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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE - Page 5

  • Bilan et palmarès du Festival du Film de Cabourg 2015 - 29èmes journées romantiques

     

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    Accaparée par d’ exaltants projets (littéraires et journalistiques -dont je vous parlerai dans les mois à venir-, outre la modification d’Inthemoodfordeauville.com que j’inaugure avec ce nouvel article), je n’ai pas eu le temps de vous livrer ici mon compte rendu, qui sera donc inhabituellement tardif et bref, du Festival du Film de Cabourg 2015 (dont vous pouvez retrouver le programme complet, ici), des journées romantiques, 29èmes du nom, qui eurent lieu du 10 au 14 juin 2015. Peut-être, aussi, que l’envie de le relater n’était pas aussi viscérale que lorsque je reviens de festivals qui furent enthousiasmants comme l’ont été le dernier Festival de Cannesle Festival Lumière de Lyon ou encore le Festival du Film Policier de Beaune ou même le Champs-Elysées Film Festival où j’ai fait une petite incursion au retour de Cabourg.  Cabourg... petite escale festivalière normande avant le 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville à suivre comme chaque année, en direct, ici, en septembre prochain (et pour lequel, comme chaque année, je vous ferai prochainement gagner des pass).

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    Ce Festival de Cabourg s'est caractérisé par beaucoup d’attente (vaine, parfois) me contraignant à manquer la plupart des films que je souhaitais voir ou même revoir, en raison de  dysfonctionnements dans l'organisation (pour la presse uniquement, que le public soit privilégié est en revanche louable même si j'ai remarqué que l'obsession de certains était de boire du champagne ou se sustenter -pourquoi est-il nécessaire de venir dans un festival de cinéma pour cela, je m'interroge encore...-, sur ce point sans doute sont-ils repartis satisfaits, merci d'avance à la personne qui s'occupe de le presse de ne pas oublier que d'autres comme moi sont là par passion du 7ème art...). Il n’en demeure pas moins que j’aime toujours Cabourg, et que, d’ailleurs, je ferai  de son festival le cadre d'un prochain récit dont j'ai hâte de vous parler  mais c’est là une autre histoire. (Le Festival de Cabourg était d'ailleurs déjà aussi le cadre d'une des nouvelles de mon recueil "Ombres parallèles"). 

    En attendant, 13 ans après ma participation à son jury des courts-métrages et après y être retournée à diverses reprises, j’étais cette année de retour à Cabourg (après deux années consécutives au Champs-Elysées Film Festival dont une dans le jury blogueurs).

     

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    Ce festival a tout de même été jalonné de beaux moments d'émotion. Et, comme toujours, j'ai décidé de ne retenir ici que le meilleur, c'est aussi la raison pour laquelle je ne vous parlerai pas ou que très brièvement du film vainqueur de la compétition auquel je suis restée totalement hermétique malgré l'unanimité avec laquelle le jury de cette édition, présidé par Juliette Binoche, l'a récompensé. Il s'agit de "L’Éveil d’Edoardo" de Duccio Chiarini (dont je viens de découvrir qu'il était sorti le 17 juin en salles) qui a reçu le prix de la jeunesse. Pour Edoardo, 17 ans, le temps des premiers émois est venu, le temps d'un été sur la côte italienne.  "La fragilité et les faiblesses du sexe masculin trop souvent représentées selon des stéréotypes machistes. La problématique sexuelle, vécue par le personnage d’Edoardo, était pour moi un outil narratif pour raconter le passage de l’adolescence à l’âge adulte de façon plus intime et profonde", a ainsi déclaré le réalisateur. La profondeur du film m'a sans doute échappé. L'homme est un être sensible. Voilà ce que s'évertue à nous raconter ce film, avec plus ou moins de délicatesse. Oscillant entre la bluette et le film irrévérencieux pseudo-trash pour ados, à l'image de son héros (me direz-vous) tantôt goujat, tantôt poète, si le film échappe certes aux "stéréotype machistes", il n'échappe en revanche pas à ceux de l'un et l'autre genre de films précités.

     

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    Si l'affiche du festival  était évocatrice de chaleur, d’évasion, de langueur (d’après une photo extraite du film brésilien « Au premier regard » -« The way he looks »- de Daniel Ribeiro), les thématiques récurrentes de cette édition faisaient souvent rimer romantisme avec désespoir et étaient beaucoup plus sombres que ce que l'affiche de cette édition laissait présager, y compris dans les courts-métrages: deuil, fin de vie... sans oublier les traditionnels "parcours initiatiques" et tourments de l'adolescence.

     

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    Ce festival a avant tout été marqué par la lumineuse présence de Michel Legrand auquel le festival rendait hommage et qui a, à lui seul, incarné le romantisme (en tout cas, si on se fie à ma propre définition de celui-ci, selon moi lié aux tourments et aux errements du cœur, souvent indissociable d'une certaine mélancolie) qui faisait parfois défaut aux films projetés (pour certains, aussi vague et multiple puisse être sa définition, je le cherche toujours, ce romantisme...), d'abord venu présenter "Cinq jours en juin". Un film de 1988  qu'il a réalisé. Il s'agit d'un récit autobiographique dédié à sa mère, Marcelle dont il a parlé avec énormément d'émotion en présentant le film qui, sans aucun doute, a éclairé sous un autre jour la projection et a expliqué qu'elle m'a tant émue. Le film est certes de facture classique mais la réalisation est loin d'être inintéressante ou banale et, en plus d'être un musicien génial, Michel Legrand se révèle être un cinéaste doué, pudique et inspiré. Dans ce film, il raconte une histoire fortement inspiré de la sienne: Michel, âgé de quinze ans, (Matthieu Rozé) remporte son prix de piano au conservatoire de Paris le jour où les alliés débarquent sur les plages de Normandie. Les trains sont réquisitionnés, lui et sa mère (Annie Girardot) ne peuvent plus rentrer en Normandie. Avec Yvette ( Sabine Azéma), une jeune femme délurée, ils volent des bicyclettes et partent pour Saint-Lô. Sur leur chemin, ils échappent à des bombardements et à des combats, assistent à la débâcle des troupes allemandes et rencontrent des soldats américains. Michel tombe amoureux d'Yvette. Ce film exhale un parfum entêtant et enivrant qui doit s'appeler le charme qui doit beaucoup au trio de comédiens avec une Sabine Azéma, rayonnante, mutine, malicieuse, éclatante de vie et une Annie Girardot, à la fois grave et sereine et bienveillante, comme toujours d'une justesse remarquable. Un film plein de vitalité et d'émotions, de celle qui nous envahit quand on écrit pour les êtres chers disparus, de celle qui vient du cœur, qui transparait dans chacun des plans de ce film qui mérité d'être vu.

     

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     Michel Legrand a  reçu son Swann d'honneur des mains de Claude Lelouch et Nathalie Dessay. Il a raconté sur scène sa rencontre avec Macha Méril. Un beau moment d'émotion partagé salué par une standing ovation du public, ému et conquis.

    Beau moment aussi que le Swann d'or du meilleur acteur décerné par Juliette Binoche à Benoît Magimel qui fut son partenaire dans "Les Enfants du siècle" de Diane Kurys pour son rôle dans "La tête haute" d'Emmanuelle Bercot pour lequel Rod Paradot a également été récompensé: "Il a le regard bleu, le sourire pas très loin, son cœur écorché vif et sa grâce font de lui un véritable acteur romantique. À toi, Benoit..." a-t-elle ainsi déclaré.

    Après la soirée du palmarès, comme il est de tradition à Cabourg, les invités,   à 2H du matin se sont retrouvés autour du piano du Grand Hôtel. Un moment hors du temps que je suis finalement heureuse de n'avoir pas pu immortaliser parce que les émotions qu'il a procurées auraient de toute façon moins bien imprimées la photo que ma mémoire et l'intimité de l'instant ne s'y serait pas forcément prêté. Au panthéon des artistes s'étant pliés à l'exercice de bonne grâce  et  avec humilité : Emmanuelle Béart et Hervé Vilard  -qui s'est improvisé animateur de la soirée- chantant "Il n'y a plus d'après à Saint-Germain-des-Prés", Emmanuelle Béart interprétant, magnifiquement, "Seras-tu là" (bouleversant, bouleversante) , Nathalie Dessay et Michel Legrand, Raphaël Personnaz et Céline Scallette, Benoît Magimel sans oublier un "Capri, c'est fini", entonné joyeusement par toute l'assistance sous le regard de Xavier Beauvois, Juliette Binoche, Sonia Rolland- radieuse- etc. J'ai quitté les lieux à 5h du matin avant que la soirée ne s'achève, (il faut toujours quitter une soirée avant qu'elle ne s'achève, qu'il ne soit trop tard-ou tôt-, que la bonne humeur ne se tarisse et ne devienne feinte, que les cœurs ne dégrisent et que les regards ne se voilent de tristesse ou d'amertume),  grisée de musiques et de romantisme qu'a indéniablement incarné cette soirée, scène irréelle où je marchais dans la rue recouverte du tapis rouge, déserte à cette heure alors qu'elle était grouillante de monde dans la journée (photo ci-dessous).

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      Retrouvez, ci-dessous, mes critiques de mes coups de cœur du festival (dont je précise que, pour leur grande majorité, je les avais vus auparavant dans d'autres festivals ou en avant-première. Ces films furent soit projetés, soit primés à Cabourg (parfois les deux). Vous trouverez les explications de leur présence ici avant chaque critique. Retrouvez également le palmarès ci-dessous ainsi que quelques clichés complémentaires en bas de page (à retrouvezraussi sur mon compte instagram @sandra_meziere).

     

    Critique de « Valley of love » de Guillaume Nicloux (film projeté en clôture du Festival du Film de Cabourg 2015, sur scène, lors de l'annonce du palmarès, Xavier Beauvois s'est dit bouleversé par le film et a tenu à le recommander).

     

     

     

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    C’est à la fin du Festival de Cannes où il figurait en compétition officielle (le film était également en ouverture du Champs-Elysées Film Festival et en clôture du Festival du Film de Cabourg) que j’ai découvert pour la première fois « Valley of love », après 10 jours de grand cinéma qui font que, parfois, les images se mêlent, s’embrouillent, ne sont pas appréciées à leur juste valeur, surtout en un lieu et une époque où chacun se doit de donner (et de proclamer haut et fort) un avis à peine le générique terminé et qui comme le sujet du film finalement (le deuil) se doit d’être zappé. Or, certains films se dégustent plus qu’ils ne se dévorent, et il faut souvent du temps pour en appréhender la force, la profondeur, la pérennité de leurs images. C’est le cas de « Valley of love » qui, à Cannes, m’avait laissé un goût d’inachevé, malgré l’émotion qu’il avait suscitée en moi. Ce fut également sans aucun doute la conférence de presse la plus intéressante de ce 68ème Festival de Cannes. Curieusement, c’est celui auquel je repense le plus souvent et c’est sans aucun doute le pouvoir des grands films que de vous accompagner, de vous donner la sensation d’avoir effectué un voyage à l’issue duquel vous n’êtes plus tout à fait la même personne, c’est pourquoi j’ai décidé de retourner le voir pour vous en parler comme il le mérite…

     

    Isabelle (dont le prénom n’est d’ailleurs jamais prononcé) et Gérard (interprétés aussi par Isabelle –Huppert- et Gérard -Depardieu-) se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils, Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, six mois auparavant. Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael. Quel pitch prometteur et original, en plus de cette prestigieuse affiche qui réunit deux monstres sacrés du cinéma et qui reconstitue le duo de « Loulou » de Pialat, 35 ans après !

     

    Les premières minutes du film sont un modèle du genre. La caméra suit Isabelle qui avance de dos, vers un motel au milieu de nulle part. Une musique étrange et hypnotique (quelle musique, elle mérite presque à elle seul ce voyage !) l’accompagne. Les bruits de ses pas et de la valise marquent la cadence. Au fur et à mesure qu’elle avance, des notes dissonantes se glissent dans la musique. Puis, elle apparaît face caméra, dans la pénombre, son visage est à peine perceptible. Et quand elle apparaît en pleine lumière, c’est derrière les barreaux d’une fenêtre. Elle enlève alors ses lunettes et se dévoile ainsi à notre regard. Tout est là déjà : le cheminement, les fantômes du passé, l’ombre, le fantastique, la sensation d’enfermement, de gouffre obscur. Plus tard, ils se retrouvent. Le contraste est saisissant, entre le corps imposant et généreux de l’un, le corps frêle et sec de l’autre au milieu de ce paysage d’une beauté vertigineuse, infernale, fascinante, inquiétante.

     

    Le décor est le quatrième personnage avec Isabelle, Gérard, le fils absent et omniprésent. La chaleur est palpable, constamment. Des gouttes de sueur perlent sur le front de Gérard, se confondent parfois avec des larmes imaginées, contenues. Les grandes étendues vertigineuses du désert résonnent comme un écho à ce vertige saisissant et effrayant du deuil que ce film évoque avec tellement de subtilité, ainsi que son caractère si personnel et intransmissible. Isabelle n’est ainsi pas allée à l’enterrement de son fils parce qu’elle ne va plus aux enterrements depuis la mort de son père. On imagine que la vie les a l’un et l’autre happés, les a contraints à masquer leur douleur indicible, que ces étendues à perte de vue, le vide et l’enfer qu’elles symbolisent leur permet enfin d’y laisser libre cours « comme une sorte de pèlerinage. » : « Parfois j’ai l’impression que je vais m’effondrer, que plus rien ne me porte. Je me sens vidée, abandonnée », dit ainsi Isabelle.

     

    Grâce à l’humour judicieusement distillé, qui joue sur l’étanchéité des frontières entre leurs identités réelles et leurs identités dans le film (Gérard est acteur, dit être né à Châteauroux, et ne lit que les titres des films pour savoir s’il va accepter un film), elle est végétarienne, le trouve caractériel, lui reproche d’altérer l’écosystème parce qu’il nourrit les lézards. Le comique de situation provient du contraste entre ces deux corps, du contraste visuel aussi de ces deux personnages au milieu du décor (certains plans d’une beauté décalée, imprègnent autant la pellicule que la mémoire des spectateurs), à la fois gigantesques et minuscules dans cette vallée de la mort où ils ont rendez-vous avec leur fils, leur amour perdu. Ces quelques moments de comédie, comme dans le formidable film de Moretti, également en compétition du 68ème Festival de Cannes et également oublié du palmarès (« Mia Madre ») qui aborde le même sujet, permettent de respirer dans ce décor à perte de vue et étouffant avec cette chaleur écrasante, à l’image du deuil qui asphyxie et donne cette impression d’infini et d’inconnu oppressants.

     

    Mon seul regret concerne une scène trop écrite (dans la voiture) qui expose leurs situations respectives mais ce qui m’a gênée à la première vision, me paraît anecdotique à la deuxième. Certaines phrases résonnent avec d’autant plus de justesse qu’elles sont dites par des comédiens qui les prononcent avec une infinie délicatesse, qui trouvent constamment la note juste : « Si on se met à détester quelqu’un avec qui on a vécu c’est qu’on ne l’a jamais vraiment aimé. Quand on aime quelqu’un c’est pour toujours. » La force de ces deux immenses comédiens est de malgré tout nous faire oublier Depardieu et Huppert et de nous laisser croire qu’ils sont ces Isabelle et Gérard. Et il leur suffit de lire une lettre dans le décor épuré d’une chambre, sans autre artifice que leur immense talent, pour nous émouvoir aux larmes sans parler de cette scène finale bouleversante qui m’a ravagée à la deuxième vision autant qu’à la première.

     

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    Ce film qui ne ressemble à aucun autre, qui n’est pas dans le spectaculaire et l’esbroufe, mais dans l’intime et la pudeur, aborde avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité une réflexion sur le deuil et ce lien distordu avec le réel qu’il provoque, tellement absurde et fou, qu’il porte à croire à tout, même aux miracles, même une rencontre avec un mort dans une vallée du bout du monde. Aux frontières du fantastique qu’il franchit parfois, avec sa musique hypnotique, ses comédiens qui crèvent l’écran et un Depardieu à la présence plus forte que jamais (et il n’est pas question ici seulement de corpulence mais de sa capacité inouïe à magnétiser et occuper l’écran), un décor qui pourrait être difficilement plus cinégénique, intrigant, fascinant, inquiétant, « Valley of love »est un film captivant duquel se dégage un charme étrange   et envoûtant.

     

    En résulte une réflexion intéressante sur le deuil qui abolit ou suscite de nouvelles croyances (finalement l’homme ou la femme endeuillé(e) devient peut-être cet homme irrationnel du film de Woody Allen dans le formidable « Irrational man »), finalement comme le cinéma… Ainsi, Lambert Wilson, maître de cérémonie de ce 68ème Festival de Cannes, lors de l’ouverture, n’a-t-il pas dit lui-même « Le cinéma, c’est le rêve, le secret, le miracle, le mystère ». « Valley of love » est ainsi aussi une métaphore du cinéma, ce cinéma qui donne vie aux illusions, cette croyance folle que porte Isabelle face au scepticisme de Gérard.

     

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    Une fin qui nous hante longtemps après le générique, une fin d’une beauté foudroyante, émouvante, énigmatique. Un film pudique et sensible qui mérite d’être vu et revu et qui ne pourra que toucher en plein cœur ceux qui ont été confrontés à cet intolérable et ineffable vertige du deuil. L’oublié du palmarès comme le fut un autre film produit par sa productrice Sylvie Pialat l’an passé, l’immense « Timbuktu ».

    -Conférence de presse de « Valley of love » au 68ème Festival de Cannes –

     

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    Ci-dessous, quelques citations de la conférence de presse cannoise, lors de laquelle les deux acteurs se sont prêtés sans rechigner et avec générosité au jeu des questions, et en particulier Gérard Depardieu, bien plus complexe et passionnant que l’image à laquelle certains voudraient le réduire (j’en veux pour preuve les citations de cette conférence de presse reprises avec démagogie par certains médias qui n’ont pas pris la peine de citer en entier ses propos).

     

    « J’étais émerveillée par le scénario. » Sylvie Pialat

     

    « Je ne me servirai pas du deuil de Guillaume pour le rôle car c’est 1deuil à part mais je peux imaginer le poids de ces lettres. » Depardieu

     

    « Je n’ai pas de vision de l’Ukraine. Je suis comme tout le monde choqué. J’adore peuple ukrainien. Ces conflits ne sont pas de mon ressort. » Depardieu

     

    « Monsieur Poutine, je le connais bien, je l’aime beaucoup et « l’URSS » j’y vais beaucoup ». Depardieu

     

    « Je connais très mal les cinéastes de maintenant. J’aime beaucoup des gens comme Audiard dont le physique me fait penser à son père. » Depardieu

     

    « J’adore les séries et des acteurs comme B. Willis. Je ne rechigne pas devant un bon Rossellini ou un très bon Pialat. » Depardieu

     

    « Je me suis rendu compte que je faisais ce métier par plaisir et parce que ça facilitait la vie. » Depardieu

     

    « J’ai décidé de faire ce métier car je ne voulais pas travailler. Je me suis rendu compte que je voulais vivre. » Depardieu

     

    « Ce film, c’est comme une lecture sur des questions essentielles dont nous avons oublié de nous souvenir. » Gérard Depardieu

     

    « En lisant script sur ces actes manqués de l’oubli, ces interrogations qui nous retombent dessus, je l’ai rarement lu. » Depardieu

     

    « J’avais vu « La Religieuse », un film qui m’avait particulièrement interpellé. » G.Depardieu

     

    « L’idée de départ, qu’on s’appelle Gérard et Isabelle a créé d’emblée un aspect documentaire, un rapport particulier aux rôles. » Huppert

     

    « On se croit sur une autre planète dans la Vallée de la mort. On ne peut se raccrocher à rien. » Isabelle Huppert

     

    « Le lieu a été l’élément déclencheur de l’histoire. » Guillaume Nicloux

     

    Critique de « La rançon de la gloire » de Xavier Beauvois (film projeté à Cabourg dans le cadre de l'hommage à Michel Legrand)

     

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    Tout juste sorti de prison, Eddy Ricaart (Benoît Poelvoorde) est accueilli par son ami Osman Bricha (Roschdy Zem). Ils ont tous deux convenu d’un marché : Osman héberge Eddy ; en échange de quoi, celui-ci s’occupe de sa fille de sept ans, Samira – le temps que sa femme Noor subisse des examens à l’hôpital. Mais en cette veille de Noël le manque d’argent se fait cruellement sentir. Aussi, lorsque la télévision annonce la mort du richissime comédien Charlie Chaplin, Eddy a une idée : subtiliser le cercueil de l’acteur et demander une rançon à la famille ! Au même moment, le cirque s’installe en ville. Pour ce nouveau film, en compétition dans le cadre de la dernière Mostra de Venise, auréolé du succès publique et critique de son dernier film « Des Hommes et des Dieux », Xavier Beauvois a choisi de prendre un nouveau virage, celui de la comédie. Dans le premier plan, Eddy sort de prison, cheminant de l’ombre vers la lumière tandis qu’un gardien lui crie d’arrêter de faire son clown. Voilà son destin tracé: Eddy sortira de l’ombre vers la lumière en faisant le clown.« La rançon de la gloire » est avant tout une déclaration d’amour au cinéma, un hommage à Chaplin, une mise en lumière du talent de Poelvoorde qui, avec ce dernier, a en commun de nous faire passer du (sou)rire aux larmes en un quart de seconde, d’être un clown dont la mélancolie sans cesse affleure et nous bouleverse. L’ombre de Chaplin plane sur tout le film, de la scène de la fin des « Lumières de la ville» (une des plus belles scènes du cinéma si ce n’est la plus belle) diffusé à la télévision que regardent Eddy et Osman aux multiples références au « Feux de la rampe » mais aussi avec des clins d’œil au « Kid », à « La ruée vers l’or »… Peut-être le poids de ces références a-t-il été un peu lourd à porter, notamment lors de la scène, un peu longue (pour nous faire éprouver leur labeur, certes) où les deux bras-cassés déterrent et enterrent à nouveau le cercueil, coupant un peu le rythme du film pourtant jalonné de moments de grâce comme lorsqu’Eddy et Osman dansent dans leur taudis mais aussi jalonné de plans d’une beauté époustouflante comme celui d’Eddy et Samira au bord du Lac Léman, nous rappelant les plans d’une beauté ravageuse du magnifique « Des hommes et des dieux ». L’emphase lyrique et poignante de la musique de Michel Legrand qui se marie magnifiquement avec celle, étourdissante de beauté, des « Feux de la rampe » apporte au film une dimension supplémentaire. Un film doucement burlesque, tendrement drôle sublimé par la musique de Michel Legrand et porté par un formidable duo de comédiens et Benoît Poelvoorde, une nouvelle fois remarquable (après « 3 cœurs » de Benoît Jacquot dont vous pourrez retrouver ma critique, ici), dans le rôle de cet homme qui, en se maquillant et jouant un rôle, va dévoiler son vrai visage, finalement une métaphore du réalisateur qui, derrière sa caméra, orchestre ses vraies émotions, les met en lumière et dans la lumière.

     

     

     

     

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    Ma critique de « La tête haute » publiée à la suite de l’ouverture du 68ème Festival de Cannes à l’occasion de laquelle le film a été projeté (film projeté à Cabourg, dans le cadre des séances sur la plage, Benoît Magimel a également reçu le Swann d'or -amplement mérité- du meilleur acteur pour ce film et Rod Paradot, le prix, tout aussi mérité, "Premier Rendez-Vous" ).

     

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    Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau … Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants. Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse hier, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles. Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir. Après « Clément », « Backstage », « Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix et de lui donner cette visibilité.

     

    Critique de « Respire » de Mélanie Laurent (le film ne fut pas projeté à Cabourg mais je tenais absolument à vous en parler à nouveau, Joséphine Japy ayant ENFIN eu la récompense qu'elle méritait pour ce film : le Swann d'or de la révélation féminine -elle fut souvent nommée cette année, de même que Lou de Laâge qui méritait tout autant cette récompense mais, à chaque fois, Adèle Haenel, l'a emporté face à elles).-Ma critique ci-dessous a été publiée suite à la projection du film dans le cadre du Festival du Film de Saint-Jean de Luz dans le cadre duquel je l'ai découvert).

     

     

     

    C’est dans le cadre du 1er Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz que j’ai eu le plaisir de découvrir le film  dont la réalisatrice avait obtenu le prix du public à Saint-Jean-de-Luz, il y a trois ans, pour son premier long métrage en tant que réalisatrice, « Les Adoptés». Elle avait alors également reçu le prix du jury.

     

    Il s’agit en effet du  nouveau film de Mélanie Laurent qui y présentait  son deuxième long métrage en tant que réalisatrice, « Respire ». Cette séance fut riche en émotions et pas seulement parce que ce fut la dernière d’un film en compétition de ce 1er Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz mais aussi parce que la réalisatrice avait fait le voyage, entre deux scènes avec Angelina Jolie pour qui elle tourne actuellement, pour parler (avec passion) de son film après la projection mais aussi parce que Dany Boon, actuellement en tournage à Saint-Jean-de-Luz du dernier film de Julie Delpy « Lolo » était présent, ce qui a donné lieu à de savoureux échanges. La vidéo (ci-dessus) de présentation du film avant la projection témoigne de la convivialité et la bonne humeur communicatives qui règnaient dans ce festival.

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    Mélanie Laurent fait partie de ceux que certains aiment détester parce qu’elle a « le malheur » d’être une jeune femme polyvalente, déterminée et talentueuse dans chacun des domaines auxquels elle s’attèle : elle chante, joue, réalise. Une artiste à part entière guidée par le désir de créer. En est une nouvelle preuve la vidéo la mettant en scène, vidéo d’une méchanceté stupide, lâche et abjecte (qui avait pour seul mérite de démontrer, si besoin était, la puissance du montage cinématographique qui peut étayer n’importe quelle démonstration et orienter n’importe quel discours) qui a circulé récemment dans tous les médias qui l’ont repris comme si cela avait  valeur d’information, les mêmes médias parfois qui, lors du dernier Festival de Cannes, ont encensé « Respire » qui dénonce finalement cette perversité dont cette vidéo est finalement une forme de manifestation. La société, a fortiori médiatique, avide de cynisme et de détestation, et de détruire ceux qu’elle envie ou a encensé probablement dans un moment d’égarement, n’est pas à un paradoxe près. J’espère simplement que cela n’empêchera pas le film et da réalisatrice de connaître le succès qu’ils méritent.

    Ce nouveau film qui fut aussi présenté en séance spéciale à Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique 2014 est aussi sans aucun doute guidé par cet désir de créer, et de dire. Elle portait en effet ce projet de « Respire » depuis la parution du livre dont il est la libre adaptation, un premier roman éponyme d’Anne-Sophie Brasme de 2001.

    A cet âge où tout est essentiel, à la fois dérisoire et grave, passionné et viscéral, Charlie (Joséphine Japy), une jeune fille de 17 ans rencontre Sarah (Lou de Laâge). Sarah, c’est la nouvelle du lycée, celle que tout le monde « adopte »  et adore immédiatement, celle qui fascine, éblouit. La star immédiate du lycée. Sarah va choisir Charlie. Cette rencontre va peu à peu priver Charlie de souffle, l’enfermer dans une histoire étouffante d’amitié perverse…

    Dès le premier plan, Mélanie Laurent témoigne de sa parfaite maîtrise de son sujet et de sa caméra, franchissant encore une étape après « Les Adoptés ». L’évolution est flagrante dès le début du film.  Ce premier plan nous montre des toits tristement identiques de  pavillons de province. Lui succède celui d’une adolescente qui se lève  avec, hors-champ, les cris de ses parents qui se déchirent. Le décor est planté. L’apparente tranquillité n’est qu’un leurre.  Tout peut exploser, la tranquillité peut se briser, à tout instant.

    Au lycée, en cours, Charlie apprend les excès de la passion. Il suffisait de trouver un objet à celle-ci. Ce sera Sarah.  Peu à peu l’étau va se refermer sur Charlie, sa prison dans laquelle elle va elle-même s’enfermer. Mélanie Laurent distille progressivement des indices qui témoignent de la perversité de Sarah, créant un malaise et une empathie croissantes du spectateur pour Charlie. La tension est accentuée par une caméra à l’épaule, qui ne laisse pas de répit, suggère la survenance possible d’un drame. A tout moment. Comme un serpent prêt à surgir et étouffer sa proie.

    Comme sa mère qui pardonne toujours à son père, Charlie pardonnera toujours comme aveuglée, emprisonnée dans cette pseudo-amitié, dans sa fascination. Mélanie Laurent ne lâche ni ses actrices ni le spectateur, pas une seconde, tout comme Sarah ne lâche pas Charlie grâce à la qualité et la précision de son écriture (pas de plan superflu ou vain),  la beauté froide ou lumineuse des images ( comme ces plans de bord de mer dont la luminosité contraste intelligemment avec la noirceur de ce que commence alors à vivre Charlie) et  le talent de ses deux comédiennes (sans doute aussi très bien dirigées) qui crèvent littéralement l’écran. Va  s’opérer un glissement progressif du drame social vers le thriller. Planent les ombres de Chabrol, Hitchcock, Gus Van Sant, Sofia Coppola (sans les tics parfois mode-rne-s de cette dernière) mais surtout celle d’une nouvelle cinéaste qui ne cite pas les autres mais construit sa propre filmographie et ses propres codes : Mélanie Laurent.

    Le film est aussi jalonné de moments de grâce comme lorsque les deux jeunes filles dansent sur « You and Me » de Disclosure, exacerbant encore la noirceur de ce qui suivra et le sentiment de prison sans échappatoire pour Charlie.

    Après la projection, Mélanie Laurent a raconté avoir découvert Lou de Laâge dans « J’aime regarder les filles », le magnifique premier film de Frédéric Louf qui avait révélé un autre immense comédien, Pierre Niney. Je me réjouis encore d’avoir fait partie du jury qui avait récompensé Lou de Laâge au Festival International du Film de Boulogne-Billancourt pour « Nino, une adolescence imaginaire de Nino Ferrer » de Thomas Bardinet.  Ici, elle excelle une nouvelle fois dans ce rôle de manipulatrice qui, sous des abords au départ particulièrement affables, va  se révéler venimeuse, double, perverse. Face à elle, Joséphine Japy est époustouflante, interprétant avec beaucoup de nuances, notamment grâce à d’éloquents silences, sa souffrance indicible. C’est d’autant plus impressionnant qu’une vingtaine de séquences ont été improvisées. Mélanie Laurent a ainsi passé 4 mois à travailler avec ses actrices pour seulement 6 semaines de tournage.

    Un film à la fois intemporel (Mélanie Laurent ne situe d’ailleurs pas vraiment l’intrigue dans une époque précise) et dans l’air du temps (mais qui ne cherche pas à l’être) qui peut-être en aidera certain(e)s à fuir et ne pas se laisser enfermer par ces « ami(e)s » toxiques qui, avancent masqué(e)s, séduisent tout le monde avec une habileté et une ingénuité fourbes, pour mieux  exclure la proie choisie, se l’accaparer, puis la détruire. Un film dont la brillante construction met en lumière la noirceur et la détermination destructrices de ces êtres, nous plongeant avec Charlie dans cet abyme mental en apparence inextricable.

    Un film d’une remarquable maîtrise et justesse, au parfum pernicieusement envoûtant, prenant, parfaitement maîtrisé du premier au dernier plan qui est d’une logique aussi violente qu’implacable. Le dénouement apparaît en effet finalement comme la  seule respiration et la seule issue possibles. Un film qui m’a laissée à bout de souffle, longtemps après le générique de fin.

    Et si vous n' êtes pas encore convaincus, voici les mots de Dany Boon à la fin de la projection qui auront pour vous peut-être plus de poids que les miens : « J’ai trouvé le film très maîtrisé, incroyable. La fin est très prenante. Film bouleversant, d’une justesse incroyable, je suis très impressionné ».

     

    A voir également:

     

    « Les Bêtises » de Rose et Alice Philippon dont c'est le premier long-métrage, à voir pour Jérémie Elkaïm, lunaire, burlesque, attendrissant, entre Pierre Richard et M. Hulot, absolument irrésistible...et pour Sara Giraudeau dont le personnage possède un charme et une maladresse tout aussi irrésistibles. Un film à l'humour tendre et décalé, une bulle de champagne récréative .

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    « Un moment d’égarement » de Jean-François Richet (dans un genre nouveau et inattendu), remake d'un film écrit et réalisé par Claude Berri-c'est son  films Thomas Langmann qui est l'initiateur et le producteur du projet- avec Marielle et Lanoux remplacé ici par Cassel et Cluzet, dont on aurait parfois aimé qu'il bascule vers le drame (aux frontières duquel il se situe parfois et pour lequel le film dont il est l'adaptation avait davantage opté). A été choisie la voie du divertissement qui tient d'ailleurs ses promesses avec un duo de grands acteurs qui fonctionne parfaitement (Cassel - Cluzet) et deux jeunes actrices très prometteuses: Lola Le Lann et Alice Isaaz. A noter, une excellente BO dont "I Follow Rivers" de Lykke Li déjà indissociable de "La Vie d'Adèle". 

     

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    "Lessons in love" de Fred Schepisi qui a reçu le prix du public , à voir d'abord et surtout pour Juliette Binoche qui, une fois de plus, crève l'écran et qui incarne ici  Dina Delsanto, une peintre abstraite autrefois célèbre pour son art (Juliette Binoche a réellement peint les œuvres présentées, réalisées pour le film), reconvertie en enseignante, à cause d'une polyarthrite précoce. Elle rencontre une ancienne star littéraire et en crise personnelle, Jack (Clive Owenà) qui n'a pas publié depuis des années. Il retrouve son inspiration au travers d'une rivalité avec cette dernière. Ils embrigaderont leurs élèves dans une joute pour savoir quelle est la plus belle forme d'art : les images ou les mots.  Un bel hommage à la force et la beauté de ces deux arts.

     

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     PALMARES DU FESTIVAL DU FILM DE CABOURG 2015

     

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    Juliette Binoche (présidente du jury) étaitaccompagnée de : Jérôme Bonnell (réalisateur), Luís Galvão Teles (réalisateur et producteur), Maxime Nucci (compositeur-interprète et acteur), Raphaël Personnaz (acteur), Céline Sallette (actrice), Guillaume Schiffman (directeur de la photographie), Gilles Taurand (scénariste) et Mélanie Thierry (actrice).

    Grand Prix

     L’Éveil d’Edoardo de Duccio Chiarini 

    Prix Spécial du jury

    Zurich de Sacha Polak

    Prix de la jeunesse

    L’Éveil d’Edoardo de Duccio Chiarini

    Prix du Public essilor

    Lessons In Love de Fred Schepisi

    Section courts Métrages

    Meilleur Court Métrage

    Copain de Jan et raf roosens

    Meilleures actrices Louisiane Gouverneur et Ilys barillot dans « À qui la faute » de Anne-Claire Jaulin

    Meilleur Acteur benoit Hamon dans « Jeunesse des loups garous » de Yann Delattre

    Swann d’or

    Révélation féminine

    Joséphine Japy dans Respire  de Mélanie Laurent

    Révélation Masculine Kévin Azaïs dans Les Combattants de Thomas Cailley

    Meilleure actrice

    Anaïs Demoustier dans À trois on y va de Jérôme Bonnell

    Meilleur Acteur

    Benoît Magimel dans La Tête haute d’Emmanuelle Bercot

    Meilleur Film

     Caprice d’Emmanuel Mouret

    Meilleur réalisateur

    Arnaud Desplechin pour Trois souvenirs de ma jeunesse

    Meilleur Premier Film

    Clovis Cornillac pour Un Peu, Beaucoup, Aveuglément

    Coup de Cœur

     Michel legrand

    Prix Premier rendez-Vous

    Pour une actrice

    Sophie Verbeeck dans À trois on y va de Jérôme Bonnell

    Pour un acteur Rod Paradot dans La Tête haute d’Emmanuelle Bercot

     

    Quelques clichés complémentaires: 

     

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    Ci-dessus, le Grand Hôtel de Cabourg et son excellent tea time (testé et approuvé).

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    Merci à la joyeuse et très sympathique équipe de Dr. Hauschka (partenaire du festival) pour le chaleureux accueil dans leur chambre du Grand Hôtel.

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    Ci-dessus, je ne pouvais pas aller à Cabourg sans faire une escale à Deauville et l'immortaliser une nouvelle fois.

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    Chaque journée débutait par le petit déjeuner chez "Dupont avec un thé" (présent à Cabourg, Deauville, Trouville et Dives), réputé (à raison) pour ses succulentes viennoiseries et pâtisseries -mention spéciale pour le fraisier-.

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    A lire également:

    Mon avis sur l'hôtel Les Bains de Cabourg

     

     

  • Défilé "Deauville par Armor-Lux" sur les planches de Deauville ce 26 juin à 12H

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    La première collection Deauville par Armor-Lux sera présentée demain à Deauville. Un événement à ne pas manquer pour tous les amoureux de Deauville et de mode.

    Les deux marques ont en commun " un attachement fort à leur identité respective, au développement de leur territoire et à l’audace."

    Conçue avec la collaboration du cabinet Nelly Rodi, cette collection propose une ligne sportive et décontractée inspirée de l'iconographie de Deauville, de ses symboles et de ses couleurs.  
    Deauville et Armor Lux ont invité agnès b. – fidèle à Deauville et à son engagement culturel - à dessiner une capsule au sein de cette collection. Les trois marques signent là leur envie partagée de mettre en lumière la créativité, le savoir-faire et le savoir-être français.  
    La collection capsule est en vente dans une sélection de boutiques Armor-Lux (Deauville, Granville, Paris, Plaisir, Quimper, Dinard, Saint-Grégoire…et agnès b.  Les produits Deauville par Armor Lux seront en vente dans le réseau Armor Lux.

    La marque Deauville a pour objectifs de promouvoir Deauville et de générer des recettes pour soutenir le développement de son territoire Elle met en lumière des projets, des équipements, des événements qui font vivre son territoire. Elle est partageable par tous ceux qui contribuent au développement de la ville et de son attractivité.   
      

    Défilé à 12h sur les Planches de Deauville. Accès libre.

  • Le film de la semaine: VALLEY OF LOVE de Guillaume Nicloux (Critique)

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    C’est à la fin du Festival de Cannes où il figurait en compétition officielle (le film était également en clôture du Festival du Film de Cabourg) que j’ai découvert pour la première fois « Valley of love », après 10 jours de grand cinéma qui font que, parfois, les images se mêlent, s’embrouillent, ne sont pas appréciées à leur juste valeur, surtout en un lieu et une époque où chacun se doit de donner (et de proclamer haut et fort) un avis à peine le générique terminé et qui comme le sujet du film finalement (le deuil) se doit d’être zappé. Or, certains films se dégustent plus qu’ils ne se dévorent, et il faut souvent du temps pour en appréhender la force, la profondeur, la pérennité de leurs images. C’est le cas de « Valley of love » qui, à Cannes, m’avait laissé un goût d’inachevé, malgré l’émotion qu’il avait suscitée en moi. Ce fut également sans aucun doute la conférence de presse la plus intéressante de ce 68ème Festival de Cannes. Curieusement, c’est celui auquel je repense le plus souvent et c’est sans aucun doute le pouvoir des grands films que de vous accompagner, de vous donner la sensation d’avoir effectué un voyage à l’issue duquel vous n’êtes plus tout à fait la même personne, c’est pourquoi j’ai décidé de retourner le voir pour vous en parler comme il le mérite…

    Isabelle (dont le prénom n’est d’ailleurs jamais prononcé) et Gérard (interprétés aussi par Isabelle –Huppert- et Gérard -Depardieu-) se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils, Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, six mois auparavant. Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael. Quel pitch prometteur et original, en plus de cette prestigieuse affiche qui réunit deux monstres sacrés du cinéma et qui reconstitue le duo de « Loulou » de Pialat, 35 ans après !

    Les premières minutes du film sont un modèle du genre. La caméra suit Isabelle qui avance de dos, vers un motel au milieu de nulle part. Une musique étrange et hypnotique (quelle musique, elle mérite presque à elle seul ce voyage !) l’accompagne. Les bruits de ses pas et de la valise marquent la cadence. Au fur et à mesure qu’elle avance, des notes dissonantes se glissent dans la musique. Puis, elle apparaît face caméra, dans la pénombre, son visage est à peine perceptible. Et quand elle apparaît en pleine lumière, c’est derrière les barreaux d’une fenêtre. Elle enlève alors ses lunettes et se dévoile ainsi à notre regard. Tout est là déjà : le cheminement, les fantômes du passé, l’ombre, le fantastique, la sensation d’enfermement, de gouffre obscur. Plus tard, ils se retrouvent. Le contraste est saisissant, entre le corps imposant et généreux de l’un, le corps frêle et sec de l’autre au milieu de ce paysage d’une beauté vertigineuse, infernale, fascinante, inquiétante.

    Le décor est le quatrième personnage avec Isabelle, Gérard, le fils absent et omniprésent. La chaleur est palpable, constamment. Des gouttes de sueur perlent sur le front de Gérard, se confondent parfois avec des larmes imaginées, contenues. Les grandes étendues vertigineuses du désert résonnent comme un écho à ce vertige saisissant et effrayant du deuil que ce film évoque avec tellement de subtilité, ainsi que son caractère si personnel et intransmissible. Isabelle n’est ainsi pas allée à l’enterrement de son fils parce qu’elle ne va plus aux enterrements depuis la mort de son père. On imagine que la vie les a l’un et l’autre happés, les a contraints à masquer leur douleur indicible, que ces étendues à perte de vue, le vide et l’enfer qu’elles symbolisent leur permet enfin d’y laisser libre cours « comme une sorte de pèlerinage. » : « Parfois j’ai l’impression que je vais m’effondrer, que plus rien ne me porte. Je me sens vidée, abandonnée », dit ainsi Isabelle.

    Grâce à l’humour judicieusement distillé, qui joue sur l’étanchéité des frontières entre leurs identités réelles et leurs identités dans le film (Gérard est acteur, dit être né à Châteauroux, et ne lit que les titres des films pour savoir s’il va accepter un film), elle est végétarienne, le trouve caractériel, lui reproche d’altérer l’écosystème parce qu’il nourrit les lézards. Le comique de situation provient du contraste entre ces deux corps, du contraste visuel aussi de ces deux personnages au milieu du décor (certains plans d’une beauté décalée, imprègnent autant la pellicule que la mémoire des spectateurs), à la fois gigantesques et minuscules dans cette vallée de la mort où ils ont rendez-vous avec leur fils, leur amour perdu. Ces quelques moments de comédie, comme dans le formidable film de Moretti, également en compétition du 68ème Festival de Cannes et également oublié du palmarès (« Mia Madre ») qui aborde le même sujet, permettent de respirer dans ce décor à perte de vue et étouffant avec cette chaleur écrasante, à l’image du deuil qui asphyxie et donne cette impression d’infini et d’inconnu oppressants.

    Mon seul regret concerne une scène trop écrite (dans la voiture) qui expose leurs situations respectives mais ce qui m’a gênée à la première vision, me paraît anecdotique à la deuxième. Certaines phrases résonnent avec d’autant plus de justesse qu’elles sont dites par des comédiens qui les prononcent avec une infinie délicatesse, qui trouvent constamment la note juste : « Si on se met à détester quelqu’un avec qui on a vécu c’est qu’on ne l’a jamais vraiment aimé. Quand on aime quelqu’un c’est pour toujours. » La force de ces deux immenses comédiens est de malgré tout nous faire oublier Depardieu et Huppert et de nous laisser croire qu’ils sont ces Isabelle et Gérard. Et il leur suffit de lire une lettre dans le décor épuré d’une chambre, sans autre artifice que leur immense talent, pour nous émouvoir aux larmes sans parler de cette scène finale bouleversante qui m’a ravagée à la deuxième vision autant qu’à la première.

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    Ce film qui ne ressemble à aucun autre, qui n’est pas dans le spectaculaire et l’esbroufe, mais dans l’intime et la pudeur, aborde avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité une réflexion sur le deuil et ce lien distordu avec le réel qu’il provoque, tellement absurde et fou, qu’il porte à croire à tout, même aux miracles, même une rencontre avec un mort dans une vallée du bout du monde. Aux frontières du fantastique qu’il franchit parfois, avec sa musique hypnotique, ses comédiens qui crèvent l’écran et un Depardieu à la présence plus forte que jamais (et il n’est pas question ici seulement de corpulence mais de sa capacité inouïe à magnétiser et occuper l’écran), un décor qui pourrait être difficilement plus cinégénique, intrigant, fascinant, inquiétant, « Valley of love »est un film captivant duquel se dégage un charme étrange   et envoûtant.

    En résulte une réflexion intéressante sur le deuil qui abolit ou suscite de nouvelles croyances (finalement l’homme ou la femme endeuillé(e) devient peut-être cet homme irrationnel du film de Woody Allen dans le formidable « Irrational man »), finalement comme le cinéma… Ainsi, Lambert Wilson, maître de cérémonie de ce 68ème Festival de Cannes, lors de l’ouverture, n’a-t-il pas dit lui-même « Le cinéma, c’est le rêve, le secret, le miracle, le mystère ». « Valley of love » est ainsi aussi une métaphore du cinéma, ce cinéma qui donne vie aux illusions, cette croyance folle que porte Isabelle face au scepticisme de Gérard.

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    Une fin qui nous hante longtemps après le générique, une fin d’une beauté foudroyante, émouvante, énigmatique. Un film pudique et sensible qui mérite d’être vu et revu et qui ne pourra que toucher en plein cœur ceux qui ont été confrontés à cet intolérable et ineffable vertige du deuil. L’oublié du palmarès comme le fut un autre film produit par sa productrice Sylvie Pialat l’an passé, l’immense « Timbuktu ».

    -Conférence de presse de « Valley of love » au 68ème Festival de Cannes –

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    Ci-dessous, quelques citations de la conférence de presse cannoise, lors de laquelle les deux acteurs se sont prêtés sans rechigner et avec générosité au jeu des questions, et en particulier Gérard Depardieu, bien plus complexe et passionnant que l’image à laquelle certains voudraient le réduire (j’en veux pour preuve les citations de cette conférence de presse reprises avec démagogie par certains médias qui n’ont pas pris la peine de citer en entier ses propos).

    « J’étais émerveillée par le scénario. » Sylvie Pialat

    « Je ne me servirai pas du deuil de Guillaume pour le rôle car c’est 1deuil à part mais je peux imaginer le poids de ces lettres. » Depardieu

    « Je n’ai pas de vision de l’Ukraine. Je suis comme tout le monde choqué. J’adore peuple ukrainien. Ces conflits ne sont pas de mon ressort. » Depardieu

    « Monsieur Poutine, je le connais bien, je l’aime beaucoup et « l’URSS » j’y vais beaucoup ». Depardieu

    « Je connais très mal les cinéastes de maintenant. J’aime beaucoup des gens comme Audiard dont le physique me fait penser à son père. » Depardieu

    « J’adore les séries et des acteurs comme B. Willis. Je ne rechigne pas devant un bon Rossellini ou un très bon Pialat. » Depardieu

    « Je me suis rendu compte que je faisais ce métier par plaisir et parce que ça facilitait la vie. » Depardieu

    « J’ai décidé de faire ce métier car je ne voulais pas travailler. Je me suis rendu compte que je voulais vivre. » Depardieu

    « Ce film, c’est comme une lecture sur des questions essentielles dont nous avons oublié de nous souvenir. » Gérard Depardieu

    « En lisant script sur ces actes manqués de l’oubli, ces interrogations qui nous retombent dessus, je l’ai rarement lu. » Depardieu

    « J’avais vu « La Religieuse », un film qui m’avait particulièrement interpellé. » G.Depardieu

    « L’idée de départ, qu’on s’appelle Gérard et Isabelle a créé d’emblée un aspect documentaire, un rapport particulier aux rôles. » Huppert

    « On se croit sur une autre planète dans la Vallée de la mort. On ne peut se raccrocher à rien. » Isabelle Huppert

    « Le lieu a été l’élément déclencheur de l’histoire. » Guillaume Nicloux

  • Programme complet du Festival du Film de Cabourg à suivre en direct ici du 10 au 14 juin 2015

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    C’est  un festival dont je vous parle chaque année et que j’affectionne tout particulièrement pour sa convivialité singulière, la richesse de sa programmation, son cadre idyllique, et  les nombreuses (re)découvertes cinématographiques qu’il permet. C’est par exemple là que j’ai découvert ce magnifique premier film et un jeune acteur alors inconnu qui a récemment reçu le César 2015 du meilleur acteur, actuellement à l’affiche pour l’excellent « Un homme idéal » de Yann Gozlan.

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    Ci-dessus, photo du 25ème Festival du Film de Cabourg, présentation du film « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf.

    Témoignent également de cette qualité de programmation les films de l’édition précédente avec, notamment: « Party girl » (en compétition), « La chambre bleue » (Ciné-Swann 2014), « New-York Melody » (Par amour de la musique), « Les Combattants » (Panorama) …

    Chaque année, le festival semble prendre davantage d’ampleur tout en conservant sa joyeuse convivialité et accessibilité. Voyez plutôt, en 2014, y vinrent ainsi: Emmanuelle Béart, Lucas Belvaux, Thomas Cailley, Catherine Corsini, Émilie Dequenne, Pauline Étienne, Déborah François, Ana Girardot, Valéria Golino, Michaël Lonsdale, Julie Lopes-Curval, Sophie Marceau, Pio Marmaï, Gilbert Melki, Géraldine Nakache, Guillaume Nicloux, Martin Provost, Pierre Salvadori, Laura Smet, Zhang Ziyi, …

    Les spectateurs ne s’y trompent pas, plus nombreux chaque année, plus de 10000 à chaque édition.

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     Membre du jury des courts-métrages du festival en 2002, j’y suis retournée à de nombreuses reprises  depuis et j’en ai même fait le cadre d’une des nouvelles de mon recueil de nouvelles sur les festivals de cinéma  « Ombres parallèles » ( et il se pourrait bien que des scènes clefs de mon prochain roman s’y déroulent également). Bref, cette année, c’est décidé, après quelques infidélités à ce beau festival, notamment pour faire partie du jury du Champs-Elysées Film Festival qui se déroulait à la même époque l’an passé, j’y retournerai pour vous le faire vivre en direct. Vous pourrez donc me suivre ici et sur twitter (@moodforcinema / @moodfdeauville ) en direct du festival.

    J’ai par ailleurs le plaisir de vous faire gagner 5 pass de 5 places pour cette édition 2015 afin que vous puissiez vous aussi profiter de ce magnifique festival. Cliquez ici pour voir le règlement du concours et pour participer. (Dépêchez-vous, il ne reste qu’une journée).

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    Voici toutes les informations concernant cette édition 2015:

    - Elle se déroulera du 10 au 14 juin 2015.

    -Il s’agira des 29èmes journées romantiques.

    -Le festival a pour affiche ce magnifique visuel évocateur de chaleur, d’évasion, de langueur d’après une photo extraite du film brésilien « Au premier regard » (« The way he looks ») de Daniel Ribeiro. Chaque année, l’affiche du festival est ainsi tirée d’une scène d’un film en sélection.

    -Lauréate, notamment, du prix d’interprétation à Cannes en 2010 pour son rôle polysémique dans le sublime « Copie  conforme » de Kiarostami,  (un film que je vous recommande si vous ne l’avez pas déjà vu), à nouveau dans un film en compétition à Cannes l’an passé (le fascinant « Sils Maria » d’Olivier Assayas, un grand film  très ancré dans son époque, sa violence médiatique, un film sur l’étanchéité des frontières entre l’art et la vie, et l’implacable violence du temps qui passe, un film au charme vénéneux, un jeu de miroirs et de reflets mélancolique, envoûtant et brillant au propre comme au figuré), Juliette Binoche sera la prestigieuse présidente du jury de cette édition 2015. Elle était déjà venue à Cabourg en 1997 pour recevoir le Swann d’Or de la meilleure actrice pour « Le Patient Anglais » d’Anthony Minghella, film éminemment romantique.

    -Juliette Binoche sera accompagnée de : Jérôme Bonnell (réalisateur), Luís Galvão Teles (réalisateur et producteur), Maxime Nucci (compositeur-interprète et acteur), Raphaël Personnaz (acteur), Céline Sallette (actrice), Guillaume Schiffman (directeur de la photographie), Gilles Taurand (scénariste) et Mélanie Thierry (actrice).

    -Le Jury de la Jeunesse composé de 6 lycéens de seconde de la Région Basse Normandie sera parrainé cette année par Safy Nebbou (réalisateur) et  Anne Queffélec (pianiste).

    -Le jury courts métrages sera présidé cette année par Christophe Barratier (réalisateur). Il sera accompagné de : Alma Jodorowsky (actrice), Félix Moati (acteur), Marie Modiano (chanteuse, écrivain et actrice), Finnegan Oldfield (acteur), Elisabeth Perez (productrice), Serge Riaboukine (acteur).

     – Comme chaque année, le Festival organise une soirée caritative qui aura lieu cette année  le jeudi 12 juin au Grand Hôtel de Cabourg. L’intégralité des recettes (repas et tombola des roses) est reversée à l’association mise à l’honneur. Au-delà du fait que vous pourrez faire une bonne action, je vous recommande vivement cette soirée toujours très réussie. Soirée caritative: jeudi 11 juin 2015 à 21h. Ouverture des réservations au Grand Hôtel de Cabourg courant mai. Tenue correcte exigée (pas de basket et de tee-shirt pour les messieurs et tenue de soirée pour les dames) Tarif: 80 euros + achat d’une rose pour la tombola des roses. Cette année, le festival soutient la Fédération du Calvados du Secours Populaire. Cette année, le concert sera assuré par Vanille Clerc et Hervé Vilard.

    -La compétition de longs métrages

    C’est toujours un temps fort du festival: sept films de toutes nationalités sont présentés au Grand Jury et au Jury du Prix de la Jeunesse. Figurent en compétition, cette année:

    -L’Éveil d’Edoardo, de Duccio CHIARINI Italie / 2014 / 1h26 Sortie prévue le 17 juin Interprétation : Matteo Creatini, Francesca Agostini, Nicola Nocchi, Miriana Raschillà
    -Farewell To The Moon, de Dick TUINDER Pays-Bas / 2014 / 1h34 Interprétation : Ward Jansen, Marcel Hensema, Pauline Greidanus, lotte Proot, Dana Zelcer
    -Film sur Alexeev, de Mikhail SEGAL Russie / 2014 / 1h35 Interprétation : Alexander Zbruev, Alexei Kapitonov, Tatiana Maist, Denis Fomin, Anastasia Popkova
    -In Your Arms, de Samanou A. SAHLSTRØEM Danemark-Allemagne / 2015 / 1h30 Interprétation : Lisa Carlehed, Peter Plaugborg, Kirsten Olesen, Gustav Giese, Johanna Wokalek
    -Les Mariées, de Tinatin KAJRISHVILI Géorgie-France / 2014 / 1h34 Interprétation : Mari Kitia, Giorgi Maskharashyili, Giorgi Makharadze, Darejan Khachidze, Tamar Mamulashvili, Anuka Grigolia
    -Summer, d’Alanté KAVAÏTÉ Lituanie-France-Hollande / 2015 / 1h28 Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Julija Steponaityte, Aisté Diržiūtė
    -Zurich, de Sacha POLAK Allemagne-Belgique-Pays-Bas / 2015 / 1h29 Interprétation : Wende Snijders, Sascha Alexander Gersak, Barry Atsma, Martijn Lakemeier

    Toujours de qualité, je vous recommande également la compétition de courts métrages. Cette année, au programme :

    PROGRAMME 1

    -Abseits der Autobahn, de Rhona MÜHLEBACH Suisse / 2014 / 21’ Interprétation : Andrea Zogg, Charlotte Heinimann

    -Copain, de Jan et Raf ROOSENS Belgique / 2015 / 15’ Interprétation : Félix Meyer, Anne-Laure Vandeputte

    -Tohu-Bohu, de Juliette PENANT Belgique / 2014 / 22’ Interprétation : Anaïs Thomas, Clément Losson

    -À qui la faute, de Anne-Claire JAULIN France / 2015 / 19’ Interprétation : Ilys Barillot, Louisiane Gouverneur

    PROGRAMME 2

    -Le Mal du citron, de Kaspar SCHILTKNECHT et Jeremy ROSENSTEIN Suisse / 2014 / 21’ Interprétation : Camille Genaud, Ludovic Chazaud

    -Feux, de Mali ARUN France / 2015 / 12’ Interprétation : Anaïs Faure-Herman, Fabian Wolfrom

    -Au moins le sais-tu, de Arthur LECOUTURIER Belgique / 2014 / 19’ Interprétation : Valentine Lapière, Françoise Oriane

    -Jeunesse des loups-garous, de Yann DELATTRE France / 2015 / 22’ Interprétation : Nina Meurisse, Benoît Hamon

    Panorama / prix du public Essilor :

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    Lors des séances du Panorama, les spectateurs donnent leurs appréciations grâce à un bulletin de vote distribué en salle, en indiquant avoir aimé le film un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, ou pas du tout.

    Le Prix du Public est remis au film ayant recueilli les meilleures appréciations des spectateurs, lors de la Cérémonie des Swann d’Or. Sont en lice :

    -Les Bêtises, de Rose et Alice PHILIPPON France / 2015 / 1h20 Sortie prévue le 22 juillet Interprétation : Jérémie Elkaïm, Sara Giraudeau, Jonathan Lambert, Alexandre Steiger, Anne Alvaro, Jacques Weber

    -Les Chaises musicales, de Marie BELHOMME France / 2014 / 1h22 Sortie prévue le 15 juillet Interprétation : Isabelle Carré, Carmen Maura, Philippe Rebbot

    -Daddy Cool, de Maya FORBES USA / 2014 / 1h23 Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide

    -Les Deux Amis, de Louis GARREL France / 2015 / 1h40 Sortie prévue le 23 septembre Interprétation : Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne, Louis Garrel

    -Je suis mort mais j’ai des amis, de Guillaume et Stéphane MALANDRIN Belgique-France / 2014 / 1h36 Sortie prévue le 22 juillet Interprétation : Bouli Lanners, Wim Willaert, Lyes Salem, Serge Riaboukine

    -Lessons in Love, de Fred SCHEPISI USA / 2013 / 1h51 Sortie prévue au second semestre 2015 Interprétation : Juliette Binoche, Clive Owen

    -Marguerite et Julien, de Valérie DONZELLI France / 2015 / 1h45 Sortie prévue le 30 septembre Interprétation : Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Frédéric Pierrot, Aurélia Petit

    -Mirage d’amour, de Hubert TOINT Belgique-Chili / 2013 / 1h40 Interprétation : Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco

    -Pause, de Mathieu URFER Suisse / 2014 / 1h22 Interprétation : André Wilms, Julia Faure, Baptiste Gilliéron

    -The Duke of Burgundy, de Peter STRICKLAND Royaume-Uni / 2014 / 1h46 Sortie prevue le 17 juin Interprétation : Sidse Babett Knudsen, Chiara D’Anna

    -Un moment d’égarement, de Jean-François RICHET France / 2015 / 1h45 Prévue le 24 juin Interprétation : François Cluzet, Vincent Cassel, Alice Isaaz, Lola Le Lann

    -Une Famille à louer, de Jean-Pierre AMÉRIS France / 2014 / 1h37 Sortie prévue le 19 Août Interprétation : Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, François Morel, Philippe Rebbot

    -La Voz en off, de Cristián JIMÉNEZ Chili-France / 2014 / 1h36 Interprétation : Ingrid Isensee, Maria Siebald, Niels Schneider

    Le Ciné Swann en salles et sur la plage

    A la nuit tombante, le vendredi et le samedi soir, les succès romantiques de l’année écoulée sont projetés sur un écran géant. Les spectateurs assistent à ces séances installés sur la plage dans des transats du partenaire officiel France Télévisions, entre la mer et le Grand Hôtel. Je vous recommande tout particulièrement « La tête haute » d’Emmanuelle Bercot qui, avant d’être une excellente actrice (elle a reçu le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle dans « Mon roi » de Maïwenn) est une cinéaste de grand talent. Après son sublime « Elle s’en va » en 2013, « La tête haute » est un film à ne pas manquer.

    Sur la plage :

    -À trois on y va, de Jérôme BONNELL France / 2015 / 1h26 Interprétation : Anaïs Demoustier, Félix Moati, Sophie Verbeeck, Patrick D’assumçao

    -Caprice, de Emmanuel MOURET France / 2015 / 1h40 Interprétation : Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Laurent Stocker de la Comédie Française, Emmanuel Mouret

    -La Tête haute, de Emmanuelle BERCOT France / 2015 / 1h59 Interprétation : Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel, Sara Forestier

    Ma critique de « La tête haute » publiée à la suite de l’ouverture du 68ème Festival de Cannes à l’occasion de laquelle le film a été projeté :

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    Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau … Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants. Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse hier, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles. Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir. Après « Clément », « Backstage », « Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix et de lui donner cette visibilité.

    En salles

    -Trois souvenirs de ma jeunesse, de Arnaud DESPLECHIN France / 2015 / 2h03 Interprétation : Quentin Dolmaire, Lou RoyLecollinet, Mathieu Amalric

    -Un peu, beaucoup, aveuglément, de Clovis CORNILLAC France / 2015 / 1h30 Interprétation : Mélanie Bernier, Clovis Cornillac, Lilou Fogli, Philippe Duquesne

    -Prix premiers Rendez-vous

    La Cérémonie des Premiers Rendez-Vous 2015 se déroulera au Grand Casino de Cabourg le vendredi 12 juin, avec le soutien d’Allianz, et les lauréats recevront les aides suivantes :

    -À trois on y va, de Jérôme BONNELL France / 2015 / 1h26 Interprétation : Anaïs Demoustier, Félix Moati, Sophie Verbeeck, Patrick D’assumçao

    -La Tête haute, de Emmanuelle BERCOT France / 2015 / 1h59 Interprétation : Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel, Sara Forestier

    -Par amour de la musique :

    Dans la plupart des films présentés à Cabourg, mots d’amour et notes de musique s’entremêlent. Les premiers s’appuient sur les seconds pour transcender leur portée, la musique devenant un élément clé du film.   La projection de ces films s’accompagnera, dans la mesure du possible, d’une rencontre entre un compositeur de musique de films, un réalisateur et le public.

    LONGS MÉTRAGES :

    -Film sur Alexeev, de Mikhail SEGAL Russie / 2014 / 1h35 Musique : Mikhail Segal Interprétation : Alexander Zbruev, Alexei Kapitonov, Tatiana Maist, Denis Fomin, Anastasia Popkova

    -Mirage d’amour, de Hubert TOINT Belgique-Chili / 2013 / 1h40 Interprétation : Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco

    -Pause, de Mathieu URFER Suisse / 2014 / 1h22 Interprétation : André Wilms, Julia Faure, Baptiste Gilliéron

    -Summer, d’Alanté KAVAÏTÉ Lituanie-France-Hollande / 2015 / 1h28 Musique : JB Dunckel Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Julija Steponaityte, Aisté Diržiūtė

    Par Amour de la Musique

    COURTS MÉTRAGES :

    -Sans les gants, de Martin RAZY France / 2014 / 18’ Musique : Cyrille Aufort Interprétation : Zacharie Chasseriaud, Lina Elarabi

    -Un obus partout, Zaven NAJJAR France / 2015 / 9’ / Animation Musique : Marc Codsi et Zeid Hamdan Avec les voix de : Arthur Dupont, Thomas Blumenthal, Sabine Zovighian, Jean-Michal Fête

    -People are Strange, de Julien HALLARD France / 2014 / 20’ Interprétation : Franc Bruneau, Esteban

    DOCUMENTAIRES :

    -No Land’s Song, de Ayat NAJAFI Allemagne-France / 2014 / 1h31

    -Un amour absolu, de Stéphanie PILLONCAKERVERN France / 2014 / 53’

    Coup de cœur à Michel Legrand

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    Le Festival rend hommage à Michel Legrand pour l’ensemble de sa carrière d’auteur compositeur-interprète. Dans ce cadre, trois grands succès romantiques, dont il a composé la musique, seront présentés au public. Il sera accompagné de Macha Méril et Stéphane Lerouge ainsi que de Claude Lelouch et Xavier Beauvois qui viendront présenter respectivement Les Uns et les Autres et La Rançon de la gloire.

    -Cinq jours en juin, de Michel LEGRAND France / 1989 / 1h48 Musique : Michel Legrand Interprétation : Sabine Azéma, Annie Girardot, Matthieu Rozé

    -La Rançon de la gloire, de Xavier BEAUVOIS France / 2014 / 1h40 Musique : Michel Legrand Interprétation : Benoît Poelvoorde, Roschdy Zem, Séli Gmach, Chiara Mastroianni, Nadine Labaki

    Critique de « La rançon de la gloire » de Xavier Beauvois

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    Tout juste sorti de prison, Eddy Ricaart (Benoît Poelvoorde) est accueilli par son ami Osman Bricha (Roschdy Zem). Ils ont tous deux convenu d’un marché : Osman héberge Eddy ; en échange de quoi, celui-ci s’occupe de sa fille de sept ans, Samira – le temps que sa femme Noor subisse des examens à l’hôpital. Mais en cette veille de Noël le manque d’argent se fait cruellement sentir. Aussi, lorsque la télévision annonce la mort du richissime comédien Charlie Chaplin, Eddy a une idée : subtiliser le cercueil de l’acteur et demander une rançon à la famille ! Au même moment, le cirque s’installe en ville. Pour ce nouveau film, en compétition dans le cadre de la dernière Mostra de Venise, auréolé du succès publique et critique de son dernier film « Des Hommes et des Dieux », Xavier Beauvois a choisi de prendre un nouveau virage, celui de la comédie. Dans le premier plan, Eddy sort de prison, cheminant de l’ombre vers la lumière tandis qu’un gardien lui crie d’arrêter de faire son clown. Voilà son destin tracé: Eddy sortira de l’ombre vers la lumière en faisant le clown.« La rançon de la gloire » est avant tout une déclaration d’amour au cinéma, un hommage à Chaplin, une mise en lumière du talent de Poelvoorde qui, avec ce dernier, a en commun de nous faire passer du (sou)rire aux larmes en un quart de seconde, d’être un clown dont la mélancolie sans cesse affleure et nous bouleverse. L’ombre de Chaplin plane sur tout le film, de la scène de la fin des « Lumières de la ville» (une des plus belles scènes du cinéma si ce n’est la plus belle) diffusé à la télévision que regardent Eddy et Osman aux multiples références au « Feux de la rampe » mais aussi avec des clins d’œil au « Kid », à « La ruée vers l’or »… Peut-être le poids de ces références a-t-il été un peu lourd à porter, notamment lors de la scène, un peu longue (pour nous faire éprouver leur labeur, certes) où les deux bras-cassés déterrent et enterrent à nouveau le cercueil, coupant un peu le rythme du film pourtant jalonné de moments de grâce comme lorsqu’Eddy et Osman dansent dans leur taudis mais aussi jalonné de plans d’une beauté époustouflante comme celui d’Eddy et Samira au bord du Lac Léman, nous rappelant les plans d’une beauté ravageuse du magnifique « Des hommes et des dieux ». L’emphase lyrique et poignante de la musique de Michel Legrand qui se marie magnifiquement avec celle, étourdissante de beauté, des « Feux de la rampe » apporte au film une dimension supplémentaire. Un film doucement burlesque, tendrement drôle sublimé par la musique de Michel Legrand et porté par un formidable duo de comédiens et Benoît Poelvoorde, une nouvelle fois remarquable (après « 3 cœurs » de Benoît Jacquot dont vous pourrez retrouver ma critique, ici), dans le rôle de cet homme qui, en se maquillant et jouant un rôle, va dévoiler son vrai visage, finalement une métaphore du réalisateur qui, derrière sa caméra, orchestre ses vraies émotions, les met en lumière et dans la lumière.

    -Les Uns et les Autres, de Claude LELOUCH France / 1981 / 3h04 Musique : Michel Legrand et Francis Lai Interprétation : Daniel Olbrychski, James Caan, Macha Méril, Jorge Donn

    -Séance spéciale – Film de clôture

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    Valley of Love, de Guillaume NICLOUX France / 2015 / 1h31 Interprétation : Isabelle Huppert, Gérard Depardieu.  Ce film a été présenté en compétition officielle du 68ème Festival de Cannes. Isabelle et Gérard (interprétés aussi par Isabelle –Huppert- et Gérard –Depardieu-) se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils, Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, six mois auparavant. Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael. Quel pitch prometteur et original ! Ce film qui ne ressemble d’ailleurs à aucun autre aborde une réflexion sur le deuil et ce lien distordu avec le réel qu’il provoque, tellement absurde et fou, qu’il porte à croire à tout, même aux miracles. Aux frontières du fantastique qu’il franchit parfois, avec sa musique hypnotique, ses comédiens qui crèvent l’écran et un Depardieu à la présence plus forte que jamais (et il n’est pas question ici seulement de corpulence mais de sa capacité inouïe à magnétiser et occuper l’écran), le duo de Loulou reformé 35 ans plus tard, un décor qui pourrait être difficilement plus cinégénique, intrigant, fascinant, inquiétant, troisième personnage, de ce « Valley of love », de ce film se dégage un charme étrange   et envoûtant, et résulte une réflexion intéressante sur le deuil qui abolit ou suscite de nouvelles croyances (finalement l’homme ou la femme endeuillée devient peut-être cet homme irrationnel du film de Woody Allen) , finalement comme le cinéma… Lambert Wilson, maître de cérémonie de ce 68ème Festival de Cannes, lors de l’ouverture, n’a-t-il pas dit lui-même « Le cinéma, c’est le rêve, le secret, le miracle, le mystère ». Quelques moments de comédie (et un jeu avec les prénoms et les véritables identités de Gérard et Isabelle, Depardieu dans le film étant aussi un acteur), comme dans le film de Moretti qui aborde finalement le même sujet, permettent de respirer dans ce décor à perte de vue et étouffant, à l’image du deuil qui étouffe et donne cette impression d’infini et d’inconnu oppressants. Dommage qu’on ressorte avec ce sentiment d’inachevé pour ce film loin d’être inintéressant.

    Section jeunesse :

    -Maternelles : U, de Serge ELISSALDE France / 2005 / 1h15 Avec les voix de : Vahina Giocante, Isild Le Besco, Sanseverino

    -Primaires : Les Fantastiques Livres volants de M. Morris Lessmore France-Argentine-Etats-Unis Luxembourg / 2013 / 50’

    La sélection européenne :

    LONGS METRAGES :

    -45 ans, d’Andrew HAIGH Royaume-Uni / 2015 / 1h33 Sortie prévue le 4 novembre   Interprétation : Charlotte Rampling, Tom Courtenay

    -L’Éveil d’Edoardo, de Duccio CHIARINI Italie / 2014 / 1h26 Sortie prévue le 17 juin Interprétation : Matteo Creatini, Francesca Agostini, Nicola Nocchi, Miriana Raschillà

    -Farewell To The Moon, de Dick TUINDER Pays-Bas / 2014 / 1h34 Interprétation : Ward Jansen, Marcel Hensema, Pauline Greidanus, lotte Proot, Dana Zelcer

    -In Your Arms, de Samanou A. SAHLSTRØEM Danemark-Allemagne / 2015 / 1h30 Interprétation : Lisa Carlehed, Peter Plaugborg, Kirsten Olesen, Gustav Giese, Johanna Wokalek

    -Je suis mort mais j’ai des amis, de Guillaume et Stéphane MALANDRIN Belgique-France / 2014 / 1h36 Sortie prévue le 22 juillet Interprétation : Bouli Lanners, Wim Willaert, Lyes Salem, Serge Riaboukine

    -Mirage d’amour, de Hubert TOINT Belgique-Chili / 2013 / 1h40 Interprétation : Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco

    -Summer, d’Alanté KAVAÏTÉ Lituanie-France / 2015 / 1h28 Sortie prévue le 08 juillet Interprétation : Julija Steponaityte, Aisté Diržiūtė

    -The Duke of Burgundy, de Peter STRICKLAND Royaume-Uni / 2014 / 1h46 Sortie prevue le 17 juin Interprétation : Sidse Babett Knudsen, Chiara D’Anna

    -Zurich, de Sacha POLAK Allemagne-Belgique-Pays-Bas / 2015 / 1h29 Interprétation : Wende Snijders, Sascha Alexander Gersak, Barry Atsma, Martijn Lakemeier

    COURTS METRAGES :

    -Au moins le sais-tu, de Arthur LECOUTURIER Belgique / 2014 / 19’ Interprétation : Valentine Lapière, Françoise Oriane

    -Copain, de Jan et Raf ROOSENS Belgique / 2015 / 15’ Interprétation : Félix Meyer, Anne-Laure Vandeputte

    -Tohu-Bohu, de Juliette PENANT Belgique / 2014 / 22’ Interprétation : Anaïs Thomas, Clément Losson

    DOCUMENTAIRE :

    -No Land’s Song, de Ayat NAJAFI Allemagne-France / 2014 / 1h31

    Conférences et dédicaces

    -SAMEDI 13 JUIN À 14h30 À LA SALL’IN

    CONFÉRENCE ET SIGNATURE DE GONZAGUE SAINT BRIS Gonzague Saint Bris présentera De Léonard de Vinci à André Breton : Les Histoires drones, conférence suivie d’une séance de dédicace.

    -SAMEDI 13 JUIN À 16h30 À LA SALL’IN

    SIGNATURE DE MACHA MÉRIL L’écrivaine dédicacera ses 3 derniers livres : – L’Amour dans tous ses états – L’Humour au féminin – C’est prêt dans un quart d’heure

    SIGNATURE DE MICHEL LEGRAND L’écrivain et Swann d’honneur de cette nouvelle édition sera présent pour une séance de dédicace de son dernier livre Rien n’est grave dans les aigus, écrit en collaboration avec Stéphane Lerouge

    -Ne manquez pas non plus LE TAPIS ROUGE le vendredi et le samedi : la Soirée des Premiers Rendez-vous du vendredi 12 juin et la Soirée de Clôture du samedi 13 juin seront précédées d’un tapis rouge sur la promenade Marcel Proust, du Grand Hôtel au Grand Casino.

    Informations pratiques

    Sachez enfin que le festival est entièrement accessible au public. Voici toutes les informations à ce sujet :

    Les projections du Festival sont accessibles en achetant un laissez-passer (30 euros pour 5 séances de cinéma), remis dans un kit-festivalier comprenant le catalogue et la grille-horaire. Muni de ce laissez-passer, chaque spectateur retire les places pour les films de son choix en billetterie. Les projections sont aussi accessibles à l’unité au tarif de 7 et de 5 pour les étudiants. De plus, pour la première fois cette année, l’entrée est gratuite pour les moins de 25 ans pour les projections de la Salle Essilor – Cinéma Le Drakkar.

    À partir du lundi 8 juin après-midi, l’espace billetterie ouvre ses portes et les ventes de laissezpasser y sont assurées. L’achat et le retrait des places commence à partir du premier jour du festival : mercredi 10 juin. Attention, ces retraits ne peuvent s’effectuer que pour les séances du jour même et du lendemain : le mercredi seules les places des séances du mercredi et du jeudi sont disponibles, le jeudi, sont uniquement distribuées les places du jeudi et du vendredi, et ainsi de suite…

    Attention : les tickets n’étant ni échangeables, ni remboursables, la ponctualité est indispensable !

    Espace billetterie – 2 points de vente seront ouverts pendant le Festival :

    • Pavillon Charles Bertrand sur les Jardins du Casino, Lundi 8 juin : 14h/18h (Vente de laissez-passer uniquement) Mardi 9 juin : 10h/18h (Vente de laissez-passer uniquement)   18h30/21h (Retrait des places des associations) Mercredi 10 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Jeudi 11 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Vendredi 12 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Samedi 13 juin : 8h30/22h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma) Dimanche 14 juin : 8h30/17h (Vente de laissez-passer et retrait/achat des billets de cinéma)
    • Salle Essilor – Cinéma Le Drakkar, Dives-sur-Mer Ouverture de ce point de vente 30 minutes avant chaque projection programmée dans la Salle Essilor.

    Afin de faciliter l’accès à la Salle Essilor – Cinéma Le Drakkar, des navettes gratuites seront mises à disposition des festivaliers pour se rendre au Cinéma Le Drakkar à Dives-sur-Mer.

    Conditions générales de vente disponibles sur www.festival-cabourg.com

    Pour en savoir plus, vous pouvez aussi vous rendre sur le site officiel du festival (www.festival-cabourg.com), suivre le festival sur twitter (@festfilmcabourg) et sur sa page Facebook officielle (https://www.facebook.com/Festival.du.Film.de.Cabourg), et suivre mon compte twitter sur lequel je vous informerai régulièrement de l’actualité du festival (@moodforcinema ), de même sur ma page Facebook (Facebook.com/inthemoodforcinema ).

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  • Benoît Jacquot, président du jury du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Retrouvez également cet article sur mon site http://inthemoodforfilmfestivals.com.

    C’est le 13 Mai dernier, alors que débutait le 68ème Festival de Cannes, qu’a été annoncé le nom du président du jury du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville qui sera donc le cinéaste Benoît Jacquot qui succède ainsi au  cinéaste et Président de la Cinémathèque Française, Costa-Gavras. En bonus, ci-dessous, retrouvez mes critiques de « 3 cœurs » et « Les Adieux à la reine » de Benoît Jacquot.

    « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve à chaque fois d’un moment inoubliable: je rêve de découvrir et de faire découvrir à Deauville un film inoubliable », a ainsi déclaré le président du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Du vendredi 4 septembre au dimanche 13 septembre 2015, vous pourrez suivre ici le 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (qui sera pour moi aussi le 21ème) ainsi que sur mes autres blogs http://inthemoodfordeauville.com  et http://inthemoodlemag.com.

    Suivez-moi également en direct du festival sur les réseaux sociaux: @moodforcinema (compte twitter principal) et @moodfdeauville (mon compte twitter consacré exclusivement à Deauville et ses festivals), sur instagram (@sandra_meziere) et sur mes comptes Facebook, le principal http://facebook.com/inthemoodforcinema et celui que je consacre à Deauville et à ses festivals : http://facebook.com/inthemoodfordeauville.

    En amont du festival, vous retrouverez ici toutes les informations concernant cette 41ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Et, en attendant, vous pouvez toujours relire mon bilan du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, ici, et lire mon recueil de nouvelles « Ombres parallèles » dont plusieurs se déroulent dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    A très bientôt pour un nouveau festival « in the mood for Deauville » et, en attendant, retrouvez-moi en direct du Festival du Film de Cabourg du 11 au 14 juin pour lequel je vous fais gagner vos places, ici !

    Critique de TROIS COEURS de Benoît Jacquot

    Benoît Jacquot aime adapter des romans et mettre en scène des femmes comme protagonistes de ses films : Virginie Ledoyen dans « La Fille seule », Judith Godrèche dans » La Désenchantée » Isabelle Huppert dans « Villa Amalia », « L’École de la chair », « Les Ailes de la colombe », « Pas de scandale »,  Isabelle Adjani dans « Adolphe »…

    Son film précédent, « Les Adieux à la reine », ne dérogeait pas à la règle puisqu’il s’agissait d’une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas qui, à travers le regard paradoxalement innocent et clairvoyant de la jeune Sidonie Laborde ( Léa Seydoux), jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine  (Diane Kruger)  nous emmenait dans les coulisses de Versailles, en 1789, à l’aube de la révolution. Passionnant du début à la fin, férocement moderne, cruellement réaliste, magnifiquement mélancolique, « Les adieux à la reine » est avant tout la brillante métaphore de la fin d’un monde, et de l’éternelle valse pathétique des courtisans qui, pour satisfaire leur orgueil et un peu de lumière ( celle de la richesse mais surtout de la célébrité) sont prêts à tout, au mépris des autres et parfois de leur propre dignité. Un tableau d’une tragique élégance aussi fascinant que terriblement cruel et mélancolique, historique et contemporain, instructif et intemporel.

    Cette fois, dans ce film qui se déroule à notre époque, le personnage principal est un homme entouré de deux femmes et il ne s’agit pas d’une adaptation mais d’un scénario original de Benoît Jacquot et Julien Boivent.

    Dans une ville de province, une nuit, Marc (Benoît Poelvoorde) rencontre Sylvie (Charlotte Gaisnbourg) dans un bar, sinistre et propice aux rencontres impromptues, alors qu’il a raté le train pour rentrer à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, complices. Avant de repartir, Marc donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, au jardin des Tuileries, quelques jours après comme d’autres en haut de l’Empire State Building une année plus tard. « Elle et lui » ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, à cause d’un « accident de cœur », le manquera. Il la cherchera. En vain. Sur sa route, il trouvera Sophie, ignorant qu’elle est la sœur de Sylvie et la personne la plus importante de sa vie…

    D’emblée, règne une atmosphère mélancolique (la province, la nuit, les rues désespérément calmes et désertes), presque fantastique (la silhouette fantomatique de Sylvie, comme une apparition) et surtout la musique de Bruno Coulais aux notes inquiétantes, résonnant comme un avertissement. Ensuite, soit on accepte le postulat de départ et on se laisse embarquer, séduire même : Benoît Poelvoorde est un inspecteur des impôts et Charlotte Gainsbourg et lui tombent follement et irrationnellement (même n’est-ce pas indissociable ?) amoureux. Soit on reste sur le bord de la route.

    Au début, un peu sceptique, et à l’image des acteurs filmés de loin puis en plans de plus en plus serrés, j’ai pris cette histoire un peu à la légère, avec distance, avant d’être peu à peu enfermée à mon tour, captivée par les élans des ces trois cœurs qui, derrière leur apparente retenue,  battent la chamade, étouffent, suffoquent.

     Il y a du Chabrol dans ce film, dans cette manière de dresser le portrait de la bourgeoisie de province, faussement morale, tranquille et sage. Il y a du Truffaut dans cet amour malheureux, étourdissant et irrépressible, qui est « une joie et une souffrance » sans oublier la voix off très truffaldienne qui renforce cette impression de détachement apparent. Et puis (référence que Benoît Jacquot revendiquera peut-être moins) dans ces « hasards et coïncidences » qui font parfois le sel et les drames de la vie et plus encore ceux du cinéma, il y a du Lelouch.

    Cela commence comme une comédie romantique pour peu à peu se transformer en mélodrame (revendiqué, assumé, en recourant délibérément aux stéréotypes du film de ce genre) mené comme un thriller haletant. Palpitant. L’étau se resserre. Le souffle manque. Poelvoorde, emprisonné et écartelé, devient de plus en plus inquiétant, aux portes de la folie, se jetant à cœur et corps perdus dans ses amours et son travail. Comme un condamné. Condamné à aimer et en mourir. Malade d’amour. Malade du cœur dont les soubresauts le mèneront à sa perte. Sans doute certains trouveront-ils la métaphore trop appuyée ou simpliste mais elle apporte au film son rythme et sa tension, constante, croissante.

     Chiara Mastroianni est bouleversante dans le rôle de la femme fragile, aimante, aveugle, aveuglée et Charlotte Gainsbourg sous l’emprise de la passion, trahissant la personne qu’elle aime le plus au monde, convaincante, à fleur de peau, avec toujours ce mélange irrésistible de force et de fragilité. Dans l’ombre, Catherine Deneuve incarne avec justesse la mère qui a tout compris mais ne dira rien. Pas de manichéisme, pas de bons et de méchants, simplement des personnages, victimes de leurs irréfragables élans du cœur et des coups torves du destin.

    Quant à Benoit Poelvoorde, une fois de plus, à un personnage sur le papier banal il apporte sa fragilité, sa folie, sa singularité, son étrangeté, sa séduction nous rappelant qu’il n’excelle jamais autant que dans ces rôles d’hommes en apparence ordinaires à qui il arrive des histoires extraordinaires. Son plus beau rôle reste celui, trouble et troublant, d’ « Entre ses mains » d’Anne Fontaine dans lequel il parvient à rendre un tueur en série terriblement attirant. Alors oui, parfois, Benoît Jacquot use et abuse (à dessein) des clichés (le miroir pour exprimer la dualité, le conflit, les deux visages, les signes et coups du destin comme ces plans insistants sur l’heure) mais « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point »…et ne cherche parfois pas à connaître, et le mien s’est emballé pour ce film empreint de noirceur, de romantisme, de désenchantement, de tragédie et pour ces trois acteurs follement séduisants, et désespérément humains pris dans ce drame presque hitchcockien, inextricable et passionnant.

    Critique – LES ADIEUX A LA REINE de Benoît Jacquot

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    Benoit Jacquot aime adapter des romans et mettre en scène des femmes comme protagonistes de ses films : Virginie Ledoyen dans « La Fille seule », Judith Godrèche dans » La Désenchantée » Isabelle Huppert dans « Villa Amalia », « L’École de la chair », « Les Ailes de la colombe », « Pas de scandale », Isabelle Adjani dans « Adolphe »…

    Son dernier film, « Les adieux à la reine », ne déroge pas à la règle puisqu’il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas, et puisque c’est à travers le regard paradoxalement innocent et clairvoyant de la jeune Sidonie Laborde ( Léa Seydoux), jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine (Diane Kruger) que nous voyons Versailles, en 1789, à l’aube de la révolution. L’insouciance et la désinvolture y règnent encore tandis que, à l’extérieur, la révolte gronde. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive jusqu’à la Cour, le château se vide. Nobles et serviteurs s’enfuient. Entièrement dévouée à la Reine par qui elle se croit protégée, Sidonie souhaite rester. Benoit Jacquot nous fait vivre à ses côtés ses trois derniers jours à Versailles, les 14,15, 16 juillet 1789 : la fin d’une époque.

    Comme souvent, Benoit Jacquot met en scène une réalité étouffante, la solitude de ses personnages et le désir de fuite mais quand cette réalité est celle de Versailles filmé avec une modernité et un réalisme étonnants, cela devient absolument passionnant.

    Dès les premiers plans, il capte ainsi notre intérêt et notre empathie en nous mettant à la place de Sidonie (souvent filmée de dos) qui, en trois jours, va grandir en découvrant toute la violence redoutable de Versailles, la lâcheté, la vanité, derrière les visages poudrées, derrière les masques qui tombent.

    Que vous aimiez ou pas les films historiques, celui-ci vous happera pour vous conduire dans les dédales mystérieux et inquiétants de Versailles pour ne plus vous lâcher jusqu’à la dernière seconde. D’abord parce que c’est un Versailles loin des clichés que nous fait ici découvrir Benoit Jacquot. Personnage à part entière, Versailles est filmé comme une prison dorée au vernis qui se craquèle, souvent moins clinquante que les fastes de la cour le laissent imaginer, et c’est à travers Versailles, lieu d’un huis-clos étouffant, que nous sont relatées ces trois journées historiques mais c’est aussi la brillante métaphore d’un monde qui se meurt, pourri de l’intérieur, tout comme cet étang apparemment impassible est gangréné par les rats, ou ces tenues dorées sous lesquelles sévissent les moustiques.

    A l’image de la monarchie et de la noblesse, Versailles se décompose et derrière l’étincelante galerie des glaces se cachent des couloirs étroits, sombres et humides filmés comme un gouffre obscur et menaçant, tout comme derrière les visages poudrés et les fastes de la cour se dévoile un monde en décomposition. La caméra frémissante de Benoît Jacquot épouse et métaphorise ces frémissements et est si précise qu’il nous donne l’impression de ressentir l’humidité glaçante des couloirs de Versailles où grouille toute cette vie souterraine et fourmillante d’une noblesse qui préfère rester tapie dans des appartements délabrés dans l’ombre du roi plutôt que de vivre à la lumière de ses châteaux, une noblesse qui se contente de cette vie obscure dans l’ombre du roi avec l’obsessionnel espoir de quérir un peu de sa lumière. Intemporelle valse des courtisans qui en plus de la fin d’un monde nous parle du nôtre grâce à la modernité de la mise en scène et du jeu des acteurs qui brouillent judicieusement les repères temporels…

    Ensuite, les relations troubles entre les trois femmes (la Reine, Sidonie et Madame de Polignac incarnée par Virginie Ledoyen) composées de domination, d’admiration, de manipulation, d’obsession sont absolument passionnantes car elles résument aussi toute la complexité de cet esprit de cour et des sentiments condamnés par l’intérêt et l’image, le souci des apparences là encore finalement très contemporain. Ces plans de courtisans qui courent pour apercevoir le Roi ou la Reine ou être aperçus d’eux rappellent une époque beaucoup moins lointaine avide d’images et qui s’aveugle dans l’admiration vaine et outrancière d’une autre royauté.

    Diane Kruger incarne cette reine frivole (qui pense à un nouveau motif pour ses vêtements quand le peuple meurt et gronde, quand son monde périclite) et capricieuse, prisonnière de Versailles comme de ses bracelets accrochés à ses poignets, qui passe d’un état à l’autre, tantôt horripilante, tantôt bouleversante, comme lorsqu’elle trône, terriblement seule et majestueuse, dans cette pièce soudain tristement luxueuse, illuminée par le feu d’une cheminée, déchirant des lettres, tandis que les vautours rôdent déjà. Symbole d’une époque et d’un monde qui chancèlent, image bouleversante de beauté, de mélancolie, de cruauté mêlées.

    Léa Seydoux, avec son visage diaphane, son regard déterminé, est absolument parfaite dans ce rôle de jeune lectrice qui, en trois jours, va vivre un parcours initiatique, passer de l’innocence à la conscience de la dure réalité, de quelqu’un à personne, et qui va fuir dans l’ombre d’une forêt, autant dire mourir puisqu’elle ne vivait que dans l’ombre lumineuse de la Reine et ces adieux à la Reine résonnent douloureusement comme des adieux à une époque, à un monde, à la vie.

    Une autre excellente idée est d’avoir concentré l’action sur trois jours, trois jours au cours desquels Versailles passe de la frivolité à la panique. La caméra frénétique de Benoit Jacquot renforce ce sentiment de tension palpable et crée un suspense captivant.

    Ajoutez à cela l’excellent scénario de Gilles Taurand, la musique de Bruno Coulais, la caméra vacillante de Benoit Jacquot à l’image de ce qu’elle enregistre, ce monde qui chancèle, et vous obtiendrez un des meilleurs films de cette année, passionnant du début à la fin, férocement moderne, cruellement réaliste, magnifiquement mélancolique, la brillante métaphore de la fin d’un monde, et de l’éternelle valse pathétique des courtisans qui, pour satisfaire leur orgueil et un peu de lumière ( celle de la richesse mais surtout de la célébrité) sont prêts à tout, au mépris des autres et parfois de leur propre dignité. Un tableau d’une tragique élégance aussi fascinant que terriblement cruel et mélancolique, historique et contemporain, instructif et intemporel.

  • Mon avis sur l'hôtel MGallery Les Cures Marines de Trouville

    En cliquant sur la photo ci-dessous, retrouvez mon article détaillé sur le nouvel hôtel MGallery de Trouville (publié sur mon site http://inthemoodforhotelsdeluxe.com) où j'ai eu le plaisir de séjourner une semaine après l'ouverture. La nouvelle adresse incontournable de la côte normande. Vous pouvez aussi lire l'article directement ici en cliquant sur "lire la suite.

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