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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE - Page 2

  • Programme complet du Festival du Film de Cabourg à suivre en direct ici du 10 au 14 juin 2015

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    C’est  un festival dont je vous parle chaque année et que j’affectionne tout particulièrement pour sa convivialité singulière, la richesse de sa programmation, son cadre idyllique, et  les nombreuses (re)découvertes cinématographiques qu’il permet. C’est par exemple là que j’ai découvert ce magnifique premier film et un jeune acteur alors inconnu qui a récemment reçu le César 2015 du meilleur acteur, actuellement à l’affiche pour l’excellent « Un homme idéal » de Yann Gozlan.

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    Ci-dessus, photo du 25ème Festival du Film de Cabourg, présentation du film « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf.

    Témoignent également de cette qualité de programmation les films de l’édition précédente avec, notamment: « Party girl » (en compétition), « La chambre bleue » (Ciné-Swann 2014), « New-York Melody » (Par amour de la musique), « Les Combattants » (Panorama) …

    Chaque année, le festival semble prendre davantage d’ampleur tout en conservant sa joyeuse convivialité et accessibilité. Voyez plutôt, en 2014, y vinrent ainsi: Emmanuelle Béart, Lucas Belvaux, Thomas Cailley, Catherine Corsini, Émilie Dequenne, Pauline Étienne, Déborah François, Ana Girardot, Valéria Golino, Michaël Lonsdale, Julie Lopes-Curval, Sophie Marceau, Pio Marmaï, Gilbert Melki, Géraldine Nakache, Guillaume Nicloux, Martin Provost, Pierre Salvadori, Laura Smet, Zhang Ziyi, …

    Les spectateurs ne s’y trompent pas, plus nombreux chaque année, plus de 10000 à chaque édition.

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     Membre du jury des courts-métrages du festival en 2002, j’y suis retournée à de nombreuses reprises  depuis et j’en ai même fait le cadre d’une des nouvelles de mon recueil de nouvelles sur les festivals de cinéma  « Ombres parallèles » ( et il se pourrait bien que des scènes clefs de mon prochain roman s’y déroulent également). Bref, cette année, c’est décidé, après quelques infidélités à ce beau festival, notamment pour faire partie du jury du Champs-Elysées Film Festival qui se déroulait à la même époque l’an passé, j’y retournerai pour vous le faire vivre en direct. Vous pourrez donc me suivre ici et sur twitter (@moodforcinema / @moodfdeauville ) en direct du festival.

    J’ai par ailleurs le plaisir de vous faire gagner 5 pass de 5 places pour cette édition 2015 afin que vous puissiez vous aussi profiter de ce magnifique festival. Cliquez ici pour voir le règlement du concours et pour participer. (Dépêchez-vous, il ne reste qu’une journée).

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    Voici toutes les informations concernant cette édition 2015:

    - Elle se déroulera du 10 au 14 juin 2015.

    -Il s’agira des 29èmes journées romantiques.

    -Le festival a pour affiche ce magnifique visuel évocateur de chaleur, d’évasion, de langueur d’après une photo extraite du film brésilien « Au premier regard » (« The way he looks ») de Daniel Ribeiro. Chaque année, l’affiche du festival est ainsi tirée d’une scène d’un film en sélection.

    -Lauréate, notamment, du prix d’interprétation à Cannes en 2010 pour son rôle polysémique dans le sublime « Copie  conforme » de Kiarostami,  (un film que je vous recommande si vous ne l’avez pas déjà vu), à nouveau dans un film en compétition à Cannes l’an passé (le fascinant « Sils Maria » d’Olivier Assayas, un grand film  très ancré dans son époque, sa violence médiatique, un film sur l’étanchéité des frontières entre l’art et la vie, et l’implacable violence du temps qui passe, un film au charme vénéneux, un jeu de miroirs et de reflets mélancolique, envoûtant et brillant au propre comme au figuré), Juliette Binoche sera la prestigieuse présidente du jury de cette édition 2015. Elle était déjà venue à Cabourg en 1997 pour recevoir le Swann d’Or de la meilleure actrice pour « Le Patient Anglais » d’Anthony Minghella, film éminemment romantique.

    -Juliette Binoche sera accompagnée de : Jérôme Bonnell (réalisateur), Luís Galvão Teles (réalisateur et producteur), Maxime Nucci (compositeur-interprète et acteur), Raphaël Personnaz (acteur), Céline Sallette (actrice), Guillaume Schiffman (directeur de la photographie), Gilles Taurand (scénariste) et Mélanie Thierry (actrice).

    -Le Jury de la Jeunesse composé de 6 lycéens de seconde de la Région Basse Normandie sera parrainé cette année par Safy Nebbou (réalisateur) et  Anne Queffélec (pianiste).

    -Le jury courts métrages sera présidé cette année par Christophe Barratier (réalisateur). Il sera accompagné de : Alma Jodorowsky (actrice), Félix Moati (acteur), Marie Modiano (chanteuse, écrivain et actrice), Finnegan Oldfield (acteur), Elisabeth Perez (productrice), Serge Riaboukine (acteur).

     – Comme chaque année, le Festival organise une soirée caritative qui aura lieu cette année  le jeudi 12 juin au Grand Hôtel de Cabourg. L’intégralité des recettes (repas et tombola des roses) est reversée à l’association mise à l’honneur. Au-delà du fait que vous pourrez faire une bonne action, je vous recommande vivement cette soirée toujours très réussie. Soirée caritative: jeudi 11 juin 2015 à 21h. Ouverture des réservations au Grand Hôtel de Cabourg courant mai. Tenue correcte exigée (pas de basket et de tee-shirt pour les messieurs et tenue de soirée pour les dames) Tarif: 80 euros + achat d’une rose pour la tombola des roses. Cette année, le festival soutient la Fédération du Calvados du Secours Populaire. Cette année, le concert sera assuré par Vanille Clerc et Hervé Vilard.

    -La compétition de longs métrages

    C’est toujours un temps fort du festival: sept films de toutes nationalités sont présentés au Grand Jury et au Jury du Prix de la Jeunesse. Figurent en compétition, cette année:

    -L’Éveil d’Edoardo, de Duccio CHIARINI Italie / 2014 / 1h26 Sortie prévue le 17 juin Interprétation : Matteo Creatini, Francesca Agostini, Nicola Nocchi, Miriana Raschillà
    -Farewell To The Moon, de Dick TUINDER Pays-Bas / 2014 / 1h34 Interprétation : Ward Jansen, Marcel Hensema, Pauline Greidanus, lotte Proot, Dana Zelcer
    -Film sur Alexeev, de Mikhail SEGAL Russie / 2014 / 1h35 Interprétation : Alexander Zbruev, Alexei Kapitonov, Tatiana Maist, Denis Fomin, Anastasia Popkova
    -In Your Arms, de Samanou A. SAHLSTRØEM Danemark-Allemagne / 2015 / 1h30 Interprétation : Lisa Carlehed, Peter Plaugborg, Kirsten Olesen, Gustav Giese, Johanna Wokalek
    -Les Mariées, de Tinatin KAJRISHVILI Géorgie-France / 2014 / 1h34 Interprétation : Mari Kitia, Giorgi Maskharashyili, Giorgi Makharadze, Darejan Khachidze, Tamar Mamulashvili, Anuka Grigolia
    -Summer, d’Alanté KAVAÏTÉ Lituanie-France-Hollande / 2015 / 1h28 Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Julija Steponaityte, Aisté Diržiūtė
    -Zurich, de Sacha POLAK Allemagne-Belgique-Pays-Bas / 2015 / 1h29 Interprétation : Wende Snijders, Sascha Alexander Gersak, Barry Atsma, Martijn Lakemeier

    Toujours de qualité, je vous recommande également la compétition de courts métrages. Cette année, au programme :

    PROGRAMME 1

    -Abseits der Autobahn, de Rhona MÜHLEBACH Suisse / 2014 / 21’ Interprétation : Andrea Zogg, Charlotte Heinimann

    -Copain, de Jan et Raf ROOSENS Belgique / 2015 / 15’ Interprétation : Félix Meyer, Anne-Laure Vandeputte

    -Tohu-Bohu, de Juliette PENANT Belgique / 2014 / 22’ Interprétation : Anaïs Thomas, Clément Losson

    -À qui la faute, de Anne-Claire JAULIN France / 2015 / 19’ Interprétation : Ilys Barillot, Louisiane Gouverneur

    PROGRAMME 2

    -Le Mal du citron, de Kaspar SCHILTKNECHT et Jeremy ROSENSTEIN Suisse / 2014 / 21’ Interprétation : Camille Genaud, Ludovic Chazaud

    -Feux, de Mali ARUN France / 2015 / 12’ Interprétation : Anaïs Faure-Herman, Fabian Wolfrom

    -Au moins le sais-tu, de Arthur LECOUTURIER Belgique / 2014 / 19’ Interprétation : Valentine Lapière, Françoise Oriane

    -Jeunesse des loups-garous, de Yann DELATTRE France / 2015 / 22’ Interprétation : Nina Meurisse, Benoît Hamon

    Panorama / prix du public Essilor :

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    Lors des séances du Panorama, les spectateurs donnent leurs appréciations grâce à un bulletin de vote distribué en salle, en indiquant avoir aimé le film un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, ou pas du tout.

    Le Prix du Public est remis au film ayant recueilli les meilleures appréciations des spectateurs, lors de la Cérémonie des Swann d’Or. Sont en lice :

    -Les Bêtises, de Rose et Alice PHILIPPON France / 2015 / 1h20 Sortie prévue le 22 juillet Interprétation : Jérémie Elkaïm, Sara Giraudeau, Jonathan Lambert, Alexandre Steiger, Anne Alvaro, Jacques Weber

    -Les Chaises musicales, de Marie BELHOMME France / 2014 / 1h22 Sortie prévue le 15 juillet Interprétation : Isabelle Carré, Carmen Maura, Philippe Rebbot

    -Daddy Cool, de Maya FORBES USA / 2014 / 1h23 Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide

    -Les Deux Amis, de Louis GARREL France / 2015 / 1h40 Sortie prévue le 23 septembre Interprétation : Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne, Louis Garrel

    -Je suis mort mais j’ai des amis, de Guillaume et Stéphane MALANDRIN Belgique-France / 2014 / 1h36 Sortie prévue le 22 juillet Interprétation : Bouli Lanners, Wim Willaert, Lyes Salem, Serge Riaboukine

    -Lessons in Love, de Fred SCHEPISI USA / 2013 / 1h51 Sortie prévue au second semestre 2015 Interprétation : Juliette Binoche, Clive Owen

    -Marguerite et Julien, de Valérie DONZELLI France / 2015 / 1h45 Sortie prévue le 30 septembre Interprétation : Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Frédéric Pierrot, Aurélia Petit

    -Mirage d’amour, de Hubert TOINT Belgique-Chili / 2013 / 1h40 Interprétation : Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco

    -Pause, de Mathieu URFER Suisse / 2014 / 1h22 Interprétation : André Wilms, Julia Faure, Baptiste Gilliéron

    -The Duke of Burgundy, de Peter STRICKLAND Royaume-Uni / 2014 / 1h46 Sortie prevue le 17 juin Interprétation : Sidse Babett Knudsen, Chiara D’Anna

    -Un moment d’égarement, de Jean-François RICHET France / 2015 / 1h45 Prévue le 24 juin Interprétation : François Cluzet, Vincent Cassel, Alice Isaaz, Lola Le Lann

    -Une Famille à louer, de Jean-Pierre AMÉRIS France / 2014 / 1h37 Sortie prévue le 19 Août Interprétation : Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, François Morel, Philippe Rebbot

    -La Voz en off, de Cristián JIMÉNEZ Chili-France / 2014 / 1h36 Interprétation : Ingrid Isensee, Maria Siebald, Niels Schneider

    Le Ciné Swann en salles et sur la plage

    A la nuit tombante, le vendredi et le samedi soir, les succès romantiques de l’année écoulée sont projetés sur un écran géant. Les spectateurs assistent à ces séances installés sur la plage dans des transats du partenaire officiel France Télévisions, entre la mer et le Grand Hôtel. Je vous recommande tout particulièrement « La tête haute » d’Emmanuelle Bercot qui, avant d’être une excellente actrice (elle a reçu le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle dans « Mon roi » de Maïwenn) est une cinéaste de grand talent. Après son sublime « Elle s’en va » en 2013, « La tête haute » est un film à ne pas manquer.

    Sur la plage :

    -À trois on y va, de Jérôme BONNELL France / 2015 / 1h26 Interprétation : Anaïs Demoustier, Félix Moati, Sophie Verbeeck, Patrick D’assumçao

    -Caprice, de Emmanuel MOURET France / 2015 / 1h40 Interprétation : Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Laurent Stocker de la Comédie Française, Emmanuel Mouret

    -La Tête haute, de Emmanuelle BERCOT France / 2015 / 1h59 Interprétation : Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel, Sara Forestier

    Ma critique de « La tête haute » publiée à la suite de l’ouverture du 68ème Festival de Cannes à l’occasion de laquelle le film a été projeté :

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    Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau … Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants. Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse hier, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles. Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir. Après « Clément », « Backstage », « Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix et de lui donner cette visibilité.

    En salles

    -Trois souvenirs de ma jeunesse, de Arnaud DESPLECHIN France / 2015 / 2h03 Interprétation : Quentin Dolmaire, Lou RoyLecollinet, Mathieu Amalric

    -Un peu, beaucoup, aveuglément, de Clovis CORNILLAC France / 2015 / 1h30 Interprétation : Mélanie Bernier, Clovis Cornillac, Lilou Fogli, Philippe Duquesne

    -Prix premiers Rendez-vous

    La Cérémonie des Premiers Rendez-Vous 2015 se déroulera au Grand Casino de Cabourg le vendredi 12 juin, avec le soutien d’Allianz, et les lauréats recevront les aides suivantes :

    -À trois on y va, de Jérôme BONNELL France / 2015 / 1h26 Interprétation : Anaïs Demoustier, Félix Moati, Sophie Verbeeck, Patrick D’assumçao

    -La Tête haute, de Emmanuelle BERCOT France / 2015 / 1h59 Interprétation : Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel, Sara Forestier

    -Par amour de la musique :

    Dans la plupart des films présentés à Cabourg, mots d’amour et notes de musique s’entremêlent. Les premiers s’appuient sur les seconds pour transcender leur portée, la musique devenant un élément clé du film.   La projection de ces films s’accompagnera, dans la mesure du possible, d’une rencontre entre un compositeur de musique de films, un réalisateur et le public.

    LONGS MÉTRAGES :

    -Film sur Alexeev, de Mikhail SEGAL Russie / 2014 / 1h35 Musique : Mikhail Segal Interprétation : Alexander Zbruev, Alexei Kapitonov, Tatiana Maist, Denis Fomin, Anastasia Popkova

    -Mirage d’amour, de Hubert TOINT Belgique-Chili / 2013 / 1h40 Interprétation : Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco

    -Pause, de Mathieu URFER Suisse / 2014 / 1h22 Interprétation : André Wilms, Julia Faure, Baptiste Gilliéron

    -Summer, d’Alanté KAVAÏTÉ Lituanie-France-Hollande / 2015 / 1h28 Musique : JB Dunckel Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Julija Steponaityte, Aisté Diržiūtė

    Par Amour de la Musique

    COURTS MÉTRAGES :

    -Sans les gants, de Martin RAZY France / 2014 / 18’ Musique : Cyrille Aufort Interprétation : Zacharie Chasseriaud, Lina Elarabi

    -Un obus partout, Zaven NAJJAR France / 2015 / 9’ / Animation Musique : Marc Codsi et Zeid Hamdan Avec les voix de : Arthur Dupont, Thomas Blumenthal, Sabine Zovighian, Jean-Michal Fête

    -People are Strange, de Julien HALLARD France / 2014 / 20’ Interprétation : Franc Bruneau, Esteban

    DOCUMENTAIRES :

    -No Land’s Song, de Ayat NAJAFI Allemagne-France / 2014 / 1h31

    -Un amour absolu, de Stéphanie PILLONCAKERVERN France / 2014 / 53’

    Coup de cœur à Michel Legrand

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    Le Festival rend hommage à Michel Legrand pour l’ensemble de sa carrière d’auteur compositeur-interprète. Dans ce cadre, trois grands succès romantiques, dont il a composé la musique, seront présentés au public. Il sera accompagné de Macha Méril et Stéphane Lerouge ainsi que de Claude Lelouch et Xavier Beauvois qui viendront présenter respectivement Les Uns et les Autres et La Rançon de la gloire.

    -Cinq jours en juin, de Michel LEGRAND France / 1989 / 1h48 Musique : Michel Legrand Interprétation : Sabine Azéma, Annie Girardot, Matthieu Rozé

    -La Rançon de la gloire, de Xavier BEAUVOIS France / 2014 / 1h40 Musique : Michel Legrand Interprétation : Benoît Poelvoorde, Roschdy Zem, Séli Gmach, Chiara Mastroianni, Nadine Labaki

    Critique de « La rançon de la gloire » de Xavier Beauvois

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    Tout juste sorti de prison, Eddy Ricaart (Benoît Poelvoorde) est accueilli par son ami Osman Bricha (Roschdy Zem). Ils ont tous deux convenu d’un marché : Osman héberge Eddy ; en échange de quoi, celui-ci s’occupe de sa fille de sept ans, Samira – le temps que sa femme Noor subisse des examens à l’hôpital. Mais en cette veille de Noël le manque d’argent se fait cruellement sentir. Aussi, lorsque la télévision annonce la mort du richissime comédien Charlie Chaplin, Eddy a une idée : subtiliser le cercueil de l’acteur et demander une rançon à la famille ! Au même moment, le cirque s’installe en ville. Pour ce nouveau film, en compétition dans le cadre de la dernière Mostra de Venise, auréolé du succès publique et critique de son dernier film « Des Hommes et des Dieux », Xavier Beauvois a choisi de prendre un nouveau virage, celui de la comédie. Dans le premier plan, Eddy sort de prison, cheminant de l’ombre vers la lumière tandis qu’un gardien lui crie d’arrêter de faire son clown. Voilà son destin tracé: Eddy sortira de l’ombre vers la lumière en faisant le clown.« La rançon de la gloire » est avant tout une déclaration d’amour au cinéma, un hommage à Chaplin, une mise en lumière du talent de Poelvoorde qui, avec ce dernier, a en commun de nous faire passer du (sou)rire aux larmes en un quart de seconde, d’être un clown dont la mélancolie sans cesse affleure et nous bouleverse. L’ombre de Chaplin plane sur tout le film, de la scène de la fin des « Lumières de la ville» (une des plus belles scènes du cinéma si ce n’est la plus belle) diffusé à la télévision que regardent Eddy et Osman aux multiples références au « Feux de la rampe » mais aussi avec des clins d’œil au « Kid », à « La ruée vers l’or »… Peut-être le poids de ces références a-t-il été un peu lourd à porter, notamment lors de la scène, un peu longue (pour nous faire éprouver leur labeur, certes) où les deux bras-cassés déterrent et enterrent à nouveau le cercueil, coupant un peu le rythme du film pourtant jalonné de moments de grâce comme lorsqu’Eddy et Osman dansent dans leur taudis mais aussi jalonné de plans d’une beauté époustouflante comme celui d’Eddy et Samira au bord du Lac Léman, nous rappelant les plans d’une beauté ravageuse du magnifique « Des hommes et des dieux ». L’emphase lyrique et poignante de la musique de Michel Legrand qui se marie magnifiquement avec celle, étourdissante de beauté, des « Feux de la rampe » apporte au film une dimension supplémentaire. Un film doucement burlesque, tendrement drôle sublimé par la musique de Michel Legrand et porté par un formidable duo de comédiens et Benoît Poelvoorde, une nouvelle fois remarquable (après « 3 cœurs » de Benoît Jacquot dont vous pourrez retrouver ma critique, ici), dans le rôle de cet homme qui, en se maquillant et jouant un rôle, va dévoiler son vrai visage, finalement une métaphore du réalisateur qui, derrière sa caméra, orchestre ses vraies émotions, les met en lumière et dans la lumière.

    -Les Uns et les Autres, de Claude LELOUCH France / 1981 / 3h04 Musique : Michel Legrand et Francis Lai Interprétation : Daniel Olbrychski, James Caan, Macha Méril, Jorge Donn

    -Séance spéciale – Film de clôture

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    Valley of Love, de Guillaume NICLOUX France / 2015 / 1h31 Interprétation : Isabelle Huppert, Gérard Depardieu.  Ce film a été présenté en compétition officielle du 68ème Festival de Cannes. Isabelle et Gérard (interprétés aussi par Isabelle –Huppert- et Gérard –Depardieu-) se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils, Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, six mois auparavant. Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael. Quel pitch prometteur et original ! Ce film qui ne ressemble d’ailleurs à aucun autre aborde une réflexion sur le deuil et ce lien distordu avec le réel qu’il provoque, tellement absurde et fou, qu’il porte à croire à tout, même aux miracles. Aux frontières du fantastique qu’il franchit parfois, avec sa musique hypnotique, ses comédiens qui crèvent l’écran et un Depardieu à la présence plus forte que jamais (et il n’est pas question ici seulement de corpulence mais de sa capacité inouïe à magnétiser et occuper l’écran), le duo de Loulou reformé 35 ans plus tard, un décor qui pourrait être difficilement plus cinégénique, intrigant, fascinant, inquiétant, troisième personnage, de ce « Valley of love », de ce film se dégage un charme étrange   et envoûtant, et résulte une réflexion intéressante sur le deuil qui abolit ou suscite de nouvelles croyances (finalement l’homme ou la femme endeuillée devient peut-être cet homme irrationnel du film de Woody Allen) , finalement comme le cinéma… Lambert Wilson, maître de cérémonie de ce 68ème Festival de Cannes, lors de l’ouverture, n’a-t-il pas dit lui-même « Le cinéma, c’est le rêve, le secret, le miracle, le mystère ». Quelques moments de comédie (et un jeu avec les prénoms et les véritables identités de Gérard et Isabelle, Depardieu dans le film étant aussi un acteur), comme dans le film de Moretti qui aborde finalement le même sujet, permettent de respirer dans ce décor à perte de vue et étouffant, à l’image du deuil qui étouffe et donne cette impression d’infini et d’inconnu oppressants. Dommage qu’on ressorte avec ce sentiment d’inachevé pour ce film loin d’être inintéressant.

    Section jeunesse :

    -Maternelles : U, de Serge ELISSALDE France / 2005 / 1h15 Avec les voix de : Vahina Giocante, Isild Le Besco, Sanseverino

    -Primaires : Les Fantastiques Livres volants de M. Morris Lessmore France-Argentine-Etats-Unis Luxembourg / 2013 / 50’

    La sélection européenne :

    LONGS METRAGES :

    -45 ans, d’Andrew HAIGH Royaume-Uni / 2015 / 1h33 Sortie prévue le 4 novembre   Interprétation : Charlotte Rampling, Tom Courtenay

    -L’Éveil d’Edoardo, de Duccio CHIARINI Italie / 2014 / 1h26 Sortie prévue le 17 juin Interprétation : Matteo Creatini, Francesca Agostini, Nicola Nocchi, Miriana Raschillà

    -Farewell To The Moon, de Dick TUINDER Pays-Bas / 2014 / 1h34 Interprétation : Ward Jansen, Marcel Hensema, Pauline Greidanus, lotte Proot, Dana Zelcer

    -In Your Arms, de Samanou A. SAHLSTRØEM Danemark-Allemagne / 2015 / 1h30 Interprétation : Lisa Carlehed, Peter Plaugborg, Kirsten Olesen, Gustav Giese, Johanna Wokalek

    -Je suis mort mais j’ai des amis, de Guillaume et Stéphane MALANDRIN Belgique-France / 2014 / 1h36 Sortie prévue le 22 juillet Interprétation : Bouli Lanners, Wim Willaert, Lyes Salem, Serge Riaboukine

    -Mirage d’amour, de Hubert TOINT Belgique-Chili / 2013 / 1h40 Interprétation : Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco

    -Summer, d’Alanté KAVAÏTÉ Lituanie-France / 2015 / 1h28 Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Julija Steponaityte, Aisté Diržiūtė

    -The Duke of Burgundy, de Peter STRICKLAND Royaume-Uni / 2014 / 1h46 Sortie prevue le 17 juin Interprétation : Sidse Babett Knudsen, Chiara D’Anna

    -Zurich, de Sacha POLAK Allemagne-Belgique-Pays-Bas / 2015 / 1h29 Interprétation : Wende Snijders, Sascha Alexander Gersak, Barry Atsma, Martijn Lakemeier

    COURTS METRAGES :

    -Au moins le sais-tu, de Arthur LECOUTURIER Belgique / 2014 / 19’ Interprétation : Valentine Lapière, Françoise Oriane

    -Copain, de Jan et Raf ROOSENS Belgique / 2015 / 15’ Interprétation : Félix Meyer, Anne-Laure Vandeputte

    -Tohu-Bohu, de Juliette PENANT Belgique / 2014 / 22’ Interprétation : Anaïs Thomas, Clément Losson

    DOCUMENTAIRE :

    -No Land’s Song, de Ayat NAJAFI Allemagne-France / 2014 / 1h31

    Conférences et dédicaces

    -SAMEDI 13 JUIN À 14h30 À LA SALL’IN

    CONFÉRENCE ET SIGNATURE DE GONZAGUE SAINT BRIS Gonzague Saint Bris présentera De Léonard de Vinci à André Breton : Les Histoires drones, conférence suivie d’une séance de dédicace.

    -SAMEDI 13 JUIN À 16h30 À LA SALL’IN

    SIGNATURE DE MACHA MÉRIL L’écrivaine dédicacera ses 3 derniers livres : – L’Amour dans tous ses états – L’Humour au féminin – C’est prêt dans un quart d’heure

    SIGNATURE DE MICHEL LEGRAND L’écrivain et Swann d’honneur de cette nouvelle édition sera présent pour une séance de dédicace de son dernier livre Rien n’est grave dans les aigus, écrit en collaboration avec Stéphane Lerouge

    -Ne manquez pas non plus LE TAPIS ROUGE le vendredi et le samedi : la Soirée des Premiers Rendez-vous du vendredi 12 juin et la Soirée de Clôture du samedi 13 juin seront précédées d’un tapis rouge sur la promenade Marcel Proust, du Grand Hôtel au Grand Casino.

    Informations pratiques

    Sachez enfin que le festival est entièrement accessible au public. Voici toutes les informations à ce sujet :

    Les projections du Festival sont accessibles en achetant un laissez-passer (30 euros pour 5 séances de cinéma), remis dans un kit-festivalier comprenant le catalogue et la grille-horaire. Muni de ce laissez-passer, chaque spectateur retire les places pour les films de son choix en billetterie. Les projections sont aussi accessibles à l’unité au tarif de 7 et de 5 pour les étudiants. De plus, pour la première fois cette année, l’entrée est gratuite pour les moins de 25 ans pour les projections de la Salle Essilor – Cinéma Le Drakkar.

    À partir du lundi 8 juin après-midi, l’espace billetterie ouvre ses portes et les ventes de laissezpasser y sont assurées. L’achat et le retrait des places commence à partir du premier jour du festival : mercredi 10 juin. Attention, ces retraits ne peuvent s’effectuer que pour les séances du jour même et du lendemain : le mercredi seules les places des séances du mercredi et du jeudi sont disponibles, le jeudi, sont uniquement distribuées les places du jeudi et du vendredi, et ainsi de suite…

    Attention : les tickets n’étant ni échangeables, ni remboursables, la ponctualité est indispensable !

    Espace billetterie – 2 points de vente seront ouverts pendant le Festival :

    • Pavillon Charles Bertrand sur les Jardins du Casino, Lundi 8 juin : 14h/18h (Vente de laissez-passer uniquement) Mardi 9 juin : 10h/18h (Vente de laissez-passer uniquement)   18h30/21h (Retrait des places des associations) Mercredi 10 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Jeudi 11 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Vendredi 12 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Samedi 13 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Dimanche 14 juin : 8h30/17h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma)
    • Salle Essilor – Cinéma Le Drakkar, Dives-sur-Mer Ouverture de ce point de vente 30 minutes avant chaque projection programmée dans la Salle Essilor.

    Afin de faciliter l’accès à la Salle Essilor – Cinéma Le Drakkar, des navettes gratuites seront mises à disposition des festivaliers pour se rendre au Cinéma Le Drakkar à Dives-sur-Mer.

    Conditions générales de vente disponibles sur www.festival-cabourg.com

    Pour en savoir plus, vous pouvez aussi vous rendre sur le site officiel du festival (www.festival-cabourg.com), suivre le festival sur twitter (@festfilmcabourg) et sur sa page Facebook officielle (https://www.facebook.com/Festival.du.Film.de.Cabourg), et suivre mon compte twitter sur lequel je vous informerai régulièrement de l’actualité du festival (@moodforcinema ), de même sur ma page Facebook (Facebook.com/inthemoodforcinema ).

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  • Benoît Jacquot, président du jury du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Retrouvez également cet article sur mon site http://inthemoodforfilmfestivals.com.

    C’est le 13 Mai dernier, alors que débutait le 68ème Festival de Cannes, qu’a été annoncé le nom du président du jury du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville qui sera donc le cinéaste Benoît Jacquot qui succède ainsi au  cinéaste et Président de la Cinémathèque Française, Costa-Gavras. En bonus, ci-dessous, retrouvez mes critiques de « 3 cœurs » et « Les Adieux à la reine » de Benoît Jacquot.

    « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve à chaque fois d’un moment inoubliable: je rêve de découvrir et de faire découvrir à Deauville un film inoubliable », a ainsi déclaré le président du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Du vendredi 4 septembre au dimanche 13 septembre 2015, vous pourrez suivre ici le 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (qui sera pour moi aussi le 21ème) ainsi que sur mes autres blogs http://inthemoodfordeauville.com  et http://inthemoodlemag.com.

    Suivez-moi également en direct du festival sur les réseaux sociaux: @moodforcinema (compte twitter principal) et @moodfdeauville (mon compte twitter consacré exclusivement à Deauville et ses festivals), sur instagram (@sandra_meziere) et sur mes comptes Facebook, le principal http://facebook.com/inthemoodforcinema et celui que je consacre à Deauville et à ses festivals : http://facebook.com/inthemoodfordeauville.

    En amont du festival, vous retrouverez ici toutes les informations concernant cette 41ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Et, en attendant, vous pouvez toujours relire mon bilan du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, ici, et lire mon recueil de nouvelles « Ombres parallèles » dont plusieurs se déroulent dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    A très bientôt pour un nouveau festival « in the mood for Deauville » et, en attendant, retrouvez-moi en direct du Festival du Film de Cabourg du 11 au 14 juin pour lequel je vous fais gagner vos places, ici !

    Critique de TROIS COEURS de Benoît Jacquot

    Benoît Jacquot aime adapter des romans et mettre en scène des femmes comme protagonistes de ses films : Virginie Ledoyen dans « La Fille seule », Judith Godrèche dans » La Désenchantée » Isabelle Huppert dans « Villa Amalia », « L’École de la chair », « Les Ailes de la colombe », « Pas de scandale »,  Isabelle Adjani dans « Adolphe »…

    Son film précédent, « Les Adieux à la reine », ne dérogeait pas à la règle puisqu’il s’agissait d’une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas qui, à travers le regard paradoxalement innocent et clairvoyant de la jeune Sidonie Laborde ( Léa Seydoux), jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine  (Diane Kruger)  nous emmenait dans les coulisses de Versailles, en 1789, à l’aube de la révolution. Passionnant du début à la fin, férocement moderne, cruellement réaliste, magnifiquement mélancolique, « Les adieux à la reine » est avant tout la brillante métaphore de la fin d’un monde, et de l’éternelle valse pathétique des courtisans qui, pour satisfaire leur orgueil et un peu de lumière ( celle de la richesse mais surtout de la célébrité) sont prêts à tout, au mépris des autres et parfois de leur propre dignité. Un tableau d’une tragique élégance aussi fascinant que terriblement cruel et mélancolique, historique et contemporain, instructif et intemporel.

    Cette fois, dans ce film qui se déroule à notre époque, le personnage principal est un homme entouré de deux femmes et il ne s’agit pas d’une adaptation mais d’un scénario original de Benoît Jacquot et Julien Boivent.

    Dans une ville de province, une nuit, Marc (Benoît Poelvoorde) rencontre Sylvie (Charlotte Gaisnbourg) dans un bar, sinistre et propice aux rencontres impromptues, alors qu’il a raté le train pour rentrer à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, complices. Avant de repartir, Marc donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, au jardin des Tuileries, quelques jours après comme d’autres en haut de l’Empire State Building une année plus tard. « Elle et lui » ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, à cause d’un « accident de cœur », le manquera. Il la cherchera. En vain. Sur sa route, il trouvera Sophie, ignorant qu’elle est la sœur de Sylvie et la personne la plus importante de sa vie…

    D’emblée, règne une atmosphère mélancolique (la province, la nuit, les rues désespérément calmes et désertes), presque fantastique (la silhouette fantomatique de Sylvie, comme une apparition) et surtout la musique de Bruno Coulais aux notes inquiétantes, résonnant comme un avertissement. Ensuite, soit on accepte le postulat de départ et on se laisse embarquer, séduire même : Benoît Poelvoorde est un inspecteur des impôts et Charlotte Gainsbourg et lui tombent follement et irrationnellement (même n’est-ce pas indissociable ?) amoureux. Soit on reste sur le bord de la route.

    Au début, un peu sceptique, et à l’image des acteurs filmés de loin puis en plans de plus en plus serrés, j’ai pris cette histoire un peu à la légère, avec distance, avant d’être peu à peu enfermée à mon tour, captivée par les élans des ces trois cœurs qui, derrière leur apparente retenue,  battent la chamade, étouffent, suffoquent.

     Il y a du Chabrol dans ce film, dans cette manière de dresser le portrait de la bourgeoisie de province, faussement morale, tranquille et sage. Il y a du Truffaut dans cet amour malheureux, étourdissant et irrépressible, qui est « une joie et une souffrance » sans oublier la voix off très truffaldienne qui renforce cette impression de détachement apparent. Et puis (référence que Benoît Jacquot revendiquera peut-être moins) dans ces « hasards et coïncidences » qui font parfois le sel et les drames de la vie et plus encore ceux du cinéma, il y a du Lelouch.

    Cela commence comme une comédie romantique pour peu à peu se transformer en mélodrame (revendiqué, assumé, en recourant délibérément aux stéréotypes du film de ce genre) mené comme un thriller haletant. Palpitant. L’étau se resserre. Le souffle manque. Poelvoorde, emprisonné et écartelé, devient de plus en plus inquiétant, aux portes de la folie, se jetant à cœur et corps perdus dans ses amours et son travail. Comme un condamné. Condamné à aimer et en mourir. Malade d’amour. Malade du cœur dont les soubresauts le mèneront à sa perte. Sans doute certains trouveront-ils la métaphore trop appuyée ou simpliste mais elle apporte au film son rythme et sa tension, constante, croissante.

     Chiara Mastroianni est bouleversante dans le rôle de la femme fragile, aimante, aveugle, aveuglée et Charlotte Gainsbourg sous l’emprise de la passion, trahissant la personne qu’elle aime le plus au monde, convaincante, à fleur de peau, avec toujours ce mélange irrésistible de force et de fragilité. Dans l’ombre, Catherine Deneuve incarne avec justesse la mère qui a tout compris mais ne dira rien. Pas de manichéisme, pas de bons et de méchants, simplement des personnages, victimes de leurs irréfragables élans du cœur et des coups torves du destin.

    Quant à Benoit Poelvoorde, une fois de plus, à un personnage sur le papier banal il apporte sa fragilité, sa folie, sa singularité, son étrangeté, sa séduction nous rappelant qu’il n’excelle jamais autant que dans ces rôles d’hommes en apparence ordinaires à qui il arrive des histoires extraordinaires. Son plus beau rôle reste celui, trouble et troublant, d’ « Entre ses mains » d’Anne Fontaine dans lequel il parvient à rendre un tueur en série terriblement attirant. Alors oui, parfois, Benoît Jacquot use et abuse (à dessein) des clichés (le miroir pour exprimer la dualité, le conflit, les deux visages, les signes et coups du destin comme ces plans insistants sur l’heure) mais « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point »…et ne cherche parfois pas à connaître, et le mien s’est emballé pour ce film empreint de noirceur, de romantisme, de désenchantement, de tragédie et pour ces trois acteurs follement séduisants, et désespérément humains pris dans ce drame presque hitchcockien, inextricable et passionnant.

    Critique – LES ADIEUX A LA REINE de Benoît Jacquot

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    Benoit Jacquot aime adapter des romans et mettre en scène des femmes comme protagonistes de ses films : Virginie Ledoyen dans « La Fille seule », Judith Godrèche dans » La Désenchantée » Isabelle Huppert dans « Villa Amalia », « L’École de la chair », « Les Ailes de la colombe », « Pas de scandale », Isabelle Adjani dans « Adolphe »…

    Son dernier film, « Les adieux à la reine », ne déroge pas à la règle puisqu’il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas, et puisque c’est à travers le regard paradoxalement innocent et clairvoyant de la jeune Sidonie Laborde ( Léa Seydoux), jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine (Diane Kruger) que nous voyons Versailles, en 1789, à l’aube de la révolution. L’insouciance et la désinvolture y règnent encore tandis que, à l’extérieur, la révolte gronde. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive jusqu’à la Cour, le château se vide. Nobles et serviteurs s’enfuient. Entièrement dévouée à la Reine par qui elle se croit protégée, Sidonie souhaite rester. Benoit Jacquot nous fait vivre à ses côtés ses trois derniers jours à Versailles, les 14,15, 16 juillet 1789 : la fin d’une époque.

    Comme souvent, Benoit Jacquot met en scène une réalité étouffante, la solitude de ses personnages et le désir de fuite mais quand cette réalité est celle de Versailles filmé avec une modernité et un réalisme étonnants, cela devient absolument passionnant.

    Dès les premiers plans, il capte ainsi notre intérêt et notre empathie en nous mettant à la place de Sidonie (souvent filmée de dos) qui, en trois jours, va grandir en découvrant toute la violence redoutable de Versailles, la lâcheté, la vanité, derrière les visages poudrées, derrière les masques qui tombent.

    Que vous aimiez ou pas les films historiques, celui-ci vous happera pour vous conduire dans les dédales mystérieux et inquiétants de Versailles pour ne plus vous lâcher jusqu’à la dernière seconde. D’abord parce que c’est un Versailles loin des clichés que nous fait ici découvrir Benoit Jacquot. Personnage à part entière, Versailles est filmé comme une prison dorée au vernis qui se craquèle, souvent moins clinquante que les fastes de la cour le laissent imaginer, et c’est à travers Versailles, lieu d’un huis-clos étouffant, que nous sont relatées ces trois journées historiques mais c’est aussi la brillante métaphore d’un monde qui se meurt, pourri de l’intérieur, tout comme cet étang apparemment impassible est gangréné par les rats, ou ces tenues dorées sous lesquelles sévissent les moustiques.

    A l’image de la monarchie et de la noblesse, Versailles se décompose et derrière l’étincelante galerie des glaces se cachent des couloirs étroits, sombres et humides filmés comme un gouffre obscur et menaçant, tout comme derrière les visages poudrés et les fastes de la cour se dévoile un monde en décomposition. La caméra frémissante de Benoît Jacquot épouse et métaphorise ces frémissements et est si précise qu’il nous donne l’impression de ressentir l’humidité glaçante des couloirs de Versailles où grouille toute cette vie souterraine et fourmillante d’une noblesse qui préfère rester tapie dans des appartements délabrés dans l’ombre du roi plutôt que de vivre à la lumière de ses châteaux, une noblesse qui se contente de cette vie obscure dans l’ombre du roi avec l’obsessionnel espoir de quérir un peu de sa lumière. Intemporelle valse des courtisans qui en plus de la fin d’un monde nous parle du nôtre grâce à la modernité de la mise en scène et du jeu des acteurs qui brouillent judicieusement les repères temporels…

    Ensuite, les relations troubles entre les trois femmes (la Reine, Sidonie et Madame de Polignac incarnée par Virginie Ledoyen) composées de domination, d’admiration, de manipulation, d’obsession sont absolument passionnantes car elles résument aussi toute la complexité de cet esprit de cour et des sentiments condamnés par l’intérêt et l’image, le souci des apparences là encore finalement très contemporain. Ces plans de courtisans qui courent pour apercevoir le Roi ou la Reine ou être aperçus d’eux rappellent une époque beaucoup moins lointaine avide d’images et qui s’aveugle dans l’admiration vaine et outrancière d’une autre royauté.

    Diane Kruger incarne cette reine frivole (qui pense à un nouveau motif pour ses vêtements quand le peuple meurt et gronde, quand son monde périclite) et capricieuse, prisonnière de Versailles comme de ses bracelets accrochés à ses poignets, qui passe d’un état à l’autre, tantôt horripilante, tantôt bouleversante, comme lorsqu’elle trône, terriblement seule et majestueuse, dans cette pièce soudain tristement luxueuse, illuminée par le feu d’une cheminée, déchirant des lettres, tandis que les vautours rôdent déjà. Symbole d’une époque et d’un monde qui chancèlent, image bouleversante de beauté, de mélancolie, de cruauté mêlées.

    Léa Seydoux, avec son visage diaphane, son regard déterminé, est absolument parfaite dans ce rôle de jeune lectrice qui, en trois jours, va vivre un parcours initiatique, passer de l’innocence à la conscience de la dure réalité, de quelqu’un à personne, et qui va fuir dans l’ombre d’une forêt, autant dire mourir puisqu’elle ne vivait que dans l’ombre lumineuse de la Reine et ces adieux à la Reine résonnent douloureusement comme des adieux à une époque, à un monde, à la vie.

    Une autre excellente idée est d’avoir concentré l’action sur trois jours, trois jours au cours desquels Versailles passe de la frivolité à la panique. La caméra frénétique de Benoit Jacquot renforce ce sentiment de tension palpable et crée un suspense captivant.

    Ajoutez à cela l’excellent scénario de Gilles Taurand, la musique de Bruno Coulais, la caméra vacillante de Benoit Jacquot à l’image de ce qu’elle enregistre, ce monde qui chancèle, et vous obtiendrez un des meilleurs films de cette année, passionnant du début à la fin, férocement moderne, cruellement réaliste, magnifiquement mélancolique, la brillante métaphore de la fin d’un monde, et de l’éternelle valse pathétique des courtisans qui, pour satisfaire leur orgueil et un peu de lumière ( celle de la richesse mais surtout de la célébrité) sont prêts à tout, au mépris des autres et parfois de leur propre dignité. Un tableau d’une tragique élégance aussi fascinant que terriblement cruel et mélancolique, historique et contemporain, instructif et intemporel.

  • Mon avis sur l'hôtel MGallery Les Cures Marines de Trouville

    En cliquant sur la photo ci-dessous, retrouvez mon article détaillé sur le nouvel hôtel MGallery de Trouville (publié sur mon site http://inthemoodforhotelsdeluxe.com) où j'ai eu le plaisir de séjourner une semaine après l'ouverture. La nouvelle adresse incontournable de la côte normande. Vous pouvez aussi lire l'article directement ici en cliquant sur "lire la suite.

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  • Mon avis sur l'hôtel Barrière du Golf de Deauville rénové

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    Cette semaine, j'ai testé l'hôtel du Golf Barrière rénové, une belle surprise et un établissement que je vous recommande vivement. Cliquez sur la photo pour lire l'article sur mon site Inthemoodforhotelsdeluxe.com et retrouvez-le également ci-dessous.

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    Le Grand Hôtel de Dinard. L’hôtel Normandy de Deauville. L’hôtel Royal de Deauville. L’hôtel Gray d’Albion à Cannes. Et surtout le Royal Thalasso de La Baule. Nombreux sont les hôtels de la chaîne Lucien Barrière où j’ai eu le plaisir de séjourner à de très nombreuses reprises. Je ne connaissais pas encore l’Hôtel du Golf, en ayant (à tort) l’image d’un établissement désuet de catégorie inférieure (l’hôtel est 4 étoiles) aux autres établissements. Il a fallu que le nouvel hôtel MGallery de Trouville où j’ai séjourné ensuite (retrouvez mon article détaillé à ce sujet, ici) soit complet pour que je me décide à monter pour la première fois sur les hauteurs de Deauville, sur le mont Canisy, pour séjourner deux nuits à l’hôtel du Golf. Moi, l’inconditionnelle de Deauville qui ai consacré un blog, un roman et deux nouvelles d’un recueil à cette belle ville normande, j’en découvre encore quelques réjouissants secrets…

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    D’emblée, le lieu environné de verdure (et pour cause puisque l’hôtel se situe au centre du golf), avec une vue vertigineuse sur Deauville et Trouville et la mer, au loin, procure une sensation d’apaisement, d’évasion et de bien-être. Ses larges colonnades donnent à la somptueuse bâtisse des airs de Nouvelle-Orléans, un décor propice à la rêverie et idéal pour larguer les amarres le temps d’un week-end ou plus.

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    En ce dimanche de vacances, il y a forte affluence à la réception mais la souriante Stéphanie vient à la rencontre de chacun des clients pour les faire patienter, de quoi oublier bien vite ce petit désagrément d’autant plus que l’accueil est tout aussi agréable à la réception et que le hall, rénové l’an passé (une décoration signée Chantal Peyrat) comme la moitié des chambres de l’établissement, fait la part belle aux larges espaces et à une décoration très inspirée par les sports équestres indissociables de la région. Là encore, les très larges espaces vous donnent la sensation de respirer et d’être apaisé d’autant plus que, au-delà du hall, se situe le restaurant « Le Lassay » (également magnifiquement rénové) dont les grandes baies vitrées ouvrent sur Trouville, Deauville, l’hippodrome et la mer.

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    La première nuit, j’ai dormi dans une des anciennes chambres de l’hôtel –chambre supérieure vue mer- (qui seront également rénovées cette année) dont les meubles  ne sont plus au goût du jour mais la salle de bain joliment rénovée, l’accueil fort chaleureux, la propreté et l’équipement de la chambre et surtout la vue à couper le souffle me le font bien vite oublier.

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    La deuxième nuit, j’ai été surclassée dans une des nouvelles magnifiques chambres de l’hôtel dont la décoration sobre, raffinée (avec au mur, de magnifiques photos de Deauville signées Patrick Braoudé) décontenancera les habitués de la décoration Garcia mais qui m’a personnellement enchantée.

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    En ce mois d’avril ensoleillé, le beau temps me permet de tester la piscine, là aussi en pleine verdure, très spacieuse et agréable, l’endroit idéal pour se relaxer et faire des longueurs. Vous pourrez aussi prendre des consommations au bord de la piscine ou profiter de la salle de sport.

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    J’ai gardé le meilleur pour la fin, à savoir le dîner dans le restaurant gastronomique « Le Lassay ». Là encore, je ne m’attendais pas à une aussi belle surprise. Le service y est particulièrement affable, personnalisé, stylé dans une salle aérée et majestueuse aux hauts plafonds donnant sur le golf, Deauville, Trouville, la mer avec une belle terrasse où vous pourrez également vous restaurer l’été. J’ai opté pour le menu du marché, un délice de l’amuse-bouche au dessert. Si vous séjournez au Golf, vraiment, ne passez pas à côté du restaurant sans vous y arrêter.

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    Le petit déjeuner fut aussi un enchantement comme c’est souvent le cas chez Lucien Barrière : très beau buffet avec un large choix de confitures, viennoiseries, pancakes, œufs cuits à la demande et sous vos yeux, là encore dans la très belle salle de restaurant ouvrant sur un paysage idyllique. De quoi commencer la journée de bonne humeur.

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    Je ne m’attendais vraiment pas à quitter l’hôtel à regret et à souhaiter y revenir et ce fut pourtant  le cas, je planifie déjà un prochain séjour dans l’établissement. A souligner : l’extrême amabilité, des femmes de ménage au concierge en passant par les serveurs et les réceptionnistes. En deux jours, j’ai eu l’impression d’être accueillie comme si j’étais chez moi…

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    Pour ceux que la distance rebute, sachez que vous pourrez aller à Deauville à pied en 45 minutes environ. A Deauville, je vous recommande le restaurant « La Cantine » autant pour l’amabilité que la qualité des produits, rares (allez-y de ma part).

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    Mon appréciation de l’hôtel – Fiche détaillée :

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    Situation de l’hôtel: Idéale. Au centre du Golf Barrière, face à Deauville, à Trouville et à la mer. Une vue à couper le souffle qui, à elle seule, vaut le déplacement.

    Classification officielle de l’hôtel: 4 étoiles

    Classification de l’hôtel par la rédaction d’Inthemoodforhotelsdeluxe.com : 5M

    Nombre de chambres: 161 chambres et 10 suites

    Equipements de l’hôtel

    -2 bars

    -2 restaurants

    -salons de réception

    -sauna

    -hammam

    -piscine extérieure privée

    -Tennis

    -Vélos

    -Espace bien-être, centre de remise en forme

    -Golf 54 trous, 90 hectares

    Chaînes hôtelières auxquelles appartient l’hôtel: Lucien Barrière

    Adresse de l’hôtel:

    Le Mont Canisy

    14803 Deauville – Saint-Arnoult

    France

    Pour contacter l’hôtel:

    Service Réservation:

    +33(0)970 820 333

    (numéro non surtaxé)

    Tél: +33 (0)2 31 14 24 00

    Fax: +33 (0)2 31 14 24 01

    Tarifs de l’hôtel : A partir de 212 euros actuellement sur le site Lucien Barrière avec les petits déjeuners offerts.

    Site internet de l’hôtel : Cliquez ici

    Page Facebook de l’hôtel: Cliquez ici

    NOTATION DE L’HÔTEL PAR LA REDACTION D’INTHEMOODFORHOTELSDELUXE.COM :

    -Dates de séjour:

    Du 19 au 21 Avril 2015

    -Service (1M à 5M):

    5M. Rien à redire. Service digne d’un 5 étoiles.

    -Amabilité (1M à 5M):

    5M. Service affable et personnalisé que ce soit à la réception, ou qu’il s’agisse des femmes de ménage, des serveurs. Là aussi amabilité 5 étoiles.

    -Propreté (1M à 5M):

    4M. Cacahuète découverte sous la commode dans la chambre…. Le reste de la chambre et les parties communes sont néanmoins impeccables.

    -Loisirs/Animations (1M à 5M):

    5M. Centre de remise en forme, piscine extérieure, golf, vélos, balançoire…pas de quoi s’ennuyer, des loisirs pour petits et grands sans compter les nombreuses activités de Deauville à deux pas.

    -Situation (1M à 5M):

    5M. Idéale. En pleine nature, au milieu du golf, surplombant Trouville et Deauville. Vue à couper le souffle.

    -Décoration (1M à 5M):

    4M. Joliment sobre dans les chambres rénovées.

    -Confort de la chambre (1M à 5M):

    4M. Chambres spacieuses, claires, modernes, chaleureuses. Mon seul bémol : les nouvelles salles de bain des chambres rénovées me semblent moins fastueuses (sont en tout cas moins à mon goût, du moins pour les chambres de catégorie inférieure rénovées) que celles non rénovées.

    -Equipements de l’hôtel (1M à 5M):

    5M. Rien ou presque ne manque.

    -Originalité- Le(s) plus qui fait/font de cet hôtel un établissement   « in the mood for luxe » (1M à 5M):

    4M.

    Son emplacement qui ravira les amoureux de la nature dont je suis, en pleine nature, au centre du golf, face à Trouville, Deauville et la mer.

    La décoration, en particulier du hall et du restaurant, et les espaces particulièrement vastes qui procurent immédiatement une sensation de bien-être

    L’accueil, irréprochable, remarquable, personnalisé.

    La gastronomie, digne d’un restaurant étoilé.

    Sa magnifique piscine extérieure

    -Rapport qualité/prix (1M à 5M) : 5M

    Très abordable. L’hôtel est certes un 4 étoiles mais qui en vaut un 5.

    Comptez 48 euros pour l’exquis menu du marché.

    -Inconvénient(s) de cet hôtel :

    Un peu loin du centre de Deauville si vous n’avez pas de véhicule.

    Le restaurant du club-house qui n’est pas à la hauteur du reste. Vous pourrez néanmoins aussi prendre une petite collation au bar.

    Atouts de cet hôtel:

    – l’amabilité

    – l’emplacement

    -la décoration

    -les vastes espaces

    -la piscine extérieure

    -l’excellent restaurant gastronomique

    -le buffet de petit déjeuner

    -Recommanderiez-vous cet hôtel (Oui ou Non):

    Oui. Sans hésiter.

    -Conseil(s) aux futurs clients :

    Choisissez plutôt les chambres rénovées en attendant le deuxième volet des rénovations. Ne passez pas à côté du restaurant gastronomique sans vous y arrêter. Evitez le restaurant du club-house qui conviendra aux golfeurs pressés mais dont la cuisine n’est pas à la hauteur du reste de l’établissement.

    -Bilan et appréciation globale (1M à Label intemoodforluxe):

    5M. Un 4 étoiles digne d’un 5 grâce à une rénovation amplement réussie. De vastes espaces qui procurent immédiatement une sensation de bien-être. Un accueil personnalisé et remarquable comme souvent chez Barrière. Une splendide piscine privée. Un excellent restaurant gastronomique. Un panorama qui mérite le détour et qui permet de prendre une salutaire bouffée d’air frais. J’y reviendrai et je vous recommande vivement.

  • Dates du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2015 : à suivre en direct sur ce blog

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    Du vendredi 4 septembre au dimanche 13 septembre 2015, vous pourrez suivre ici le 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville ainsi que sur mes blogs http://inthemoodforfilmfestivals.com et http://inthemoodlemag.com.

    Suivez-moi également en direct du festival sur les réseaux sociaux: @moodforcinema (compte twitter principal) et @moodfdeauville (mon compte twitter consacré exclusivement à Deauville et ses festivals), sur instagram (@sandra_meziere) et sur mes comptes Facebook, le principal http://facebook.com/inthemoodforcinema et celui que je consacre à Deauville et à ses festivals : http://facebook.com/inthemoodfordeauville.

    En amont du festival, vous retrouverez ici toutes les informations concernant cette 41ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Et, en attendant, vous pouvez toujours relire mon bilan du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, ici, et lire mon recueil de nouvelles "Ombres parallèles" dont plusieurs se déroulent dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    A très bientôt pour un nouveau festival "in the mood for Deauville"!

  • Compte rendu complet et palmarès du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

     

    «Qu’est-ce que vous choisiriez : l’art ou la vie ? » demande le personnage interprété par Jean-Louis Trintignant citant Giacometti dans Un homme et une femme  le chef d’œuvre de Claude Lelouch, l’amoureux de Deauville qui l’a sublimement et comme nul autre immortalisée, cette année membre du (prestigieux) jury du 40ème Festival du Cinéma Américain présidé par Costa-Gavras. Je vous laisse réfléchir à ce cruel dilemme… Toujours est-il que le premier me semble vital tant il est un salutaire et merveilleux refuge qui aide à supporter les vicissitudes de la seconde.

     « Il n’y a pas de vraies rencontres sans miracles » a aussi coutume de dire Claude Lelouch. Ma rencontre avec Deauville et son Festival du Cinéma Américain de Deauville en fut un il y a 20 ans. Depuis, c’est un rendez-vous immuable. Quoiqu’il arrive. Malgré les bonheurs et les drames de l’existence. Une bulle d’irréalité. 20 ans de pérégrinations festivalières et 15 participations à des jurys de festivals de cinéma plus tard, je reviens toujours avec le même enthousiasme, la même soif de découvertes cinématographiques et le même plaisir à fouler les planches avec toujours cette impression de les découvrir sous une lumière nouvelle, et le même plaisir à me laisser éblouir par cette beauté changeante et multiple.

     Cette année, les premiers jours du festival, un brouillard presque onirique enveloppait Deauville d’un voile poétique et mélancolique nous laissant imaginer que la célèbre Mustang allait apparaître et Jean-Louis prononcer « Montmartre 1540 » avec sa voix douce et inimitable. Puis, le soleil s’est levé et a illuminé Deauville pendant toute la durée du festival, nous embarquant ailleurs, un peu plus encore, dans cette bulle de cinéma, aux frontières de l’irréalité…

     Comme vous pouvez le constater, j’ai scrupuleusement suivi la prescription de Claude Lelouch à l’ouverture : « On ne meurt jamais d’une overdose de rêves. N’ayez pas peur pendant ces 10 jours de vous shooter au cinéma Américain !». Un joyeux oxymore que cette overdose de rêves à prescrire sans modération.

    L’an passé, les films de la compétition mettaient  souvent en scène un personnage seul, blessé, fou même parfois, épris de vengeance, et des armes à feu omniprésentes comme si l’Amérique cherchait à exorciser ce qui lui inflige des blessures quotidiennes mais dont elle semble toujours ne pas pouvoir se passer. Au contraire, cette année, la compétition s’est distinguée par son éclectisme, nous montrant toute une palette de genres et de couleurs du cinéma américain, Deauville en étant plus que jamais le symbole de sa diversité entre les Docs de l’oncle Sam, les classiques, les films plus « grand public » en avant-première et aussi, surtout, les films indépendants qui, une fois de plus, contenaient les plus belles surprises du festival.

    Peut-être une édition anniversaire moins éblouissante que le furent ses 35 ans et plus encore ses 25 ans ( quel plateau inouï et difficilement égalable de 25 « stars » du cinéma américain qui, triste ironie du destin, réunissait Robin Williams et Lauren Bacall !) mais qui confirme que les temps, depuis, ont changé (pour le monde, pour le cinéma) et qui confirme également la nouvelle orientation du festival qui consiste à honorer la diversité du cinéma américain et avant tout son cinéma indépendant qu’il met joliment à l’honneur depuis 1995 avec la compétition.

    Malgré la diversité des genres de films en lice, des thématiques se dégageaient néanmoins de cette sélection 2014 comme la quête d’identité et un besoin de rêves, d’ailleurs, de magie, que ce soit… par la magie elle-même, la cuisine, la musique ou le mensonge qui fut d’ailleurs également un thème récurrent de cette édition qui a beaucoup écorné le mythe de la famille modèle américaine, souvent pour notre plus grand (et coupable, un peu) plaisir de spectateurs… Parmi les nouveautés notables, on remarquera que  4 films appartenaient au genre fantastique et que des réalisateurs plus « confirmés » ont eu leurs films sélectionnés en compétition, témoignant là aussi d’un nouveau virage du festival, un virage pris avec succès.

    Si je devais ne retenir que quelques images ou sensations de cette édition, ce serait, pèle-mêle…. Un œil captivant. Des musiques étourdissantes. Des interprétations fiévreuses (Miles Teller, J.K Simmons,  Chadwick Boseman). Des présences charismatiques (Jessica Chastain, Mick Jagger, Claude Lelouch, Ray Liotta, Vincent Lindon). Une nostalgie suffocante. Une mélancolie réjouissante. Deauville, la versatile éblouissante. Des paradoxes, encore, toujours. De belles rencontres avec des lecteurs de ce blog (qui, je l’espère, liront cet article et se reconnaîtront). Et je retiendrais, enfin, une phrase qui fait si bien écho à mes propres impressions, extraite du film projeté en avant-première The disappearance of Eleanor Rigby (au passage, Jessica Chastain, y prouve une nouvelle fois toute sa sensibilité et la large étendue de son talent): « Le drame est un pays étranger. On ne sait pas s’adresser aux autochtones ». Ô combien. Ce festival a pour moi ressemblé à un troublant et déstabilisant tango, beau et douloureux, entre le présent et le passé, les souvenirs et la réalité, la nostalgie et l’espoir. Cela tombe bien, l’espoir était à l’honneur dans deux de mes coups de cœur de cette 40ème édition: « Magic in the moonlight » de Woody Allen et « I origins » de Mike Cahill qui, l’un et l’autre, se confrontent au mystère de la plus belle des illusions, l’amour, et rendent ainsi métaphoriquement hommage à l’autre sublime illusion que leurs films et le festival honorent brillamment et magnifiquement : le cinéma.

    Heureusement donc, il y a (il reste) le cinéma : passion, elle magique et immortelle, dont le film d’ouverture a exalté la beauté. Un cinéma qui nous aide à supporter la brutalité et l’injustice ravageuses de l’existence. Une passion que m’a transmise un être cher récemment disparu : un inestimable cadeau.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Retour sur dix jours d’une overdose inoffensive et vitale de cinéma… et pour une plongée fictive au cœur du festival, vous pouvez toujours lire mon recueil de nouvelles « Ombres parallèles » et  mon roman « Les Orgueilleux » qui se déroulent au cœur des festivals de cinéma et du Festival du Cinéma Américain de Deauville. L’un et l’autre publiés aux Editions Numeriklivres sont disponibles dans toutes les librairies numériques (Amazon, Fnac, Relay etc).

    Vous pouvez aussi retrouver, en cliquant ici, mon article fleuve sur mes bonnes adresses deauvillaises et ma passion pour Deauville mis à jour suite à ces 15 jours à Deauville (avec un ajout à propos de ma nouvelle « Cantine » deauvillaise éponyme où j’ai dû déjeuner/dîner pas moins de 10 fois en 15 jours. Allez-y de ma part…).

    « Magic in the moonlight « de Woody Allen en ouverture : la magie au rendez-vous (cliquez ici pour lire le récit complet de l’ouverture)

    Fidèle à son habitude, Woody Allen, « retenu à New York » ne s’est pas déplacé pour l’ouverture mais a tout de même envoyé un petit mot en vidéo aux festivaliers « J’aimerais traverser l’écran comme dans La Rose pourpre » concluant, avec son humour caustique habituel que « Quoi d’autre puis-je dire : c’est bien d’être à New York aussi. »

     Après « Blue jasmine » projeté à Deauville l’an passé en avant-première, avec « Magic in the moonlight » il revient à la comédie, plus légère, même si le film est émaillé de ses réflexions  acerbes (mais lucides) sur la vie et même si, comme toujours chez Woody Allen, la comédie, est le masque de sa redoutable (et irrésistible) lucidité sur l’existence et les travers de chacun.

    Cette fois, il nous embarque dans les années 1920, sur la Côte d’Azur, avec un grand magicien incarné par Colin Firth qui va tenter de démasquer l’imposture d’une femme médium incarnée par Emma Stone. Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford (Colin Firth, donc) : un Anglais arrogant qui a une très haute estime de lui-même mais  qui ne supporte pas les supposés médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan (Simon McBurney), Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur : il y fait la connaissance de la mère, Grace (Jacki Weaver), du fils, Brice (Hamish Linklater), et de la fille, Caroline (Erica Leerhsen). Il se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de confondre la jeune et ravissante Sophie Baker (Emma Stone) qui séjourne chez les Catledge avec sa mère (Marcia Gay Harden). En effet, Sophie a été invitée par Grace, convaincue que la jeune fille pourra lui permettre d’entrer en contact avec son défunt mari. Mais, contrairement à ce qu’il pensait, non seulement Stanley ne va pas la démasquer immédiatement et se laisser, peut-être, ensorcler par la plus belle et mystérieuse des magies.

     « Magic in the moonlight » est ainsi un film pétillant sur la plus belle des illusions : le mystère du coup de foudre amoureux. Dès les premières secondes, Woody Allen, comme nul autre, dispose de ce pouvoir (dont il faut bien avouer qu’il est plus le fruit de talent que de magie) de nous plonger dans un cadre, une époque, de brosser le portrait d’un personnage (en l’occurrence, l’arrogant Stanley) et de nous embarquer dans un univers, une intrigue, un ailleurs réjouissants, quasiment hypnotiques.

     Les dialogues, qui, comme toujours épousent le débit du cinéaste, fusent à un rythme échevelé et sont délicieusement sarcastiques à l’image du personnage de Colin Firth, parfait dans le rôle de ce magicien cynique et parfois sinistre (pour notre plus grand plaisir) aux répliques cinglantes.  C’est finalement un peu le double de Woody Allen -comme le sont presque toujours ses personnages principaux, y compris lorsqu’il ne les incarne pas lui-même- : prestidigitateur du cinéma qui parvient à nous faire croire à tout ou presque, amoureux de la magie (d’ailleurs omniprésente dans ses films et qu’il a lui-même pratiquée), mais qui lui-même ne se fait plus beaucoup d’illusions sur la vie et ses contemporains, conscient cependant de notre besoin d’illusions et de magie pour vivre. Celles de la prestidigitation. Ou du cinéma. Ces deux maitres des illusions finalement ne se laissent illusionner que par une seule chose : l’amour.

     Les décors subliment la Côte d’Azur lui donnant parfois des accents fitzgeraldiens.  Hommage avant tout au pouvoir de l’imaginaire, des illusions (salvateur et redoutable) comme l’était le sublime « Minuit à Paris », avec ce nouveau film Woody Allen nous jette un nouveau sortilège parvenant à nous faire oublier les faiblesses du film (comme une intrigue amoureuse qui manque parfois un peu de magie justement) pour nous ensorceler et éblouir.

     Dialogues délicieusement sarcastiques, décors et acteurs étincelants, ode ludique aux illusions…. amoureuses (et cinématographiques ), je dois bien avouer avoir, une fois de plus, été hypnotisée par le cinéma de Woody Allen. Retrouvez également mon dossier consacré à Woody Allen avec de nombreuses autres critiques, ici.

     Vous avez raison, Monsieur Lelouch, on ne meurt jamais d’une overdose de rêves qui, au contraire, nous aident à supporter la cruauté de l’existence, comme les films  aussi sarcastiques et cyniques semblent-ils être, pour notre plus grand plaisir de spectateurs et de tristes (et lucides) mortels.

     A fortiori cette année (à quelques exceptions près dont je vous parlerai plus loin), les plus belles surprises vinrent de la compétition avec « I origins », tout d’abord, l’oublié du palmarès et mon grand coup de cœur de cette 40ème édition du festival.

    LA COMPETITION

    Deuxième film de MIKE CAHILL qui avait déjà fait forte impression à Deauville avec « Another Earth » en compétition en 2011, I ORIGINS met à nouveau la science (ou un prétexte scientifique) au service du récit.  Mike Cahill met en scène Michael Pitt, Brit Marling (à nouveau, déjà héroïne révélée par « Another earth »), Astrid Bergès-Frisbey. Pas seulement réalisateur mais aussi scénariste, monteur, producteur du film, Mike Cahill fait preuve d’une remarquable maîtrise dans les différents domaines de la création cinématographique. Le personnage de Michael Pitt pourrait être le double scientifique de celui de Colin Firth dans « Magic in the moonlight » de Woody Allen, aussi athée que ce dernier est rationnel et finalement l’un et l’autre sont confrontés au même mystère qui ébranle leurs certitudes, celui du coup de foudre amoureux. Michael Pitt incarne en effet ici un scientifique, plus exactement un biologiste moléculaire, qui pense avoir trouvé la preuve de l’inexistence de Dieu à partir de ses recherches sur l’œil dont la singularité attesterait de la théorie de l’évolution. Cela démarre d’ailleurs par un coup de foudre pour un regard,  plus que jamais fenêtre sur l’âme, qui le mènera loin, très loin, jusqu’en Inde et qui fera basculer ses certitudes, donc.

     Film inclassable aux frontières des genres, « I origins » évite les pièges dans lesquels ce récit sur le fil aurait pu le faire tomber comme le didactisme ou la prétention. La construction brillante et dichotomique du film vient intelligemment illustrer le propos sans jamais l’alourdir. Deux parties. Comme …Deux yeux. Deux femmes opposées. La blonde et la brune. L’une rationnelle, scientifique. L’autre, artiste, mystique. Deux formes d’amour. Deux théories. La raison et la passion. La science et la croyance. Deux parties dans le film. La première qui prouve l’inexistence de Dieu. Et la seconde qui infirme peu à peu les certitudes de la première partie. I origins et Eye origins. Les preuves et les certitudes face à l’amour, mystère qui les bouscule.

    En résulte un film sensoriel ensorcelant, évanescent, poétique comme  ce « paon blanc » qui « symbolise les âmes dispersées dans le monde. »

    Ajoutez à cela une bo savoureuse et vous obtiendrez une alchimie rare et un film étourdissant de beauté et d’originalité, porteur d’espoir et de magie. A voir absolument!

    Le jury a préféré couronner du grand prix « WHIPLASH », deuxième film de Damien Chazelle qui a également reçu le prix du public et une véritable ovation lors de sa projection dans le CID. « Whiplash », déjà  remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs 2014 est interprété magistralement par Miles Teller et J.K. Simmons,  le premier interprétant Andrew, un jeune élève du Conservatoire de dix-neuf ans qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération et l’autre, son professeur Terence Fletcher,  qui dirige le meilleur orchestre de l’établissement.  Tourné en 19 jours, le film est remarquable dans la précision et l’exigence à l’image de la musique qu’il exalte et sublime.

     Andrew Nieman. A une lettre près, (Niemand) personne en Allemand. Et Andrew semble avoir une seule obsession, devenir quelqu’un par la musique. Assouvir sa soif de réussite tout comme le personnage interprété par J.K Simmons souhaite assouvir sa soif d’autorité. Une confrontation explosive entre deux desseins, deux ambitions irrépressibles, deux folies.  L’objet rêvé pour le manipulateur machiavélique qui sous le fallacieux prétexte que « la fin justifie les moyens » use et abuse de sa force et son pouvoir pour obtenir le résultat qu’il souhaite mais surtout asseoir son emprise. J.K Simmons donne corps et froideur d’âme à ce personnage tyrannique et irascible qui sait se montrer mielleux pour atteindre son objectif.

     La réalisation s’empare du rythme fougueux, fiévreux, animal de la musique, grisante et grisée par la folie du rythme et de l’ambition, dévastatrice, et joue judicieusement et avec manichéisme sur les couleurs sombres, jusque dans les vêtements: Fletcher habillé en noir comme s’il s’agissait d’un costume de scène à l’exception du moment où il donne l’impression de se mettre à nu et de baisser la garde, Andrew habillé de blanc quand il incarne encore l’innocence puis de noir à son tour et omniprésence du rouge (du sang, de la viande, du tshirt d’un des « adversaires » d’Andrew) et des gros plans lorsque l’étau se resserre, lorsque le duel devient un combat impitoyable, suffocant. Les rires de la salle sur l’humiliation et sur les ruses et sentences de dictateur (qu’est finalement le professeur) étaient finalement plus dérangeants que le film lui-même, le public étant d’une certaine manière manipulée à son tour, se laissant fasciner par ce personnage tyrannique. Prêt à tout pour réussir, Andrew poussera l’ambition à son paroxysme, au bord du précipice, jusqu’à l’oubli, des autres, de la dignité, aux frontières de la folie.

     Le face à face final est un véritable combat de boxe (et filmé comme tel) où l’immoralité sortira gagnante : la dictature et l’autorité permettent à l’homme de se surpasser… La scène n’en est pas moins magnifiquement filmée  transcendée par le jeu enfiévré et exalté des deux combattants.

    Bien que batteur depuis ses quinze ans, et ayant pris des cours trois jours par semaine pendant quatre heures pour parfaire sa technique et ne faisant « que » 70% des prestations du film, Miles Teller est impressionnant dans l’énergie, la détermination, la folie, la maîtrise, la précision. En conférence de presse, Damien Chazelle a raconté s’être inspiré de son expérience personnelle pour écrire et réaliser « Whiplash », ayant appris par le passé  la batterie avec un professeur tyrannique, ce qui l’a conduit à emprunter une autre voie : celle du cinéma. Une décision sans aucun doute judicieuse même si j’espère qu’il continuera à allier cinéma et musique dans ses prochains films, son amour de la musique transparaissant, transpirant même dans chaque plan du film.

     

     Parmi les autres films marquants de cette compétition figure UN HOMME TRÈS RECHERCHÉ d’Anton Corbijn, adapté  du thriller homonyme de John Le Carré, qui se démarquait des films habituellement projetés en compétition à Deauville puisqu’il s’agissait du film d’un réalisateur déjà confirmé avec un casting d’acteurs (re)connus ; Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Grigory Dobrygin, Willem Dafoe, Robin Wright, Homayoun Ershadi, Nina Hoss, Daniel Brühl. Plus de dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?

     « Un homme très recherché » est un des derniers films de Philip Seymour Hoffman, décédé le 2 février 2014, qui excelle dans ce rôle d’agent secret solitaire, sombre, obstiné. A l’image des précédents films du réalisateur,  « Un homme très recherché » est un film qui n’est pas immédiatement aimable, qui n’entre pas dans une quête du spectaculaire ni dans la surenchère dans les scènes d’action (je n’en dirai pas autant du ridicule « November man » avec Pierce Brosnan, projeté en avant-première du festival, qui ressemble à une caricature de film d’action et dont « Un homme très recherché » est le subtil contraire) mais s’attache avant tout à l’humanité et aux contradictions, aux zones d’ombre, de ses personnages. Un scénario ciselé, qui relate avec précision la complexité de la situation. Le suspense, haletant, ne réside pas tant dans l’intrigue que dans la richesse et l’ambivalence des personnages. L’image aux teintes grisâtres et automnales nous plonge dans la mélancolie nous rappelant ce petit village des Abruzzes aux paysages rugueux, d’une beauté inquiétante et âpre de « The American ».

    Un film porté par  une mélancolie et une sobriété fascinantes, en particulier celles de Philip Seymour Hoffman. Un film prenant, glacial, rigoureux, rugueux presque, sinueux, palpitant, complexe sans être hermétique,  à la fois sombre et réjouissant et qui, pourtant, jamais, ne cherche à l’être à tout prix qui nous interroge sur les notions de bien et de mal en évitant le manichéisme auquel il aurait été si facile de céder avec un tel sujet. Surtout un très beau film sur la confrontation des idéaux avec la réalité et sur l’engagement (de l’avocate, de l’espion) et un très beau portrait d’espion aux prises avec la morale et les guerres entre services partagés entre la vanité (dans les deux sens du terme) de leurs ambitions et l’envie de réussir dans la lutte anti-terroriste. Un sujet dramatiquement d’actualité, aussi, qui accroît encore l’intérêt pour ce film passionnant. 

     Avec WHITE BIRD de Gregg Araki, on retrouve les thèmes habituels de la compétition deauvillaise avec l’adolescence et le difficile passage à l’âge adulte. Kat Connors a en effet dix-sept ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère… L’atmosphère hypnotique du film, les couleurs acidulées  nous happent dans cet univers étrangement captivant qui oscille entre rêve et cauchemar.  La mère est  incarnée par Eva Green qui, dans son pavillon, adopte des postures de star hollywoodienne, fragile et inquiétante. Comme le cinéma de Chabrol ou celui d’Ozon démythifient la bourgeoisie de province, Gregg Araki démythifie la famille modèle américaine.  Les pavillons en apparence si lisses avec leurs familles en apparence si respectables dissimulent bien des tourments, des mensonges et des secrets inavouables.   Shailene Woodley ne démérite pas face à Eva Green. Un mélange détonant et ludique (Kat a elle-même conscience de jouer face à sa psy et tout le monde interprète finalement un rôle). Entre la chronique sociale, le drame et le thriller, un film là aussi aux frontières des genres. Un théâtre des apparences qui va finir par voler en éclats…pour le plus grand plaisir des spectateurs.

     Le jury a choisi cette année d’attribuer un prix  du 40ème anniversaire à un premier film qui présente en commun avec le film précédent d’écorner le vernis de la société américaine et de la famille « idéale ». Cela commence autour d’une piscine sous un soleil éclatant. Mais c’est bien connu tout ce qui brille n’est pas de l’or… THINGS PEOPLE DO, premier film de Saar Klein nous raconte le tournant de la vie de  Bill, un père de famille dévoué, qui perd son travail du jour au lendemain. Il n’a alors pas d’autre choix que celui d’entrer, presque à son insu, dans l’illégalité. Quand il se lie d’amitié avec un inspecteur de police, c’est la double vie qui est désormais la sienne qui risque à terme d’être révélée…  Un homme de la classe moyenne dont la vie bascule suite au scandale des subprimes. Comme le film précédemment évoqué « Things people do » est sur la ligne fragile entre thriller et étude sociale. L’univers de Saar Klein est visuellement moins marqué que celui de Gregg Araki même s’ils ont en commun l’amoralité, et même l’immoralité et cette notion de «  ce que font les gens » (Things people do) pour satisfaire leurs désirs ou arriver à leurs fins, à commencer par ne pas respecter les règles qu’eux-même énoncent. Jusqu’à la fin, cette immoralité nous tient en haleine et suscite les rires (grinçants) avec un dernier plan, brillant, qui les suspend…et nous laisse choisir entre le mensonge et la vérité, l’honnêteté et le cynisme, le courage et la lâcheté…et rien que pour cela, cette intelligence de ne pas choisir quand tant de films nous disent, ordonnent, même quoi penser, je vous le recommande…

     Aimer le cinéma, (aimer tout court ?), c’est accepter d’être aveugle aux défauts et  se laisser porter par l’émotion sans en chercher la raison, c’est accepter qu’on nous raconte une histoire et accepter d’être emportés par celle-ci. THE GOOD LIE de Philippe Falardeau, qui possède en commun avec les films précédent de traiter de l’opportunisme du mensonge mais cette fois de manière beaucoup moins cynique, a reçu le prix du jury. Inspiré de faits réels, il raconte l’histoire incroyable de quatre orphelins, rescapés d’une attaque de leur village au Soudan (magnifiquement filmé, judicieux et terrible contraste entre la beauté du lieu et l’horreur absolue que vivent les habitants). Ils parcourent près de 1 000 kilomètres à pieds pour rejoindre un camp de réfugiés des Nations Unies et survivre. Dix ans plus tard, devenus adolescents, ils gagnent le droit d’immigrer aux Etats-Unis à la suite d’un tirage au sort. Commence pour eux une nouvelle aventure dans un monde inconnu et surprenant, marquée par la rencontre d’une femme qui les aidera à retrouver un sens à la vie. Malgré de nombreux clichés, maladresses et facilités scénarsitiques, ce film m’a touchée, tout simplement pour la sincérité parfois presque naïve avec laquelle le réalisateur traite son poignant sujet. Et les bons sentiments, au milieu de ces films sur le mensonge qui dressent un portrait cynique de la société américaine, font parfois, aussi, du bien… 

    THE BETTER ANGELS de A. J. Edwards n’a en revanche pas emporté les suffrages du jury, sans doute en raison de son ton presque plus malickien que le cinéma de Terrence Malick lui-même dont on découvre sans surprise qu’il est coproducteur du film qui pourrait presque être une réinterprétation de « The tree of life » dont le récit de l’enfance de Lincoln ne serait que le prétexte. J’avoue, malgré tout, m’être laissée portée par la beauté  du noir et blanc, l’évocation presque impressionniste de l’enfance de Lincoln, la  beauté de la nature exacerbée par des contre-plongées très malickiennes et par les évocations presque implicites de ce qui forgera le caractère et les combats de Lincoln comme cette scène presque furtive lors de laquelle il croise les esclaves enchaînés dans la forêt. Le film est porté par une poésie évanescente qui vous éblouira, charmera (ce qui fut mon cas) ou lassera. A vous de tenter l’expérience.

     Je n’ai en revanche pas été emportée par WAR STORY, 2ème film de Mark Jackson  malgré la forte présence de Catherine Keener qui incarne ici une photographe de guerre qui, après avoir été prise en otage en Libye et y avoir subi des sévices, choisit de se rendre dans un petit hôtel de Sicile pour s’isoler et évacuer à sa façon son « stress post-traumatique ». Elle y croise Hafsia, une jeune immigrée tunisienne qui veut à tout prix rejoindre la France, et qui ressemble à s’y méprendre à une jeune Libyenne que Lee a photographiée juste avant son enlèvement… D’un sujet passionnant, Mark Jackson a tiré un  film présomptueux qui abuse des longs plans fixes et plans séquences pour nous signifier (et nous faire éprouver) la douleur de l’héroïne.

     COLD IN JULY (Juillet de sang) de Jim Mickle avec Michael C. Hall, Sam Shepard, Don Johnson, Vinessa Shaw, Wyatt Russell est un autre oublié du palmarès. Cela se déroule en 1989, au Texas. Une nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, Richard Dane est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.  Après avoir présenté l’horrifique « We are what we are », en compétition à Deauville l’an passé, Jim Mickle s’attèle à un autre film de genre ou genre de film, le thriller des années 80 aux frontières de la série B.  Le film est servi par un casting haut en couleurs et fortes personnalités : Don Johnson dans le rôle du détective privé, Sam Shepard en père vengeur ultra violent et terrifiant et surtout Michael C. Hall, en Monsieur tout le monde se transformant en vengeur intrépide. Le film est servi par un scénario haletant qui jongle avec les styles, des comédiens et un portrait sans concessions de l’Amérique. Un film jubilatoire. L’autre plaisir coupable de ce festival qui a réjoui de nombreux festivaliers. Là encore, comme dans « White bird », « Things people do », le mensonge règne en maître et derrière l’apparent père de famille de la classe moyenne américaine se dessine un portrait moins lisse et moins reluisant.

     On oubliera en revanche UNCERTAIN TERMS de Nathan Silver qui se déroule dans   foyer d’accueil pour adolescentes enceintes et qui pâtit d’une écriture trop appuyée, de scènes téléphonées, de clichés qui rendent l’ensemble dépourvu de subtilité.

     JAMIE MARKS IS DEAD, 2ème film de Carter Smith, prenait prétexte d’une histoire  de mort et de fantôme pour nous parler de  la solitude, la difficulté  à trouver sa place quand on est adolescent, nous permettant de retrouver le thème fétiche des compétitions Deauvillaises et celui d’Araki. Là on ce dernier recourait à des couleurs kitchs, l’autre nous plonge dans un univers grisâtre, atone.  Les passages les plus réussis sont ceux qui ne recourent pas aux « ficelles » du fantastique avec des scènes parfois plus grandguignolesques que terrifiantes. Le film aura surtout marqué les festivaliers par la ressemblance physique entre Jamie Marks et Harry Potter incarné par Daniel Radclife.

               LES PREMIERES

    Côté avant-premières, le festival nous avait cette année mijoté quelques feel good movies comme  LES RECETTES DU BONHEUR de Lasse Hallström avec une Helen Mirren tourbillonnante, cassante (en apparence seulement, hein) à souhait. Malgré une vision de la France totalement surannée et un alignement de clichés (avec le douanier au béret en prime), un film rythmé et divertissant servi par des comédiens attachants et qui visiblement ont éprouvé un plaisir (communicatif) à jouer leurs rôles avec pour résultat une belle ovation pour Helen Mirren à l’issue de la projection que vous quitterez de bonne humeur…et avec un appétit d’ogre!

     J’y ai finalement été plus sensible qu’au CHEF de Jon Favrau qui, sous prétexte de faire l’éloge de l’indépendance (au cinéma comme en cuisine, la métaphore n’en finissant plus d’être filée) fait tenir des rôles secondaires et insipides à de grands acteurs (Dustin Hoffman en prime avec néanmoins une mention spéciale pour Robert Downey Jr dont le ridicule interprété avec beaucoup de réalisme et sans peur a déridé mes zygomatiques) sans parler de cette utilisation exaspérante des réseaux sociaux comme symbole de la consécration ultime sans doute pour s’attirer la sympathie d’un jeune public (comme symbole de l’indépendance, on a vu mieux…). 

     Venons-en plutôt aux vraies bonnes surprises comme CAMP X-RAY de Peter Sattler avec Kristen Stewart et Payman Maadi. La première ne cesse de montrer l’étdendue de son jeu (étonnante dans « Sils Maria »  sinueuse, lucide et brillante mise en abyme d’Assayas à voir absolument) et interprète ici une jeune femme qui s’engage dans l’armée afin de quitter ses racines rurales et d’évoluer dans un monde plus ouvert. Mais elle se retrouve à son corps défendant à Guantanamo Bay où elle doit garder des djihadistes agressifs et vivre au quotidien avec des soldats peu prévenants. Elle va alors lier une relation particulière avec l’un des détenus…

     Contre toute attente ce qui aurait pu être un film à message politique (lors de l’avant-première, le réalisateur a bien spécifié qu’il ne voulait pas faire un film politique) se révèle être un film sensible sur l’enfermement symbolisé ici par un univers carcéral brutal. Le film quitte progressivement le réalisme pour se transformer en fable universelle réunissant dans leurs solitudes geôlière et prisonnier. Très beaux plans où les barreaux disparaissent comme si les mots et les émotions leur permettaient d’accéder à un ailleurs et à la liberté. Les mots deviennent en effet armes de manipulation puis de l’évasion. Un bel hymne à leur pouvoir, sensible et passionnant du début à la fin si on accepte ce parti pris et de laisser le réalisme au placard.

    Autre bonne surprise : GET ON UP de Tate Taylor qui a valu au festival la présence d’un hôte de marque (et une sécurité impressionnante dans Deauville avec mêmes des barricades anti-émeutes mais chut ne le dites pas trop fort, il se pourrait que je l’aie croisé dansant « incognito » sur la piste de la villa Cartier, chaleureux lieu des soirées deauvillaises), coproducteur du film: Mick Jagger, particulièrement souriant et disponible en conférence de presse comme vous le verrez dans ma vidéo ci-dessus. Tate Taylor avait déjà enflammé Deauville lors de l’ouverture du festival en 2011, cette fois,  il revenait avec le très attendu biopic sur «Monsieur dynamite » avec un portrait visant à nous faire connaître l’homme derrière la légende, l’enfant meurtri et blessé derrière l’homme parfois blessant et violent.

     Né dans une grande pauvreté en Caroline du Sud, au beau milieu de la grande dépression, en 1933, James Brown a survécu à une jeunesse émaillée d’abandon, d’abus sexuel, d’écoles de redressement et de prison. Personne ne lui a jamais appris les règles du jeu. Il était destiné à les briser. De son expérience de boxeur amateur ou de chanteur de rue, il a su canaliser chaque coup dur en un rythme qui se fit l’écho de sa rage de vivre. Il est devenu l’un des interprètes les plus influents qui marquèrent la scène soul ou funk, et l’artiste le plus samplé de l’histoire continue d’inspirer la plupart des artistes reconnus aujourd’hui.

    Au-delà de la success story toujours si efficace au cinéma, comme dans La Couleur des Sentiments Tate Taylor parle aussi des droits civiques et de racisme même si le sujet du film est avant tout James Brown. La mort de Martin Luther King permet ainsi d’évoquer la question. ou encore ces indécents et révoltants combats de boxe auxquels doivent se plier les enfants noirs pour le plaisir des blancs ou encore lors de cette scène chez King Records  lorsque, en écoutant « Please, Please, Please » le patron dira : « Où est le refrain ? Un nègre qui supplie ça ne suffit pas ».

    La réalisation et le montage épousent la folie, le rythme échevelé de la vie et bien sûr, surtout, de la musique de James Brown. Le portrait se veut avant tout flatteur même si certaines zones d’ombre sont évoquées (il battait sa femme, se droguait), elles le sont très furtivement  même si la première scène du film est tout sauf flatteuse. Le film est avant tout un hommage à sa musique, salvatrice (pour les autres et pour lui) à sa volonté rageuse (et parfois violente ou égoïste) de réussir. Son égoïsme est ainsi illustré par ses relations, passionnantes, avec avec son ami Bobby Byrd, son partenaire dans leur premier groupe les Famous Flames, mais aussi son choriste.  C’est avant tout la prestation remarquable, écorchée, fiévreuse, intense de Chadwick Boseman qui marquera les spectateurs (un Oscar en perspective?).   

    Tate Taylor a eu la bonne idée de ne pas recourir au traditionnel récit chronologique mais de déconstruire et exploser le récit à l’image de la musique afin d’éclairer l’une par l’autre et les différents visages de James Brown. On termine le film  sans avoir vu passer les 2H20 avec une seule envie: se lever, applaudir en rythme et partir écouter du James Brown. Mick Jagger reconnaît  s’être largement inspiré de son énergie, sa présence charismatique sur scène mais aussi sa façon de danser. Il pouvait difficilement lui rendre plus bel hommage…

    Après le voyage dans la musique, c’est un véritable voyage visuel éblouissant, étourdissant, fascinant que nous a proposé le festival pour clore cette 40ème édition avec SIN CITY : J’AI TUÉ POUR ELLE de Robert Rodriguez & Frank Miller  avec Mickey Rourke, Jessica Alba, Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt, Rosario Dawson, Eva Green, Ray Liotta, Bruce Willis, Christopher Lloyd, Christopher Meloni, Dennis Haysbert, Jaime King, Jeremy Piven, Juno Temple.

     Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices. Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d’un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n’aspire plus qu’à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv… Tous vont se retrouver au célèbre Kadie’s Club Pecos de Sin City…

    Alors, bien sûr la construction de l’intrigue est pour le moins imparfaite et inégale. Bien sûr, les clichés sont (omni)présents mais, après tout, à dessein, pour rendre hommage au film noir dont le film reprend et modernise les codes. A l’image du machiavélique personnage d’Eva Green la noirceur et la sophistication du film nous fascinent. Un feu d’artifices visuel qui se regarde avant tout comme un tableau éblouissant, divertissant si on accepte  de faire abstraction des failles et facilités scénaristiques.

    C’est un moment que je ne manque jamais, le prix Michel d’Ornano remis au premier scénario d’un film français qui, chaque année, nous fait découvrir une véritable pépite (l’an passé, « Les garçons et Guillaume, à table » de Guillaume Gallienne mais je me souviens de bien d’autres, comme « Le bleu des villes » de Stéphane Brizé) cette année attribué à ELLE L’ADORE de Jeanne Herry

    Muriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel estaussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie. Lorsqu’une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. Elle est entrainée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer.

    Dès la première scène, le décor est planté. Muriel raconte une anecdote à deux personnages de dos, témoignant de son goût pour le mensonge et les plaisanteries un peu lugubres. Une scène en trompe-l’œil aussi comme l’est le film qui, sous ses apparences de thriller est une comédie…ou l’inverse, faussement cynique, oscillant entre noirceur et légèreté. Peut-être aurais-je préféré que la noirceur prenne le pas sur la comédie et sans doute est-ce pour cela que je n’ai pas forcément partagé l’enthousiasme général pour ce film même si Sandra Kiberlain apporte au film une folie absolument irrésistible (la scène de l’interrogatoire est un moment d’anthologie, autour duquel semble d’ailleurs tourner le film). Les scènes de commissariat (notamment l’intrigue entre un couple de policiers) ne sont en revanche pas à la hauteur du reste…mais le film possède une légèreté et une folie douce (le film aurait peut-être gagné à ce qu’elle soit poussée encore plus loin,  à être moins consensuel) dont on aurait tort de se priver et il confirme surtout que Sandrine Kiberlain est une comédienne exceptionnelle douée dans tous les registres (rappelez-vous à quel point elle était touchante dans son rôle tout en retenue dans « Mademoiselle Chambon » du même Stéphane Brizé que celui qui avait reçu le prix d’Ornano à Deauville pour « Le Bleu des villes » précédemment évoqué). Une prestation qui nous a aussi valu un des plus beaux moments de ce festival: une véritable déclaration éperdue d’admiration de Vincent Lindon lors de la clôture dont la cinéphilie et la touchante personnalité, enthousiaste et à fleur de peau, ont aussi illuminé ce festival(  comme vous le verrez dans ma vidéo de l’hommage à Ray Liotta plus haut ou de la clôture ci-dessous).

    Conclusion :« Les plus belles années d’une vie sont celles qu’on  n’a pas encore vécues, je m’inscris tout de suite pour être dans le jury du 50ème anniversaire» a déclaré Claude Lelouch lors de la clôture (très réussie, sans temps mort) marquée par les discours des différents membres du jury (oui, j’aime beaucoup les citations et j’aime beaucoup citer Claude Lelouch:)). Un beau moment que je vous propose de revivre en vidéo ci-dessous.

     Pour ma part, je vous donne rendez-vous prochainement à Deauville pour d’autres évènements (le Festival du Film Asiatique 2015 notamment mais peut-être d’autres, avant cela) et dans quelques jours au Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz dont Inthemoodforfilmfestivals.com est partenaire et pour lequel je vous fais gagner vos pass, ici. Et, ultérieurement au nouveau Festival de Cinéma et Musique de La Baule, du 20 au 23 novembre.

    Je vous laisse avec la citation (oui, encore une) d’exergue de mon roman « Les Orgueilleux » qui pourrait être une réponse à celle du film The disappearance of Eleanor Rigby citée en introduction de cet article et une illustration du théâtre des apparences, tantôt fascinant, tantôt pathétique, qu’est un festival de cinéma, bref une Comédie humaine, ce qui n’est pas pour déplaire à l’inconditionnelle de Balzac que je suis: « Beaucoup d’hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux ». La Recherche de l’Absolu. Balzac.

    Merci à la Mairie de Deauville (notamment pour cette joyeuse soirée « avec » Sean Connery), à Cartier pour les belles soirées étoilées dans son incontournable villa, au Public Système ,  au CID pour les 27 pass mis en jeu ici, au photographe Dominique Saint pour ses belles photos « in the mood for Deauville ».

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    Toutes les photos et vidéos de cet article sont la propriété exclusive d’Inthemoodforfilmfestivals.com et ont été prises par Sandra Mézière. Retrouvez d’autres clichés du festival et de Deauville sur mon compte instagram (http://instagram.com/inthemoodforcinema ), sur mes comptes  twitter (@moodforcinema, @moodfdeauville, @moodforfilmfest) et sur mes autres blogs http://inthemoodlemag.com, http://inthemoodforhotelsdeluxe.com et http://inthemoodfordeauville.com .

     

     PALMARES DU 40ème FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE

    GRAND PRIX

    WHIPLASH DE DAMIEN CHAZELLE

    PRIX DU JURY

     THE GOOD LIE DE PHILIPPE FALARDEAU

    PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE

     IT FOLLOWS DE DAVID ROBERT MITCHELL

    PRIX DE LA REVELATION CARTIER

     A GIRL WALKS HOME ALONE AT NIGHT DE ANA LILY AMIRPOUR

    PRIX MICHEL D’ORNANO

     ELLE L’ADORE DE JEANNE HERRY

    PRIX DU 40E

     THINGS PEOPLE DO DE SAAR KLEIN

    PRIX DU PUBLIC DE LA VILLE DE DEAUVILLE

     WHIPLASH DE DAMIEN CHAZELLE