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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE 2024 - Page 2

  • Kyle Eastwood au 49ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Après avoir été l'invité d'honneur du 9ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule (dont vous pouvez lire mon compte-rendu ici) à l'occasion duquel il a donné un concert, Kyle Eastwood sera donc au 49ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. A l'occasion de la sortie le jour même de son nouvel album dédié aux musiques des plus grands films de son père, il sera invité à participer à la cérémonie d'ouverture du festival le 1er septembre. Dans le cadre de ce Festival, et en association avec ARTE et la Ville de Deauville, une projection en avant première du documentaire Eastwood Symphonic : une affaire de famille est organisée le 5 septembre. Elle aura lieu en présence de l'artiste et dans le cadre sublime du lieu culturel Les Franciscaines. Ce documentaire s'articule autour d'une captation live à l'auditorium de Lyon, dont chaque titre est entrecoupé d'extraits d'une interview exclusive de Kyle & Clint Eastwood. Tournée en septembre dernier, cette interview inédite nous invite à découvrir le lien musical extraordinaire qui unit cette famille de légende. Ce documentaire, produit par Séquence, [PIAS] France et V.O. Music, sera diffusé sur ARTE le 22 septembre 2023.

    Le projet Eastwood Symphonic est avant tout le témoin d’une transmission entre un fils, Kyle Eastwood, et son père, Clint Eastwood. Si Kyle a joué, jeune, dans quelques films de son père, c’est surtout la passion de la musique qui les unis et les transcende. Si chère à Clint, aujourd’hui quotidien de Kyle, c’est elle qui a tissé leur relation au travers des années. Kyle Eastwood, contrebassiste, leader d’un brillant quintet mais également compositeur pour le cinéma, avait déjà eu l’occasion, dans son album Cinematic (2019), de reprendre, avec son jazzband des thèmes composés pour le grand écran. Cette fois-ci, pour embrasser pleinement les musiques qui ont peuplé le cinéma de son père, il a choisi de plonger son quintet historique au sein d’un orchestre symphonique. C’est à Prague que l’ensemble jazz a rejoint l’Orchestre National de République Tchèque (CNSO), sous la houlette du chef d’orchestre déjà lauréat d’un Grammy : Gast Waltzing. L’album Eastwood Symphonic sortira le 1er septembre 2023, en CD et double vinyle. Un livre contenant un vinyle 10 pouces exclusif est également édité à un nombre d'exemplaires limité pour le monde.

  • Peter Dinklage recevra un Deauville Talent Award et viendra présenter "She came to me" de Rebecca Miller

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    Le Fes­ti­val de Deau­ville dis­tin­gue­ra cette année la car­rière riche et variée de Peter Dink­lage, en lui remet­tant un Deau­ville Talent Award conjoin­te­ment à la pro­jec­tion en avant-pre­mière du long métrage She Came to Me de Rebec­ca Miller. She Came To Me est un film réalisé par Rebecca Miller avec Anne Hathaway, Marisa Tomei. Synopsis : Film choral avec la ville de New York en toile de fond.

    Informations issues du communiqué de presse officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville :

    Peter Dink­lage débute sa car­rière dans des pro­duc­tions indé­pen­dantes, notamment ça tourne à Man­hat­tan de Tom Di Cillo, Grand prix du Fes­ti­val de Deau­ville 1995, puis Michel Gon­dry lui confie un rôle pri­mor­dial dans Human Nature, pré­sen­té au Fes­ti­val de Cannes en 2001.  Il joue aux côtés de Vin Die­sel dans Jugez-moi cou­pable de Sid­ney Lumet (2006), Chris­ti­na Ric­ci et James McA­voy dans Pene­lope (2006) ou encore Mat­thew Mac­Fa­dyen dans Joyeuses funé­railles de Frank Oz (2007). En 2008, il rejoint le cas­ting du Monde de Nar­nia – Le Prince Cas­pian d’Andrew Adamson.  En 2011, son rôle de Tyrion Lan­nis­ter, l’un des per­son­nages prin­ci­paux de la saga Game of Thrones, va le rendre très popu­laire dans le monde entier. Son inter­pré­ta­tion nuan­cée dans la série phé­no­mène lui per­met de rem­por­ter un Gol­den Globe et quatre Emmy Award du Meilleur comédien.  Il tourne également dans les block­bus­ters X‑Men : Days of Future Past (2014), Pixels (2015) ou Aven­gers : Infi­ni­ty War (2018), mais aus­si dans le drame mul­ti-osca­ri­sé 3 Bill­boards : Les Pan­neaux de la ven­geance de Mar­tin McDo­nagh (2017) ou dans la nou­velle adap­ta­tion de Cyra­no par Joe Wright (2021). Il  sera cet automne à l’écran dans le pré­quel de la tri­lo­gie Hun­ger Games, Hun­ger Games : La Bal­lade du ser­pent et de l’oi­seau chan­teur de Fran­cis Lawrence.

     

  • Natalie Portman, Deauville Talent Award du 49ème Festival du Cinéma Américain de Deauville et avant-première de "May december"de Todd Haynes

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    À cette occa­sion, Natalie Portman pré­sen­te­ra en avant-pre­mière May Decem­ber de Todd Haynes (image ci-dessous).

    Pitch de May december :

    Pour préparer son nouveau rôle, une actrice célèbre vient rencontrer celle qu’elle va incarner à l’écran, dont la vie sentimentale a enflammé la presse à scandale et passionné le pays 20 ans plus tôt.
     
    Communiqué de presse officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville au sujet du Deauville Talent Award de Natalie Portman :

    Nata­lie Port­man fait des débuts fra­cas­sants dans les années 1990, ado­les­cente, dans Léon, elle a 15 ans lorsqu’elle donne la réplique à Al Paci­no qui incarne son beau-père dans Heat en 1995. La même année elle est la ben­ja­mine de Beau­ti­ful Girls aux côtés d’Uma Thurman. 

    Mais c’est avec le rôle de Reine de Naboo dans Star Wars : La Menace fan­tôme de George Lucas (1999) qu’elle s’impose dura­ble­ment comme une sou­ve­raine dévouée à son peuple mais éga­le­ment comme une actrice recon­nue. A 18 ans seule­ment, elle a déjà col­la­bo­ré avec les plus grands tels que Michael Mann, Woo­dy Allen, Tim Burton.

    Après des études à Har­vard, les films ambi­tieux se suc­cèdent Retour à Cold Moun­tain d’Anthony Min­ghel­la (2003), Clo­ser de Mike Nichols (2004) qui lui offre l’un de ses rôles les plus inté­res­sants, pre­mier film qui lui accorde un sta­tut de femme. 

    En 2007 elle incarne une joueuse de poker aux côtés de Norah Jones dans My Blue­ber­ry Nights de Wong Kar-wai. Tous ces rôles sont mar­qués de cette pré­sence ambi­va­lente, un mélange de force et de fra­gi­li­té (V Pour Ven­det­ta, 2006, Deux sœurs pour un roi, 2008). 

    Sa soif de décou­verte l’emmène de l’en­ga­ge­ment d’A­mos Gitaï avec Free Zone à l’univers Mar­vel avec Thor : Love and Thun­der, en pas­sant par l’as­cé­tisme de Ter­rence Malick (Knight Of Cups, Song To Song).

    Sa car­rière prend un véri­table tour­nant en 2011 avec Black Swan, thril­ler de Dar­ren Aro­nof­sky dans lequel elle incarne une bal­le­rine schi­zo­phrène. Son inter­pré­ta­tion lui vau­dra le Gol­den Globe et l’Oscar de la Meilleure actrice.

    En 2017, elle est une nou­velle fois nom­mée aux Oscars pour son inter­pré­ta­tion dans Jackie de Pablo Larraín.

    En 2014, la comé­dienne passe der­rière la camé­ra et met en scène Une his­toire d’amour et de ténèbres, adap­ta­tion d’Amos Oz. 

    Nata­lie Port­man a tou­jours enchai­né des rôles exi­geants pour façon­ner une car­rière pro­téi­forme et enga­gée. Elle a su prou­ver tout au long de son par­cours qu’elle pou­vait incar­ner toutes sortes de per­son­nages avec pro­fon­deur et justesse. 

    Les grandes actrices de Gar­bo à Die­trich, d’Ava Gard­ner à Meryl Streep ou Jes­si­ca Chas­tain en pas­sant par Mary­lin, ont toutes contri­bué à la mytho­lo­gie du ciné­ma… Nata­lie Port­man aussi. 

     
  • Mélanie Thierry et Guillaume Canet, présidents des jurys du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2023

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    Guillaume Canet succède à Arnaud Desplechin en tant que président du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Voici sa déclaration officielle suite à l'annonce de cette présidence :

    « J’ai tou­jours été fas­ci­né et pas­sion­né par le ciné­ma indé­pen­dant amé­ri­cain. Et notam­ment celui des années 70. Sam Peckin­pah, Jer­ry Schatz­berg, Fran­cis Ford Cop­po­la, Mar­tin Scor­sese… Ces réa­li­sa­teurs ont pu bien sou­vent s’exprimer libres sans les pres­sions com­mer­ciales des grands stu­dios hol­ly­woo­diens. En explo­rant de nou­velles formes nar­ra­tives, en expé­ri­men­tant de nou­velles tech­niques et en bous­cu­lant les conven­tions traditionnelles. 

    Ce ciné­ma avec lequel j’ai gran­di a don­né nais­sance à de nom­breux cinéastes talen­tueux tels que Quen­tin Taran­ti­no, Sofia Cop­po­la, Wes Ander­son… Et bien d’autres, qui ont appor­té leur vision unique au pay­sage ciné­ma­to­gra­phique amé­ri­cain, une alter­na­tive rafraî­chis­sante à la pro­duc­tion mains­tream. Et c’est avant tout cette créa­ti­vi­té, cette audace et cette diver­si­té que j’apprécie tant dans le ciné­ma indé­pen­dant. Cette contri­bu­tion à enri­chir et à élar­gir notre expé­rience du cinéma. 

    Le fes­ti­val de Deau­ville est deve­nu le ren­dez vous incon­tour­nable du ciné­ma amé­ri­cain en Europe et c’est avec une immense joie et fier­té que j’ai accep­té de pré­si­der le jury de cette édi­tion 2023. Mer­ci à Bru­no Barde pour cette invi­ta­tion et à très vite sur les rives de la côte fleurie ! ».

    Mélanie Thierry, quant à elle, présidera le jury de la révélation.

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    Communiqué de presse du Festival du Cinéma Américain de Deauville à ce sujet :

    Que ce soit au ciné­ma, au théâtre, à la télé­vi­sion, cela fait plus de 20 ans que Méla­nie Thier­ry dis­tille son doux par­fum de mys­tère, celui d’une comé­dienne inclas­sable, au métier affû­té, à la car­rière pleine de pas de côtés, de sauts félins et d’entrechats, de sur­prises et de ten­ta­tives, en France comme aux Etats-Unis. 

    Elle se fait remar­quer au ciné­ma dans La Légende du pia­niste sur l’o­céan de Giu­seppe Tor­na­tore en 1998, puis au théâtre, lorsque Jacques Weber lui confie le rôle impres­sion­nant d’une jeune schi­zo­phrène dans Le Vieux Juif blonde d’Amanda Sthers. Puis en 2008, elle tient le pre­mier rôle fémi­nin du block­bus­ter Baby­lon A.D. de Mathieu Kas­so­vitz, avant de retrou­ver Jérôme Salle dans un pro­jet com­mer­cial ambi­tieux, Lar­go Winch, adap­té de la bande des­si­née fran­co-belge éponyme.

    En 2010 elle obtient le César du meilleur espoir fémi­nin pour Le Der­nier pour la route de Phi­lippe Godeau puis tient le pre­mier rôle, altière et fière, dans La Prin­cesse de Mont­pen­sier de Ber­trand Taver­nier l’an­née suivante. 

    André Téchi­né la dirige, fron­deuse, dans Impar­don­nables, Sté­phane Cazes fait d’elle une déte­nue dans Ombline, Sté­pha­nie di Gius­to dans La Danseuse. 

    Sa car­rière prend son envol jusqu’aux États-Unis où elle donne la réplique à Chris­toph Waltz dans Zero Theo­rem de Ter­ry Gil­liam puis à Beni­cio del Toro dans le film de Fer­nan­do León de Ara­noa A Per­fect Day. En 2017, Albert Dupon­tel lui confie le rôle de la bonne des Péri­court dans Au revoir là-haut, immense suc­cès public et cri­tique, puis Emma­nuel Fin­kiel lui renou­velle aus­si sa fidé­li­té après Je ne suis pas un salaud, avec La Dou­leur où elle prête avec une grâce excep­tion­nelle ses traits à Mar­gue­rite Duras, inter­pré­ta­tion qui lui vaut une nomi­na­tion au César de la meilleure actrice. 

    En 2020, Spike Lee lui offre l’un des rôles prin­ci­paux de Da 5 Bloods. Méla­nie Thier­ry s’aventure aus­si sur le ter­rain des séries avec autant d’audace que de talent : on la découvre plon­gée dans l’enfer syrien dans No Man’s Land de Oded Rus­kin et excep­tion­nelle en chi­rur­gienne en plein trans­fert sur son psy dans En thé­ra­pie d’Éric Tole­da­no & Oli­vier Nakache. Puis vient le temps de la comé­die musi­cale et de la fan­tai­sie en 2021, où elle chante dans Tra­la­la d’Arnaud & Jean-Marie Larrieu. 

    Elle était membre du jury de la Révé­la­tion lors du Fes­ti­val du ciné­ma amé­ri­cain de Deau­ville 2007, et c’est cette fois comme pré­si­dente de ce jury dédié à la décou­verte, qu’elle officiera. 

    La Mai­son Louis Roe­de­rer, Par­te­naire Offi­ciel du Fes­ti­val du Ciné­ma Amé­ri­cain de Deau­ville depuis 2016, a ren­for­cé son sou­tien en 2018 en asso­ciant la Fon­da­tion Louis Roe­de­rer, Grand Mécène de la Culture, au Prix de la Révé­la­tion qui récom­pense chaque année une œuvre ori­gi­nale et son auteur prometteur. 

    « Dans le droit fil de ce qui pas­sionne notre Fon­da­tion, nous avons été heu­reux de nous asso­cier, il y a déjà six ans, au Prix Révé­la­tion. Nous contri­buons ain­si au rayon­ne­ment du ciné­ma amé­ri­cain indé­pen­dant tout en met­tant en lumière de jeunes talents qui sont les grands réa­li­sa­teurs de demain. Pour cette nou­velle édi­tion, nous nous réjouis­sons de coha­bi­ter avec la Pré­si­dente Méla­nie Thier­ry et les autres membres du Jury de la Révé­la­tion 2023. » 

    Fré­dé­ric Rou­zaud, Pré­sident de la Fon­da­tion Louis Roederer

  • L'affiche du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2023

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    Après une affiche d'une édition 2022 qui invitait à se laisser bercer par la magie du 7ème art avec Le Magicien d'Oz de Victor Fleming, l'affiche 2023 met à l’hon­neur les villes les plus emblé­ma­tiques du cinéma, Hol­ly­wood en étant la capitale et le fes­ti­val de Deau­ville s’ins­crivant comme le car­re­four du ciné­ma amé­ri­cain.

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  • Bilan et palmarès du 48ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    La version courte et remodelée de ce bilan sera publiée dans le magazine Normandie Prestige 2023 (disponible à partir du 19 juillet 2023).

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     «Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.»  Kundera

    Un festival de cinéma est toujours un voyage, a fortiori celui de Deauville qui nous immerge dans les réalités du Pays de l'Oncle Sam. L'affiche de cette 48ème édition représentant Le Magicien d'Oz nous invitait ainsi à un voyage magique. Le programme était cependant beaucoup plus sombre sur les écrans. Comme chaque année, les films du festival ont ainsi dressé un passionnant état des lieux de la société américaine.

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    C’est dans la section L’heure de la Croisette que le Festival du Cinéma Américain de Deauville a programmé Sans filtre, la Palme d'Or du Festival de Cannes 2022, de Ruben Östlund, en sa présence. Là où un Chaplin aurait recouru au rire tendre et burlesque pour souligner les travers de son époque, pour croquer la sienne, Ruben Östlund a choisi le sarcasme impitoyable, l’ironie mordante, la férocité et l’excès du trait, le cynisme indécent en écho à celui qu’il dénonce. Le film est tourné en plans fixes, tout mouvement de caméra aurait finalement été un pléonasme devant ce spectacle de désolation, cette exhibition amorale, ce monde en plein naufrage. La réalisation, élégante, presque « avec filtre », souligne par la forme le propos et le contraste entre le paraître qui se veut si lisse et l'abjection de l'être. Tantôt réjouissante, tantôt dérangeante (à dessein) cette farce cruelle et satirique, sans la moindre illusion sur le monde, se termine par une pirouette facile destinée à nous montrer que le cycle infernal ne prendra jamais fin.

     

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    Close de Lukas Dhont Grand Prix ex-aequo du dernier Festival de Cannes était également présenté dans cette section. Léo, le blond, et Rémi, le brun, 13 ans, sont amis depuis toujours. Jusqu'à ce qu'un événement impensable les sépare.  Le scénario est d’une justesse, d’une subtilité et d’une sensibilité rares disséquant la violence parfois tueuse du regard des autres, et la douleur ineffable de la perte (d’un être, de l’innocence). Les violons de la BO de Valentin Hadjadj accompagnent et contrebalancent la retenue des personnages. Un film d’une maitrise (de jeu, d’écriture, de mise en scène) rare, empreint de poésie dont le regard final ne nous lâche pas comme l’émotion poignante, la douce fragilité et la tendresse qui parcourent et illuminent ce film. Comme un écho à un autre visage, disparu, dont le souvenir inonde tout le film de sa grâce innocente.

     

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    Armageddon time, également dans le cadre de la section L’heure de la Croisette. Le regard aiguisé de James Gray se pose avec tellement de sensibilité sur les êtres que, dès les premiers plans, il vous captive même par une scène en apparence anodine dans une salle de classe. Celle du jeune Paul Graff qui vit dans le Queens, là où le cinéaste lui-même a habité dans son enfance. Seul son grand-père semble le comprendre. La sublime photographie de Darius Khondji aux accents automnaux renforce la sensation de mélancolie qui se dégage du film, douce puis plus âpre. James Gray filme l’intime avec grandeur et lui procure un souffle romanesque et émotionnel unique. Quelles images sublimes que celles du grand-père et du petit-fils dans cette lumière automnale, déclinante, et crépusculaire. Sublime et fascinante comme un dernier et vibrant sursaut de vie.  Armageddon time témoigne de toute la sensibilité, la dualité, la complexité, la richesse du cinéma de James Gray.

     

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    Pour la deuxième fois, le festival a proposé Fenêtre sur le ciné­ma fran­çais avec trois films pré­sen­tés en pre­mière mon­diale : La grande magie de Noé­mie Lvovs­ky, La Tour de Guillaume Nicloux et Les Ras­cals de Jim­my Lapo­ral-Tré­sor

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    La jeune géné­ra­tion d’Hollywood a également été à l’honneur avec Jesse Eisen­berg, Deauville Talent Awards venu When You Finish Saving the World, son pre­mier film en tant que réa­li­sa­teur. Lucy Boyn­ton (qui a marqué les festivaliers par son discours puissant) et Ana de Armas ont quant à elles reçu le prix du Nouvel Hollywood, cette dernière ayant bouleversé et divise les spec­ta­teurs avec Blonde d’Andrew Domi­nik qui met en scène une Marilyn Monroe sans cesse objetisée et victime de misogynie.

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    Arnaud Des­ple­chin et son jury ont départagé les 13 films de la compétition officielle couronnant le merveilleux Aftersun de Charlotte Wells, également lauréat du prix de la critique.

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    Un film sublimement triste, comme un soleil d’été ardent soudain masqué après avoir ébloui avec intransigeance, comme l’insouciance et l’enfance et un père qui s’éclipsent avec une brusquerie déconcertante, peut-être à tout jamais. Film impressionniste sur quelques jours d’été entre un père et sa fille en Turquie. Tous deux au bord du vide, chacun à leur manière : la fin des illusions pour l’un, de l’enfance pour l’autre. Moment suspendu, instants faussement futiles, dont on devine vaguement qu’ils sont essentiels, qu’on voudrait retenir mais comme les grains de sable qui filent entre les doigts, déjà ils périclitent entre les mailles de la mémoire. Un film gracieux, d’une délicatesse mélancolique qui charrie la beauté fugace de l’enfance devenue songe et la saveur inégalable de ses réminiscences (floues). Et puis ce dernier plan ! Celui du vide et du mystère que laissent les (êtres et moments, essentiels) disparus, que laissent les instants futiles dont on réalise trop tard qu’ils étaient cruciaux, fragiles et uniques. Celui du manque impossible à combler. Celui du (couloir) du temps qui dévore tout. Renversant d’émotions. Vous chavirerez, aussi, surtout si votre soleil d’enfance a été dévoré par l’ombre…

     

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    War Pony  de Riley Keough et Gina Gammell, un récit initiatique bouleversant, a reçu le prix de la révélation et le prix du jury ex-aequo. Après Les chansons que mes frères m’ont apprises et The Rider, ce film était également tourné la réserve de Pine Ridge.

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    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a eu l’excellente idée de braquer ses projecteurs sur Leonard Cohen et l’histoire fascinante de sa chanson mythique, Hallellujah, avec ce documentaire sélectionné dans Les Docs de l’oncle Sam. Cette chanson a fait le tour du monde et a souvent été utilisée au cinéma et, pourtant, qui en connaît véritablement le sens et l’histoire ? Cette passionnante histoire est aussi celle des affres de la création, des injustices du succès et d’une époque dans laquelle la diversité des médias facilite la vulgarisation des œuvres, sans pour autant que cette communication à outrance permette de connaître le sens profond des choses et leur origine. C’est un atout des documentaires, et de ce documentaire en particulier, que de permettre de redonner du temps au temps, de prendre du recul dans une époque d’immédiateté. Passionnant documentaire qui rend hommage à la beauté éternelle de cette chanson mais avant tout au talent du poète unique qui l’écrivit.

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    Une histoire d'amour et de fantômes. Ainsi le pitch officiel présente-t-il ce premier long-métrage de Charlotte Le Bon, Falcon Lake, quia reçu le prix d’Ornano-Valenti, toujours un gage de qualité. Une fin entêtante, magnifique, énigmatique qui fait confiance au spectateur et au pouvoir de l’imaginaire. Une fin comme ce film, magnétique, dont le fantôme ne cessera ensuite de nous accompagner…Une histoire d’amour et de fantômes, certes, mais surtout une exceptionnelle et sublime histoire d’amour et de fantômes  qui vous hantera délicieusement très longtemps.

    Une délicieuse hantise. Peut-être cet oxymore résume-t-il un film et un festival réussis, à l’image de ce que fut cette édition ouverte sur la société américaine, mais aussi sur le monde, ses maux, quelques espoirs, et sur l’avenir.

    PALMARES COMPLET DU 48ème FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE

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    Le Jury de la 48e édi­tion du Fes­ti­val du ciné­ma amé­ri­cain de Deau­ville, pré­si­dé par Arnaud Des­ple­chin, entou­ré de Jean Paul Civey­rac, Pierre Dela­don­champs, Léa Dru­cker, Sophie Letour­neur, Alex Lutz, Yas­mi­na Khadra,
    et Marine Vacth a décer­né les prix suivants :

    Grand Prix
    AFTERSUN de Char­lotte Wells
    (dis­tri­bu­tion : MUBI)

    Prix du Jury
    WAR PONY de Gina Gam­mell & Riley Keough
    (dis­tri­bu­tion : Les Films du Losange)
    En salles en 2023

     Prix du Jury
    PALM TREES AND POWER LINES de Jamie Dack
    (ventes inter­na­tio­nales : Film Constellation)

    Le Jury de la Révé­la­tion de la 48e édi­tion du Fes­ti­val du ciné­ma amé­ri­cain de
    Deau­ville, pré­si­dé par Elo­die Bou­chez, entou­rée de Andréa Bes­cond, Eddy de
    Pret­to, Nico­las Pari­ser, Agathe Rous­selle, et Yolande Zau­ber­man a décer­né les
    prix suivants :

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    Prix Fon­da­tion Louis Roe­de­rer de la Révé­la­tion 2022
    WAR PONY de Gina Gam­mell & Riley Keough
    (dis­tri­bu­tion : Les Films du Losange)
    En salles en 2023

    Prix du Public de la Ville de Deauville
    EMILY THE CRIMINAL de John Pat­ton Ford
    (dis­tri­bu­tion : Uni­ver­sal Pic­tures Content Group)

    Le Jury de la Cri­tique, com­po­sé de cinq jour­na­listes, a décer­né son Prix à
    AFTERSUN de Char­lotte Wells
    (dis­tri­bu­tion : MUBI)

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    Prix d’Ornano-Valenti 2022
    FALCON LAKE de Char­lotte Le Bon
    (dis­tri­bu­tion : Tandem)
    Sor­tie salles : 7 décembre 2022

    Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

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