18/07/2014

Jessica Chastain au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014

Retrouvez également cet article sur mon nouveau site http://inthemoodforfilmfestivals.com pour une meilleure lisibilité.

Après l’annonce de l’hommage à John McTiernan (en sa présence), de la présence de James Cameron, de la présidence par Costa Gavras, voilà une nouvelle annonce qui confirme le caractère exceptionnel et à la hauteur de l’évènement que sont les 40 ans de ce Festival du Cinéma Américain de Deauville: la venue de l’actrice Jessica Chastain pour un hommage.

 Je vous rappelle que je vous fais toujours gagner vos pass pour le festival, ici, et que vous avez encore toutes vos chances puisqu’une seule personne a trouvé toutes les bonnes réponses.

Retrouvez également mes 40 bonnes raisons de venir au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Voici le communiqué de presse du Festival du Cinéma Américain de Deauville au sujet de l’hommage à Jessica Chastain:

« L’Hommage manifeste l’affection, l’admiration, la reconnaissance et l’estime du talent du récipiendaire. Depuis quelques années, nous rendons hommage à des actrices qui incarnent le cinéma d’aujourd’hui et qui sera le patrimoine de demain. Julianne Moore, Annette Bening, Susan Sarandon, Robin Wright, Naomi Watts furent de celles-ci. Lorsque nous découvrions Jessica Chastain, nous avions à l’évidence le sentiment que quelque chose se passait à l’écran. Puis elle confirma, à travers ses rôles, la capacité émotionnelle de saisir la lumière comme personne depuis Nicole Kidman, et le Festival lui remettait le prix du « Nouvel Hollywood ». Puis ce fut l’année 2011, année où elle impressionnait dans TAKE SHELTER qui triomphait à Deauville avec le Grand Prix, mais déjà auréolée de son rôle dans THE TREE OF LIFE de Terrence Malick, Palme d’Or au Festival de Cannes. La même année encore elle triomphait à Venise dans le film d’Al Pacino, WILDE SALOMÉ. Puis, bien sûr, l’incroyable et oscarisé ZERO DARK THIRTY de Kathryn Bigelow. Nous saluons en elle la grâce et le talent, la beauté de la vérité, que sauront magnifier Christopher Nolan et Guillermo del Toro dans leurs prochains films. »

Bruno Barde, Directeur du Festival

FILMOGRAPHIE

2014 INTERSTELLAR

de Christopher Nolan

2014 CRIMSON PEAK

de Guillermo del Toro

2014 MADEMOISELLE JULIE

de Liv Ullmann

2014 THE DISAPPEARANCE OF ELEANOR RIGBY: THEM

de Ned Benson

2013 THE DISAPPEARANCE OF ELEANOR RIGBY: HIM

de Ned Benson

2013 THE DISAPPEARANCE OF ELEANOR RIGBY: HER

de Ned Benson

2013 SALOMÉ

d’Al Pacino

2013 MAMA

d’Andrés Muschietti

2012 TAR

d’Edna Luise Biesold, Sarah-Violet Bliss, Gabrielle Demeestere, Alexis Gambis, Brooke Goldfinch, Shripriya Mahesh, Pamela Romanowsky, Bruce Thierry Cheung, Tine Thomasen, Virginia Urreiztieta & Omar Zúñiga Hidalgo

2012 MADAGASCAR 3: BONS BAISERS D’EUROPE

d’Eric Darnell, Tom McGrath & Conrad Vernon – voix

2012 DES HOMMES SANS LOI

de John Hillcoat

2012 ZERO DARK THIRTY

de Kathryn Bigelow

2011 WILDE SALOMÉ

d’Al Pacino – documentaire

2011 THE TREE OF LIFE

de Terrence Malick

2011 TAKE SHELTER

de Jeff Nichols

2011 LA COULEUR DES SENTIMENTS

de Tate Taylor

2011 KILLING FIELDS

d’Ami Canaan Mann

2011 ENNEMIS JURÉS

de Ralph Fiennes

2010 L’AFFAIRE RACHEL SINGER

de John Madden

2009 STOLEN LIVES

d’Anders Anderson

2008 JOLENE

de Dan Ireland

Au fil d’une carrière déjà auréolée de deux nominations aux Oscars, Jessica Chastain s’est imposée comme l’une des actrices hollywoodiennes les plus prisées de sa génération.

Après une année 2011 particulièrement prolifique et marquée par de nombreuses nominations et distinctions décernées, entre autres, par la Los Angeles Film Critics Association, les BAFTA, la Broadcast Film Critics Association, la Hollywood Foreign Press Association, les Screen Actors Guild Awards et l’Académie des Oscars, Jessica Chastain a confirmé que son succès était fait pour durer.

Son interprétation magistrale dans ZERO DARK THIRTY de Kathryn Bigelow lui a valu de nombreuses récompenses, notamment le Broadcast Film Critics Association Award de la Meilleure Actrice et le Golden Globe de la Meilleure Actrice dans un film dramatique, ainsi qu’une deuxième nomination à l’Oscar de la Meilleure Actrice. Dans ce film, Jessica Chastain interprète Maya, un personnage inspiré d’une véritable analyste de la CIA, qui a joué un rôle déterminant dans la traque d’Oussama ben Laden. ZERO DARK THIRTY a décroché de nombreuses nominations, dont le New York Film Critics Circle Award et l’Independent Spirit Award du Meilleur Film.

Jessica Chastain a aussi tenu le rôle principal dans le film MAMA d’Andres Muschietti, produit par Toma 78, la société de production de Guillermo del Toro. Sa prestation a d’ailleurs été saluée en 2014 par une nomination au MTV Movie Award de la « Meilleure Actrice morte de trouille ». Par ailleurs, l’actrice a incarné Maggie Beauford en 2012 face à Shia LaBeouf et Tom Hardy dans le film DES HOMMES SANS LOI, produit par la Weinstein Company. Elle a aussi prêté sa voix au personnage de Gia la tigresse dans le dessin animé MADAGASCAR 3 : BONS BAISERS D’EUROPE des studios Dreamworks. Son talent ne se limite pas au septième art, puisqu’elle a fait ses débuts à Broadway dans le grand classique THE HEIRESS.

Jessica Chastain vient d’achever le tournage de deux longs métrages : tout d’abord A MOST VIOLENT YEAR, un film avec Oscar Isaac produit par A24, dont l’action se déroule à New York en 1981, une année record en terme de criminalité, et qui sortira à l’automne 2014. Mais aussi CRIMSON PEAK un film réalisé par Guillermo del Toro et interprété par Tom Hiddleston et Charlie Hunnam, qui sortira en 2015.

L’année 2014 verra aussi la sortie du film THE DISAPPEARANCE OF ELEANOR RIGBY. L’actrice incarne le personnage principal et donne la réplique à James McAvoy et Viola Davis dans ce film écrit et réalisé par Ned Benson. Elle sera également à l’affiche cette année de MADEMOISELLE JULIE, l’adaptation de la pièce d’August Strindberg par Liv Ullmann, ainsi que du prochain film de Christopher Nolan, INTERSTELLAR.

En 2011, Jessica Chastain a joué aux côtés de Brad Pitt et de Sean Penn dans THE TREE OF LIFE de Terrence Malick, produit par River Road Productions. Le film a décroché la Palme d’Or au Festival de Cannes 2011, le Prix du Meilleur Film aux Chicago Film Critics Awards, et trois nominations aux Oscars.

Toujours en 2011, on a pu voir l’actrice dans TEXAS KILLING FIELDS avec Sam Worthington et Chloë Moretz, dans L’AFFAIRE RACHEL SINGER produit par Miramax, avec Helen Mirren et Sam Worthington, puis dans le rôle de Virginie dans ENNEMIS JURÉS, l’adaptation de la tragédie

Coriolan de William Shakespeare, avec Ralph Fiennes dans le rôle-titre et Gerard Butler, et enfin dans TAKE SHELTER de Jeff Nichols, avec Michael Shannon, un film qui a remporté une pluie de récompenses dans les festivals de cinéma en 2011, ainsi qu’une nomination aux Independent Spirit Awards.

Jessica Chastain est par ailleurs célèbre pour son interprétation de Celia Foote, une jeune femme peu sûre d’elle qui ne parvient pas à s’intégrer dans la haute société d’une ville du sud des États-Unis dans LA COULEUR DES SENTIMENTS, d’après le roman éponyme de Kathryn Stockett. Produit par Dreamworks, le film a reçu de nombreuses distinctions en 2011, en particulier une nomination à l’Oscar de la Meilleure Actrice dans un rôle secondaire pour Jessica Chastain et des nominations aux Golden Globes, aux Screen Actors Guild Awards et aux Critics’ Choice Awards.

Jessica Chastain est née et a grandi dans le nord de la Californie, mais c’est au sein de la célèbre Juilliard School de New York qu’elle s’est formée au métier d’actrice. Elle s’est illustrée dans une production de Roméo et Juliette, et son interprétation dans La Cerisaie aux  côtés de Michelle Williams au théâtre de Williamstown et dans odney’s Wife avec David Strathairn dans le théâtre off-Broadway Playwrights Horizons a été encensée par la critique.

La comédienne a par la suite été choisie par la metteuse en scène Estelle Parsons et par Al Pacino pour incarner le rôle-titre de Salomé au Los Angeles Wadsworth Theatre face à l’acteur. Cette collaboration fructueuse s’est prolongée par le biais du documentaire WILDE SALOMÉ, réalisé par Al Pacino et produit par Barry Navidi, qui dévoile les coulisses de la production et des extraits de la pièce.

Son interprétation remarquée lui a permis de décrocher le rôle-titre dans JOLENE de Dan Ireland, face à Rupert Friend, Frances Fisher et Dermot Mulroney. Elle a remporté le Prix de la Meilleure Actrice au Festival du Film de Seattle en 2008 pour ce rôle. De retour sur les planches, elle a interprété Desdémone dans Othello aux côtés de Philip Seymour Hoffman, dans une mise en scène de Peter Sellars, montée d’abord à Vienne puis en Allemagne et enfin à New York.

14:44 Écrit par Sandra Mézière dans HOMMAGES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

16/07/2014

James Cameron au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014

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Quelques jours après l’annonce de l’hommage à John McTiernan, le Festival du Cinéma Américain de Deauville nous promet donc la présence d’un autre géant du cinéma américain, à savoir James Cameron à l’occasion de la sortie de DEEPSEA CHALLENGE 3D (au cinéma le 17 septembre) qui sera projeté en avant-première dans le cadre du festival, ce qui contribue d’ores et déjà à faire de ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014 une édition d’exception.

Voilà ce qu’a déclaré Bruno Barde, le directeur du festival, à l’occasion de cette annonce: « DEEPSEA CHALLENGE 3D ressemble à James Cameron par son audace, sa générosité et par son engagement à faire évoluer le regard du spectateur sur le monde. À travers son œuvre, il a, par l’émotion qu’elle suscite, éveillé les consciences tout en bouleversant et transformant le cinéma en une dimension de plaisir jusque-là inconnue. Il est juste que, pour ses 40 ans d’existence, le Festival du Cinéma Américain de Deauville honore ce cinéaste d’exception, en créant pour lui le Prix du Quarantième anniversaire. Ce Prix lui sera remis lors de la soirée du palmarès le samedi 13 septembre ».

 Pour l’ (exceptionnelle) occasion, je vous propose donc ma critique de « Titanic » avant celle de « Deepsea challenge 3D » que vous pourrez bien entendu lire ici en avant-première. En attendant, les prochaines annonces concernant le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014 dont je vous rappelle que son jury sera cette année présidé par Costa-Gavras et qu’il aura lieu du 5 au 14 septembre, retrouvez mes 40 bonnes raisons de venir au festival, en cliquant ici, et tenter votre chance au concours vous permettant de remporter vos pass pour cette 40ème édition, ici.

Critique de Titanic 3D 2012  de James Cameron

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Rares sont les films à s’être transformés en phénomènes de société. « Titanic » fait partie de ceux-là. 11 Oscars pour 14 nominations. 20, 7 millions d’entrées en France où il obtint le César du meilleur film étranger mais surtout un projet lui-même titanesque avec un budget de production de 200 000 000$ []qui a connu un succès mondial retentissant avec des recettes atteignant 600 788 188 $ aux Etats-Unis et 1 843 201 268 $ dans le monde entier.

Evidemment, on se dit que ressortir le film 15 ans après, fut-ce (ou justement parce que) en 3D, relève de l’opération commerciale, de surcroit sachant que cela tombe l’année du centenaire du naufrage. « Titanic  en 3D » (en salles ce 4 avril, le naufrage a eu lieu le 14 avril 1912) n’est-il qu’une opération commerciale ? La 3D apporte-t-elle vraiment une valeur ajoutée à la version initiale ? 15 ans après, ce nouveau projet pharaonique qui a coûté 18 millions de dollars, nécessité 300 techniciens et 60 semaines de travail, rend-il le film  plus fascinant  ou n’est-il que de la poudre aux yeux?

A la suite de la projection de cette version en 3D  j’avais eu le plaisir d’assister à une séance de questions réponses avec le producteur Jon Landau (vous pouvez d’ailleurs retrouver mes vidéos en bas de cet article) qui a notamment produit « Avatar » et « Titanic » et qui a également notamment été vice-président exécutif de la production de longs métrages chez Twentieth Century Fox. Surtout, son travail avec les meilleurs talents créatifs fait qu’il maîtrise parfaitement le processus de création qui a conduit à cette nouvelle « version ».

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Southampton, 10 avril 1912. L’évènement est international. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé insubmersible, le « Titanic » qui doit son nom à son gigantisme, appareille pour son premier voyage, une transatlantique en direction de New York. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg avant de sombrer dans les eaux glaciales de l’Atlantique.

 Jack Dawson (Leonardo DiCaprio), un artiste pauvre et libre comme l’air, gagne son billet de 3ème classe au poker et embarque in extremis. De son côté, en première classe, la jeune Rose DeWitt Bukater (Kate Winslet) embarque avec son futur époux, Caledon Hockley (Billy Zane), aussi emprisonnée dans les conventions et dans un avenir cadenassé que Jack est libre de toute entrave. Rose va tenter de se suicider en se jetant d’un pont du paquebot. Jack va la sauver. Ils vont tomber amoureux et vivre une histoire d’amour intense, éphémère et éternelle, au milieu du chaos.

Des années plus tard, Brock Lovett coordonne une équipe de fouilles de l’épave du Titanic. Lors d’une plongée en sous-marin, il espère enfin retrouver le Cœur de l’Océan, un bijou inestimable, porté par Louis XVI. Le coffre-fort qu’il remonte des profondeurs ne contient qu’un dessin représentant une jeune fille nue portant le bijou.

Une dame très âgée, Rose Calvert, découvre ce dessin à la télévision. Elle appelle Lovett en affirmant être la jeune fille en question…

Il faut le dire d’emblée : le résultat est saisissant. Jamais encore la 3D ne m’avait semblée avoir cet impact (d’ailleurs, jamais encore la 3D ne m’avait semblée avoir d’impact tout court)… L’immersion est immédiate et l’émotion au rendez-vous. L’éclat de la photographie mais surtout la précision, le souci du détail nous fascinent et immergent immédiatement dans cette aventure tragique et romanesque. Une poupée de porcelaine. Une brosse. Un miroir brisé. Une chaussure. Un coffre…Tous ces objets qui flottent au milieu de l’épave semblent terriblement réels et rendent soudain particulièrement palpable et tangible l’humanité de la tragédie qui s’y est déroulée et de ceux qui l’ont vécue, et nous embarquent dès le début dans l’aventure bien que nous la connaissions par cœur.

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 La 3D n’est pas ici un gadget mais un véritable atout qui procure au spectateur de vraies sensations et émotions, que ce soit dans les premières scènes à Southampton au cours desquelles nous découvrons le paquebot et où nous avons l’impression d’être dominés par son gigantisme et sa majesté ou dans les scènes du naufrage. Quand le navire apparaît dans toute sa splendeur, nous oublions qu’il n’est déjà plus qu’une épave engloutie, pour embarquer et croire qu’il est réellement insubmersible. Quand, beaucoup plus tard, le paquebot se lève, comme un mourant émet son dernier râle, avant de sombrer à jamais, tout en rejetant ses passagers à la mer, quand le silence précède le terrifiant fracas, la scène nous glace d’effroi.

Les scènes intimistes sont presque plus impressionnantes encore que les scènes à grand spectacle tant le spectateur a l’impression d’être un intrus, de s’immiscer dans une sphère privée, et pas seulement d’en être spectateur. Et lorsque les mains de Jack et Rose se frôlent et s’étreignent, ou lorsque Jack peint Rose dénudée, nous avons presque envie de retenir notre souffle pour ne pas les déranger, tant leur trouble irradie l’écran.

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 Grâce à la 3D, le danger, aussi, devient palpable, la somptuosité des décors ensuite ravagée est plus éblouissante encore, mais surtout la lâcheté, le courage, la beauté  nous happent et heurtent plus que jamais. La scène où Rose déambule dans les couloirs en cherchant de l’aide nous donne la sensation magique et inquiétante d’être à ses côtés, tétanisés par le danger, révoltés par la couardise de certains passages, et lors de celle où Jack et Rose s’enlacent et « volent », la sensation est étourdissante comme si nous virevoltions aussi.

Si « Titanic » était déjà romanesque, flamboyant et spectaculaire, cette conversion le transforme en une expérience exaltante, vertigineuse et parfois effroyable grâce à la profondeur de champ et grâce au souci du détail qui sont alors flagrants (tasse de porcelaine ou vestiges du naufrage, tout semble, pas seulement exister sur l’écran, mais prendre vie sous nos yeux).

L’intrigue n’a pas changé, aucune scène n’a été ajoutée ou modifiée. L’écriture presque schématique, voire dichotomique, est toujours aussi efficace. Les pauvres opposés aux riches. Le courage à la lâcheté. La raison à l’amour. L’insouciance à la gravité. La liberté de Jack opposée à l’enfermement de Rose. La clairvoyance de Jack opposée à l’aveuglement de ceux qui entourent Rose. Le silence de mort de la 1ère classe face à la musique et au rythme effréné de la gigue irlandaise dans la 3ème. L’éphémère et l’éternité qui ne s’opposent pas mais que réunit la catastrophe. Les sentiments y sont simples voire simplistes et manichéens mais tout est là pour nous étonner avec ce que nous attendons. Le mélange du spectaculaire et de l’intime, de la tragédie et de l’amour nous rappellent les plus grandes fresques (« Autant en emporte le vent » -ah, que serait l’incendie de Tara en 3D ?-, « Docteur Jivago ») ou histoires d’amour (« Casablanca », « Le dernier métro ») dans lesquelles la menace gronde (souvent la guerre) et renforce les sentiments alors confrontés aux obstacles (ici, la nature, la société). « Titanic » parvient à être à la fois un film catastrophe épique et une histoire d’amour vibrante sans que l’un prenne le pas sur l’autre, mais au contraire en se renforçant mutuellement. Un soufflé épique qui nous emporte contre notre raison même qui nous avertit de ces défauts comme certains personnages caricaturaux nous le rappellent comme l’égoïste, médiocre, odieux au possible fiancé de Rose ou comme une certaine outrance dans le mélodrame. Qu’importe ! Comme lorsque nous vivons une histoire d’amour, « Titanic » nous charme et nous envoûte, nous emporte dans cette aventure trépidante et nous rend sourds à notre raison.

Avec la 3D, les traits de Leonardo DiCaprio et Kate Winslet que nous avons vus grandir apparaissent dans leur éclat et l’innocence de leur jeunesse, et les visages blafards qui flottent sur l’eau n’en sont que plus redoutables, en miroir de cette splendeur passée et si proche. Il est d’ailleurs injuste que, contrairement à Kate Winslet, Leonardo Di Caprio n’ait pas été nommé aux Oscars comme meilleur acteur. Si la première interprète l’impétueuse, passionnée, fière et lumineuse Rose avec vigueur et talent, Leonardo DiCaprio, sans doute incarne-t-il un personnage trop lisse pour certains (mais il prouvera par la suite à quel point il peut incarner toutes les nuances et des rôles beaucoup plus sombres, notamment dans « Shutter island » de Martin Scorsese ou récemment encore dans « J.Edgar » de Clint Eastwood), il n’en est pas moins parfait dans son personnage d’artiste vagabond, libre, faussement désinvolte, malin, séduisant et courageux. Dans le chef d’œuvre de Sam Mendes, « Les noces rebelles », Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, réunis à nouveau, ont d’ailleurs su prouver qu’ils étaient de grands acteurs (aux choix judicieux), dans des rôles qui sont à l’opposé de leurs rôles romantiques de Rose et Jack.

Alors, bien sûr, l’art c’est aussi de laisser place à l’imaginaire du spectateur et sans doute ce nouveau procédé est-il une manière de prendre le spectateur par la main, de lui dicter ce qu’il doit regarder et même éprouver, ce qui pourrait faire s’apparenter le cinéma à une sorte de parc d’attraction abêtissant mais ce tour de manège-là est tellement étourdissant que ce serait faire preuve de mauvaise foi que de bouder notre plaisir.

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Ce « Titanic » 2012 permet de revisiter le film de James Cameron. Ou quand le cinéma devient une expérience au service de l’émotion, des sensations mais surtout du film et du spectateur. Vous aurez l’impression étrange et vertigineuse d’être réellement impliqués dans une des plus belles histoires d’amour de l’histoire du cinéma. Histoire d’amour mais aussi histoire intemporelle et universelle, d’orgueil, d’arrogance et de lâcheté, une tragédie métaphorique des maux de l’humanité, une course au gigantisme et à la vitesse au détriment de l’être humain et de la nature, qui fait s’entrelacer mort et amour, éphémère et éternité, et qui reste aussi actuelle et émouvante 15 ans après. Un film avec de la profondeur (dans les deux sens du terme désormais), et pas un simple divertissement. Un moment de nostalgie aussi pour ceux qui, comme moi, l’ont vu en salles il y a 15 ans et pour qui ce sera aussi une romantique réminiscence que de redécouvrir les amants immortels, « Roméo et Juliette » du XXème siècle, et de sombrer avec eux, avant de retrouver la lumière du jour et de quitter à regrets les eaux tumultueuses de l’Atlantique et cette histoire d’amour rendue éternelle par les affres du destin, et par la magie du cinéma.

Le 4 Avril, plongez au « cœur de l’océan » et au cœur du cinéma… Achetez votre billet pour embarquer sur le Titanic (vous en aurez vraiment l’impression), je vous promets que vous ne regretterez pas le voyage, cette expérience unique, magique, étourdissante, réjouissante : définition du cinéma (du moins, de divertissement) finalement porté ici à son paroxysme! A (re)voir et vivre absolument.

Retrouvez également ma critique de « Avatar » de James Cameron en cliquant ici.

 

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18:13 Écrit par Sandra Mézière dans PREMIERES (Festival du Cinéma Américain ) | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

30/06/2014

L'hommage du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville à John McTiernan

Cliquez sur la photo ci-dessous pour en savoir plus et pour lire mon article à ce sujet sur Inthemoodforfilmfestivals.com .

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15:39 Écrit par Sandra Mézière dans HOMMAGES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

26/06/2014

40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville : les 40 bonnes raisons d'y venir et concours

Cliquez sur l'affiche du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014 ci-dessous pour accéder directement à mon article "40 bonnes raisons de venir à Deauville pour le Festival du Cinéma Américain 2014" et au concours vous permettant de remporter 27 pass journaliers pour le festival ou rendez-vous sur http://inthemoodforfilmfestivals.com .affichedeauville2014.jpg

17:31 Écrit par Sandra Mézière dans CONCOURS, EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

01/06/2014

L'affiche du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014

Découvrez l'affiche du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014 qui, comme chaque année, met à l'honneur la bannière étoilée mais aussi, pour cette édition exceptionnelle les 40 ans du festival et ses héros et héroïnes. Bon festival à tous. Je vous invite bien entendu à le suivre ici du 5 au 14 septembre 2014 et sur mes nouveaux sites http://inthemoodforfilmfestivals.com et http://inthemoodlemag.com .

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10:43 Écrit par Sandra Mézière dans AFFICHES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

Costa-Gavras président du jury du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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Bien entendu, vous pourrez suivre ici en direct le 40ème anniversaire du Festival du Cinéma Américain de Deauville, l'autre anniversaire normand avec les 70 ans du débarquement qui seront à l'honneur la semaine prochaine.

A édition exceptionnelle, programme exceptionnel et jury exceptionnel! Ainsi le jury de ce 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville sera non seulement présidé par le cinéaste Coasta-Gavras mais aussi composé d'anciens présidents de jury du festival.

Voici le communiqué de presse du festival à ce sujet:

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville, observateur privilégié du cinéma outre- Atlantique, célébrera cet anniversaire autour de ceux qui ont contribué à son succès : les grands studios d’Hollywood autour d’une programmation particulière, le cinéma indépendant autour des 20 ans de la compétition, où furent révélés tant de cinéastes, et tous les talents amoureux de Deauville viendront ou reviendront fouler les planches.  
Un livre témoignera de son histoire, un film réalisé par France Télévisions, partenaire officiel du Festival, incarnera son épopée. La Cinémathèque Française, également partenaire du Festival, ajustera sa programmation de rentrée autour de cette thématique.  


À année exceptionnelle, jury exceptionnel : il se composera cette année, pour le plus grand plaisir des cinéphiles et du public, exclusivement d’anciens présidents qui depuis 20 ans ont honoré le Festival. Nous devions à un tel jury un homme d’exception : Costa-Gavras, cinéaste et président de la Cinémathèque française, présidera le jury du 40e Festival du Cinéma Américain de Deauville. 

10:38 Écrit par Sandra Mézière dans JURYS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

13/03/2014

2ème édition du Forum du Tourisme Numérique à Deauville

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Alors que vient à peine de s'achever le 16ème Festival du Film Asiatique de Deauville, déjà se profile un nouvel évènement à Deauville avec la 2ème édition du Forum du Tourisme Numérique qui aura lieu les 17 et 18 mars 2014 avant de nombreux autres évènements qui feront cette année de la Normandie le centre du monde avec, notamment, le 70è anniversaire du Débarquement et de la Bataille de Normandie, les Jeux Equestres Mondiaux mais aussi les 40 ans du Festival du Cinéma Américain de Deauville auquel je serai bien entendu.

En attendant, je vous recommande le Forum du Tourisme Numérique qui, en un an, a su devenir une manifestation majeure dans le domaine du tourisme et qui m'intéresse doublement puisque en plus de mon site sur Deauville http://inthemoodfordeauville.com et de mes activités littéraires et cinématographiques, je viens récemment de lancer ce nouveau projet sur le tourisme que je vous invite à découvrir : http://inthemoodforhotelsdeluxe.com (un site d'avis de clients sur les hôtels de luxe pour lequel je recherche d'ailleurs des partenariats, à bon entendeur...).

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Suite au succès de la 1ère édition avec plus de 500 participants venus de la France entière, le Forum du Tourisme Numérique de Deauville revient donc cette année, les 17 et 18 mars 2014 au Centre International de Deauville, avec un programme enrichi. Les organisateurs de #TN2 sont heureux d’annoncer la présence exceptionnelle de Fleur Pellerin, Ministre déléguée Chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l’Économie Numérique.

 

Le Forum Tourisme Numérique de Deauville, est un lieu de rencontres, d’échanges, entre acteurs institutionnels, privés du tourisme français et leurs prestataires de services numériques. Les deux jours ont pour ambition de permettre aux visiteurs de :

 

· Comprendre les enjeux liés au tourisme numérique (internet, mobile, réseaux sociaux, réalité augmentée, technologie sans contact…)

 

· Anticiper les problématiques aux côtés des meilleurs experts

 

· Instaurer une culture participative et une convivialité d’échanges

 

· Rencontrer des entreprises innovantes répondant à leurs besoins

Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur la page suivante:

@TN_Deauville #TN2

www.tourisme-numerique.com

Pour vous inscrire, c'est ici:

http://gestion.congres-deauville.com/fr/event/Event/display/2/forum-du-tourisme-numerique-2

16:36 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS (infos, photos, vidéos...) | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

09/03/2014

16ème Festival du Film Asiatique de Deauville : le palmarès

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Cet article sera prochainement complété notamment par les critiques des films cités.

Hier soir était annoncé le palmarès du 16ème Festival du Film Asiatique de Deauville couronnant une sélection de très haute qualité. 10 films et autant de regards, toujours singuliers et passionnants, sur des visages, souvent sombres (voire très sombres) des pays asiatiques dans tous leurs Etats et états. Corée du Sud, Inde, Chine, Philippines, Kazakhstan, Indonésie, Japon, Iran…Autant de pays différents esquissés et traversés en deux jours et pourtant, partout, un commun désarroi. De forts personnages féminins souvent broyés par l’existence, par leurs mères, par les hommes (beaucoup de viols, de suicides aussi), sans (re)pères, une police souvent incompétente et corrompue. Des sujets sensibles traités avec plus ou moins de délicatesse, et rarement de l’espoir au bout du chemin. Des réalités suffocantes dans lesquelles la mort devient alors presque une alternative joyeuse.  La seule.

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 Carton plein pour le film du Coréen Han Gong-Ju (qui sortira en avril sous le titre "A Cappella") qui a reçu le prix du jury ex-aequo, le prix de la critique et le prix du public. Le bouleversant "Nagima" (mon grand coup de cœur de cette édition) a reçu le grand prix (Lotus du meilleur film) à l'unanimité du jury. Enfin, le film indien "Ugly" a reçu le prix du jury ex-aequo. Trois films à la fois différents dans leurs origines (Kazakhstan, Inde, Corée du Sud), traitements (scénaristiques et visuels) et similaires en ce qu'ils mettent en scène des femmes, voire des jeunes filles, aux destins tragiques, souvent malmenées par la société et les hommes.

 

« Han Gong-Ju »  avait déjà reçu l'étoile d’or du Festival de Marrakech, un film dérangeant par le traitement de son sujet sordide (un viol collectif), raconté en flash-backs, un pseudo-suspense, procédé à mon  sens malsain pour rendre compte d’un drame terrible, avec un manque de sobriété dans le traitement donc et un peu trop de manichéisme aussi (les hommes du film représentent l’animalité et la lâcheté même si un personnage féminin, celui de la mère, n’est pas non plus épargné). Dommage car l’intention, même si trop visible, était noble : rendre hommage aux victimes obligés de se conduire comme des coupables.  Un magnifique personnage féminin néanmoins, lumineux malgré l’horreur vécue, porté par une interprétation exemplaire. L'histoire d'une renaissance qui a bouleversé les jurys et festivaliers.

L’Indien « Ugly », bien éloigné des clichés bollywoodiens,  dresse, quant à lui, un portrait sans concessions d’une société indienne patriarcale,  misogyne et surtout d’une police corrompue. Un thriller maîtrisé teinté de critique sociale . Ce film a le mérite de montrer un autre visage de l’Inde et de réussir à nous tenir en haleine du début à la fin. Cette violence sociale est entrecoupée de quelques scènes tristement saugrenues  et burlesques pour dénoncer la bêtise de la police.

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Quant à « Nagima »,  Zhanna Issabayeva y raconte l’histoire d’une jeune femme abandonnée à la naissance et placée dans un orphelinat. Un rare sens du cadre. Une photographie sublime à l’inverse du sujet, d’une ineffable dureté. De ce contraste émane une grâce inattendue, remarquable et poignante. Un film à la fois pudique et sans concessions avec un dénouement particulièrement fracassant, d’une fureur et d’un désespoir déchirants pour raconter les affres du destin (ou de l’absence de destin) d’une vie terriblement ordinaire.

Le jury présidé par Claire Denis, entourée de René Bonnell, Samir Guesmi, Florence Loiret-Caille, Gilles Marchand et Roxane Mesquida a décerné les prix suivants :

LOTUS DU MEILLEUR FILM - Grand Prix
NAGIMA de Zhanna Issabayeva (Kazakhstan)

LOTUS DU JURY - Prix du Jury ex-aequo
UGLY de Anurag Kashyap (Inde)
& HAN GONG-JU (A Cappella) de Lee Su-jin (Corée du Sud)

Le jury de la critique a décerné le prix suivant:


LOTUS AIR FRANCE - Prix de la Critique
HAN GONG-JU (A Cappella) de Lee Su-jin (Corée du Sud)

LE PRIX DU PUBLIC DE LA VILLE DE DEAUVILLE


HAN GONG-JU (A Cappella) de Lee Su-jin (Corée du Sud)

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09:56 Écrit par Sandra Mézière dans PALMARES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |