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CEREMONIES D'OUVERTURE

  • 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville : EVEREST et SICARIO en ouverture et clôture du festival

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    Voilà qui promet une édition étincelante avec cette nouvelle annonce sur la programmation de ce 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville dont je vous rappelle qu'il aura lieu du 4 au 13 septembre au CID, que son jury sera présidé par Benoît Jacquot et que je vous permets actuellement de gagner 2 pass invités permanents pour le festival, ici (36 pass journaliers seront également bientôt à gagner).

    Nous avons en effet appris hier que le film EVEREST serait projeté en ouverture du festival et que SICARIO ferait la clôture.

    "EVEREST" est un film de Baltasar Kormákur dont projection promet d'être d'autant plus palpitante qu'elle aura lieu en présence de l'équipe du film!

    Le film sera présenté en 3D et en Dolby Atmos.

    Interprètes: Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Robin Wright, Michael Kelly, Sam Worthington, Keira Knightley, Emily Watson, Jake Gyllenhaal.

    Le film sortira en salles le 23 septembre 2015.

     Synopsis officiel:  Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

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    "Sicario" de Denis Villeneuve là aussi avec un très beau casting ( Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber, Jon Bernthal, Daniel Kaluuya) fera la clôture. Le film figurait en compétition officielle du dernier Festival de Cannes et sortira en salles le 7 octobre 2015.

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    Synopsis officiel: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

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    Je vous rappelle que la conférence de presse du festival aura lieu le 24 août à 11H.

     

  • Ouverture du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014 : la magie au rendez-vous

     

     

     
    Pour une meilleure lisibilité de cet article, rendez-vous sur Inthemoodforfilmfestivals.com : http://inthemoodforfilmfestivals.com/ouverture-du-40eme-festival-du-cinema-americain-de-deauville-la-magie-au-rendez-vous/

    Vendredi soir avait lieu l’ouverture de la 40ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville. 40 ans. L’âge des prémisses de la maturité. Mais de toutes les audaces et tous les rêves, encore, aussi. La salle vibrait  (ou peut-être est-ce mon imagination ?) de l’émotion de ces 39 années et ouvertures qui ont précédées celle de vendredi soir. La moitié pour moi. Et autant de souvenirs exaltants, étincelants, vibrants de troublant tango entre réalité et fiction. La magie du cinéma… Cela tombait bien puisque la magie était justement au programme ce soir-là avec l’avant-première du dernier film de Woody Allen « Magic in the moonlight ».

     La projection fut précédée de divers discours et hommages, à commencer par le discours de Lionel Chouchan, cofondateur du festival qui, très ému, a rendu hommage à celui qui a créé ce festival avec lui, André Halimi récemment disparu. Puis, le Maire de Deauville, après avoir rappelé que le festival disposait désormais du prix du public de la ville de Deauville, a rendu hommage aux deux légendes du cinéma américain également disparues cette année : Robin Williams et Lauren Bacall.  Le cinéma, parmi ses multiples pouvoirs magiques, possède celui de rendre immortels, sur ses écrans, les mythes qui ont forgé sa légende.  L’émotion du Maire de Deauville était palpable, d’autant plus que Robin Williams et Lauren Bacall ont marqué de leurs empreintes le festival, et pas seulement sur les planches. Je me souviens ainsi de ce plateau exceptionnel pour les 25 ans du festival dont ils faisaient l’un et l’autre partie.  Puis, la salle s’est levée pour Robin Williams, comme un dernier écho à la plus marquante et célèbre scène du « Cercle des poètes disparus ». Le Maire de Deauville, Philippe Augier, a également rappelé que « Deauville a pour ambition de redessiner une nouvelle carte de la cinéphile américaine » et que les films lauréats des éditions précédentes sont projetés dans le cadre des Nuits américaines.

    Ce fut ensuite au tour du prestigieux jury de cette édition 2014 (composé presque uniquement, à l’exception de Marie-Claude Pietragalla, d’anciens présidents de jurys du festival) de monter sur scène (sans Emmanuelle Béart qui a dû annuler à la dernière minute en raison « d’un tournage avancé en Inde ».) Chaque membre du jury a ensuite dit un petit mot. Claude Lelouch avec son lyrisme et son enthousiasme habituels a ainsi déclaré qu’ « on ne meurt jamais d’une overdose de rêves. N’ayez pas peur pendant ces 10 jours de vous shooter au cinéma Américain !»  Jean-Pierre Jeunet s’est dit impressionné par le prestige de des collègues. Costa Gavras a déclaré son amour pour le festival « J’aime ce festival. Je trouve son évolution très belle. » A l’applaudimètre, c’est Vincent Lindon qui l’a emporté, lui qui avait tant marqué les festivaliers l’an passé, en prenant un tel plaisir et en manifestant une telle passion, communicatifs, à être président du jury, à tel point qu’il avait émis l’utopique souhait d’être président à vie du festival.

    Le nouveau président du festival de Cannes, Pierre Lescure, également membre du jury, a ensuite rendu hommage à la lumineuse Jessica Chastain : « Ce soir nous allons rendre hommage à la lumière » a-t-il ainsi déclaré, saluant sa « discrétion fascinante au service du rôle ». Nous nous souvenons que « Take Shelter » dans lequel elle tenait un des rôles principaux avait obtenu le grand prix en 2011 et que, cette même année, elle avait reçu le prix du Nouvel Hollywood du festival. Depuis, elle a prouvé son intelligence par des choix de rôles particulièrement judicieux et souvent audacieux.

     Fidèle à son habitude, Woody Allen, « retenu à New York » ne s’est pas déplacé mais a tout de même envoyé un petit mot en vidéo aux festivaliers « J’aimerais traverser l’écran comme dans la rose pourpre » concluant, avec son humour caustique habituel que « Quoi d’autre puis-je dire : c’est bien d’être à New York aussi. »

    Après « Blue jasmine » projeté à Deauville l’an passé, en avant-première, avec « Magic in the moonlight » il revient à la comédie, plus légère, même si le film est émaillé de ses réflexions  acerbes (mais lucides) sur la vie et même si, comme toujours chez Woody Allen, la comédie, est le masque de sa redoutable (et irrésistible) lucidité sur l’existence et les travers de chacun.

    Cette fois, il nous embarque dans les années 1920, sur la Côte d’Azur, avec un grand magicien incarné par Colin Firth qui va tenter de démasquer l’imposture d’une femme médium incarnée par Emma Stone. Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford (Colin Firth, donc) : un Anglais arrogant qui a une très haute estime de lui-même mais  qui ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan (Simon McBurney), Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur : il y fait la connaissance de la mère, Grace (Jacki Weaver), du fils, Brice (Hamish Linklater), et de la fille, Caroline (Erica Leerhsen). Il se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de confondre la jeune et ravissante Sophie Baker (Emma Stone) qui séjourne chez les Catledge avec sa mère (Marcia Gay Harden). En effet, Sophie a été invitée par Grace, convaincue que la jeune fille pourra lui permettre d’entrer en contact avec son défunt mari. Mais, contrairement à ce qu’il pensait, non seulement Stanley ne va pas la démasquer immédiatement et se laisser, peut-être, ensorcler par la plus belle et mystérieuse des magies.

     « Magic in the moonlight » est ainsi un film pétillant sur la plus belle des illusions : le mystère du coup de foudre amoureux. Dès les premières secondes, Woody Allen, comme nul autre, dispose de ce pouvoir (dont il faut bien avouer qu’il est plus le fruit de talent que de magie) de nous plonger dans un cadre, une époque, de brosser le portrait d’un personnage (en l’occurrence, l’arrogant Stanley) et de nous embarquer dans un univers, une intrigue, un ailleurs réjouissants, quasiment hypnotiques.

     Les dialogues, qui, comme toujours épousent le débit du cinéaste, fusent à un rythme échevelé et sont délicieusement sarcastiques à l’image du personnage de Colin Firth, parfait dans le rôle de ce magicien cynique et parfois sinistre (pour notre plus grand plaisir) aux répliques cinglantes.  C’est finalement un peu le double de Woody Allen -comme le sont presque toujours ses personnages principaux, y compris lorsqu’il ne les incarne pas lui-même- : prestidigitateur du cinéma qui parvient à nous faire croire à tout ou presque, amoureux de la magie (d’ailleurs omniprésente dans ses films et qu’il a lui-même pratiquée), mais qui lui-même ne se fait plus beaucoup d’illusions sur la vie et ses contemporains, conscient cependant de notre besoin d’illusions et de magie pour vivre. Celles de la prestidigitation. Ou du cinéma. Ces deux maitres des illusions finalement ne se laissent illusionner que par une seule chose : l’amour.

     Les décors subliment la Côte d’Azur lui donnant parfois des accents fitzgeraldiens.  Hommage avant tout au pouvoir de l’imaginaire, des illusions (salvateur et redoutable) comme l’était le sublime « Minuit à Paris », avec ce nouveau film Woody Allen nous jette un nouveau sortilège parvenant à nous faire oublier les faiblesses du film (comme une intrigue amoureuse qui manque parfois un peu de magie justement) pour nous ensorceler et éblouir.

     Dialogues délicieusement sarcastiques, décors et acteurs étincelants, ode ludique aux illusions…. amoureuses (et cinématographiques ), je dois bien avouer avoir, une fois de plus, été hypnotisée par le cinéma de Woody Allen.

     Vous avez raison, Monsieur Lelouch, on ne meurt jamais d’une overdose de rêves qui, au contraire, nous aident à supporter la cruauté de l’existence, comme les films  aussi sarcastiques et cyniques semblent-ils être, pour notre plus grand plaisir de spectateurs et de tristes (et lucides) mortels. L’occasion, pour moi, en guise de transition, de citer un des films projetés en avant-première dont je vous parlerai ultérieurement ainsi que des 4 films en compétition que j’ai déjà vus : « Le drame est un pays étranger. On ne sait pas s’adresser aux autochtones ». (The disappearance of Eleanor Rigby). Ô combien. Mais c’est là une autre question qui aurait d’ailleurs pu être soulevée par Woody Allen.  Heureusement il y a (il reste) le cinéma : passion, elle magique et immortelle, dont ce soir d’ouverture je me suis souvenue à quelle point elle exalte la beauté de l’existence et nous aide à en supporter la brutalité et l’injustice ravageuses, que cette passion que m’a transmise un être cher récemment disparu est un inestimable cadeau. Oui, en route, Monsieur Lelouch, pour dix jours d’une overdose inoffensive et vitale de cinéma…

    A lire également: mon dossier sur Woody Allen avec 9 critiques de ses films et mon article sur le programme commenté avec de nombreuses informations sur le festival…et toutes les bonnes raisons d’y venir!

     

  • "Ma vie avec Liberace", Michael Douglas et Steven Soderbergh en ouverture du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Avec un peu de retard, voici quelques mots sur le film d'ouverture "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh (je vous en reparlerai évidemment) et le récit de l'ouverture du festival alors que, depuis, les évènements se sont enchaînés (je ne manquerai pas, bien entendu, de vous les raconter prochainement):

     

    -les films en compétition, déjà 4 desquels se dégage une thématique commune, un personnage seul, blessé, fou même parfois, épris de vengeance, et des armes à feu omniprésentes

     

    - l'avant-première du dernier film de Woody Allen "Blue Jasmine" à l'occasion de l'hommage à Cate Blanchett (à nouveau, le cinéaste américain y fait preuve d'une étonnante jeunesse et modernité, et m'a surprise une fois de plus avec une film qui mêle ingénieusement légèreté et cruauté)

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    - l'avant-première du dernier blockbuster ("White house down" de Roland Emmerich) pour lequel il est fortement recommandé de laisser les neurones et son esprit critique au vestiaire sous peine de colère incontrôlable et constante, en présence de ses acteurs Jamie Foxx et Channing Tatum qui ont assuré le spectacle sur scène et lors de la conférence de presse

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    - mais encore l'avant-première du très réussi "Le Majordome" de Lee Daniels avec une salle, un acteur principal (Forest Whitaker, l'invité surprise de ce festival) et un réalisateur particulièrement émus.

     

    En attendant de vous raconter tout cela donc, et plus encore, retour sur l'ouverture de ce 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

     

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    C'est sous un soleil et les paillettes étincelants de "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh que s'est ouvert ce 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. L'un comme l'autre nous ont éblouis et enthousiasmés après une ouverture mémorable grâce, notamment, à l'implication du président du jury Vincent Lindon qui, après les traditionnels discours du Maire de Deauville et de Lionel Chouchan, a tenu à faire un discours (ce qui n'arrive jamais habituellement, les présidents de jury, lors de l'ouverture, restant sagement assis sur leurs sièges) et à évoquer chacun des membres de son jury, ce qu'il a fait avec une rare élégance, avec beaucoup d'humour aussi, présentant chacun d'entre eux et livrant son admiration pour ceux-ci, évoquant également sa passion pour le cinéma américain ( se disant "amoureux du cinéma français et américain"), son bonheur ("fou de joie d'être ici") de présider le jury, terminant son discours avec autant d'humour qu'il l'avait commencé en évoquant son "homologue" Obama. Pour le plus grand bonheur des festivaliers (et le mien), il a d'ailleurs récidivé le lendemain lors de l'hommage à Cate Blanchett. Il n'en a pas non plus oublié de parler de son admiration pour Michael Douglas et pour Steven Soderbergh, réalisateur du film d'ouverture "que le monde entier devrait voir".

     

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    Le ton était donc donné. Cette 39ème édition sera sous le signe des paillettes mais aussi de la cinéphilie, de la bonne humeur, de l'enthousiasme, le tout sous un soleil presque irréel. L'irréalité est d'ailleurs une impression constante dans un festival, en particulier ici mais de cela je vous parle plus longuement et différemment ici et aussi là.


    Michael Douglas et Steven Soderbergh sont ensuite montés sur scène, le premier visiblement encore très ému et "éternellement reconnaissant" que le second ait attendu que son cancer soit guéri pour le faire tourner (ce qu'il a à nouveau répèté lors de la conférence de presse). L'enthousiasme était d'ailleurs visiblement contagieux vendredi soir: « Le festival du film américain, c’est le plus beau cadeau que la France a donné aux Etats-Unis après la statue de la Liberté. »

    "Ma vie avec Liberace" était sans aucun doute le film idéal pour une ouverture de festival. Une sorte de mise en abyme qui, au-delà d'une histoire d'amour, et le portrait d'un artiste exubérant et extravagant, est aussi le reflet de ce qui se passe derrière le candelabre (le titre anglophone "Behind the Candelabra" est d'ailleurs à mon sens beaucoup plus parlant) . Derrière les paillettes. Derrière l'écran. Derrière le masque de "The Artist".

    Michael Douglas incarne en effet ici Liberace un pianiste virtuose qui se mettait en scène autant sur scène que dans la vie "quotidienne". Un jour de l'été 1977, le bel et jeune Scott Thorson ( Matt Damon) qui aspirait à devenir vétérinaire, pénétra dans sa loge et, malgré la différence d'âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. "Ma Vie avec Liberace" narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

    Le film est une adaptation du livre de Scott Thorson, "Behind the Candelabra". C'est Richard LaGravenese qui a écrit le scénario. Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu'il est notmment l'auteur du scénario de "Sur la route de Madison".

    Le film commence dans un bar. Scott est de dos, face à un miroir. Toute l'intelligence de la mise en scène de Soderbergh réside déjà dans ce premier plan, lui qui sera avant tout un reflet pour le narcissique (et non moins fascinant) Liberace destiné à l'accompagner un peu dans la lumière, mais surtout dans l'ombre.


    Le film, finalement intimiste, va se centrer sur cette relation ambivalente (Scott sera pour Liberace son -énième- "protégé", son amant, mais il a aussi émis le souhait de l'adopter), sur ces deux personnages, à ce que la caméra les étouffe parfois comme cette relation exclusive. Il y a d'ailleurs très peu de scènes en extérieur, si ce n'est dans ou autour de la piscine située dans la propriété de Liberace. Nous voilà dans l'envers du décor qui en est lui-même un d'une scintillante excentricité et que n'aurait oser imaginer le plus fou des décoracteurs hollywoodiens.


    La réalisation de Soderbergh est fluide et éblouissante sans non plus chercher à nous en mettre plein la vue, ce qui aurait d'ailleurs été superflu et redondant puisqu'il met déjà en scène un homme qui se mettait lui-même en scène.

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    Michel Douglas (au regard tristement absent lors de la conférence de presse) incarne magistralement ce personnage atypique, narcissique, cruel (il se déclare ainsi "libre" suite au décès de sa mère), constamment en représentation, mais surtout enfermé dans son image, sa course contre le temps, contre la vérité aussi, jusqu'à faire perdre à Scott son visage, son identité pour satisfaire ceux qu'il s'était forgés. Il n'en est que plus bouleversant au dénouement, le visage et les émotions à nu. Sans masque. Sans paillettes. Sans miroir. Cette fin est d'autant plus bouleversante quand on sait l'épreuve que vient de traverser Michael Douglas mais aussi que Steven Soderbergh a déclaré que ce serait son dernier film. On se demande qui mieux que Michael Douglas aurait pu incarner ce rôle tant il est parfait, n'en faisant jamais trop (ce qui aurait été forcément une faute de goût, le personnage étant déjà lui-même dans l'excès), drôle, cruel, et parfois touchant, quand le masque tombe.

    Face à lui Matt Damon, pour sa septième collaboration avec Steven Soderberghn, après The Informant !, Contagion, Che, Ocean's Eleven, Ocean's Twelve, Ocean's Thirteen ! a ici un rôle qui, je l'espère, finira par faire taire ceux qui doutaient de son talent. Si son personnage est dans l'ombre, c'est en revanche lui qui, grâce à sa justesse, permet à Michael Douglas, de nous éblouir ainsi. Signalons aussi Rob Lowe est irrésistible dans le rôle du chirurgien esthétique

    Jugé "trop gay", le film n'a pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis, et a donc été diffusé fin mai sur la chaîne HBO qui l'a produit, réalisant une audience record pour une production de la chaîne, avec 2,4 millions de téléspectateurs. "Je voulais faire un film qui (...) montre les progrès de l'espèce humaine, de notre pays, du monde entier, par rapport à cette question. Dans certains endroits, les unions entre personnes du même sexe sont aujourd'hui reconnues et admises. Etre gay n'est plus autant stigmatisé", a déclaré le producteur Jerry Weintraub. "Ma vie avec Liberace" n'est pas non plus un film militant mais avant tout une histoire d'amour, de masques qui tombent, de ce que dissimule le candelabre et ce visage qui cherchent à défier, masquer la vérité et le temps. En vain.


    Eblouissant et mélancolique, cette vie "derrnière le Candelabre" s'achève par un final rêvé par Scott, aussi déchirant de beauté et de tristesse que "La quête" de Brel qui l'accompagne. Poignant et étincelant. The show must go on. Celui du festival aussi.


    Je vous laisse pour d'autres découvertes cinématographiques, pour peut-être découvrir d'autres verités derrière la lumière éblouissante du soleil deauvillais et du "candelabre" festivalier avant de vous parler des évènements de ces derniers jours.

  • L'étincelante et éblouissante ouverture du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

    Promis, ce soir, je vous dirai tout de cette étincelante et éblouissante ouverture du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (et aussi pourquoi elle le fut!), ainsi que du film d'ouverture "Ma vie avec Liberace", ce qui nécessite plus que les quelques minutes qu'il me reste avant de partir pour la conférence de presse de Michael Douglas et Steven Soderbergh que je vous narrerai également ce soir.

     Pour vous faire patienter, voici quelques images de cette enthousiasmante première journée de festival et de l'ouverture qui a eu lieu hier soir dans un CID bondé. A ce soir...

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  • Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013 : "Ma vie avec Liberace" de Soderbergh en ouverture et Vincent Lindon, président

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    Comme chaque année, je vous ferai partager ici ma passion pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville dont cette 39ème édition (la 20ème pour moi!)  s'annonce particulièrement exceptionnelle au regard des premières annonces la concernant:

    -C'est le comédien Vincent Lindon qui sera le Président du jury.

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    - "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh fera l'ouverture du festival,  vendredi 30 août 2013, en présence de ses interprètes exceptionnels, Michael Douglas et Matt Damon. Ayant eu le plaisir de découvrir ce film à Cannes (le grand oublié du palmarès), et même si je vous vous en reparlerai plus longuement, je vous le recommande d'ores et déjà, pour la réalisation inspirée de Soderbergh mais aussi et surtout pour les prestations exceptionnelles de Michael Douglas et Matt Damon.

    Synopsis:  Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés. Liberace affectionnait la démesure et cultivait l'excès, sur scène et hors scène. Un jour de l'été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d'âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. Ma Vie avec Liberace narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

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    -Steven Soderbergh donnera une master class (qui s'annonce passionnante!) le samedi 31 août

    Je vous rappelle que le hashtag officiel du festival est #Deauville2013, le site officiel http://festival-deauville.com, la page Facebook officielle https://www.facebook.com/Festival.Cinema.Americain.Deauville et le compte twitter officiel @DeauvilleUS et @lpscinema

    Pour me suivre en direct du festival, comme chaque année, ce sera sur mes différents sites et blogs, et sur twitter (compte principal  @moodforcinema et compte dédié au Festival  @moodfdeauville ) ainsi que sur ma page Facebook consacrée à ce festival http://facebook.com/inthemoodfordeauville .

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    Je partage aussi ma passion pour ce festival dans un roman publié chez Numeriklivres "Les Orgueilleux" (disponible partout: Numeriklivres, Fnac.com, chapitre.com etc) et pour la sortie duquel je vous fais gagner une liseuse électronique, ici. Par ailleurs, un peu avant le festival, en août prochain, chez ce même éditeur sortira mon recueil de nouvelles romantiques et cruelles sur les festivals de cinéma intitulé "Ombres parallèles" dont plusieurs se déroulent dans le cadre de ce festival.

  • Ouverture du 15ème Festival du Film Asiatique de Deauville

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    Deauville, Asie, film, festival, cinéma

    Six mois après le traditionnel Festival du Cinéma Américain (retrouvez mon best of de l'édition 2012 en ccliquant ici), me voilà de retour à Deauville pour le désormais tout aussi traditionnel et incontournable Festival du Film Asiatique qui célèbre cette année sa 15ème édition (déjà!).

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    J'y reviens avec le même plaisir, voire un plaisir accru : plaisir de se plonger dans les cinématographies et cultures asiatiques, plaisir de découvrir des univers cinématographiques singuliers, plaisir d'un voyage immobile qui évade et enrichit, plaisir de retrouver Deauville, réminiscence de tant de souvenirs à commencer par les prémisses de ma passion pour le cinéma (et de ses festivals), plaisir de retrouver cet endroit et ce festival dont, plus que jamais, la mélancolie paradoxalement enchanteresse me sied, me régénère et même m'éblouit.

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    Au programme de cette année (que vous pouvez retrouver ici), les plus grands cinéastes asiatiques (Wong Kar Wai, Chen Kaige, Sono Sion, Kim ki-duk etc) mais aussi, comme chaque année, de nombreux premiers films avec pas moins de 10 nationalités représentées. Parmi ceux-ci, "Mai Ratima" de Yoo Ji-tae, film coréen en compétition présenté en ouverture hier soir.

    Comme chaque année, le maire de Deauville Philippe Augier et le Président du festival Lionel Chouchan ont ouvert le festival. Les membres du jury présidé cette année par Jérôme Clément ont ensuite été présentés.

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    Ensuite, le Coréen Yoo Ji-Tae est venu présenter son film comme vous le verrez dans la vidéo ci-dessous. Peut-être le reconnaîtrez-vous puisqu'il interprètait le rôle mémorable du tyrannique Lee Woo-jin dans "Old boy" de Park Chan-wook.

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    "Mai Ratima" est donc son premier long-métrage. Le titre désigne une jeune femme d'origine thaïlandaise venue en Corée pour un mariage arrangé où elle est devenue le souffre-douleur de sa famille d'accueil. Alors que son beau-frère la frappe en pleine rue, un jeune homme, tout aussi perdu qu'elle, Soo-young, lui vient en aide. Ils s'enfuient ensemble et se réfugient à Séoul. Ils tombent amoureux l'un de l'autre mais la réalité va rapidement les séparer.

    Surprenant et courageux choix pour un acteur dont la vie est fort probablement à 100000 mieux de celle de ses protagonistes que de traiter cette histoire dramatiquement universelle tout comme la crise économique implicitement évoquée comme la cause de cette descente aux enfers. Ce film est à l'image de ses personnages principaux: plein de défauts et néanmoins attachant. Plein de défauts parce que Yoo Ji-tae s'amuse avec des mouvements de caméra parfois inutiles ou surlignés pour mettre en exergue l'égarement, la suffocation de Mai Ratima qu'il enferme aussi souvent dans son cadre comme elle l'est dans sa réalité sans issue, sans espoir. Plein de défauts parce que le jeu des comédiens dans les premières scènes est exagéré quand il devient plus subtil quand il se concentre sur Mai Ratima et Soo-young pour lesquels le réalisateur semble vouloir nous faire partager son empathie, et il y parvient d'ailleurs la plupart du temps. Plein de défauts encore parce qu'il ne semble pas assumer la fin (pourtant réussie) pour nous livrer un générique qui offre un dénouement alternatif mais fait finalement perdre toute sa force, redoutable, à celle qui précède. Malgré cela (et finalement à cause de tout cela), Yoo Ji-Tae parvient à nous intéresser à ses deux personnages égarés qui s'accrochent l'un à l'autre, à leur dérive désespérée, à leur déchirante séparation puis descente aux enfers. Si le titre porte le nom du personnage féminin principal, ce cas particulier n'en est pas moins universel. Tragiquement. Et c'es là toute la force de ce premier film, imparfait mais dont l'universalité peut difficilement laisser indifférent.

    Les autres films de la compétition seront-ils aussi sombres et désenchantés? Réponse ce soir après ce 1er film en compétition loin d'être inintéressant.

    Au programme aujourd'hui: trois films en compétition ("Four stations", "Songlap", " "The Weight") et l'hommage à Sono sion avec, ensuite, la projection de "The Land of hope" dont je ne manquerai pas de vous parler ici ce soir ou demain.

    Pour terminer, je vous rappelle que, grâce à la mairie de Deauville, vous pouvez désormais voter et attribuer le prix du public à un film parmi ceux figurant en compétition.

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    Je vous laisse avec quelques photos de Deauville mais aussi de Trouville ( et une petite devinette, mon échappée belle à Trouville m'ayant rappelée la scène d'un film avec un célèbre acteur dont je vous parle souvent sur mes blogs -sans doute son unique mauvais film- et dans laquelle il échappe de peu à la noyade. Qui trouvera le titre du film?).

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