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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE 2026 - Page 62

  • Hommage du Festival de Deauville 2012 à Liam Neeson - Critique de "La Liste de Schindler"

    Ce mercredi, à 14H, sera projeté au cinéma Le Morny, "La Liste de Schindler" dans le cadre de l'hommage à Liam Neeson. Retrouvez ma critique en cliquant ici.

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  • Critique de "There will be blood" de Paul Thomas Anderson

    A l'occasion de l'hommage du festival à Paul Dano (ma vidéo dans l'article d'hier avec la critique de mon coup de coeur du festival "Elle s'appelle Ruby"), je vous propose ci-dessous ma critique de "There will be blood".

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    1478123491.jpgL’or noir. L’oxymore qui définit ainsi l’objet de la quête effrénée, insatiable, vorace de Daniel Plainview est à l’image de ce film. Entre ombre et lumière. Entre les profondeurs abyssales et obscures de la terre et les vastes paysages de l’Ouest américain. Entre les Lumières de la foi et l’obscurantisme de la religion. Entre les deux faces si contrastées d’un même visage. Ainsi, lorsque le chercheur d’or noir, Daniel Plainview (Daniel Day Lewis) entend parler d’un océan de pétrole sous une petite ville de Californie, il part alors avec son « fils » H.W (en réalité, un enfant dont le père est mort en forant pour Daniel Plainview) à Little Boston, un endroit au milieu de vastes étendues vertigineuses où l’unique point de rendez-vous et distraction est l’église animée par le charismatique jeune prêtre Eli Sunday (Paul Dano). Avec l’aide de l’enfant qui l’accompagne qui lui sert à attendrir ceux à qui il achète des terres, Plainview va peu à peu étendre son empire en s’appropriant les terres tout comme Eli Sunday s’approprie les âmes...

     

    Evidemment quand il est question de pétrole et d’ouest américain, on pense immédiatement à « Géant », pourtant si ce ne sont les paysages et la fascination pour l’or noir, rien à voir ici avec le chef d’œuvre de 1956, de George Stevens.

     

    Dès le premier quart d’heure, muet, nous suivons Daniel Plainview, dans les entrailles de la terre, et dès ce premier quart d’heure, grâce à la virtuosité de la mise en scène de Paul Thomas Anderson et , par l’ambiguïté intrigante et captivante du personnage de Daniel Plainview magistralement et/ou excessivement interprété par Daniel Day Lewis, nous sommes envoûtés, comme nous le serons pendant les 2H38 de ce voyage terrifiant et fascinant dans les entrailles de la terre, dans les paysages et cœurs arides et surtout, dans les profondeurs d’une âme torturée et tortueuse que nous suivons dans sa descente aux enfers de 1898 à 1927.

     

    Intrigués parce que nous nous demandons d’abord s’il est guidé par la seule soif de l’or noir, (S’attache-t-il vraiment à H.W ou n’est-il qu’un outil dans sa quête ?) guettant ses lueurs d’humanité d’abord, de misanthropie ensuite, de folie bientôt, nous demandant lequel entre l’un et l’autre l’emportera, si son humanité n’est que le masque de son avidité, sa philanthropie le masque de sa misanthropie, hypnotisés par son regard comme le sien l’est par ses derricks enflammés, la désolation majestueuse et apocalyptique de ce spectacle grandiose et diabolique. There will be blood. Le titre résonne alors comme un avertissement. Nous voilà prévenus. Le feu sanguinolent va jaillir des entrailles de la terre. Peut-être pas seulement : le sang va jaillir des entrailles de l’homme.

     

    En sortant de ce film, il y a une semaine déjà, mes impressions étaient si fortes et contrastées qu’il m’a fallu plusieurs jours pour digérer cette expérience et vous en parler. Expérience, c’est bien le mot. Etrange. Dérangeante. Cruelle. Fascinante. Hypnotique. Vertigineuse. Grotesque et/ou sublime. Sublime le travail sur le son entre une musique (de Johnny Greenwood) intelligemment dissonante et des sons astucieusement discordants, ainsi effrayants, assourdissants, nous conduisant même à éprouver le malaise ressenti par HW devenu sourd suite à l’incendie du derrick, ou l’agitation interne suscitée par le combat qui semble agiter Daniel Plainview entre ses deux visages, entre sa folie et ses intérêts. Sublime la photographie dichotomique qui reflète le combat interne de Plainview mais aussi celui avec son double : Eli Sunday. Sublime la réalisation inspirée à laquelle Kubrick semble avoir insufflé son énergie créatrice. Sublime le face à face entre le jeune prêtre et Daniel Plainview, apparemment si différents, finalement si semblables : dans leur duplicité, le renoncement à leurs principes par intérêt, leur capacité à hypnotiser, posséder, se mettre en scène, exercer leur emprise et manipuler les âmes, leur folie. Sublime le glissement vers la folie, la solitude, la déshumanisation de Daniel Plainview. C’est d’ailleurs finalement lorsque son visage se montre ouvertement le plus monstrueux (lorsqu’il jette à la figure de H.W le fait qu’il n’est pas son fils) qu’il témoigne, peut-être, enfin, de son humanité : est-ce pas par jalousie ou parce qu’il se sent abandonné, est-ce une manière de témoigner une part d’humanité ? Grotesque à force de vouloir paraître absurde, démonstratrice de sa folie, la scène finale avec Sunday (tel le duel final d’un western, l’affrontement où les deux (anti)héros laissent voir leurs vrais visages, leur gémellité, et à la différence d’un western, ni bons, ni méchants, juste deux hommes dévorés par leur soif de pouvoir l’un sur l’autre, sur les terres pour l’un, sur les âmes pour les deux). Artificiel ce saut dans le temps pour renforcer l’impression de contraste entre les vastes étendues que Plainview semblait dominer et cette luxueuse maison vide, glaciale, obscure, qui semble l’emprisonner.

     

    Alors, au final ?

     

    1802965498.jpg Au final, une expérience fascinante, captivante et éprouvante où le sublime (surtout) côtoie le grotesque (finalement si peu, finalement à l’image du personnage principal dont la construction scénaristique et visuelle épouse la folie), une réalisation inventive, une musique intelligemment discordante, une interprétation parfois outrancière (délibérément, probablement, précisons que Daniel Day Lewis a reçu l’Oscar 2008 du meilleur acteur pour ce film) qui nous fait croire à l’existence de ce Daniel Plainview diabolique, au-delà des frontières du désenchantement et de la folie. « There will be blood » a ainsi été nommé 8 fois aux derniers Oscars, la photographie si expressive de Robert Elswit a également été récompensée. Un film universel, atypique, à voir malgré et pour ses excès, son ostentation, sa démarche ostensible qui m’empêchent néanmoins de le qualifier de chef d’œuvre mais qui me conduisent plutôt à le définir comme une expérience unique, marquante. Un film singulier, courageusement à contre-courant (quoique, ce face à face de l’homme avec la nature, cette ascension puis cette descente aux enfers nous rappellent plusieurs films sortis récemment, je vous laisse les retrouver), à voir, à vivre, à contempler, à éprouver, assurément.

  • Critique de « Elle s’appelle Ruby » de Jonathan Dayton et Valérie Faris et remise du trophée du Nouvel Hollywood à Paul Dano – Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012

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    Malgré tant d’années de festivals, à Deauville et ailleurs, je crois que j’avais oublié à quel point un festival, et celui-ci en particulier, vous éloigne du tumulte de l’existence et du monde, et vous plonge dans un doux cocon d’irréalité qui vous donne l’impression que tout devient possible, y compris que rêves et réalité se confondent, que cinéma et existence s’entrelacent et vous plongent dans un exquis chaos. Cela tombe bien : le film projeté hier après-midi évoquait les « rêves qui deviennent réalité» et cette danse troublante et périlleuse entre le créateur et sa création, le rêve et la réalité.

     L’acteur Paul Dano est triplement à l’honneur cette année à Deauville. Il figure ainsi dans deux films en sélection : « For Ellen » de So Yong Kim, film en compétition, dans lequel il interprète un père-rocker au cœur tendre (un film qui repose sur son interprétation magistrale, tout en finesse), et « Elle s’appelle Ruby » présenté en avant-première hier soir, dans un rôle radicalement différent qui prouve une nouvelle fois son étonnante capacité à se métamorphoser. L’an passé, le festival a institué un nouveau trophée le « Nouvel Hollywood » récompensant une valeur montante du cinéma américain. Ce prix a, l’an dernier, été attribué à Ryan Gossling. Paul Dano lui succède cette année recevant son trophée des mains de la comédienne Isild Le Besco avec laquelle il avait joué dans "The good heart".

     

    Avec « Little miss sunshine » (dans lequel jouait d’ailleurs également le comédien Paul Dano aussi très marquant dans « There will be blood »), les réalisateurs Jonathan Dayton et Valérie Faris avaient obtenu le Grand Prix du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2006. Six ans plus tard est présenté à Deauville « Elle s’appelle Ruby », un film écrit par Zoe Kazan (petite-fille d’Elia) qui interprète ici le rôle féminin principal.

    Calvin (Paul Dano) est un romancier à succès, qui peine à trouver un second souffle et se trouve confronté à la terrible angoisse de la page blanche. Encouragé par son psychiatre à écrire sur la fille de ses rêves, Calvin voit son univers bouleversé par l’apparition littérale de Ruby (Zoe Kazan) dans sa vie, amoureuse de lui et exactement comme il l’a écrite et imaginée.

    Comme dans le mythe de Pygmalion et Galathée, dans lequel le sculpteur tombe amoureux de sa statue d’ivoire, Calvin va tomber amoureux de Ruby, l’étonnamment vivante création de son esprit.

    « Little miss sunshine » possédait déjà ce supplément d’âme et ce ton particulier qui avaient fait d’une histoire a priori simple un film séduisant, enthousiasmant, duquel vous sortiez le sourire aux lèvres. Ces films sont rares et « Elle s’appelle Ruby » en fait également partie, d’abord parce que c’est presque une leçon d’écriture et par là une sorte de mise en abyme puisque le film tout entier est une métaphore de la création, Ruby étant la création de l’imagination débordante de Calvin, créature qu’il façonne selon ses rêves, qui prend vie puis lui échappe pour, peut-être, ne plus lui appartenir.

    Un personnage qui aime Scott Fitzgerald, qui possède autant d’accents « Woodyalleniens » (Calvin consulte un psy, est plutôt maladroit avec l’existence et va trouver refuge dans ses rêves qui vont devenir réalité comme dans « La Rose pourpre du Caire » ou « Minuit à Paris ») était condamné à me plaire. Quant au personnage féminin, soigneusement écrit par Zoe Kazan, il ne se contente pas d’être une potiche mièvre (comme trop souvent dans les comédies romantiques) mais une jeune femme terriblement vivante.

    « Elle s’appelle Ruby » n’est pas seulement une splendide métaphore de l’écriture, des vicissitudes des artistes et des rapports entre le créateur et sa création (Zoe est en effet une forme de projection de Calvin, une vision idéalisée et l’amour qu’elle lui inspire fait écho à l’état extatique dans lequel peut plonger l’écriture)  c’est aussi un film magnifiquement écrit, qui vous emporte, vous déroute,  assimile la magie de l’amour et de l’écriture qui possèdent ce pareil pouvoir de vous emmener ailleurs, de vous transporter, une magie que possède aussi ce film.

    Tour à tour bouleversant ( comme dans cette scène où Calvin « dicte » ses actes à sa créature, dans un tourbillon violent et déchainé, presque cruel, une sorte de danse endiablée), irrésistible ( la scène avec la mère et le beau-père de Calvin dont je vous laisse découvrir les interprètes), plein de fantaisie (dans les dialogues, les situations mais aussi la bo avec notamment « ça plane pour moi » de Plastic Bertrand), « Elle s’appelle Ruby »  est un feel-good movie qui entrelace avec subtilité tragédie et comédie. Une comédie romantique atypique pleine de charme, de délicatesse, d’intelligence qui vous rappelle que aimer c’est laisser libre (comme créer consiste à libérer sa création) et que rêver, inventer est sans doute le plus magique des pouvoirs même s’il n’est pas sans périls. Un hymne poétique et sensible à la magie délicieusement périlleuse de l’amour et de l’écriture à découvrir absolument en salles le 3 octobre 2012.

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    Le programme complet commenté et détaillé du festival: http://inthemoodforfilmfestivals.com/programme-complet-et-detaille-du-38eme-festival-du-cinema-americain-de-deauville/

     

  • Patience! A suivre ici: Harvey Keitel, "Jason Bourne", Frank Langella...

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    Le rythme (haletant) du festival ne m'a pas permis de rédiger de compte-rendu. Il vous faudra donc patienter un peu pour voir mes vidéos de la conférence de presse de Harvey Keitel, la critique de "For Ellen" (avec un très touchant Paul Dano en rocker au coeur tendre), celle de "Jason Bourne : l'héritage" etc. Aujourd'hui au programme pour moi: l'interview de Frank Langella et Jake Schreier, la projection de "Elle s'appelle Ruby" avant laquelle sera décerné le trophée du Nouvel Hollywood à Paul Dano, l'hommage à William Friedkin (dont vous pourrez également suivre la master class à 14h salle Lexington, et qui inaugurera sa cabine sur les planches à 13H45) et la projection de "Killer Joe". Deux petites photos pour vous faire patienter avant un article digne de ce nom et, en attendant, bonne journée festivalière à tous!

  • Ouverture du Festival de Deauville 2012 : hommage à Harvey Keitel et projection de « Robot and Frank »

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    Comme par magie (celle du cinéma, évidemment), vent et nuage se sont subitement éclipsés pour laisser place à un soleil radieux à l’heure de l’ouverture de ce 38ème Festival du Cinéma Américain de Deauville pour laquelle la salle du CID était comble, hier soir. Pour ce qui est mon 19ème festival (j’ai du mal à le croire…, retrouvez à ce sujet mon édito qui comprend également le programme complet et commenté, ici), le plaisir (d’être ici) et l’envie de découvrir un cinéma plus ou moins différent, plus ou moins audacieux, en tant cas l’envie de découvrir et la curiosité, sont intactes.

    Comme chaque année, c’est le maire Philippe Augier qui a pris la parole en premier pour célébrer trois anniversaires, deux centenaires, celui du Groupe Lucien Barrière, indissociable de Deauville, et d’Universal…et celui de sa femme avant d’annoncer l’ajout du nom d’Anne d’Ornano à la majestueuse salle du CID qui fêtait lui aussi un anniversaire, ses 20 ans.

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    Ce fut ensuite au tour de l’Ambassadeur des Etats-Unis, fidèle au rendez-vous chaque année qui a préféré célébrer cette magie du cinéma justement, en évoquant d’abord  la première projection publique payante du cinématographe dans le Salon indien du Grand Café, Boulevard des Capucines, le 28 décembre 1895, en passant par la fameuse citation de Cocteau « Le cinéma est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière » ajoutant enfin que « Le cinéma nous fait vibrer, nous aide à lieux comprendre qui nous sommes […], ce qui nous réunit au-delà des différences culturelles… « dans un monde où la dispersion des images occulte la puissance du regard ».

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    Après une brève intervention du cofondateur du festival Lionel Chouchan vint le moment attendu de l’hommage à Harvey Keitel dévolu au très cinéphile Serge Toubiana, le directeur de la Cinémathèque qui, a divisé les acteurs en deux catégories « la tendance Mitchum et la tendance Stewart » plaçant Harvey Keitel dans la première celle des « mauvais garçons » : « Vous jouez tout d’un bloc en imposant votre physique, votre prestance corporelle ». Il a également évoqué l’expression de la « profondeur d’âme » et de la « sensibilité écorchée » de l’acteur dont vous aurez un aperçu dans la courte intervention de ce dernier.

     

    Puis, pour la première fois depuis que la compétition fut instituée en 1995, c’est un film indépendant qui a ouvert le bal. 15 sont au programme cette année, le festival s’affirmant ainsi plus que jamais comme la vitrine du cinéma indépendant américain sans oublier pour autant les avant-premières qui ont fait la renommée du festival comme ce soir avec « Jason Bourne : l’héritage ».

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    C’est donc « Robot and Frank » de Jake Schreier qui a fait l’ouverture, le premier long-métrage d’un réalisateur qui n’a réalisé qu’un court-métrage en 2005 et qui sortira en salles le 19 septembre prochain.

    Le film se situe dans un futur (très, trop) proche. Frank (Frank Langella), gentleman cambrioleur à la mémoire fragile, vit en vieux solitaire grincheux jusqu'au jour où son fils lui impose un nouveau colocataire, sans nom ni visage : un robot. Chargé de s'occuper de lui, celui-ci va bouleverser la vie du vieil ours solitaire. Frank, d’abord réticent à la présence du robot, va nouer une vraie relation avec son robot jusqu'à mettre au point un braquage des plus inattendus.

    Cette fable tendre, pessimiste et poétique (qui fait d’ailleurs écho à la désolante dispersion des images évoquée par l’Ambassadeur, qui nous fait parfois oublier l’essentiel) est une première belle surprise qui, avec beaucoup de simplicité et de délicatesse, par ce tandem improbable, traite de sujets contemporains (la déshumanisation de la société) et sensibles (la perte de mémoire). Dans cette petite ville tranquille et verdoyante où vit Frank, la bibliothèque numérise ses livres, les seuls contacts de ce dernier avec sa fille (qui semble se donner bonne conscience par des actions humanitaires à l’autre bout de la planète tandis que son père vit seul et abandonné) se font par écran interposé, et son seul contact physique est paradoxalement avec ce robot censé être dépourvu d’humanité. L’humour permet de désamorcer le portrait cruel et clairvoyant de notre société ou d’une société proche qui confie au robot (cette chose interchangeable et anonyme comme le montre tristement  la fin) la dernière chose qui nous différencie encore, par définition : l’humanité. Tandis que sa mémoire défaille alors que ce robot, lui, justement, n’est que mémoire, certes artificielle, son double aussi (puisqu’il contient une mémoire, un peu la sienne) et son contraire, Frank lui confie ses souvenirs, le confondant parfois même avec son propre fils.

    La mise en scène ( minimaliste mais précise), le ton du film (entre humour et mélancolie), l’intensité du jeu de Frank Langella (espiègle et démuni) et un scénario sensible font de ce premier film un objet singulier, attachant et touchant, et, l’air de rien, une réflexion d’une redoutable clairvoyance et d’un terrible pessimisme sur une société qui abandonne tout, y compris l’essentiel (la mémoire et les liens familiaux) à des machines dépourvues de l’un et de l’autre, et donc d’humanité (même si le robot en question ici en a plus que les enfants de Frank).

    Je vous parlerai à nouveau de ce film demain, ayant le plaisir d'interviewer le réalisateur demain après-midi.

    Ce film a été récompensé au festival de Sundance 2012, en remportant le Prix Alfred P. Sloan (attribué chaque année à des films traitant de science et de technologie.)

    Le ton de ce 38ème festival a été donné : entre humour et mélancolie, mettant le cinéma indépendant à l’honneur sans pour autant oublier ce qui a constitué les prémisses et les belles heures de ce festival, les hommages prestigieux. Un judicieux mélange qui, quelle que soit la météo, devrait faire planer un soleil radieux au-dessus de Deauville. A suivre ici. Découvrez aussi les autres blogs inthemood: http://inthemoodlemag.com , http://inthemoodforfilmfestivals.com , http://www.inthemoodforcinema.com , http://www.inthemoodforcannes.com , http://www.inthemoodforluxe.com .

     

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  • En direct de Deauville à j-1 de l'ouverture du 38ème Festival du Cinéma Américain

     

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    A partir de demain, suivez le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012 en direct ici.

    Suivez-moi également en direct sur twitter (@moodfdeauville -compte en direct de Deauville- et @moodforcinema -compte twitter annuel) dès demain soir, à 19h, pour l'ouverture.

     Vous pouvez aussi vous inscrire sur ma page Facebook dédiée ( http://facebook.com/inthemoodfordeauville ).

    Retrouvez également mon édito sur le festival avec le programme détaillé, commenté et complet: http://inthemoodforfilmfestivals.com/programme-complet-et-detaille-du-38eme-festival-du-cinema-americain-de-deauville/

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      Ci-dessus, mes premières photos à j-1. Bon festival à tous!