le dépose sur les marches d’une maison de retraite (ce n’est évidemment pas anodin) où il sera recueilli par la charmante Queenie (Taraji P.Henson), il grandira au contact des autres pensionnaires.

     Son histoire est lue dans une chambre d’hôpital par une fille (Julia Ormond) à sa mère Daisy (Cate Blanchett), une vieille dame à l’agonie qui possède le journal intime de Benjamin. Cette vieille dame est la femme dont Benjamin est tombé amoureux dès qu’il l’a vue, alors qu’elle n’était qu’une petite fille, la petite fille d’une des pensionnaires de la maison de retraite.

     Tandis qu’à l’extérieur de l’hôpital l’ouragan Katrina gronde, la lecture déroule le cours de cette étrange vie à rebours, de 1918 à nos jours…

     Adaptée d’une nouvelle de Scott Fitzgerald écrite en 1922, « L’étrange histoire de Benjamin Button » (elle-même inspirée d’une pensée de Mark Twain : « La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos 18 ans ») est avant tout une idée prodigieuse, une métaphore magistrale sur la course-évidemment perdue d'avance- contre le temps, contre la mort, une brillante allégorie sur l’effroyable écoulement de temps. En cela, la très alléchante bande-annonce est à la fois fidèle et trompeuse. Fidèle en ce qu’elle reflète le sujet du film. Trompeuse en ce qu’elle n’en reflète que partiellement l’atmosphère, violemment mélancolique.

     Plus que quiconque, Benjamin se sait condamné par l’inéluctable compte à rebours mais aussi condamné à profiter intensément de chaque instant. Son existence est jalonnée de rencontres insolites, touchantes, marquantes (parmi lesquelles celle avec le troublant personnage incarné par la talentueuse Tilda Swinton) inéluctablement tragiques car prisonnières de l’emprise du temps.

     Le film aurait pu être outrancièrement mélodramatique mais l’écueil est brillamment évité : toutes les morts surviennent hors-champ. Benjamin grandit et rajeunit pourtant entouré par la mort comme si un autre cyclone balayait son entourage. David Fincher n’a pas réalisé de ces films caricaturalement hollywoodiens qui usent et abusent du gros plan suréclairé et de la musique à outrance. Le film est essentiellement en clair-obscur, la musique, judicieuse, d’Alexandre Desplat souligne sans surligner et laisse le plus souvent place au tic-tac récurrent, obsédant, omniprésent, terrifiant de l’horloge, symbole de ce temps que rien ne peut arrêter, même une horloge qui fonctionne à rebours, métaphore qui résonne d’autant plus dans une industrie hollywoodienne où rien ne semble arrêter la course effrénée et souvent ridicule au jeunisme.

    Malgré son sujet qui relève du conte (finalement plus philosophique que fantastique) costumes, décors, époques savamment reconstituées, tout concourt au réalisme (option finalement aussi courageuse que judicieuse), de même que les réactions ou plutôt la relative absence de réactions à la particularité de Benjamin contre laquelle personne, pas même lui-même, ne cherche à lutter. En cela, c’est un hymne à la différence, de surcroît parce que Queenie qui l’adopte, est une jeune femme noire qui adopte donc un enfant blanc né dans des circonstances très étranges, à une époque où le racisme régnait.

     « L’étrange histoire de Benjamin Button » est aussi et avant tout une magnifique histoire d’amour entre Benjamin et Daisy, une histoire qui défie les apparences, la raison, le temps et même la mort. L’histoire de deux destins qui se croisent, que les fils, tortueux, impitoyables et sublimes, du destin finissent toujours pas réunir, malgré le fracas du temps, de leurs temps, s’écoulant irrémédiablement dans deux directions opposées.

     C’est encore une formidable prouesse technique (qui a nécessité 150 millions de dollars et 150 jours de tournage) qui l’est d’autant plus qu’elle n’est jamais là pour épater mais pour servir admirablement l’histoire. Ainsi, il fut un temps question de Robert Redford pour incarner Benjamin Button vieux. C’est finalement Brad Pitt qui interprète Benjamin Button tout au long de sa vie. L’impact dramatique et visuel à le voir ainsi rajeunir sublimement jusqu’à incarner la jeunesse dans toute sa ténébreuse splendeur, puis dramatiquement à redevenir un enfant ayant tout oublié, n’en est que plus fort. Sa nomination aux Oscars en tant que meilleur acteur fut amplement méritée (le film est nommé 13 fois) et doit davantage à sa performance d’acteur qu’au maquillage, prouvant après « Babel » et « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » (cliquez sur le lien ci-contre pour voir ma vidéo de la conférence de presse au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2007 ainsi que la présentation du film) la très vaste palette de son jeu mais aussi l’intelligence de ses choix d’acteur. Face à lui Cate Blanchett incarne parfaitement cette femme finalement presque plus irréelle que lui, qui irradie, danse avec la vie, la dévore et la savoure.

     Certes, le film comporte quelques longueurs (L’épisode de la guerre était-il vraiment nécessaire ?) sans pour autant être jamais ennuyeux, tout concourant à servir son thème principal et à rappeler le temps qui s’écoule tragiquement. Le temps de la séance (2H44) épouse ainsi judicieusement le thème du film incitant à ne pas vouloir aller à tout prix contre le temps et à apprendre à l’apprivoiser, à laisser le temps au temps, profiter de chaque rencontre et chaque instant sans pour autant vouloir tout obtenir, réussir, immédiatement.

     Ce film est comme ces personnes (et comme son personnage principal) qui ne vous sont pas immédiatement sympathiques parce qu’elles ne cherchent pas à plaire à tout prix et par tous les moyens mais qui, quand vous les découvrez, progressivement et vraiment, vous procurent une impression, émotion même, qui n’en sont que plus profondes et intenses. Le charme est alors plus durable que celui, volatile, d’une beauté éphémère et incandescente.

     « L’étrange histoire de Benjamin Button », malgré la singularité de son protagoniste, est un film à portée universelle sur la perte d’être chers, la cruelle et inexorable fuite du temps, l’amour inconditionnel et intemporel.

     Au-delà de sa mélancolie, c’est aussi un magnifique hymne à la vie, dont chaque plan (une danse dans la nuit, un lever de soleil, une bouchée ou une gorgée dont ils se délectent…) chaque réplique incitent à « savourer » chaque instant, à croire en l’avenir, malgré tout, parce qu’ « on ne peut jamais savoir ce que l’avenir nous réserve ».

    Ce n’est peut-être pas le chef d’œuvre auquel je m’attendais, mais à l’image de l’existence il n’a peut-être que plus de mérite et ne recèle que plus de beauté à sortir des sentiers battus et à charmer plus insidieusement, en cela c’est un beau et grand film qui porte et/ou hante bien après l’ouragan. Un film mélancolique , et donc, malgré tout sombre, tendre aussi, un hymne à la vie dont on ne ressort en tout cas pas indemne tant il bouscule en soi (en moi en tout cas) tout ce qui constitue l’essence même de l’existence, de son sens et de son temps, inéluctablement destructeur et fatal.

  • Le programme des Nuits Américaines du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012

    NUITS AMERICAINES

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    Le meilleur du cinéma américain et de ses classiques continuera à être programmé 24H sur 24H. Une excellente idée que de poursuivre cette belle initiative pour les cinéphiles insomniaques.

    BAD LIEUTENANT de Abel Ferrara

    BANDIDAS de Joachim Ronning | Espen Sandberg

    BUG de William Friedkin

    CœURS PERDUS de Todd Robinson

    CINQ CENT BALLES de Melvin Van Peebles

    CRUISING – LA CHASSE de William Friedkin

    DESPERADO de Robert Rodriguez

    FREAKS – LA MONSTRUEUSE PARADE de Tod Browning

    FRENCH CONNECTION de William Friedkin

    LA FÊTE A HARLEM de Melvin Van Peebles

    LA GUERRE DES MONDES de Steven Spielberg | Damian Collier

    LA LISTE DE SCHINDLER de Steven Spielberg (retrouvez ma critique en cliquant ici )

    LE DERNIER SAMOURAÏ de Edward Zwick

    LOST HIGHWAY de David Lynch

    LOVE ACTUALLY de Richard Curtis

    L’EXORCISTE de William Friedkin

    MEAN STREETS de Martin Scorsese

    MICHAEL COLLINS de Neil Jordan

    MISSION IMPOSSIBLE de Brian De Palma

    POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES de William Friedkin | Irving H. Levin

    REFLETS DANS UN œIL D‘€™OR de John Huston

    RESERVOIR DOGS de Quentin Tarantino

    SWEET SWEETBACK’S BAADASSSSS SONG de Melvin Van Peebles

    VANILLA SKY de Cameron Crowe

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  • Le programme des Nuits Américaines du 37ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Le programme des Nuits Américaines s'articule cette année autour des personnalités qui seront à l'honneur. Je vous laisse découvrir la programmation ci-dessous qui vous permettra de revoir des classiques et même des chefs d'oeuvre comme "Le Parrain", "La Prisonnière du désert" ou "Le Grand sommeil". J'en profite pour vous rappeler que sur ce blog figurent de nombreuses critiques de classiques du cinéma américain, quelques unes étant désormais regroupées dans la nouvelle rubrique "Classiques du cinéma américain".

    BLAKE EDWARDS

    1961 DIAMANTS SUR CANAPE (Breakfast at Tiffany’s)

    1963 LA PANTHERE ROSE (The Pink Panther)

    1968 LA PARTY (The Party)

    1981 S.O.B.

    1982 VICTOR VICTORIA

    1987 BOIRE ET DEBOIRES (Blind Date)

    FRANCIS FORD COPPOLA

    1972 LE PARRAIN (The Godfather)

    1992 DRACULA

    2007 L’HOMME SANS AGE (Youth without Youth)

    2009 TETRO

    DANNY GLOVER

    1985 LA COULEUR POURPRE (The Color Purple) de Steven Spielberg

    1987 L’ARME FATALE (Lethal Weapon) de Richard Donner

    1990 LA RAGE AU COEUR (To Sleep with Anger) de Charles Burnett

    1991 GRAND CANYON de Lawrence Kasdan

    2000 BOESMAN ET LENA (Boesman and Lena) de John Berry

    SHIRLEY MACLAINE

    1960 LA GARCONNIERE (The Apartment) de Billy Wilder

    1961 LA RUMEUR (The Children’s Hour) de William Wyler

    1963 IRMA LA DOUCE de Billy Wilder

    1979 BIENVENUE, MISTER CHANCE de Hal Ashby

    2005 MA SORCIERE BIEN AIMEE (Bewitched) de Nora Ephron

    TODD SOLONDZ

    1995 BIENVENUE DANS L’AGE INGRAT (Welcome to the Dollhouse)

    2001 STORYTELLING

    2004 PALINDROMES

    2009 LIFE DURING WARTIME

    NAOMI WATTS

    2001 MULHOLLAND DRIVE de David Lynch

    2003 21 GRAMMES (21 Grams) d’Alejandro González Iñárritu

    2005 KING KONG de Peter Jackson

    2007 FUNNY GAMES U.S. de Michael Haneke

    LES PROMESSES DE L’OMBRE (Eastern Promises) de David Cronenberg

    2010 FAIR GAME de Doug Liman

    JEAN-CHARLES DE CASTELBAJAC

    1944 ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES (Arsenic and Old Lace) de Frank Capra

    1946 LE GRAND SOMMEIL (The Big Sleep) de Howard Hawks

    1956 LA PRISONNIERE DU DESERT (The Searchers) de John Ford

    1969 MACADAM COWBOY (Midnight Cowboy) de John Schlesinger

    ROGER AVARY

    1994 KILLING ZOE de Roger Avary

    2002 LES LOIS DE L’ATTRACTION (The Rules of Attraction) de Roger Avary

    2007 LA LEGENDE DE BEOWULF (Beowulf) de Robert Zemeckis

  • Le programme des Nuits Américaines 2010

    Voici le programme des Nuits Américaines 2010 avec beaucoup de chefs d'oeuvre en prévision ("Laura","Eve", "Rebecca", "Boulevard du Crépuscule"...). Je vous rappelle que le pass "Nuits Américaines" coûte 10 euros ou 1€ supplémentaire si vous êtes déjà détenteur d'un pass journalier ou permanent.

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    En cliquant sur le nom d'un film vous accéderez à la page du site officiel du festival qui lui est consacré.
    ALL ABOUT EVE
    (EVE)
    AMERICAN BEAUTY
    BRAZIL - DIRECTOR’S CUT
    BUGSY
    ERIN BROCKOVICH
    (ERIN BROCKOVICH, SEULE CONTRE TOUS)
    FAR FROM HEAVEN
    (LOIN DU PARADIS)
    FEAR AND LOATHING IN LAS VEGAS
    (LAS VEGAS PARANO)
    KILL BILL – VOLUME 1
    LAURA
    MONTY PYTHON AND THE HOLY GRAIL
    (MONTY PYTHON, SACRÉ GRAAL)
    MYSTERIOUS SKIN
    NOWHERE
    REBECCA
    SABRINA
    SEVEN WOMEN
    (FRONTIÈRE CHINOISE)
    SMILEY FACE
    SPLENDOR
    (SPLENDEUR)
    SUNSET BOULEVARD
    (BOULEVARD DU CRÉPUSCULE)
    THE ADVENTURES OF BARON MUNCHAUSEN
    (LES AVENTURES DU BARON DE MUNCHAUSEN)
    THE AMERICAN PRESIDENT
    (LE PRÉSIDENT ET MISS WADE)
    THE DOOM GENERATION
    (DOOM GENERATION)
    THE FISHER KING
    (FISHER KING, LE ROI PÊCHEUR)
    THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS
    (L’IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS)
    THE WOMEN
    (FEMME)
    TIDELAND
    TIME BANDITS
    (BANDITS, BANDITS)
    TWELVE MONKEYS
    (L’ARMÉE DES 12 SINGES)
    VALMONT
  • Portraits de femmes au programme des Nuits Américaines du Festival de Deauville 2010

    Affiche Deauville.jpgC'est avec plaisir que cette année nous retrouverons les "Nuits Américaines" dont ce sera la 4ème édition, une rétrospective de classiques du cinéma en partenariat avec la Cinémathèque Française. Ces projections auront lieu au cinéma le Morny.  Outre les nuits liées aux hommages rendus lors du Festival, la programmation mettra ainsi en avant les figures féminines et grandes héroïnes cinématographiques du cinéma américain. Parmi ces films figure "La comtesse aux pieds nus" de Joseph L.Manckiewicz, heureux hasard puisque ce film fait partie de ceux que je vous recommande dans le cadre d'une opération en partenariat avec Orange Cinéma Séries. Je vous en reparlerai prochainement.

    Voici le communiqué de presse à ce sujet:

    "A travers ces Portraits de femmes qui ont imprimé les mémoires de générations de cinéphiles, se mêleront les visages d’héroïnes graciles, sublimes et émouvantes, telle Barbara Loden en mère de famille à la dérive dans son film « Wanda » (1970), ou bien Gena Rowlands en mère aimante, libre et aliénée dans « Une femme sous influence » de John Cassavetes (1974). D’autres femmes solitaires ou incomprises parcourront les écrans de nuit du Festival : Julianne Moore en épouse modèle délaissée affrontant les préjugés dans « Loin du paradis » de Todd Haynes (2002), Anna Thomson en détresse, digne et bouleversante dans « Sue perdue dans Manhattan » de Amos Kolleck (1997), Anne Bancroft, en médecin sacrilège et sacrifiée dans « Frontière chinoise » de John Ford (1966). Se croiseront également des figures de femmes fortes ou cruelles ; Hilary Swank fragile et déterminée dans « Million Dollar Baby » de Clint Eastwood (2004), Gene Tierney en mère jalouse et monstrueuse dans « Péché mortel » de John M. Stahl (1945) ou encore Ava Gardner farouchement indépendante dans « La comtesse aux pieds nus » de Joseph L. Manckiewicz (1954)…"

    La programmation définitive sera dévoilée ultérieurement.