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COMPETITION OFFICIELLE (FESTIVAL CINEMA AMERICAIN) - Page 5

  • "Compliance" de Craig Zobel en compétition officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012

    Compliance : affiche

    C'est tout simplement l'affiche du film (ci-dessus) qui nous apporte cette information "Compliance" qui a fait sensation au dernier Festival de Sundance sera ainsi en compétition du prochain Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Casting: Ann Dowd, Dreama Walker, Pat Healy...

    Synopsis: Lors d’une journée particulièrement chargée, Sandra, gérante d’un fast-food d’une banlieue de l’Ohio reçoit l’appel d’un policier accusant l’une de ses employés d’avoir volé un client. Le croyant sur parole, Sandra place Becky sous surveillance, entrant ainsi dans une situation qui va bientôt tous les dépasser.

  • Quatrième et cinquième journées « in the mood for Deauville » : compétition, hommages, premières…

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    C’est déjà mon sixième jour de présence à Deauville et le temps et les séances et les souvenirs s’égrènent si vite que je n’ai pas eu le temps de vous résumer ces deux derniers jours.

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     Pas encore d’énorme coup de cœur cinématographique mais une compétition qui révèle un niveau élevé et des premiers films de qualité…mais Deauville ce sont aussi les Premières à commencer par celle de « Drive » de Nicolas Winding Refn, prix de la mise en scène du dernier Festival de Cannes qui avait créé l’évènement sur la Croisette où je l’avais manqué. Drive est l'adaptation du livre éponyme écrit par James Sallis et c’est  le scénariste Hossein Amini qui a  transformé le roman en scénario. C’est l’histoire d’un jeune homme solitaire, "The Driver",  qui conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Il a pour « principe » de ne pas participer aux crimes de ses employeurs qu’en conduisant et de n’être jamais armé. Sa  route croise celle d’Irene et de son jeune fils, ses voisins, et il succombe rapidement au charme de l’un et l’autre, et réciproquement. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal… Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

    Cela commence sur les chapeaux de roue : une mise en scène époustouflante, flamboyante et crépusculaire, qui nous fait ressentir les sensations trépidantes, périlleuses et vertigineuses de ce chauffeur hors pair et  mutique, au sourire retenu, dans une ville de Los Angeles tentaculaire, éblouissante et menaçante. Mais « The Driver » porte un masque, au propre comme au figuré (symbolisme un peu simpliste) et derrière ce chauffeur mutique d’allure plutôt sympathique va se révéler un vengeur impitoyable pour protéger ceux qu’il « aime ». La violence psychologique s’annonce palpitante : pris dans un étau, il n’a d’autre solution que de commettre un méfait pour le mari d’Irène, pour sauver celle-ci … malheureusement ce qui dans la première partie s’annonçait comme un film à suspense se transforme en règlement de compte sanguinolent dans lequel l’intrigue devient inexistante et simple prétexte à une suite de scènes sanglantes, invraisemblables et vaines. Là où un cinéaste comme James Gray (qui lui aussi sublime une ville, en l’occurrence New York, traite de vengeance et d’amour, sans jamais mettre le scénario de côté, ou sans qu’un de ces aspects prennent le pas sur les autres), Nicolas Winding Refn se laisse entraîner par une sorte de fascination pour la violence (me rappelant ainsi la phrase de Coppola lors de sa master class samedi « Montrer la guerre c’est déjà faire l’éloge de la guerre »), montrant pourtant le temps d’un meurtre sur la plage qu’il savait très bien filmer la mort, avec une force prenante, sans que cela tourne à la boucherie ridicule. Ryan Gosling est époustouflant et derrière sa gueule d’ange dissimule une violence froide, il se transforme en un vengeur impitoyable qu’il est pourtant difficile de prendre en sympathie ou même en empathie. Dommage, cette bo remarquable alliée à des scènes plus calmes d’une beauté saisissante (face-à-face dans son appartement entre Irène et The Driver dans laquelle le temps est suspendu et dans laquelle les échanges évasifs de regards et les silences d’une douce sensualité en disent tellement). Nicolas Winding Refn a ravi le prix de la mise en scène à Pedro Almodovar à Cannes qui, à mon avis, l’aurait davantage mérité, ne serait-ce parce qu’il a brillamment raconté une histoire cruelle, terrible, effroyable où toute la finesse de la mise en scène réside justement dans ce qui n’est pas montré et qui n’en a que plus de force…

    Deauville, depuis 1995, c’est aussi et avant tout la compétition. Si les spectateurs sont moins nombreux sans doute déçus de l’absence de ceux qui étaient les incontournables de Deauville (stars et blockbusters même si le générique reste prestigieux cette année avec, comme toujours des mythes du cinéma américain, des grands cinéastes et les figures montantes du cinéma américian) , le festival continue de ravir les cinéphiles avec une compétition qui, chaque année, révèle de nouveaux talents, mais aussi une facette de l’Amérique, souvent plus sombre et réaliste. Pour ces différents aspects, cette édition ne devrait pas déroger à la règle, les quatre films de la compétition auxquels j’ai assisté pour l’instant, d’ailleurs tous des premiers films, ayant de nombreux points communs, à commencer par une qualité notable.

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    « Another happy day » de Sam Levinson –fils d’un certain Barry-  (avec Ellen Barkin, Ezra Miller, Kate Bosworth, Demi Moore, Thomas Haden Church, George Kennedy, Ellen Burstyn) est ainsi une comédie acide et parfois tendrement cruelle (tendrement parce que Sam Levinson porte un regard finalement plein de compréhension sur ses personnages sans toutefois les épargner) dans laquelle un mariage devient le révélateur des rancœurs et des fêlures des différents membres d’une famille.

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    Dans « En secret » (Circumstance) de Maryam Keshavarz, Atafeh et sa meilleure amie Shireen fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essaient de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d’Atafeh, devient membre de la police des moeurs. Alors qu’il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shireen. Ses sentiments vont vite tourner à l’obsession et mettre à l’épreuve l’amitié des jeunes filles.

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     Dans « On the ice » d’Andrew Okpeaha MacLean, Qalli et Aivaaq, deux adolescents de la communauté Iñupiaq, mènent une vie sans histoire dans une petite ville isolée du nord de l’Alaska. Un matin tôt, ils décident de partir à la chasse aux phoques avec James, un de leurs amis. Une dispute éclate entre les trois garçons et se termine par la mort accidentelle de James. Liés par ce sombre secret, les deux adolescents inventent mensonges sur mensonges afin de ne pas éveiller les soupçons de leur communauté.

    Enfin dans « Yelling to the sky » de Victoria Mahoney, alors que son noyau familial se disloque, l’existence déjà instable de Sweetness O’Hara, une adolescente métisse de dix-sept ans, devient encore plus difficile le jour où elle est prise pour cible par des élèves violents de son lycée. Elle doit dorénavant trouver le meilleur moyen de se défendre et prendre sa vie en main, chez elle, comme à l’école, dans un quartier où sa survie semble incertaine.

    Si j’ai choisi de vous parler de ces quatre films en même temps, c’est parce que leurs ressemblances sont particulièrement frappantes, au-delà du fait qu’il s’agit de quatre premiers films. Quatre premiers films qui se déroulent pourtant dans des lieux très différents, voire opposés : Téhéran, l’Alaska, New York (Long Island), le Maryland. Dans ces quatre lieux, où les paysages et libertés sont pourtant si différents, on retrouve pourtant le même mal être adolescent, les mêmes personnages de mères désemparées, le même sentiment de réalité suffocante à laquelle ils cherchent des échappatoires périlleux et parfois illicites, le même besoin éperdu et rageur de liberté.

     Que cela soit traité avec un cynisme tantôt amer, tantôt tendre (« Another happy day »), avec une rigueur glaciale et non moins touchante (« On the ice »), avec une mise en scène parfois un peu trop clipesque (« En secret ») ou avec le souci de mettre en scène une réalité dans laquelle la violence est un engrenage implacable pour survivre (« Yelling to the sky »), ces adolescents en apparence si différents révèlent la même réalité étouffante, le même besoin d’ailleurs et d’appui familial, les mêmes personnages de mères broyées ou désemparées qui ont parfois renoncé.

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    Malheureusement, tous présentent aussi le même défaut : un dénouement assez expéditif (un changement d’attitude du père assez inexplicable dans « Yelling to the sky ») un scénario qui s’essouffle vers la fin comme si ces cinéastes s’adonnaient à ce dont ne cessent de rêver leurs personnages pendant toute la durée de leurs films : la fuite. Manière finalement peut-être plus consciente et habile qu’il n’y paraît de faire coïncider la forme et le fond. « Another happy day » a récolté l’accueil le plus chaleureux. Il faut dire que son réalisateur qui rêvait de venir en France, et amoureux du cinéma français (et cela se ressent, avec une pointe d’influence « Woodyallenienne » sans évidemment, arriver encore au même niveau de causticité), était particulièrement ému lorsqu’il a présenté le film devant les festivaliers sur la scène du CID. Sans doute, à 26 ans, a-t-il pas mal vécu (et souffert) pour éprouver et faire ressentir les tourments de cette famille presque aussi perturbée que celle du splendide « Melancholia » de Lars Von Trier (dans les deux cas, d’ailleurs le mariage en est le révèlateur). Dommage que « En secret » reste conventionnel, et pâtisse de films remarquables sur Téhéran qui l’ont précédé comme le film éponyme de Nader T.Homayoun (à voir absolument d’ailleurs).

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    Quatre films à voir néanmoins, et je vous en reparlerai à l’occasion du palmarès.  Deauville ce sont bien sûr aussi les hommages. Si Ryan Gosling et Jessica Chastain, qui recevaient les trophées du Nouvel Hollywood dont Deauville inaugurait la première édition, ont malheureusement brillé par leur absence (même si Ryan Gosling a laissé un mot lu par Nicolas Winding Refn, très drôle, dont je mettrai ultérieurement la vidéo en ligne), Shirley MacLaine a en revanche fait une apparition remarqué et remarquable et un très beau discours dont vous pourrez retrouver la majeure partie ci-dessous, visiblement réellement heureuse de recevoir cette distinction consacrant sa longue carrière. C’est « Le tournant de la vie » (« The Turning point »), un film de 1977 de Herbert Ross qui a été projeté pour cet hommage dans lequel elle incarne une ancienne danseuse qui se retrouve confrontée à son passé et au fait d’avoir abandonné sa carrière pour fonder une famille. Un parfait complément au film de clôture (« The Artist ») sur l’orgueil ravageur, les douleurs indicibles, les bonheurs éclatants, l’ingratitude de la vie d’artiste.

    Je vous parlerai ultérieurement de « Bringing up Bobby », le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice, Famke Janssen avec Milla Jovovich, Bill Pullman, qui dénote un univers tendre et fantaisiste particulièrement prometteur.

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  • Les films en compétition du 37ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Voilà enfin les noms tant attendus des films en compétition de ce 37ème  Festival du Cinéma Américain de Deauville. Une compétition de films indépendants américains instituée en 1995 et dont vous pourrez retrouver les précèdents palmarès en bas de cet article. Le palmarès sera annoncé le samedi 10 septembre 2011.  Au programme: 14 longs-métrages dont 9 premiers films.

    ANOTHER HAPPY DAY de Sam Levinson

    avec Ellen Barkin, Ezra Miller, Kate Bosworth, Demi Moore, Thomas Haden Church, George Kennedy, Ellen Burstyn

    Une comédie sur des ex en guerre, des tantes hystériques, des ados désaxés… et le mariage qui les réunit tous… pour le meilleur et pour le pire.

    ALL SHE CAN d’Amy Wendel

    avec Corina Calderon, Jeremy Ray Valdez, Joseph Julian Soria, Julia Vera, Julio César Cedillo, Julian Works, Leticia Magaña

    Bienvenue à Benavides au Texas, une bourgade dans laquelle des filles menues peuvent soulever 280 livres de fonte, où des recruteurs de l’armée traînent dans les couloirs des lycées et où une communauté d’Américains d’origine mexicaine, patriote et présente sur place bien avant l’existence du Texas, lutte pour surmonter les difficultés économiques. Luz est une adolescente qui veut quitter cet endroit et l’haltérophilie est son ticket de sortie.

    ANOTHER EARTH de Mike Cahill

    avec Brit Marling , William Mapother

    Rhoda Williams, brillante jeune diplômée en astrophysique, rêve d’explorer l’espace. John Burroughs est un compositeur au sommet de sa carrière qui attend un deuxième enfant. Le soir une autre planète semblable à la Terre est découverte, la tragédie les frappe et les vies de ces étrangers deviennent inextricablement liées l’une à l’autre.

    DETACHMENT de Tony Kaye

    avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden, James Caan, Christina Hendricks, Lucy Liu, Blythe Danner, Tim Blake Nelson, Bryan Cranston, William Petersen, Sami Gayle

    Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui qui s’efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement.

    EN SECRET (CIRCUMSTANCE) de Maryam Keshavarz

    avec Nikohl Boosheri, Sarah Kazemy, Reza Sixo Safai , Soheil Parsa, Nasrin Pakkho , Sina Amedson, Keon Mohajeri

    Atafeh et sa meilleure amie Shireen fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essaient de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d’Atafeh, devient membre de la police des moeurs. Alors qu’il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shireen. Ses sentiments vont vite tourner à l’obsession et mettre à l’épreuve l’amitié des jeunes filles.

    JESS + MOSS de Clay Jeter

    avec Sarah Hagan, Austin Vickers

    Contact : Ventes internationales

    Jess (18 ans) et Moss (12 ans), sont deux petits-cousins qui passent l’été dans les champs de tabac brun de l’ouest rural du Kentucky. Sans membre proche de leur famille à qui se confier, ni d’amis de leur âge avec qui jouer, ils sont tout l’un pour l’autre. Ils se risquent à explorer de profonds secrets et à espérer un futur, confrontés à la peur de se retrouver seuls, d’être ainsi livrés à eux-mêmes et de connaître des jours sans lendemain.

    ON THE ICE d’Andrew Okpeaha MacLean

    avec Josiah Patkotak, Frank Qutuq Irelan, Teddy Kyle Smith, Adamina Kerr, Sierra Jade Sampson, John Miller, Aaka

    Qalli et Aivaaq, deux adolescents de la communauté Iñupiaq, mènent une vie sans histoire dans une petite ville isolée du nord de l’Alaska. Un matin tôt, ils décident de partir à la chasse aux phoques avec James, un de leurs amis. Une dispute éclate entre les trois garçons et se termine par la mort accidentelle de James. Liés par ce sombre secret, les deux adolescents inventent mensonges sur mensonges afin de ne pas éveiller les soupçons de leur communauté.

    RETURN de Liza Johnson

    avec Linda Cardellini, Michael Shannon, John Slattery, Talia Balsam, Paul Sparks, Louisa Krause

    De retour de l'armée, Kelli aspire à retrouver une vie normale dans la petite ville industrielle qu'elle a toujours connue. Elle repense avec nostalgie aux petites joies du quotidien mais elle s'aperçoit progressivement qu'elle ne reconnaît plus son environnement familier. Ses amis lui témoignent leur affection mais semblent préoccupés par des détails insignifiants. Ses enfants réclament une attention constante qu'elle n'est plus en mesure de leur donner et, malgré ses efforts, son mari ne parvient pas à comprendre ce par quoi elle est passée. Alors que son monde s'effondre autour d'elle, elle se marginalise de plus en plus.

    TAKE SHELTER de Jeff Nichols

    avec Michael Shannon, Jessica Chastain, Tova Stewart, Shea Whigham, Katy Mixon, Kathy Baker, Ray McKinnon, Lisagay Hamilton, Robert Longstreet

    Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite...

    TERRI d’Azazel Jacobs

    avec Jacob Wysocki, John C. Reilly, Creed Bratton, Olivia Crocicchia, Bridger Zadina

    Elevé par un oncle souffrant, tête de turc de ses camarades et ignoré par ses professeurs, Terri s’est résigné à être un outsider et vit reclus dans sa solitude. Sa rencontre inattendue avec le proviseur adjoint de son lycée, qui voit en lui l’adolescent qu’il était autrefois, va bouleverser son existence et lui faire découvrir que la vie peut être aussi faite de joie et de partage.

    THE DYNAMITER de Matthew Gordon

    avec William Ruffin, Joan Alex Nunnery, Joyce Baldwin, Patrick Rutherford, “Sug”, Ciara McMillan, Byron Hughes

    L’été est arrivé à Glen Allan dans le Mississippi. Robbie, un adolescent de quatorze ans, n’est pas d’humeur à se réjouir des vacances. En proie à une crise d’angoisse, sa mère a une nouvelle fois quitté le domicile familial et il doit dorénavant s’occuper, avec sa vieille grand-mère, de son jeune demi-frère. Lorsque Lucas, le frère aîné de Robbie, revient à la maison, c’est presque une vraie vie de famille qui débute pour le garçon.

    TRUST de David Schwimmer

    avec Clive Owen, Catherine Keener, Liana Liberato, Viola Davis, Jason Clarke, Noah Emmerich, Chris Henry Coffey

    Chez eux, en banlieue, Will et Lynn Cameron se sentent en sécurité. Dans leur maison, la nuit, ils dorment avec le sentiment que leurs trois beaux enfants sont parfaitement protégés. Lorsque Annie, leur fille de quatorze ans, se fait un nouvel ami sur Internet – Charlie, un garçon de seize ans rencontré sur un forum de discussion – ses parents ne s’inquiètent pas. Ils se disent qu’il est normal que des adolescents échangent grâce aux nouvelles technologies. Après plusieurs semaines d’échanges en ligne, Annie se sent de plus en plus attirée et fascinée par Charlie, même si elle réalise peu à peu qu’il n’est pas ce qu’il prétend être.

    WITHOUT de Mark Jackson

    avec Joslyn Jensen, Ron Carrier, Darren Lenz, Bob Sentinella, Piper Weiss

    Sur une île boisée très isolée, Joslyn devient aide à domicile auprès d’un vieil homme en état végétatif, cloué sur un fauteuil roulant. Elle n’a pas de réseau de téléphone, pas d’accès à Internet et a été exclue du lycée pendant un an. Traversant une douloureuse épreuve personnelle, elle oscille entre le réconfort qu’elle pourrait trouver en compagnie du vieil homme et la sensation de peur et de suspicion qu’il lui inspire. Jour après jour, son quotidien solitaire la pousse à s’interroger sur la sexualité, la culpabilité et l’abandon.

    YELLING TO THE SKY de Victoria Mahoney

    avec Zoë Kravitz, Jason Clarke, Antonique Smith, Yolonda Ross, Gabourey Sidibe, Tim Blake Nelson, Tariq Trotter, Shareeka Epps, Sonequa Martin

    Alors que son noyau familial se disloque, l’existence déjà instable de Sweetness O’Hara, une adolescente métisse de dix-sept ans, devient encore plus difficile le jour où elle est prise pour cible par des élèves violents de son lycée. Elle doit dorénavant trouver le meilleur moyen de se défendre et prendre sa vie en main, chez elle, comme à l’école, dans un quartier où sa survie semble incertaine.

    Lauréats et jurys des années précédentes (source : dossier de presse du Festival)

    1995 LE JURY Andreï Konchalovsky (Président), Anouk Aimée (Vice-Présidente), Yvan Attal, René Bonell, Elie Chouraqui, Valérie Kapriski, Michael Lonsdale, Mathilda May, Claudie Ossard et Steven Zaillian LE PALMARES Grand Prix CA TOURNE A MANHATTAN (Living in Oblivion) de Tom DiCillo Prix du Jury (ex-aequo) DENISE AU TELEPHONE (Denise Calls Up) de Hal Salwen LES FRERES MCMULLEN (The Brothers McMullen) d’Edward Burns

    1996 LE JURY Charlotte Rampling (Présidente), Sabine Azéma, René Cleitman, Dominique Farrugia, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni, Laura Morante, Ornella Muti, Melvil Poupaud et Alain Rocca LE PALMARES Grand Prix EN ROUTE VERS MANHATTAN (The Daytrippers) de Greg Mottola Prix du Jury (ex-aequo) BIENVENUE DANS L’AGE INGRAT (Welcome to the Dollhouse) de Todd Solondz BOUND des frères Wachowski

    1997 LE JURY Sophie Marceau (Présidente), Elodie Bouchez, Philippe Carcassonne, Etienne Chatiliez, Alain Finkielkraut, John Hurt, Michèle Laroque, Inès Sastre, Nathalie Quintane et Lambert Wilson LE PALMARES Grand Prix SUNDAY de Jonathan Nossiter Prix du Jury (ex-aequo) EN COMPAGNIE DES HOMMES (In the Company of Men) de Neil LaBute ULEE’S GOLD de Victor Nunez

    1998 LE JURY Jean-Paul Rappeneau (Président), Michèle Halberstadt, Sandrine Kiberlain, Virginie Ledoyen, Russell Banks, Maurice Bernart, Alessandro Gassman, Ewan McGregor, Liam Neeson, Eric Serra et Christian Vincent LE PALMARES Grand Prix NEXT STOP WONDERLAND de Brad Anderson Prix du Jury HIGH ART de Lisa Cholodenko

    1999 LE JURY Régis Wargnier (Président), Marie Gillain, Marie-France Pisier, Elsa Zylberstein, Jean-Hugues Anglade, Humbert Balsan, Richard Berry, Gabriel Byrne, Jean-Pierre Dionnet et Michel Houellebecq LE PALMARES Grand Prix DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH (Being John Malkovich) de Spike Jonze Prix du Jury (ex-aequo) LES FRERES FALLS (Twin Falls Idaho) de Michael et Mark Polish GUINEVERE d’Audrey Wells Prix de la Critique Internationale DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH (Being John Malkovich) de Spike Jonze

    2000 LE JURY Neil Jordan (Président), Clotilde Courau, Danièle Thompson, Marie Trintignant, Guillaume Canet, Tchéky Karyo, Philippe Labro, Samuel Le Bihan, François Ozon et Vincent Perez LE PALMARES Grand Prix GIRLFIGHT de Karyn Kusama Prix du Jury (ex-aequo) LES INITIES (Boiler Room) de Ben Younger MEMENTO de Christopher Nolan Prix de la Critique Internationale MEMENTO de Christopher Nolan

    2001 LE JURY Jean-Jacques Annaud (Président), Sandrine Bonnaire, Marion Cotillard, Arielle Dombasle, Gérard Darmon, Jean-Pierre Jeunet, Darius Khondji, Benoît Poelvoorde et Gabriel Yared LE PALMARES Grand Prix HEDWIG AND THE ANGRY INCH de John Cameron Mitchell Prix du Jury GHOST WORLD de Terry Zwigoff Prix de la Critique Internationale HEDWIG AND THE ANGRY INCH de John Cameron Mitchell

    2002 LE JURY Pierre Lescure (Président), Chantal Akerman, Amira Casar, Irène Jacob, Julie Gayet, Richard Anconina, Jean-Marc Barr, Charles Berling, Cédric Kahn et Bruno Wolkowitch LE PALMARES Grand Prix LONG WAY HOME de Peter Sollett Prix du Jury (ex-aequo) L.I.E. (Long Island Expressway) de Michael Cuesta PHOTO OBSESSION (One Hour Photo) de Mark Romanek Prix de la Critique Internationale THE SAFETY OF OBJECTS de Rose Troche

    2003 LE JURY Roman Polanski (Président), Claudia Cardinale, Ludivine Sagnier, Pawel Edelman, Jacques Fieschi, Sir Ben Kingsley, Zbigniew Presner, Fernando Trueba et Tom Tykwer LE PALMARES Grand Prix WHAT ALICE FOUND de A. Dean Bell Prix du Jury THIRTEEN de Catherine Hardwicke Prix de la Critique Internationale AMERICAN SPLENDOR de Shari Springer Berman et Robert Pulcini

    2004 LE JURY Claude Lelouch (Président), Anouk Aimée, Marie-Josée Croze, Danièle Heymann, Diane Kurys, Jeanne Labrune, Lio, Claudie Ossard, Bettina Rheims et Mathilde Seigner LE PALMARES Grand Prix MARIA, PLEINE DE GRACE (Maria Full of Grace) de Joshua Marston Prix du Jury THE WOODSMAN de Nicole Kassell Prix de la Critique Internationale MARIA, PLEINE DE GRACE (Maria Full of Grace) de Joshua Marston Prix du Scénario FINAL CUT (The Final Cut) d’Omar Naim

    2005 LE JURY Alain Corneau (Président), Dominique Blanc, Romane Bohringer, Rachida Brakni, Brigitte Roüan, Enki Bilal, Christophe, Dominik Moll et Melvil Poupaud LE PALMARES Grand Prix COLLISION (Crash) de Paul Haggis Prix du Jury (ex-aequo) KEANE de Lodge Kerrigan GIRLS IN AMERICA (On the Outs) de Lori Silverbush et Michael Skolnik Prix de la Critique Internationale KEANE de Lodge Kerrigan Prix du Scénario TRANSAMERICA de Duncan Tucker

    2006 LE JURY Nicole Garcia (Présidente), Amira Casar, Emmanuelle Castro, Marthe Keller, Maurice Barthélémy, Guillaume Canet, Julien Clerc, Antoine de Caunes et Philippe Djian LE JURY REVELATION Christophe Honoré (Président), Lou Doillon, Audrey Marnay, Emilie Simon, Olivier Py et Gilles Taurand LE PALMARES Grand Prix LITTLE MISS SUNSHINE de Jonathan Dayton et Valérie Faris Prix du Jury HALF NELSON de Ryan Fleck Prix de la Révélation Cartier HALF NELSON de Ryan Fleck Prix de la Critique Internationale SHERRY BABY de Laurie Collyer Prix du Scénario SHERRY BABY de Laurie Collyer

    2007 LE JURY André Téchiné (Président), Odile Barski, Emilie Deleuze, Anouk Grinberg, Marie-France Pisier, Yasmina Reza, Xavier Beauvois, Nicolas Cazalé et CharlElie Couture LE JURY REVELATION Gaël Morel (Président), Clotilde Hesme, Olivia Magnani, Mélanie Thierry et Florian Zeller LE PALMARES Grand Prix THE DEAD GIRL de Karen Moncrieff Prix du Jury NEVER FOREVER de Gina Kim Prix de la Révélation Cartier ROCKET SCIENCE de Jeffrey Blitz Prix de la Critique Internationale GRACE IS GONE de James C. Strouse

    2008 LE JURY Carole Bouquet (Présidente), Ronit Elkabetz, Diane Fleri, Leonor Silveira, Edouard Baer, François Damiens, Pierre Jolivet, Cédric Kahn, Cristian Mungiu et Dean Tavoularis LE JURY REVELATION Zoe Cassavetes (Présidente), Léa Drucker, Ara Starck, Diastème et Jalil Lespert LE PALMARES Grand Prix THE VISITOR de Tom McCarthy Prix du Jury BALLAST de Lance Hammer Prix de la Révélation Cartier BALLAST de Lance Hammer Prix de la Critique Internationale GARDENS OF THE NIGHT de Damian Harris

    2009 LE JURY Jean-Pierre Jeunet (Président), Hiam Abbass, Emilie Dequenne, Deborah François, Sandrine Kiberlain, Géraldine Pailhas, Dany Boon, Jean-Loup Dabadie, Patrice Leconte et Bruno Podalydès LE JURY REVELATION Maïwenn (Présidente), Romane Bohringer, Aïssa Maïga, Louise Monot, Nicolas Fargues et Raphaël LE PALMARES Grand Prix THE MESSENGER d’Oren Moverman Prix du Jury (ex-aequo) PRECIOUS de Lee Daniels SIN NOMBRE de Cary Joji Fukunaga Prix de la Révélation Cartier HUMPDAY de Lynn Shelton Prix de la Critique Internationale THE MESSENGER d’Oren Moverman

    2010 LE JURY Emmanuelle Béart (Présidente), Jeanne Balibar, Lucas Belvaux, Faouzi Bensaïdi, Christine Citti, Fabrice du Welz, Nilda Fernandez, Tony Gatlif, Denis Lavant et Abderrahmane Sissako LE JURY REVELATION Manuel Pradal (Président), Jonathan Lambert, Emma Luchini, Roxane Mesquida et Sébastien Thiery LE PALMARES Grand Prix MOTHER AND CHILD de Rodrigo García Prix du Jury (ex-aequo) WINTER’S BONE de Debra Granik THE MYTH OF THE AMERICAN SLEEPOVER de David Robert Mitchell Prix de la Révélation Cartier JEWISH CONNECTION (Holy Rollers) de Kevin Asch Prix de la Critique Internationale BURIED de Rodrigo Cortés

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  • Compétition officielle Deauville 2010 : critiques de « Buried » de Rodrigo Cortes et « The dry land » de Ryan Piers Williams

     

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    Je vous parlais hier des thématiques communes aux quatre premiers films en compétition de cette édition 2010 du Festival de Deauville (cliquez ici pour lire l’article) avec notamment pour thèmes récurrents une Amérique, terre hostile, et des orphelins (enfants ou adolescents) en manque de (re)père ou de mère. Des thèmes sans doute révélateurs d’un pays en quête de modèles et de repères et finalement pas si éloignés de ceux des deux films en compétition du jour qui ont tous deux traits à la guerre en Irak. Deux variations très différentes sur le même thème. Deux façons (en apparence) presque opposées d’aborder le sujet, sujet désormais inévitable du festival, après l’excellent « American son » de Neil Abramson en 2008 et « The messenger » d’Oren Moverman, grand prix du Festival de Deauville 2010.

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     Alors qu’il y a quelques jours seulement (le 19 août) les troupes américaines ont quitté l’Irak, le conflit est certainement loin d’être terminé pour ceux qui l’ont vécu. Ainsi en est-il de James (Ryan O’Nan) dans « The dry land », premier film de Ryan Piers Williams. Ce jeune soldat américain rentre d’Irak dans sa petite ville du Texas. A son retour toute sa  famille l’accueille et notamment sa femme Sarah (America Ferrara –« Ugly Betty »…), sa mère mais aussi son meilleur ami. Rongé par la douleur morale, une violence inextinguible et incontrôlable et par l’oubli de ce qui s’est passé là-bas, il décide de reprendre contact avec un compagnon d’armes pour reconstituer ce douloureux passé.

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     Le réalisateur, Ryan Piers Williams, n’a pas cherché à révolutionner le cinéma et le revendique. Non, son but est de témoigner, et d’adresser un message d’espoir à tous ces soldats ravagés qui reviennent d’Irak détruits, incompris, hantés par leurs souvenirs. Il n’a pas souhaité faire un film politique mais traité un sujet à auteur d’homme, incarner ces soldats,  leur donner un visage, les sortir de leur solitude et leur désarroi. Si l’intrigue est très prévisible, elle n’en résonne pas moins avec justesse (et pour cause Ryan Piers Williams a travaillé sept ans dessus et a rencontré de nombreux soldats et leurs familles). Savoir, comme il l’a expliqué en conférence de presse, que « plus de soldats sont morts suicidés à leur retour aux Etats-Unis que morts au combat en Irak » suffit à justifier l’existence de ce film qui, à défaut d’être original, apporte un nouvel éclairage, qui a le mérite d’être documenté, sur un conflit qui n’a pas fini de faire des ravages. Je vous laisse entendre les explications du réalisateur et de l’actrice principale également coproductrice, sur la genèse du projet (article suivant).

     

     

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    A priori pas grand-chose à voir avec le film de Rodrigo Cortes, « Buried » dans lequel un Américain est pris en otage et enfermé dans un cercueil, en Irak. Muni d’un téléphone portable, il a 90 minutes pour trouver la rançon qui lui réclame ses ravisseurs irakiens. Un homme. Un cercueil. Une lampe. Un téléphone. Peu de possibilités.

     Deux partis pris puisque l’un est aussi crédible (the dry land) que l’autre ne l’est pas (Comment parvient-il à respirer ? Comment son téléphone capte-t-il ? Pourquoi n’essaie-t-il pas réellement de s’échapper ?). L’un relève d’un minutieux travail de documentation, l’autre est aux frontières du thriller (comme quelque chose me paraissait sonner faux dès le départ, j’ai cru que c’était délibéré, que le but était d’instiller le doute dans l’esprit du spectateur quant à l’identité des preneurs d’otage, et que nous découvririons qu’il s’agissait d’une manipulation ou d’un coup monté de ses collègues ou autres mais la seule manipulation est celle ici d’une Administration américaine velléitaire quand il s’agit de venir en aide à ses concitoyens, l’idée n’en est d’ailleurs pas moins intéressante), voire du fantastique sans jamais quitter ces quatre planches en bois, ni voir d’autre visage que celui de Paul.

     L’idée est sans aucun doute originale et novatrice et c’est avant tout par la force du jeu  de Ryan Reynolds (qui incarne l’Américain l’otage Paul Conroy) que notre attention reste soutenue du début à la fin car le dispositif n’est pas toujours convaincant, ainsi ces artificiels plans en plongée, sans doute pour montrer son impuissance qui nous font sortir du sentiment de claustrophobie qui ne cesse de croître pourtant pour Paul. La bande son et les rebondissements sont pourtant là et judicieusement utilisés pour susciter et raviver constamment le sentiment de suffocation, de claustrophobie, d’impuissance. Davantage que la manière ( contestable) c’est l’idée qui m’a séduite, celle  de montrer l’inertie de l’Administration Américaine qui, au propre comme au figuré, enterre vivants (« buried » signifie enterré) ces Américains partis pour la défendre ou travailler pour leur pays.

     Si « the dry land » n’est pas politique et ne souhaite pas l’être, « Buried » l’est donc malignement.  Les 94 minutes (soit 4 de plus que celles imparties à Paul pour trouver la rançon) s’écoulent sans que nous les voyions passer, entre tension et humour acerbe sur l’abstraction et la cruauté de l’Administration ( celle avec un petit a et celle avec un A majuscule d’ailleurs). Le pari est donc partiellement réussi même s’il est dommage que Rodrigo Cortes ait recouru à des ficelles -in-dignes de blockbusters (par exemple la scène du testament ou de la mère atteinte d’Alzheimer) et n’ait pas cherché à cultiver sa différence jusqu’au bout nous laissant le goût amer d’un sujet fort et d’un procédé original qui ne tiennent pas forcément toutes leurs promesses, en revanche c’est sans doute la manière la plus habile de nous inscrire dans l’intimité de ce drame et d’en désigner les responsables.

    Malgré leurs différences, dans les deux cas à nouveau une terre hostile (d’ailleurs désignée dans l’un des titres) des êtres qui suffoquent, enterrés vivants, qui crient leur désespoir, rongés par l’incompréhension et en quête d’écoute et d’espoir.

    Ces deux films ont été présentés à Sundance . « Buried » sort en salles en France le 3 novembre 2010    

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  • Premier bilan de la compétition officielle du 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

     

     

    La section la plus intéressante de ce Festival de Deauville est décidément celle de la compétition des films indépendants, initiée en 1995, même si les avant-premières et les hommages ont longtemps eu  le devant de l’affiche. Si cette année, le tapis rouge deauvillais est déserté par les stars du cinéma américain alors que tant l’ont pourtant foulé et les hôtels par les festivaliers (il suffit pour s’en apercevoir de se rendre dans les salons des deux plus grands hôtels deauvillais inhabituellement désertés a fortiori depuis aujourd’hui,)  Deauville reste un vrai plaisir pour les cinéphiles avides de découvertes de curiosités et/ou pépites cinématographiques et le charme de Deauville (même sans Trintignant, n’en déplaise à Vincent Delerm) reste intact et pour moi toujours aussi prégnant. Si je ne peux m’empêcher d’avoir un pincement au cœur en pensant à ce que ce fut ce festival, je n’en reste pas moins enthousiaste notamment grâce à la compétition qui, comme chaque année, et en quatre films sur les douze que compte cette compétition 2010 a encore réussi à me surprendre.

    Il est ainsi toujours frappant de constater les points communs entre les films sélectionnés (eux-mêmes probablement le reflet de ceux reçus par les sélectionneurs), souvent l’adolescence. A cela rien d’étonnant puisque les cinéastes en compétition sont souvent très jeunes, mettant ainsi en scène de jeunes héros (d’ailleurs plus souvent antihéros) à fleur de peau. En  quatre films se dégage ainsi une tendance puisque les  quatre films de cette compétition déjà projetés nous parlent d’orphelins, dans un sens plus ou moins large, et d’enfants ou d’adolescents en quête de repères, égarés, traumatisés par une absence, liés à un parent (ou plusieurs) par un amour aussi inconditionnel que maladroit. Sont-ce encore là les stigmates de l’Amérique de l’ère Bush, en quête d’une autre « paternité »? Sans doute est-ce extrapoler (d’autant qu’un des films se déroule au Mexique, néanmoins produit par Malkovich , sa production américaine expliquant sa sélection à Deauville) mais toujours est-il que les Etats-Unis qui nous sont ici montrés y apparaissent comme une terre hostile, incapable de protéger ses enfants, si éloignée de l’American dream. Effet de la crise aussi sans doute où les enfants sont confrontés aux problèmes des adultes et obligés d’apprendre très tôt un rôle qui n’est normalement pas le leur.

    

    

    

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    Je vais commencer par le dernier projeté, « Abel », le premier film en tant que réalisateur de l’acteur Diego Luna. Abel est ainsi un enfant de 9 ans qui ne parle plus depuis que son père a quitté la maison. Un jour il retrouve la parole et se prend pour son père. Tout le monde se plie à ses volontés et joue le jeu jusqu’au jour où le père d’Abel réapparait. (Vous trouverez ci-dessous une vidéo de la conférence de presse dans laquelle Diego Luna explique la genèse du film).  « Abel » a été présenté hors compétition dans le cadre du dernier Festival de Cannes. Filmé la plupart du temps à hauteur d’Abel, le regard, frondeur, déterminé, si touchant du petit garçon, nous saisit dès le début pour ne plus nous quitter et pour, finalement, arracher au nôtre quelques larmes. Avec beaucoup de pudeur et de drôlerie, parfois pour désamorcer des scènes qui auraient pu se révéler glauques, Diego Luna nous embarque dans son histoire qu’il filme et conte avec beaucoup de tendresse, nous surprend avec ce qu’on attend. Tendresse pour ce petit garçon, un peu celui qu’il a été comme il l’a expliqué en conférence de presse, mais aussi d’une certaine manière pour cette mère, aimante et courageuse, à laquelle son film rend hommage (Diego Luna a perdu sa mère dans sa petite enfance) à travers le personnage de la mère d’Abel. Pour son premier film, Diego Luna a réussi sans doute ce qu’il y a de plus compliqué : donner l’apparence de la simplicité à une histoire qui est loin de l’être et susciter l’émotion, sans jamais la forcer, par le ton du film, burlesque et poignant, par la puissance du sujet et de son (réellement extraordinaire) jeune acteur principal dont, en conférence de presse, Diego Luna a ainsi souligné à quel point (presque effrayant) il avait un comportement adulte, voire paternaliste, à l’image du personnage qu’il a incarné.

     

    Dans « Two gates of sleep » d’Alistair Banks Griffin (sosie officieux de Johnny Depp), la figure absente n’est plus celle du père mais de la mère, la mère de deux frères, qui, suite à sa mort imminente à laquelle ils s’étaient préparés vont entreprendre un voyage difficile avec son cercueil, pour l’enterrer et ainsi honorer sa dernière volonté. Déjà sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, « Two gates of sleep » a décontenancé plus d’un festivalier. Plus d’un  a ainsi quitté la salle au bout de quelques minutes de projection. C’est d’ailleurs dommage de ne pas accepter de se laisser surprendre, de ne pas tenter de voir où va nous conduire un univers qui a le mérite au moins d’être intrigant. Contemplatif, épuré, abrupte, le film d’Alistair Banks Griffin ne répond certes pas à un schéma narratif classique et nous emmène hors des sentiers battus au propre comme au figuré, même si les influences (revendiquées) foisonnent, de Gus Van Sant à Bresson en passant par Tarkovsky ou Ozu. Sa caméra caresse la nature à la fois rugueuse et consolatrice, silencieuse et vibrante (à noter : une judicieuse utilisation de la bande son dans ce film presque muet). Variation et méditation sur la mort, « Two gates of sleep » nous met face à nos propres questionnements sans apporter réellement de réponses. Une expérience déroutante, mystique, intrigante, singulière et universelle qui nous fait suivre, malgré son étrangeté rêche, le voyage de ces deux frères qui n’obéissent qu’à une loi : celle de la nature. Un discours simpliste  mais aussi un voyage à la fois beau et éprouvant qui pourra ennuyer ou fasciner mais qui a peu de chances de vous laisser indifférents.

     

    Dans « Winter’s bone » de Debra Granik (dont c’est le deuxième film après « Down to the bone »), c’est à nouveau la figure paternelle qui est absente. Ainsi, Ree Dolly, 17 ans, vit seule dans la forêt des plateaux de l’Orzak avec son frère et sa sœur. Lorsque son père sort de prison et disparait sans laisser de traces, elle n’a d’autre choix que de se lancer à sa recherche sous peine de perdre la maison familiale qu’il a utilisée comme caution. Ree va se heurter au silence des populations du Missouri.  Là encore, c’est une absence et une région hostile qui nous sont décrites…quoique hostile soit un euphémisme étant donné le caractère totalement irrécupérable de la famille en question dans laquelle la haine domine et dans laquelle la violence semble être le seul moyen d’expression, et  de pallier au manque de communication des populations revêches de cette région. La jeune actrice  Jennifer Lawrence , par sa présence à l’écran (un peu trop téméraire pour que ce soit crédible d’ailleurs, même si l’environnement dans lequel elle a baigné dans son enfance peut expliquer sa maturité ), sauve ce film qui n’échappe pas aux clichés et à ses personnages sommairement caractérisés… Il est aussi frappant de constater que là aussi c’est une enfant qui endosse un rôle d’adulte. Sans doute le jury de Sundance (qui lui a attribué le grand prix) a-t-il été séduit par ce qui relève presque de l’étude sociologique et par la jeune actrice.

     

     

    Enfin dans le dernier des quatre films en compétition déjà projetés, « Welcome to the Riley’s », deuxième film de Jake Scott (fils de Ridley), ce dernier nous parle  d’une orpheline, Mallory, stripteaseuse dans un club de la Nouvelle-Orléans, où Doug Riley est en déplacement professionnel. Doug a perdu sa fille unique huit ans auparavant et il va se prendre d’affection pour cette adolescente qui pourrait être sa fille… Première surprise : Kristen Stewart qui incarne la stripteaseuse est étonnamment crédible, en jeune fille insolente (très relativement certes) et fragile. Là encore rien de révolutionnaire mais la transgression provient peut-être finalement de la bonté, rare, du personnage principal (formidable James Gandolfini dans le rôle de Doug), de son empathie, sa sincérité, ses failles. De ce film, de cette histoire de retour à la vie et à l'espoir, qui n’a donc certainement pas la prétention de révolutionner le cinéma se dégage une grâce, un charme, une émotion (là aussi) tout en finesse grâce à des personnages attachants, une réalisation intelligemment sobre.

    Je vous ferai un nouveau « bilan » de la compétition dans deux jours et nous verrons si les points communs demeurent les mêmes. En tout cas, si les sujets sont étonnamment proches, les styles des cinéastes sélectionnés sont en revanche très différents  et témoignent déjà une nouvelle fois de la diversité, l’inventivité et la richesse du cinéma indépendant américain.

     

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  • "Morning" de Leland Orser: 1er film et 12ème et dernier film de la compétition officielle du 36ème Festival de Deauville

    Le dernier des 12 films de la compétition officielle du 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville vient d'être annoncé: il s'agit de "Morning" de Leland Orser avec Jeanne Tripplehorn, Laura Linney, Elliott Gould dont je vous invite à découvrir la bande-annonce ci-dessous.