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IN THE MOOD FOR DEAUVILLE - Page 7

  • Une journée idéale à Deauville en 12 étapes...

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    Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

     

    Ceci est la nouvelle version d'un article publié en juillet 2013

     

    Pourquoi Deauville est MA ville idéale:

    En juillet dernier, un site m’avait demandé quelle serait la ville parfaite sur laquelle j’aurais envie d’écrire une « journée parfaite ». Je n’avais  pas eu à réfléchir bien longtemps. Après avoir assisté au Festival du Cinéma Américain de Deauville vingt années consécutives, de l’ouverture à la clôture, chaque année, quoiqu’il arrive, après une dizaine de festivals du Film Asiatique de Deauville, après avoir fait partie de divers jurys dans ces deux festivals, , après y avoir vécu tant de moments magiques et mémorables, après avoir eu le plaisir que, en Mai dernier, soit publié mon roman se déroulant intégralement à Deauville « Les Orgueilleux » -Editions Numeriklivres- puis mon recueil de nouvelles « Ombres parallèles » dont deux  nouvelles se déroulent à Deauville (avec une photo de couverture prise à Deauville) sans parler du souvenir d’un Noël inoubliable, choisir Deauville relevait de l’évidence car je crois pouvoir dire bien connaître cette charmante petite ville normande et ainsi parler en connaissance de cause (tous ces séjours mis but-à-bout, j’ai dû y passer pas loin d’une année entière). Je n’exagère pas non plus en disant que ma rencontre avec Deauville a été un vrai coup de foudre qui a changé le cours de mon existence… Retour sur cette passion deauvillaise et sur une journée idéale (ma journée idéale) à Deauville en 12 étapes. Le lieu rêvé pour ceux qui n'ont pas encore décidé où passer le réveillon de Noël ou de la Saint-Sylvestre.

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Parler d’une journée idéale à Deauville est déjà un pléonasme. Il me semble n’y avoir vécu que des journées idéales. Deauville est une ville à la fois calme et (très) animée (je suis chaque jour impressionnée par les multiples activités qui y sont proposées tout au long de l’année sans parler d’évènements nationaux ou internationaux comme le G8 en 2011 ou la Solitaire du Figaro que Deauville accueillera en 2014 ), idéale autant pour se distraire que pour se reposer. Bien que la connaissant par cœur le charme opère. A chaque fois.

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    Photos ci-dessus, copyright Sandra Mézière

     Je ne connais pas d’endroits, ou si peu, dont la beauté soit aussi agréablement versatile, dont les couleurs et la luminosité lui procurent une telle hétérogénéité de visages. Oui, Deauville a mille visages. Loin de l’image de 21ème arrondissement de Paris à laquelle on tendrait à la réduire (qu’elle est aussi, certes), ce qui m’y enchante et ensorcelle se situe ailleurs : dans ce sentiment exaltant que procurent sa mélancolie étrangement éclatante et sa nostalgie paradoxalement joyeuse. Mélange finalement harmonieux de discrétion et de tonitruance. Tant de couleurs, de visages, de sentiments que j’éprouve la sensation de la redécouvrir à chaque fois. Bien sûr, je la préfère très tôt le matin, mystérieuse, presque déserte, qui émerge peu à peu des brumes et de l’obscurité nocturnes, dans une âpre luminosité qui se fait de plus en plus évidente, incontestable et enfin éblouissante. Ou le soir, quand le soleil décline et la teinte de couleurs rougeoyantes, d’un ciel incendiaire d’une beauté insaisissable et improbable et que je m’y laisse aller à des rêveries et des espoirs insensés.

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    Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

     A l’image des êtres les plus intéressants, Deauville ne se découvre pas forcément au premier regard mais se mérite et se dévoile récompensant le promeneur de sa beauté incendiaire et ravageuse aux heures les plus solitaires, avec des couleurs aux frontières de l’abstraction, tantôt oniriques, tantôt presque inquiétantes.

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

                                                 Une journée idéale en 12 étapes:

     C’est parti pour une journée idéale à Deauville, en 12 étapes, et même un peu plus. Je vous garantis que, dans cette ville particulièrement dynamique, il est impossible de s’ennuyer…ou, à l’inverse, agréable de s’y ennuyer (par choix). Laissez-vous guider!

    1/Promenade matinale sur les planches

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    Photos ci-dessus, copyright Sandra Mézière

     Une journée deauvillaise idéale commence toujours pour moi par une promenade sur les planches, de préférence de bonne heure pour voir le soleil s’y lever, pour admirer la myriade de couleurs que prend alors la mer et dont sont alors auréolées les planches, pour admirer le caractère joliment versatile du paysage. Ces planches, je les ai arpentées des milliers de fois, et il me semble que la vue qui s’y donne à voir n’est jamais la même. L’émotion qu’elles me procurent est en revanche toujours au rendez-vous. Un sentiment de bien-être, une paradoxale mélancolie joyeuse. L’endroit idéal pour forger des rêves impossibles qui, peut-être disparaitront confrontés aux lueurs plus criardes de la réalité, mais naitront à nouveau le lendemain lors d’une nouvelle promenade sur ces mêmes planches à la lumière incroyablement changeante. Et puis il y a les cabines qui jalonnent les planches, ornées des noms des acteurs qui ont fréquenté les festivals de Deauville et qui me rappellent aussi tant de souvenirs. Parfois des chevaux galopent sur la plage. Et tout cela semble sorti tout droit d’un doux songe. Quand il ne me semble pas apercevoir la Mustang de Jean-Louis Trintignant immortalisée par Lelouch dans le sublime « Un homme et une femme » ou cette femme avec son chien qui lui a donné l’idée de ce chef d’œuvre qui a reçu tant de récompenses amplement méritées …Douce confusion entre cinéma et réalité.

     

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    Photos ci-dessus, copyright Sandra Mézière 

    2/ Petit-déjeuner au bar du soleil ou chez Dupont

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     Photos ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Ensuite, pour continuer à profiter du spectacle et pour obéir à des exigences plus prosaïques, je vais   prendre mon petit-déjeuner au Bar du soleil ou chez son jumeau le Bar de la mer, aussi pour continuer à observer ce spectacle de la nature auquel s’ajoutera bientôt celui des déambulations des vacanciers et Deauvillais les plus matinaux. Et j’y rêve que le temps suspende son vol…

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    Photo ci-dessus extraite du site officiel du Salon de thé Dupont

    Parfois je peux aussi choisir de prendre le petit-déjeuner chez Dupont « avec un thé » l’incontournable salon de thé du centre de Deauville, avec son intérieur chic et doucement suranné, et sa terrasse face à la statue du Duc de Morny.

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    3/ Quelques brasses dans la piscine olympique ou un match de tennis

    Cela se complique ensuite tant les activités possibles sont nombreuses. Je passe, un peu trop rapidement, sur le marché, toujours très achalandé, vivant et coloré, direction la piscine de la Thalasso, piscine olympique (50 mètres) s’il vous plait ! Piscine d’eau de mer chauffée à 28°C qui plus est. Entièrement rénovée en 2006, cette piscine est un havre de paix qui me permet de faire de longues brasses sans être dérangée tout en profitant de la belle lumière normande qui perce à travers les baies vitrées. Des cours d’aquagym y sont également proposés. Je peux aussi me laisser tenter un tennis sur un des nombreux courts de Deauville.

    4/ Une virée shopping dans le centre

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Ce n’est pas pour rien que Deauville est surnommé le 21ème arrondissement de Paris. Dans quelques mètres carrés, vous retrouverez toutes les marques les plus prestigieuses présentes avenue Montaigne ou à Saint-Germain-des-Prés. Même si vos moyens ne vous permettent pas d’y faire des achats, vous ne pourrez pas ne pas admirer les splendides vitrines de Chez Ralph Lauren ou de chez Hermès ou des autres boutiques de l’impeccable et resplendissante rue du Casino, aussi impeccable que les allers d’un célèbre parc d’attraction auquel l’aspect irréel et réconfortant de Deauville me fait souvent songer. Un petit tour au Printemps (qui n’a rien d’un grand magasin impersonnel mais qui s’apparente plutôt à une grande et belle boutique en style normand)  ou dans la magnifique boutique Gant sont également des rituels incontournables. Un peu plus loin,  place Morny, vous trouverez aussi des marques plus économiques comme « Petit Bateau ». Vous y trouverez aussi de belles boutiques de décoration avec des articles à tous les prix.

    5/ Le déjeuner : un choix cornélien

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                            Photo ci-dessus, du restaurant La Flambée

    Les choses se compliquent encore avec le déjeuner tant les choix sont multiples et cornéliens ! Un séjour deauvillais ne serait pas pour moi un séjour digne de ce nom sans un passage au restaurant « La Flambée », pour de délicieuses grillades dans un cadre agréable et une salle spacieuse récemment rénovée. L’accueil, pour ne rien gâcher, est particulièrement affable.

    Si vous avez envie d’un repas plus économique, il y a également l’incontournable pizzeria Barbara de l’étage de laquelle vous surplomberez le centre de Deauville.

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Bien entendu, je ne peux pas ne pas vous conseiller l’incontournable brasserie Miocque, pour ses délicieuses entrecôtes, ses tagliatelles au saumon, son impayable et pittoresque patron et son ambiance qui est un savoureux mélange entre un dessin de Kiraz, un film d’Audiard et un film de Claude Sautet (oui, étrange mélange, j’en conviens). Les murs sont ornés des photos du patron avec tous ses célèbres habitués, mais ne soyez pas impressionnés ou découragés par cette décoration ostentatoire…ni par les inscriptions « réservé » sur toutes les tables. La clientèle y est choisie avec parcimonie, alors pour éviter d’être refoulé (c’st TOUJOURS complet le week end), si vous ne faites pas partie des habitués, je vous conseille de réserver mais chut, je ne vous ai rien dit… La nourriture est réellement bonne et fraîche, et je n’ai jamais été déçue.

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    Photo ci-dessus, extraite du site officiel du restaurant Le Drakkar

    Juste à côté de chez Miocque, vous trouverez une autre brasserie, « Le Drakkar », fort recommandable également avec une très belle carte de plats traditionnels, moins chers que Chez Miocque.

    Je peux aussi choisir de retourner déjeuner sur les planches, au Bar du soleil ou au Bar de la mer (néanmoins bondés les jours de grand beau temps, en week end ou pendant les vacances ou festivals) ou au Ciro’s pour un repas plus gastronomique.

     Si c’est le week end, pour me faire plaisir je peux aussi profiter du célèbre Brunch de l’hôtel Normandy qui vaut réellement le détour pour son buffet pantagruélique. La mythologie du lieu vous enveloppera d’un chaleureux bien être. Je vous conseille de réserver longtemps à l’avance.

    6/Flânerie à la librairie « Jusqu’aux lueurs de l’aube »

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    Vient ensuite l’heure de nourritures plus intellectuelles avec un autre rituel : le petit tour à la librairie du 88 rue Eugène Colas, ouverte 7 jours sur 7 ! Vous y trouverez aussi bien les derniers romans que de nombreux livres de poche ou une multitude de magazines (sur lesquelles vous constaterez d’ailleurs que Deauville est souvent à l’honneur). Il n’est pas rare que je passe beaucoup de temps à y flâner.  Je craque en général pour un nouveau roman, un livre de poche et ne manque jamais d’y acheter Ouest-France et le Pays d’Auge pour me tenir informée des actualités locales.

    7/Déambulations et/ou farniente sur la plage

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     Photos ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Comme « quand on aime on ne compte pas », rien n’empêche une nouvelle promenade en bord de mer à laquelle je ne résiste d’ailleurs pas en général, cette fois sur la plage, très large, propre et agréable en  la terminant par un peu de farniente à l’abri des célèbres cabines et parasols multicolores, par jours de beau temps.

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    8/Promenade aux « frontières » de Deauville

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    L’après-midi s’achève en général par une nouvelle promenade cette fois jusqu’aux « frontières » de Deauville séparée de Trouville par la Touques de l’autre côté de laquelle je m’aventure parfois avec délice.

    9/ Une glace chez un des glaciers du centre ou un tea time dans les salons du Normandy

    C’est ensuite l’heure de se rafraichir ou de se retrouver dans une atmosphère chaleureuse et intemporelle, selon les saisons. En été, je choisirais plutôt d’aller chez Häagen-Dazs, dont l’étage surplombe la rue Eugène Colas et dont le choix de glaces satisfera les grands et les petits. Plus loin, vous trouverez également Amorino et l’incontournable Martine Lambert.

     Je pourrais aussi choisir la place Morny (équivalent deauvillais de la place Saint-Germain et de la place Victor Hugo à Paris…) pour le charmant salon de thé « Dupont » précité et pour le célèbre café de Paris ou le Morny’s Café.

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    Photo ci-dessus extraite de la page Facebook officielle du Morny’s café

     En hiver, je choisirais plutôt le tea time de l’hôtel Normandy, a fortiori lorsque le pianiste y officie et vous transporte dans un ailleurs délicieux. Je vous recommande l’ »afternoon tea » (deux pâtisseries et une boisson, dehors sur la terrasse ou dans les salons). Un régal dans un cadre enchanteur et hors du temps.

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    Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière (tea time du Normandy)

    10/ Profiter des multiples festivals, activités et évènements

     

     

     

     

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

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    Ci-dessus, photo du CID issue du site officiel de l’office de tourisme de Deauville

    Tout dépend de la date du séjour, mais rares sont les périodes auxquelles il n’y aura pas d’évènements à Deauville.  Si j’y suis en période de festivals, ce programme sera modifié et entièrement rythmé par les séances et conférences de presse. Deauville bénéficie ainsi d’une salle somptueuse (et moi qui ai parcouru beaucoup de festivals je peux vous garantir n’en avoir jamais vu de semblable) ; le CID ( Centre International de Deauville). Bien sûr, vous connaissez tous les deux évènements majeurs deauvillais que sont le Festival du Cinéma Américain de Deauville et son Festival du Film Asiatique.

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    Ci-dessus le Golf de Deauville, photo issue de son site officiel

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    Ci-dessus, photo de l’hippodrome de Deauville issue du site Wikipedia

     Il en existe pourtant beaucoup d’autres que je vous recommande tout autant : Planche(s) contact, un très bel évènement consacré à la photographie, le festival Livres et Musiques, le Festival de Pâques, les Deauville Green Awards  et bien sûr les ventes de Yearlings et courses hippiques sans oublier le célèbre golf (et le moins célèbre mini-golf dans le centre de Deauville). De nombreux spectacles sont aussi donnés au casino. De quoi agrémenter vos journées et soirées.

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    11/ Jouer au casino

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    Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Puisque du casino il est question, viendra justement l’heure d’y faire un petit tour et de profiter de ses jeux de tables, machines à sous, poker, spectacles, discothèques, bars, restaurants ou de sa terrasse qui offre une vue majestueuse sur la mer.

    11/ Dîner dans un restaurant étoilé

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Pour le dîner, s’il vous reste encore quelques euros après votre passage au casino, je vous propose « L’Etrier », le délicieux restaurant étoilé de l’hôtel Royal, la meilleure adresse gastronomique de Deauville. Si votre budget est plus limité, vous pourrez aussi opter pour « Le Brummel », restaurant  du Casino avec une très agréable cuisine et aussi une agréable terrasse en été (cuisine de qualité, bon rapport qualité prix)

    12/ Fin de soirée en musique…

    Côté bars, je vous recommande « le Brok café », pour son atmosphère intimiste, sa musique salsa et bien sûr les bars des hôtels Royal et  Normandy ainsi que le très agréable bar du casino,  nouvelle adresse à la mode, le  Sofa bar, avec une vue plongeante sur Deauville depuis la terrasse (DJs le week end).

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    Photo du Sofa Bar

    Pour les discothèques, ce sera bien sûr l’indétrônable « Regine’s » devenu « Brummel » (sous le casino).

    Et/ou…par le coucher de soleil sur les planches

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     Photo ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à opter pour le coucher de soleil sur les planches qui vous offrira une toute autre musique, silencieuse mais au moins aussi envoûtante…

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    Je ne vous surprendrai pas si je vous dis que je songe de plus en plus sérieusement à y vivre à temps plein pour « 365 journées idéales », a fortiori avec ce projet qui transformera prochainement Deauville. La presqu’île de la Touques est en effet LE  projet phare de Deauville qui consiste en la réhabilitation totale d’un quartier ancien mais stratégique situé entre les ports de Deauville et Trouville. Vous y trouverez logements, commerces, entreprises, et structures d’accueil d’événementiels. S’y trouvera également le Pôle des Futurs, dédié à un pôle d’enseignement supérieur. Preuve que Deauville ne s’endort pas sur ses lauriers et ne cesse d’innover et de se renouveler pour que chaque journée là-bas continue, et plus que jamais, à être une journée idéale.

    Cet article a été écrit à la demande et pour le guide « 100 villes dans lesquelles réaliser un échange de maison avant de mourir » et réécrit en ce mois de décembre 2013.

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    Photos ci-dessus, copyright Sandra Mézière

    Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site de la ville de Deauville: http://www.deauville.fr  . Retrouvez également Deauville sur Facebook et sur twitter.

     

  • Dates du 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014

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    Comme chaque année, en 2014, vous pourrez suivre ici le Festival du Cinéma Américain de Deauville en direct qui se déroulera l'an prochain du 5 au 14 septembre.

    Pour le 40ème anniversaire, je serai bien entendu au rendez-vous puisqu'il s'agira alors de mon...21ème Festival du Cinéma Américain de Deauville par ailleurs le cadre de mon roman "Les Orgueilleux" et de plusieurs des nouvelles de mon recueil "Ombres parallèles".

     Je vous le ferai suivre ici et sur mes sites http://inthemoodforcinema.com et http://inthemoodforfilmfestivals.com .

    Ci-dessus, "Les Orgueilleux" sur le tapis rouge du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013.

    Ci-dessus, "Les Orgueilleux", dans le hall de l'hôtel Normandy, en septembre 2013, lieu où se passe une partie du roman.

  • La (sublime) affiche française de ALL IS LOST de J.C Chandor et critique du film

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    C’est lors du dernier Festival de Cannes où il était présenté en sélection officielle mais hors compétition que j’ai eu le plaisir de découvrir « All is lost » de J.C Chandor en présence de Robert Redford qui a également donné une conférence de presse dont je vous parle  ci-dessous et dont vous pourrez  retrouver quelques images. C’était un de mes coups de coeur de cette édition cannoise 2013, il figurait également en compétition du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville où il a reçu le prix du jury.  Cette critique, ci-dessous, a aussi été publiée dans le journal de l’ENA en août (vous retrouverez l’article en intégralité en bas de cette page). Je vous en parle à nouveau aujourd'hui puisque vient d'être dévoilée sa sublime affiche.

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    All is lost est le deuxième film du réalisateur J.C Chandor après Margin Call, avec un unique interprète, et non des moindres, Robert Redford, dont la mythique présence a cette année illuminé la Croisette. Quel contraste  entre le vacarme, la foule cannois et le silence, la solitude de All is lost.

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     Lors de la conférence de presse cannoise, Robert Redford, a notamment parlé, avec autodérision et simplicité,  de son amour de la nature et de son inquiétude pour celle-ci, rappelant son engagement en faveur de l’environnement qu’il juge dans une  situation « carrément catastrophique, désastreuse ».   »A mon avis, la planète essaie de nous parler », a-t-il ajouté, évoquant « les ouragans, les tremblements de terre et les tornades », deux jours après la tornade dévastatrice de Moore, près d’Oklahoma City. Il a aussi évoqué son envie de continuer  à jouer, de la difficulté de faire des films aujourd’hui. Il a évoqué le défi que représentait ce film pour lui : « C’est un défi qui m’a beaucoup attiré en tant qu’acteur. Je voulais me donner entièrement à un réalisateur ». Il a aussi abordé l’importance du silence « Je crois dans l’intérêt du silence au cinéma. Je crois aussi dans l’intérêt du silence dans la vie car on parle car on parle parfois trop. Si on arrive à faire passer le silence dans une forme artistique, c’est intéressant ». « Ce film est en plein contraste avec la société actuelle. On voit le temps qu’il fait, un bateau et un homme. C’est tout ». « Il y a évidemment des similitudes avec Jeremiah Johnson » a-t-il également répondu.

    Dans Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, Robert Redford fuyait ainsi les hommes et la civilisation pour les hauteurs sauvages des montagnes Rocheuses. Ici, dans All is lost, au cours d’un voyage en solitaire dans l’Océan Indien, au large de Sumatra, à son réveil, il découvre que la coque de son voilier a été heurtée et endommagée par un container flottant à la dérive. Privé de sa radio, il doit affronter seul les éléments mais malgré toute sa force, sa détermination, son intelligence, son ingéniosité, il devra bientôt regarder la mort en face. Ici, aussi, c’est finalement la civilisation (incarnée par ce container rouge au milieu de l’horizon bleutée et qui transportait d’ailleurs des chaussures, incarnation de la société de consommation mondialisée ) qui le rattrape (alors que, peut-être, il voulait la fuir, nous ne le saurons jamais…), contraint à se retrouver ainsi « seul au monde », comme dans le film éponyme de Robert Zemeckis avec Tom Hanks, même si je lui préfère, et de loin, ce film de J.C Chandor.

    Pendant 1H45, il est en effet seul. Seul face à la folle et splendide violence des éléments. Seul face à nous. Seul face à lui-même. Seul face à l’Océan Indien à perte de vue. Seul face à la force des éléments et face à ses propres faiblesses. Seul face à la nature. Cela pourrait être ennuyeux…et c’est passionnant, palpitant, terrifiant, sublime, et parfois tout cela à la fois.

    Le seul «dialogue », est en réalité un monologue en ouverture du film, une sorte de testament qui s’écoute comme le roulement poétique, doux et violent, des vagues, et qui place ce qui va suivre sous le sceau de la fatalité : « Ici, tout est perdu, sauf le corps et l’âme ».

     Progressivement il va se voir dépouillé de ce qui constitue ses souvenirs, de tout ce qui constitue une chance de survie : radio, eau… Son monde va se rétrécir. La caméra va parfois l’enfermer dans son cadre renforçant le sentiment de violence implacable du fracas des éléments. Avec lui, impuissants, nous assistons au spectacle effrayant et fascinant du déchainement de la tempête et de ses tentatives pour y survivre et résister.

    Le choix du magnétique Robert Redford dans ce rôle renforce encore la force de la situation. Avec lui c’est toute une mythologie, cinématographique, américaine, qui est malmenée, bousculée, et qui tente de résister envers et contre tout, de trouver une solution jusqu’à l’ultime seconde. Symbole d’une Amérique soumise à des vents contraires, au fracas de la nature et de la réalité, et qui tente de résister, malgré tout.

     La mise en scène et la photographie sobre, soignée, épurée, le montre (et sans le moindre artifice de mise en scène ou flashback comme dans L’Odyssée de Pi) tantôt comme une sorte de Dieu/mythe dominant la nature (plusieurs plongées où sa silhouette se détache au milieu du ciel), ou comme un élément infime au milieu de l’Océan. La musique signée Alex Ebert (du groupe Edward Sharpe and the Magnetic Zeros) apporte une force supplémentaire à ces images d’une tristesse et d’une beauté mêlées d’une puissance dévastatrice. Inexistante au début du film, elle prend de l’ampleur a fur et à mesure que la tragédie se rapproche et qu’elle devient inéluctable, sans jamais être trop grandiloquente ou omniprésente.

    Certains plans sont d’une beauté à couper le souffle, comme ces requins en contre-plongée qui semblent danser, le défier et l’accompagner ou comme cette fin qui mélange les éléments, l’eau et le feu, le rêve et la réalité ou encore cette lune braquée sur lui comme un projecteur.

     Comme l’a souligné Robert Redford, il s’agit d’un « film presque existentiel qui laisse la place à l’interprétation du spectateur » et cela fait un bien fou de « regarder quelqu’un penser » pour reprendre les termes du producteur même si cette définition pourrait donner une image statique du film qui se suit au contraire comme un thriller.

    En conférence de presse, Robert Redford avait révélé ne pas avoir vu le film et qu’il allait le découvrir le même soir lors de la projection officielle cannoise dans le Grand Théâtre Lumière. On imagine aisément son émotion, à l’issue de cette heure quarante. Face à lui-même. Face à cette fable bouleversante d’une beauté crépusculaire

     All is lost a été présenté hors compétition du 66ème Festival de Cannes. Il aurait indéniablement eu sa place en compétition et peut-être même tout en haut du palmarès.

     

    MES ARTICLES DANS LE MAGAZINE "L'ENA HORS LES MURS". Pour une meilleure lisibilité de cet article, cliquez ici.

  • Critique de LES GARÇONS ET GUILLAUME, A TABLE ! de Guillaume Gallienne (prix Michel d'Ornano du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013)

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    Comme l'affiche vient d'être dévoilée, c'est pour moi l'occasion de vous parler à nouveau de la comédie de l'année, en salles le 20 novembre.

     

    Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Guillaume Gallienne, vous pourrez difficilement l’oublier après avoir vu « Les Garçons et Gauillaume, à table ! ». « Jet set », « Fanfan la tulipe », « Narco », « Fauteuils d’orchestre »,  « Le concert », « Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour », « Sagan »,  « Marie-Antoinette » , tels sont quelques-uns des films dans lesquels ce Sociétaire de la Comédie Française a joués jusqu’à présent mais rien de comparable avec « Les garçons et guillaume, à table ! », adaptation du spectacle éponyme de Guillaume Gallienne qui en est le chef d’orchestre…et l’orchestre puisqu’il en signe le scénario, la mise en scène…et deux des rôles principaux (dans son spectacle, il incarnait tous les rôles). Pour son premier film, il ne s’est donc pas facilité la tâche.

     Guillaume Gallienne a déjà reçu de multiples récompenses pour ce film, notamment à la Quinzaine des réalisateurs, où je l’ai vu la première fois, et où il a été acclamé, puis au Festival du Cinéma Américain de Deauville où il a reçu le prix Michel d’Ornano, où je l’ai vu, et avec au moins autant de plaisir, une deuxième fois…et où il a été à nouveau ovationné (cf ma vidéo ci-dessus). Il a également reçu le prix du public au Festival du Film francophone d’Angoulême.

     Ne vous arrêtez donc pas à ce titre de série B qui ne vous semblera plus du tout l’être une fois que vous aurez vu le film, le titre se justifiant alors parfaitement. C’est ainsi que sa mère les appelait, son frère et lui, pour qu’ils viennent dîner : « Les Garçons ET Guillaume, à table ! ». A part déjà. Tout un programme. Très efféminé, il a toujours été considéré par tout le monde comme la fille que sa mère n’a jamais eue, enfin surtout par lui-même, fasciné par cette mère à qui il aurait tant aimé ressembler. Un amour fusionnel (le fond rejoignant alors la forme puisqu’il interprète son rôle) dont il va peu à peu dénouer les fils pour apprendre à savoir qui il est et aime vraiment...   

     Cela débute dans la loge d’un théâtre, celle de Guillaume Gallienne qui se (dé)maquille, enlève son masque de clown (triste ?) avant d’entrer en scène. A nu. La salle retient son souffle. Nous aussi. Dès le début, il happe notre attention et emporte notre empathie, par son autodérision, son écriture précise, cinglante, cruelle et tendre à la fois, ne ressemblant à aucune autre. Puis sa voix, posée et précise comme s’il lisait une partition, nous emporte dans son tourbillon de folie, de dérision, de lucidité tendre et caustique : « Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant: "Je t’embrasse ma chérie"; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. »

     Et s’il ne s’est pas facilité la tâche, c’est parce que non seulement il interprète le rôle de sa mère, aimante (trop ou mal peut-être), sachant rester élégante tout en étant vulgaire, masquant sa tendresse derrière un air revêche et des paroles (fra)cassantes, mais parce qu’il joue aussi son propre rôle… à tous les âges ! Avec un talent tel qu’on oublie d’ailleurs rapidement et totalement qu’il n’a pas l’âge du personnage. La magie du cinéma. Et le talent d’un grand acteur, à tel point qu’il en devient follement séduisant malgré son allure parfois improbable.

     Gallienne multiplie les mises en abyme  et effets narratifs suscitant ainsi un comique de situation en plus de celui du langage qu’il manie avec une dextérité déconcertante et admirable, et qu’il aime visiblement d’un amour immodéré, comme sa mère, à la folie même, avec pour résultat un rythme effréné, un film sans temps mort, d’une drôlerie ravageuse au moins autant que la tendresse et l’émotion qui nous cueillent aux moments parfois les plus inattendus, à l’image d’un autre clown, à la canne et au chapeau melon, qui savait nous bouleverser autant que nous faire rire.

     Dommage que deux scènes cèdent à la facilité, notamment une avec Diane Krüger,  alors que, auparavant, jamais le film n’essayait d’être consensuel ou de répondre aux codes de la comédie. L’interprétation réjouissante nous les fait néanmoins regarder avec indulgence tant la performance de Gallienne est exceptionnelle, y compris dans cette scène et du début à la fin, avec des scènes d’anthologie, sans parler de rôles secondaires tout aussi réjouissants notamment celui incarné par Françoise Fabian, la grand-mère fantasque et doucement folle.

     

    Ce film est aussi et avant tout une déclaration d’amour fou  à sa mère (quel personnage !) et aux femmes dont il aime et scrute jusqu’à la respiration, mais aussi aux mots, avec lesquels il jongle admirablement, et au théâtre, qui libère, et même au cinéma avec les codes duquel il s’amuse ici. Même s’il lorgne parfois du côté d’Almodovar, Woody Allen ou de Wilder (avec une réplique finale comme un écho à son « nobody’s perfect »), ce film peut difficilement être plus personnel tout en étant universel et il faut sans aucun doute une tonne de talent et de sensibilité pour transformer son mal être en film burlesque, en ce rafraichissant plaidoyer pour la différence (qui n’est jamais militant), en film aussi atypique, inclassable que celui qui en est l’auteur et l’acteur. Un grand auteur et un très grand acteur. Et une comédie tendre et caustique à voir absolument.

  • Découvrez "Ombres parallèles" recueil de nouvelles au coeur des festivals de cinéma et notamment du Festival du Cinéma Américain de Deauville

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     Mon recueil de 13 nouvelles romantiques et cruelles sur le cinéma et dans le cadre de festivals de cinéma, "Ombres parallèles" est disponible depuis fin août, publié toujours à compte d'éditeur, et toujours chez Numeriklivres, également éditeur de mes romans "Le Brasier" et "Les Orgueilleux". 

    Ci-dessus, "Les Orgueilleux" sur le tapis rouge du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013.

    Ci-dessus, "Les Orgueilleux", dans le hall de l'hôtel Normandy, en septembre 2013, lieu où se passe une partie du roman.

    Dans cet article, ci-dessous, je vous en dis plus sur le contenu de ce recueil. Je vous en raconte aussi la genèse. Je vous dis tout sur les "lieux" où vous pourrez le trouver mais aussi sur les nombreux avantages du numérique (et les moyens qui facilitent la lecture en numérique puisque je réalise chaque jour une méconnaissance à se sujet), espérant convaincre les derniers réticents.

    J'en profite aussi pour vous annoncer que je serai présente sur le stand de mon éditeur au Salon du Livre de Paris 2014 où j'espère bien avoir le plaisir de vous croiser! 

     

    Quel en est le sujet? Quatrième de couverture:

    Voici le synopsis que vous trouverez sur tous les sites sur lesquels le recueil est en vente:

    Treize histoires de passions cinématographiques et amoureuses, romantiques et cruelles.  Treize destins qui se croisent dans les coulisses du 7ème  art, dans l’envers du décor des festivals.  Treize déclarations d’amour au cinéma, dans un théâtre des vanités où se côtoient des êtres éperdus d’absolu, idéalistes, et des êtres éperdument cyniques, souvent désabusés.  Treize histoires pour rêver, et découvrir un univers méconnu, intrigant.  De Deauville à Monaco, en passant par Cannes, Dinard, Cabourg, Annonay et Paris pour la cérémonie des César, Sandra Mézière, à qui vingt années de pérégrinations et d’expériences singulières comme jurée dans les principaux festivals de cinéma ont inspiré ces textes, vous fera partager sa passion dévorante pour le 7 e art. Ces ombres qu’elle dépeint, qui hantent la pellicule, sont aussi celles du destin. Les parallèles ne se rejoignent jamais, dit-on. Aussi, ces treize histoires d’amour qui s’esquissent s’achèvent-elles souvent dans le mystère, le drame, ou même le crime.

     

    Comment est né le recueil? Quelles en sont les sources d'inspiration? Pourquoi un recueil sur le cinéma?

    Pour ne rien vous cacher (ou presque...) de la genèse de ce recueil, voilà l'article qui sera publié prochainement sur le site de mon éditeur et qui vous est adressé, chers lecteurs.

     

    Cher lecteur,

     

    Nous ne nous connaissons pas encore ou peut-être avons-nous fait brièvement connaissance si vous avez déjà lu les romans  Le Brasier  et/ou Les Orgueilleux. Cette fois, c’est de nouvelles dont je veux vous parler. D’un recueil de treize nouvelles au titre énigmatique d’"Ombres parallèles" sur l’origine duquel je vais lever le voile. Un peu. J’espère que vous avez du temps. Un peu aussi. Nous ne nous connaissons pas encore vraiment certes, mais, peut-être, à la fin de cette lettre, en saurez-vous davantage et, je l’espère, aurez-vous envie d’en savoir un peu plus encore et de découvrir ces textes empreints de passion(s) et de cinéma. Cela m’émeut, réellement, de m’adresser ainsi à vous, cher lecteur (au singulier, parce que même au pluriel, vous demeurez pour moi singuliers), de savoir que ces histoires que j’ai pris tant de plaisir à écrire, à ciseler, en jonglant avec les mots, avec la réalité et la fiction, avec les destins aussi, seront bientôt sous vos yeux.

     

    Même si ce sont des fictions, ces textes sont inspirés de mes vingt années de singulières et palpitantes pérégrinations cinématographiques dans les festivals de cinéma, c’est la raison pour laquelle, aussi, je me permets d’employer ce ton direct et personnel, parce que je vais vous plonger dans un univers que je connais bien, là où la frontière entre cinéma et réalité, cinéma et MA réalité, est souvent si fragile et étanche.

     

    Sans doute vous demandez-vous comment j’ai eu accès si jeune à cet univers qui était pourtant au départ si étranger au mien, qui me fascinait, m’intriguait, m’intimidait aussi. Bien sûr, la passion pour le cinéma a toujours été là, en découvrant, petite fille encore, chaque soir, lorsqu’il n’y avait pas école le lendemain, avec mon père qui m’a transmis cette passion, des films de Melville, Sautet, Truffaut, Hitchcock, Visconti, Carné, Ford, Chaplin et tant d’autres, rêvant, rêvant beaucoup, surtout de cinéma, déjà passionnée de littérature, m’y noyant même, très et trop tôt sans doute, ces lectures annihilant ainsi déjà la barrière entre fiction et réalité, passionnée d’écriture aussi, me rêvant écrivain, et osant pourtant encore à peine (me) l’avouer aujourd’hui que j’ai l’immense joie d’être publiée.

     

    Un peu plus tard, pour m’évader et me distraire d’études de droit puis de sciences politiques aussi sérieuses que passionnantes, j’ai pris l’habitude de tenter des concours d’écriture qui permettaient aux lauréats de devenir membres de jurys de festivals de cinéma, jurys de cinéphiles ou même parfois de « professionnels ». Et j’ai gagné. A chaque fois ou presque. Cela devenait un défi. Un jeu exaltant. Au total,  une dizaine d’expériences de jurée dans des festivals de cinéma qui m’ont menée au Festival du Film de Paris d’abord, avec un certain Sean Penn pour charismatique président du festival, au Festival du Cinéma Américain de Deauville aussi, au Festival du Film Britannique de Dinard ensuite, avec une certaine Jane Birkin pour présidente, fantasque et d’une gentillesse inouïe, et non feinte. De belles rencontres humaines parmi tant d’autres mais aussi une multitude de rencontres avec des univers cinématographiques, des films et des cinéastes parfois méconnus. Et au Festival de Cannes, il y a treize ans déjà. Je n’ai cessé d’y retourner depuis. Chaque année. Imaginez à quel point pénétrer dans cet antre du septième art peut être enthousiasmant pour une passionnée de cinéma qui regardait et rêvait de cela depuis l’enfance, de loin, de si loin, éblouie.   Une dizaine de participations suite à des concours, donc. Les suivantes en tant que blogueuse. Parce que j’ai aussi, depuis plus de dix ans, des blogs, principalement sur le cinéma. Sept désormais. Mais c’est une autre histoire, quoique sur ces blogs se trouvaient au départ des comptes-rendus de festivals de cinéma, parfois sous forme de récits. On y revient…

     

     Ces expériences, ces blogs puis les études de cinéma que cette passion m’a conduite à entreprendre ensuite m’ont permis de vivre au rythme de ma passion, d’être accréditée professionnelle, depuis une dizaine d’années déjà, dans les plus grands festivals de cinéma. Des festivals de cinéma que je continue à parcourir aujourd’hui avec la même passion, la même insatiable curiosité. Depuis de nombreuses années, je suis également accréditée aux diverses cérémonies de remises de prix cinématographiques comme les César, et même désormais parfois partenaire de festivals de cinéma.

     

    Depuis treize ans, j’ai ainsi gravi maintes et maintes fois les célèbres marches du plus grand et prestigieux festival de cinéma au monde dans le cadre duquel se déroulent trois nouvelles de ce recueil. Je les sais aussi fascinantes et majestueuses que masquant de nombreuses illusions perdues. Je suis allée dans tous ces festivals qui servent de cadres à ces treize nouvelles. Toujours éblouie, mais désormais lucide aussi sur les travers et les faux-semblants, les masques dont se parent certains.

     

    A chaque fois, ces festivals furent et sont encore pourtant pour moi des moments hors du temps. J’ai vécu tant d’instants insolites dont je me demande aujourd’hui encore s’ils étaient réels. Là, dans les festivals, plus qu’ailleurs, la concentration spatio-temporelle, la concentration de désirs, d’ambitions, de solitudes aussi est propice aux tensions et aux passions. J’ai croisé des êtres dont l’image était si différente de la réalité, dont cette atmosphère électrique d’un festival révélait tristement les personnalités, les ambitions et les vanités, de belles personnes aussi. Je n’ai nommé que les dernières. Pour les autres que vous croiserez aussi au fil de ces histoires, libre à vous de deviner si ce sont des personnes fictives ou  si ce sont des personnes réelles (re)connues qui me les ont inspirées. C’est parfois le cas.

     

    Dans ce théâtre des vanités, vous croiserez ainsi des êtres épris d’absolu, des êtres éperdument cyniques, des êtres idéalistes, des êtres désabusés mais des êtres pour lesquels,  pour la plupart, j’éprouve une vraie tendresse. Ces histoires sont au fond des déclarations d’amour au cinéma, à ceux qui le font. J’espère vous faire partager cette passion dévorante. Certains noms reviendront dans plusieurs nouvelles. Certaines nouvelles se font aussi écho parfois.

     

    Ces Ombres parallèles sont donc celles du cinéma mais aussi celles de destins qui se croisent, se frôlent, parfois se manquent. Les parallèles ne se rejoignent jamais, dit-on, alors ces treize histoires d’amour qui s’esquissent s’achèvent ainsi souvent dans le mystère, le drame, le crime et laissent toujours une place à l’espoir et à votre imagination, cher lecteur. Treize histoires de passions cinématographiques et amoureuses à la fois romantiques et cruelles, des  histoires de destins qui se croisent dans les coulisses du septième art.

     

    Peut-être une réelle ombre parallèle est-elle ma source d’inspiration de ces nouvelles ou de l’une ou plusieurs d’entre elles. Peut-être ces ombres ne sont-elles que le fruit de mon imagination, mais ce voile-là ne sera pas levé… J’y tiens.

     

    Si vous avez lu mon roman "Les Orgueilleux", une histoire d’amour et de vengeance dont l’orgueil était l’implacable et singulière arme, vous savez que j’ai déjà écrit une intrigue qui se déroule dans un festival de cinéma, en l’occurrence le Festival du Cinéma Américain de Deauville. Ensuite, je cesserai de vous parler de cinéma. Promis. J’ai encore tant d’autres histoires à vous raconter. Mais je ne pouvais pas ne pas m’inspirer de tous ces moments à la fois réels et si romanesques pour inventer des fictions.  A moins qu’un jour, après d’autres romans, j’emprunte de nouveau la route des nouvelles se déroulant dans le cadre de festivals de cinéma, en ayant découvert et vécu bien d’autres depuis que ce recueil a été achevé, comme celui, remarquable, des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz, dans un cadre magnifique là aussi propice aux divagations romanesques.

     

    C’est à la fois réjouissant et angoissant de se dire que vous allez me lire, vous plonger dans cet univers qui m’est cher. J’espère n’avoir pas levé le voile complètement parce que c’est essentiel de continuer à rêver, que l’ombre et le mystère demeurent.

     

    Cher lecteur, vous aimez le cinéma ? Les festivals de cinéma vous intriguent ? Vous voulez plonger dans les coulisses du septième art ? Vous aimez les histoires romantiques ? Vous aimez les histoires cruelles ? Les histoires romantiques et cruelles ?

     

    Alors…

     

    …je vous laisse découvrir le premier recueil de nouvelles au cœur des festivals de cinéma qui vont emmènera à Monaco, à Paris,  à Dinard, à Cannes, à Cabourg, à Deauville,  à Annonay, aux César…et qui vous conduira aussi dans un labyrinthe de destins et de passions dont vous serez le lecteur et, aussi, un peu, l’acteur. Passion est le maître mot de ce recueil, vous l’aurez compris : passion de l’écriture, du cinéma, passion amoureuse. J’espère que ces nouvelles en sont empreintes. Et vous faire rêver et vous convaincre, par la magie de l’écriture, que même les parallèles peuvent se rejoindre.

     

    Cinématographiquement vôtre.

     

    Sandra Mézière

     

     Où trouver "Ombres parallèles" mais aussi "Les Orgueilleux" et "Le Brasier"?

    Le recueil et les romans sont en vente sur tous les sites cités ci-dessous (rubrique livre numérique). Vous pouvez aussi le trouver directement en cliquant ici. La première nouvelle intitulée "A l'ombre d'Alfred" est en accès libre et gratuit sur le site de mon éditeur. Elle se déroule dans le cadre du Festival du Film Britannique de Dinard que je connais bien pour le fréquenter depuis ma participation à son jury en 1999, pour avoir également écrit dans le livre des 20 ans du Festival "Flashback".

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    Photo ci-dessus, en 1999 dans le jury du Festival du Film Britannique de Dinard, présidé par Jane Birkin, notamment composé d'Etienne Daho, Daniel Prévost, Michèle Laroque, Tom Hollander, Bernard Rapp etc...et moi (en bas à droite).

     

     Et pour ceux qui sont hostiles à la lecture en numérique, je vous recommande la lecture du "Plaidoyer pour le lire", gratuit et également chez Numeriklivres, auquel j'ai eu le plaisir de participer et qui, je l'espère, vous convaincra que c'est le texte qui importe et non le support. Cliquez ici pour tout savoir sur "Le Plaidoyer pour le lire". 

    Par ailleurs, si vous n'avez pas de liseuse, en dernier recours, sachez que des logiciels gratuits comme "Calibre" permettent de transformer les fichiers ePub en fichiers pdf. Vous n'avez donc plus aucune excuse pour être encore réticents à la lecture numérique... sans parler de l'aspect financier puisque "Ombres parallèles", par exemple, coûte 4,99 euros.

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    Les dédicaces

     

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    Mon éditeur, qui ne manque décidément jamais de bonnes idées innovantes, vous permet aussi de vous faire dédicacer la plupart des ouvrages qu'il publie. Encore une bonne raison de préférer le numérique, non? Vous trouverez toute l'explication sur la marche à suivre, en cliquant ici.

     

    Interviews : à propos des "Orgueilleux" et du "Brasier"

     

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    Si vous voulez en savoir plus sur "Les Orgueilleux" et "Le Brasier":

    -Retrouvez mon interview à propos du roman "Les Orgueilleux", sur le site de mon éditeur, en cliquant ici.

    -Retrouvez mon entretien accordé au magazine des anciens élèves de l'ENA, "L'ENA hors les murs", notamment à propos des "Orgueilleux", en cliquant ici.

    -Retrouvez mon interview à propos du roman "Le Brasier" , sur le site de mon éditeur, en cliquant ici.

    Dans la presse:

     

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    "L'ENA hors les murs" de juillet/août 2013. Retrouvez mon interview et mes articles publiés dans le magazine et les moyens d'acquérir le magazine en question, ici : http://inthemoodforfilmfestivals.c

     

    Comment suivre mes pérégrinations d'auteur?

     

    Si vous voulez en savoir plus sur mes différentes publications, vous pouvez suivre ma nouvelle page Facebook auteur (http://facebook.com/inthemoodforwriting ) sur laquelle je publie quotidiennement des informations concernant mes différents textes. Vous pouvez également suivre la page Facebook de mon éditeur Numeriklivres sur laquelle le recueil "Ombres parallèles" est aujourd'hui à l'honneur (http://facebook.com/Nimeriklivres ).  Vous trouverez également un compte twitter, en plus de mon compte principal  @moodforcinema, pour chacun de mes romans : @Le_Brasier, @Les Orgueilleux et @EbookCine (pour "Ombres parallèles).

     

     

    Comment commander "Les Orgueilleux" et/ou "Le Brasier"?

    Comme je vous le disais plus haut, vous pouvez trouver mes romans et le recueil dans les nombreux lieux précités. Vous pouvez aussi y accéder directement en cliquant sur les couvertures ci-dessous.

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    Livre numérique Le Brasier
     
     

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    L’objectif de ce programme est de récompenser les internautes qui, de leur propre initiative, après avoir légalement acheté et téléchargé un des titres de Numeriklivres sur la librairie en ligne de leur choix, rédigent une critique/chronique sur leur blog ou un commentaire sur  les sites sociaux suivants : Babelio, SensCritique , Goodreads, LivreAddict et Libfly. Cliquez ici pour en savoir plus.

    Je vous dis à bientôt pour de prochaines aventures littéraires et/ou cinématographiques et vous laisse avec de petites photos prises sur le tapis rouge du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013 (réalisées par le photographe normand Dominique Saint que je remercie à nouveau) et une photo sur les planches, cadre de deux nouvelles du recueil et du roman "Les Orgueilleux".

  • Concours : Gagnez 5x2 places pour "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh

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    J'ai aujourd'hui le plaisir de vous faire gagner 5x2 places pour "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh, film d'ouverture du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, également en compétition du dernier Festival de Cannes. Je vous dis tout le bien que je pense de ce film plus bas dans mon article sur l'ouverture du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, en copie dans cet article.

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    Vous avez jusqu'au 18 septembre à minuit pour envoyer vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé de votre email " Concours Liberace" en n'oubliant pas de joindre vos coordonnées nécessaires pour l'envoi des places. Les places seront offertes aux plus rapides à bien répondre aux questions suivantes et comme c'est la rentrée je vous propose (pour une fois) des questions très faciles, tout en vous rappelant également que vous pouvez toujours gagner vos places pour un autre excellent film de cette rentrée, "Elle s'en va" d'Emmanuelle Bercot, ici.

     

    1. Qui interprète le chirurgien esthétique?

    2. Quelle musique termine le film?

    3. Qui présidait le 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville?

    4. Quel est le nom du distributeur français de "Ma vie avec Liberace"?

     

    L'étincelante et éblouissante ouverture du 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Avec un peu de retard, voici quelques mots sur le film d’ouverture « Ma vie avec Liberace » de Steven Soderbergh (je vous en reparlerai évidemment) et le récit de l’ouverture du festival alors que, depuis, les évènements se sont enchaînés (je ne manquerai pas, bien entendu, de vous les raconter prochainement):

    -les films en compétition, déjà 4 desquels se dégage une thématique commune, un personnage seul, blessé, fou même parfois, épris de vengeance, et des armes à feu omniprésentes

    - l’avant-première du dernier film de Woody Allen « Blue Jasmine » à l’occasion de l’hommage à Cate Blanchett (à nouveau, le cinéaste américain y fait preuve d’une étonnante jeunesse et modernité, et m’a surprise une fois de plus avec une film qui mêle ingénieusement légèreté et cruauté)

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    - l’avant-première du dernier blockbuster (« White house down » de Roland Emmerich) pour lequel il est fortement recommandé de laisser les neurones et son esprit critique au vestiaire sous peine de colère incontrôlable et constante, en présence de ses acteurs Jamie Foxx et Channing Tatum qui ont assuré le spectacle sur scène et lors de la conférence de presse

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    - mais encore l’avant-première du très réussi « Le Majordome » de Lee Daniels avec une salle, un acteur principal (Forest Whitaker, l’invité surprise de ce festival) et un réalisateur particulièrement émus.

    En attendant de vous raconter tout cela donc, et plus encore, retour sur l’ouverture de ce 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

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    C’est sous un soleil et les paillettes étincelants de « Ma vie avec Liberace » de Steven Soderbergh que s’est ouvert ce 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. L’un comme l’autre nous ont éblouis et enthousiasmés après une ouverture mémorable grâce, notamment, à l’implication du président du jury Vincent Lindon qui, après les traditionnels discours du Maire de Deauville et de Lionel Chouchan, a tenu à faire un discours (ce qui n’arrive jamais habituellement, les présidents de jury, lors de l’ouverture, restant sagement assis sur leurs sièges) et à évoquer chacun des membres de son jury, ce qu’il a fait avec une rare élégance, avec beaucoup d’humour aussi, présentant chacun d’entre eux et livrant son admiration pour ceux-ci, évoquant également sa passion pour le cinéma américain ( se disant « amoureux du cinéma français et américain »), son bonheur (« fou de joie d’être ici ») de présider le jury, terminant son discours avec autant d’humour qu’il l’avait commencé en évoquant son « homologue » Obama. Pour le plus grand bonheur des festivaliers (et le mien), il a d’ailleurs récidivé le lendemain lors de l’hommage à Cate Blanchett. Il n’en a pas non plus oublié de parler de son admiration pour Michael Douglas et pour Steven Soderbergh, réalisateur du film d’ouverture « que le monde entier devrait voir ».

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    Le ton était donc donné. Cette 39ème édition sera sous le signe des paillettes mais aussi de la cinéphilie, de la bonne humeur, de l’enthousiasme, le tout sous un soleil presque irréel. L’irréalité est d’ailleurs une impression constante dans un festival, en particulier ici mais de cela je vous parle plus longuement et différemment ici et aussi là.

    Michael Douglas et Steven Soderbergh sont ensuite montés sur scène, le premier visiblement encore très ému et « éternellement reconnaissant » que le second ait attendu que son cancer soit guéri pour le faire tourner (ce qu’il a à nouveau répèté lors de la conférence de presse). L’enthousiasme était d’ailleurs visiblement contagieux vendredi soir: « Le festival du film américain, c’est le plus beau cadeau que la France a donné aux Etats-Unis après la statue de la Liberté. »

    « Ma vie avec Liberace » était sans aucun doute le film idéal pour une ouverture de festival. Une sorte de mise en abyme qui, au-delà d’une histoire d’amour, et le portrait d’un artiste exubérant et extravagant, est aussi le reflet de ce qui se passe derrière le candelabre (le titre anglophone « Behind the Candelabra » est d’ailleurs à mon sens beaucoup plus parlant) . Derrière les paillettes. Derrière l’écran. Derrière le masque de « The Artist ».

    Michael Douglas incarne en effet ici Liberace un pianiste virtuose qui se mettait en scène autant sur scène que dans la vie « quotidienne ». Un jour de l’été 1977, le bel et jeune Scott Thorson ( Matt Damon) qui aspirait à devenir vétérinaire, pénétra dans sa loge et, malgré la différence d’âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. « Ma Vie avec Liberace » narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

    Le film est une adaptation du livre de Scott Thorson, « Behind the Candelabra ». C’est Richard LaGravenese qui a écrit le scénario. Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu’il est notmment l’auteur du scénario de « Sur la route de Madison ».

    Le film commence dans un bar. Scott est de dos, face à un miroir. Toute l’intelligence de la mise en scène de Soderbergh réside déjà dans ce premier plan, lui qui sera avant tout un reflet pour le narcissique (et non moins fascinant) Liberace destiné à l’accompagner un peu dans la lumière, mais surtout dans l’ombre.

    Le film, finalement intimiste, va se centrer sur cette relation ambivalente (Scott sera pour Liberace son -énième- « protégé », son amant, mais il a aussi émis le souhait de l’adopter), sur ces deux personnages, à ce que la caméra les étouffe parfois comme cette relation exclusive. Il y a d’ailleurs très peu de scènes en extérieur, si ce n’est dans ou autour de la piscine située dans la propriété de Liberace. Nous voilà dans l’envers du décor qui en est lui-même un d’une scintillante excentricité et que n’aurait oser imaginer le plus fou des décoracteurs hollywoodiens.

    La réalisation de Soderbergh est fluide et éblouissante sans non plus chercher à nous en mettre plein la vue, ce qui aurait d’ailleurs été superflu et redondant puisqu’il met déjà en scène un homme qui se mettait lui-même en scène.

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    Michel Douglas (au regard tristement absent lors de la conférence de presse) incarne magistralement ce personnage atypique, narcissique, cruel (il se déclare ainsi « libre » suite au décès de sa mère), constamment en représentation, mais surtout enfermé dans son image, sa course contre le temps, contre la vérité aussi, jusqu’à faire perdre à Scott son visage, son identité pour satisfaire ceux qu’il s’était forgés. Il n’en est que plus bouleversant au dénouement, le visage et les émotions à nu. Sans masque. Sans paillettes. Sans miroir. Cette fin est d’autant plus bouleversante quand on sait l’épreuve que vient de traverser Michael Douglas mais aussi que Steven Soderbergh a déclaré que ce serait son dernier film. On se demande qui mieux que Michael Douglas aurait pu incarner ce rôle tant il est parfait, n’en faisant jamais trop (ce qui aurait été forcément une faute de goût, le personnage étant déjà lui-même dans l’excès), drôle, cruel, et parfois touchant, quand le masque tombe.

    Face à lui Matt Damon, pour sa septième collaboration avec Steven Soderberghn, après The Informant !, Contagion, Che, Ocean’s Eleven, Ocean’s Twelve, Ocean’s Thirteen ! a ici un rôle qui, je l’espère, finira par faire taire ceux qui doutaient de son talent. Si son personnage est dans l’ombre, c’est en revanche lui qui, grâce à sa justesse, permet à Michael Douglas, de nous éblouir ainsi. Signalons aussi Rob Lowe est irrésistible dans le rôle du chirurgien esthétique

    Jugé « trop gay », le film n’a pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis, et a donc été diffusé fin mai sur la chaîne HBO qui l’a produit, réalisant une audience record pour une production de la chaîne, avec 2,4 millions de téléspectateurs. « Je voulais faire un film qui (…) montre les progrès de l’espèce humaine, de notre pays, du monde entier, par rapport à cette question. Dans certains endroits, les unions entre personnes du même sexe sont aujourd’hui reconnues et admises. Etre gay n’est plus autant stigmatisé », a déclaré le producteur Jerry Weintraub. « Ma vie avec Liberace » n’est pas non plus un film militant mais avant tout une histoire d’amour, de masques qui tombent, de ce que dissimule le candelabre et ce visage qui cherchent à défier, masquer la vérité et le temps. En vain.

    Eblouissant et mélancolique, cette vie « derrnière le Candelabre » s’achève par un final rêvé par Scott, aussi déchirant de beauté et de tristesse que « La quête » de Brel qui l’accompagne. Poignant et étincelant. The show must go on. Celui du festival aussi.

    Je vous laisse pour d’autres découvertes cinématographiques, pour peut-être découvrir d’autres verités derrière la lumière éblouissante du soleil deauvillais et du « candelabre » festivalier avant de vous parler des évènements de ces derniers jours.

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