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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE

  • MA VIE AVEC JOHN F.DONOVAN de Xavier Dolan s'affiche à Deauville

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    "Ma vie avec John F. Donovan" de Xavier Dolan s'affiche à Deauville. Surtout ne le manquez pas ! Quelques mots épars en attendant de vous en parler plus longuement. Un film intime et universel. Passionné et passionnant. Épique et personnel. Moderne et intemporel. Sensible et fougueux. Mélancolique et enivrant. La sincérité affleure (comme dans tous les films de Xavier Dolan) et nous touche en plein coeur dans ce long métrage qui nous dit que les rêves et les mensonges peuvent sauver (tuer parfois, aussi). Quel plus bel hommage encore au cinema que cette nouvelle mise en abyme ? La forme épouse le fond et ceux qui n'y ont vu qu'esbroufe sous-estiment Dolan, les mensonges du personnage de Donovan s'illustrant ainsi magistralement dans cette flamboyance hypnotique. La correspondance est comme un miroir, un révélateur entre ces enfances. Ce sont donc des êtres qui se répondent et réfléchissent, les affres de l'un condamnées à l' ombre éclairant finalement la vie de l'autre. Ce film comme les précédents brasse de multiples thèmes chers à l'auteur et recèle de nombreuses scènes d'anthologie poignantes et/ou électrisantes, une fois de plus : sous la pluie, dans une salle de bain ou lorsque la ville semble comme survolée par un super héros et vue par le prisme d'un enfant rêveur. Avec, comme toujours dans les films de Dolan, une BO remarquable au service de l'émotion.


    Une fois de plus Xavier Dolan nous envoûte, électrise, bouleverse, déroute.
    Xavier Dolan se fiche des modes, du politiquement correct, de la mesure, de la tiédeur et c’est ce qui rend ses films si singuliers, attachants, bouillonnants de vie, lyriques et intenses. Que, surtout, il continue à filmer les personnages en proie à des souffrances et des passions indicibles, qu'il continue à les filmer ces passions (et à les soulever), à préférer leur folie à « la sagesse de l’indifférence », c’est si rare...
    Surtout qu’il continue à laisser libre cours à sa fougue contagieuse, à son talent éclatant et iconoclaste, à nous emporter, nous happer dans son univers, et à nous terrasser d’émotions dans ses films et sur scène, comme lors de son discours de clôture, grand et beau moment qui avait marqué la fin du 69ème Festival de Cannes.


    Merci Xavier Dolan et surtout continuez à oser, à délaisser la demi-mesure, la frilosité ou la tiédeur, à vous concentrer sur ceux qui voient ce que dissimulent le masque, la fantasmagorie, l’excès, la flamboyance et à ignorer ceux que cela aveugle et indiffère… et, surtout, continuez à nous foudroyer de vos coups que vous nous portez au cœur. En plein cœur.


    Merci Xavier Dolan de toujours exalter ainsi la force de la passion et de l'imaginaire, et de faire de chacun de vos films une déclaration d'amour fou au cinéma, ce cinéma qui permet d'affronter les désillusions de l'existence et à chaque fois de prouver comme vous le disiez à Cannes que "tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais ». Je termine en rappelant cette citation d'Anatole France que j'aime tant et qui illustre si bien chacun de ses films : "je préfère la folie des passions à la sagesse de l’indifférence". Retrouvez toutes mes critiques des films de Xavier Dolan sur Inthemoodforcinema.com en attendant celle, à venir, de "Ma vie avec John Donovan". En complément, ma critique de "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan à lire, ici.

  • 8ème édition de "Normandes en tête" au CID de Deauville et avant-première de "Mon bébé" de Lisa Azuelos au Cinéma Morny

     

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    Pour  la huitième fois,  la ville de Deauville organisait l’événement "Normandes en tête" car "la volonté de soutenir les femmes qui ont envie d’avancer est un engagement qui a du sens pour Deauville, ville d’accueil, de congrès et de villégiature, où la rencontre et le partage sont des valeurs clés."  L’événement se veut ouvert à toutes les femmes quel que soit leur statut : salariée, demandeuse d'emploi, chef d'entreprise...Cent bénévoles étaient ainsi mobilisés pour animer 35 ateliers et des séances en tête à tête et accueillir toutes les femmes qui ont convergé vers Deauville.

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    Bravo à la ville de Deauville et au Centre International de Deauville pour cette 8ème édition de "Normandes en tête" qui impose définitivement comme incontournable ce rendez-vous convivial et pertinent du 8 Mars à Deauville et bravo à Blandine Métayer pour ce début de journée sous le signe d'un humour incisif et percutant. Pour débuter la journée, Blandine Métayer, actrice, auteure, humoriste, originaire de Normandie a en effet présenté plusieurs extraits de son spectacle dédié aux femmes en entreprise. Ne manquez pas ce "Seule en scène" que la comédienne a écrit à partir de nombreux témoignages de femmes et d'hommes et qui brosse le portrait sans détours mais sans cynisme et non dénué d'émotions, avec humour et clairvoyance, d'une femme et de son parcours de combattante pour parvenir à un poste à haute responsabilité dans une entreprise. Le tout porté par une interprétation aussi ciselée et juste que le texte. Sur un sujet similaire mais traité différemment, je vous recommande l'excellent film "Numéro une" de Tonie Marshall (qui comprend d'ailleurs des scènes tournées lors du "Women's forum" de Deauville.)

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    Cette journée d'ateliers, rencontres, échanges, débats s'est achevée par la première projection du film "Mon bébé" de Lisa Azuelos au Cinéma Morny de Deauville, première (je l'espère, d'une longue série !) du collectif PREMIÈRES !, enthousiasmante initiative de Katia Birnbaum, Sophie Dancourt de J'ai Piscine Avec Simone, Anne Guimet -en photo; ci-dessous - et Véronique Le Bris destinée à la promotion des films de femmes auxquels fait honneur le cinéma de Lisa Azuelos qui les filme toujours avec bienveillance et acuité comme ce fut le cas dans «Une rencontre » réjouissante comédie romantique, ode aux illusions, portée par des acteurs et une réalisation lumineux et dans «Dalida» (critique complète de "Dalida" à lire sur Inthemoodforcinema.com, ici), biopic, à l’image de son héroïne : captivant, populaire, électrique, vibrant d’émotions et de vie, touchant et tragique portrait de femme, reconstitution envoûtante qui fait tomber le masque de Dalida pour dessiner le visage tourmenté de Iolanda, cœur malade qui vivait intensément, chantait sa vie avec flamboyance, et mourait aussi à chaque fois un peu plus sur scène, en chantant les affres de Iolanda et les condamnant paradoxalement à l’ombre et au silence. Des chansons et une histoire, celle des déchirantes souffrances de l’artiste, à l’image du film : intemporelles et universelles. On retrouve ici cette luminosité (le film est nimbé d’une douce lumière et la caméra de la réalisatrice semble caresser les visages et les âmes) et cette bienveillance communes à ses différents films mais aussi cette tendre drôlerie, teintée de mélancolie qui sied parfaitement à ce portrait de relation fusionnelle mère-fille magistralement interprétées par Sandrine Kiberlain, toujours remarquable, d’une énergie folle et communicative, irrésistible (récompensée à juste titre du prix d’interprétation au Festival du Film de Comédie de l'Alpe d'Huez, le film a aussi reçu le grand prix) et Thaïs Alessandrin (fille de la réalisatrice qui a largement inspiré le personnage qu’elle incarne) d’une justesse rare. Chaque minute exhale l’amour inconditionnel qui unit la mère et la fille, de quoi toucher en plein cœur, notamment ceux qui, comme moi, ont la chance d’avoir eu une maman exceptionnelle, infiniment aimante, et tendrement iconoclaste. À voir ce mercredi en salles !

     

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    Sandrine Kiberlain, présidait le jury du dernier Festival de Deauville (au passage ne manquez pas "Long way home" Prix du jury ex-æquo actuellement à l'affiche, dont vous pouvez retrouver ma critique dans mon compte rendu détaillé du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018, ici : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2017/10/05/compte-rendu-du-festival-du-cinema-americain-de-deauville-20-5986443.html) sera également présente. 

    A voir également en complément : le documentaire de Patrick Fabre "Cinéma au féminin Pluri(elles)" dont vous pouvez retrouver ma critique, ici.

    Retrouvez d'autres clichés de "Normandes en tête" sur la page Facebook d'Inthemoodfordeauville.com et sur mon compte instagram @Sandra_Meziere.

     

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    Fin de journée avec un tea time au Normandy, hôtel au sujet duquel vous pouvez retrouver mes articles ici et sur Inthemoodforhotelsdeluxe.com dont le dernier ici.

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  • CONCOURS - GAGNEZ 1 DVD du documentaire RBG de Julie Cohen et Betsy West

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    Présenté dans la section Les Docs de l’Oncle Sam dans le cadre du 44ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (un festival dont vous pouvez retrouver mon compte rendu complet et détaillé, ici, ),  RBG est un documentaire  de Julie Cohen et Betsy West. Il s’inscrivait parfaitement dans la programmation de cette édition du festival qui mettait les femmes et leurs combats  à l’honneur.  RBG, ces initiales désignent Ruth Bader Ginsburg, une octogénaire aussi modeste et  timide que ses combats furent ambitieux et téméraires. Derrière cette voix fluette, ces lunettes qui lui mangent le visage et cette allure frêle, se trouve un symbole de la lutte féministe aux Etats-Unis.

    Cliquez ici pour lire la suite de ma critique sur Inthemoodforcinema.com et pour connaître les modalités du concours pour gagner 1 DVD.

    Lien permanent Catégories : CONCOURS 0 commentaire Imprimer Pin it!
  • Normandes en tête 2019 à Deauville

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    Comme l'an passé, je vous donne rendez-vous au C.I.D Deauville le 8.03.2019 pour "Normandes en tête" à suivre sur mes blogs Inthemoodfordeauville.com et Inthemoodforcinema.com et sur mes réseaux sociaux. C'est ainsi la huitième fois que la ville de Deauville organise l’événement car "la volonté de soutenir les femmes qui ont envie d’avancer est un engagement qui a du sens pour Deauville, ville d’accueil, de congrès et de villégiature, où la rencontre et le partage sont des valeurs clés." Après avoir accueilli plus de 600 participantes en 2018, Normandes en tête espère mobiliser encore plus cette année. L’événement se veut ouvert à toutes les femmes quel que soit leur statut : salariée, demandeuse d'emploi, chef d'entreprise... Cent bénévoles vont se mobiliser pour animer 35 ateliers et des séances en tête à tête et accueillir toutes les femmes qui vont converger vers Deauville. Par ailleurs, Lisa Azuelos (retrouvez notamment ma critique de son remarquable film éponyme sur "Dalida" sur mon blog Inthemoodforcinema.com : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2017/01/21/critique-de-dalida-de-lisa-azuelos-5901602.html) viendra présenter en avant-première son film « Mon bébé », comédie qui relate la période déconcertante pour une mère du départ de ses enfants. Sandrine Kiberlain, l'interprète principale du film qui présidait le jury du dernier Festival de Deauville (au passage ne manquez pas "Long way home" Prix du jury ex-æquo actuellement à l'affiche, dont vous pouvez retrouver ma critique dans mon compte rendu détaillé du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018, ici : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2017/10/05/compte-rendu-du-festival-du-cinema-americain-de-deauville-20-5986443.html) sera également présente. Une rencontre organisée par le collectif PREMIÈRES !, belle initiative d'Anne Guimet, Sophie Dancourt, Katia Birnbaum, Véronique Lebris. Pour débuter la journée, Blandine Métayer, actrice, auteure, humoriste, originaire de Normandie présentera plusieurs extraits de son spectacle dédié aux femmes en entreprise.

  • Un nouvel an 2019 de rêve à Deauville !

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    Rendez-vous sur mon blog Inthemoodforhotelsdeluxe.com pour lire mon article (en cliquant ici) consacré à mon nouvel an à Deauville, et notamment consacré au Jardin Les Neiges de l'hôtel Barrière Le Normandy.

    Retrouvez aussi ci-dessous quelques-uns de mes nombreux clichés pris à cette occasion et publiés sur Inthemoodforhotelsdeluxe.com, de la ville somptueusement décoreé, du Jardin Barrière Les Neiges mais aussi du moment particulièrement joyeux, festif et convivial qu'est le bain du 1er janvier à Deauville !

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    Et un merci particulier à La Cantine de Deauville pour le remarquable dîner de la Saint Sylvestre et pour l'accueil, comme toujours, parfait (photos ci-dessous).

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  • Tournage de l'épilogue d'UN HOMME ET UNE FEMME de Claude Lelouch à Deauville : Les plus belles années

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    Quelle excellente nouvelle ! Claude Lelouch tourne actuellement à Deauville l'épilogue de son chef-d'œuvre "Un homme et une femme" avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant. Bien entendu, vous pourrez retrouver ici ma critique avant la sortie du film et ,en attendant, toute l'actualité liée à celui-ci intitulé "Les plus belles années". Le film devrait sortir en Mai 2019 (pour une avant-première au Festival de Cannes ?). C'est aussi pour moi l'occasion de vous parler à nouveau de "Un homme et une femme".

    Je ne sais plus très bien si j'ai vu ce film avant d'aller à Deauville, avant que cette ville soit indissociablement liée à tant d'instants de mon existence, ou bien si je l'ai vu après, après mon premier séjour à Deauville, il y a 26 ans... Toujours est-il qu'il est impossible désormais de dissocier Deauville du film de Claude Lelouch qui a tant fait pour sa réputation, « Un homme et une femme » ayant créé la légende du réalisateur comme celle de la ville de Deauville, et notamment sa réputation de ville romantique à tel point que, pendant le Festival du Cinéma Américain 2006, a été inaugurée une place Claude Lelouch, en sa présence et celle d'Anouk Aimée. J'étais présente ce jour-là et l'émotion et la foule étaient au rendez-vous.

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    Alors sans doute faîtes-vous partie de ceux qui adorent ou détestent Claude Lelouch, ses « instants de vérité », ses hasards et coïncidences. Rares sont ceux qu'il indiffère. Placez son nom dans une conversation et vous verrez. Quelle que soit la catégorie à laquelle vous appartenez, peut-être ce film « d'auteur » vous mettra-t-il d'accord...
    Le 13 septembre 1965, Claude Lelouch est désespéré, son dernier film ayant été un échec. Il prend alors sa voiture, roule jusqu'à épuisement en allant vers Deauville où il s'arrête à 2 heures du matin en dormant dans sa voiture. Réveillé le matin par le soleil, il voit une femme depuis sa voiture, étonné de la voir marcher avec un enfant et un chien. Sa « curiosité est alors plus grande que la tristesse ». Il commence à imaginer ce que peut faire cette femme sur cette plage, avec son enfant, à cette heure matinale. Cela donnera « Un homme et une femme ».


    Synopsis : Anne (Anouk Aimée), scripte, inconsolable depuis la mort de son mari cascadeur Pierre (Pierre Barouh), rencontre à Deauville, en allant chercher sa fille à la pension, un coureur automobile, Jean (Jean-Louis Trintignant), dont la femme s'est suicidée par désespoir. Jean raccompagne Anne à Paris. Tous deux sont endeuillés, et tous deux ont un enfant. C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui s'aiment, se repoussent, se retrouvent et s'aiment encore...


    J'ai vu ce film un grand nombre de fois, tout à l'heure encore et comme à chaque fois, avec le même plaisir, la même émotion, le même sentiment de modernité pour un film qui date de 1966, étonnant pour un cinéaste dont beaucoup de critiques raillent aujourd'hui le classicisme. Cette modernité est bien sûr liée à la méthode Claude Lelouch d'ailleurs en partie la conséquence de contraintes techniques et budgétaires. Ainsi, Lelouch n'ayant pas assez d'argent pour tourner en couleurs tournera les extérieurs en couleurs et les intérieurs en noir et blanc. Le montage et les alternances de noir et blanc et de couleurs jouent alors habilement avec les méandres du temps et de la mémoire émotive, entre le présent et le bonheur passé qui ressurgit sans cesse.


    Je ne sais pas si « le cinéma c'est mieux que la vie » mais en tout cas Claude Lelouch fait partie de ceux dont les films et surtout « Un homme et une femme » nous la font aimer. Rares sont les films qui donnent à ce point la sensation de voir une histoire d'amour naître et vibrer sous nos yeux, d'en ressentir -partager, presque- le moindre battement de cœur ou le moindre frémissement de ses protagonistes, comme si la caméra scrutait les visages et les âmes. Par une main qui frôle une épaule si subtilement filmée. Par le plan d'un regard qui s'évade et s'égare. Par un sourire qui s'esquisse. Par des mots hésitants ou murmurés. Par la musique éternelle de Francis Lai (enregistrée avant le film) qui nous chavire le cœur. Par une photographie aux accents picturaux qui sublime Deauville filmée avec une lumière nimbée de mélancolie, des paysages qui cristallisent les sentiments de Jean-Louis et d'Anne, fragile et paradoxalement impériale, magistralement (dirigée et) interprétée par Anouk Aimée. Rares sont les films qui procurent cette impression de spontanéité, de vérité presque. Les fameux « instants de vérité » de Lelouch.


    Et puis il y a le charme incomparable du couple Anouk Aimée/ Jean-Louis Trintignant, le charme de leurs voix, notamment quand Jean-Louis Trintignant prononce « Montmartre 1540 ». Le charme et la maladresse des premiers instants cruciaux d'une histoire d'amour quand le moindre geste, la moindre parole peuvent tout briser. Et puis ces plans fixes, de Jean-Louis dans sa Ford Mustang (véritable personnage du film), notamment lorsqu'il prépare ce qu'il dira à Anne après qu'il ait reçu son télégramme. Et puis ces plans qui encerclent les visages et en capturent la moindre émotion. Ce plan de cet homme avec son chien qui marche dans la brume et qui fait penser à Giacometti (pour Jean-Louis). Tant d'autres encore...

    Avec « Un homme et une femme » Claude Lelouch a signé une histoire intemporelle, universelle avec un ton très personnel et poétique. La plus simple du monde et la plus difficile à raconter. Celle de la rencontre d'un homme et une femme, de la rencontre de deux solitudes blessées. Il prouve que les plus belles histoires sont les plus simples et que la marque du talent est de les rendre singulières et extraordinaires.


    Alors pour reprendre l'interrogation de Jean-Louis dans le film citant Giacometti « Qu'est-ce que vous choisiriez : l'art ou la vie » Lelouch, n'a certainement pas choisi, ayant réussi a insufflé de l'art dans la vie de ses personnages et de la vie dans son art. Voilà c'est de l'art qui transpire la vie.


    Alors que Claude Lelouch a tourné sans avoir de distributeur, sans même savoir si son film sortirait un jour, il obtint la palme d'or à Cannes en 1966, l'oscar du meilleur film étranger et celui du meilleur scénario et 42 récompenses au total et aujourd'hui encore de nombreux touristes viennent à Deauville grâce à « Un homme et une femme », le film, mais aussi sa musique mondialement célèbre. Vingt ans après, Claude Lelouch tourna une suite « Un homme et une femme 20 ans déjà » réunissant à nouveau les deux protagonistes.

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